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80km/h : les 50% de morts en moins déjà abandonnés !

Une baisse de 300 à 400 décès par an annoncée par le CISR

Soit une baisse de 10% sur les 3469 morts sur 12 mois

80km/h : les 50% d'accidents en moins déjà abandonnés !En décembre, le gouvernement avait été interrogé à l'Assemblée nationale sur les résultats de l'expérimentation menée sur les routes pour faire passer la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h. Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement avait alors pris la parole, en annonçant que la moitié des accidents et donc de morts potentiels pourraient être évités.

Aujourd’hui, les études montrent que baisser la vitesse sur les routes les plus accidentogènes, celle dont vous parlez permettrait de diminuer de 50% les accidents et d’éviter un mort et dix blessés chaque jour.

Les études évoquées par Christophe Castaner correspondent en réalité aux résultats des deux années d'expérimentation menées uniquement sur 86 kilomètres de routes secondaires. Donné dans une lettre par le Premier ministre Édouard Philippe ce week-end, le nombre de morts est passé de 6 à 3. Mathématiquement, les 50% évoqués en décembre par le porte-parole du gouvernement sont donc justes si on s'en réfère à ces chiffres.

Lors du CISR de mardi, le gouvernement a officiellement annoncé que la limitation de vitesse passerait à 80 km/h en juillet sur les routes secondaires à circulation à double sens, où ont eu lieu en 2016 55% des accidents. La mesure permettrait d'après le gouvernement de faire baisser de 300 à 400 le nombre de morts en un an :

Comme l'a établi le comité des experts du Conseil national de la sécurité routière dans son rapport du 29 novembre 2013, une réduction de la vitesse maximale autorisée à 80 km/h sur les routes à double sens sans séparateur central, aujourd'hui limitée à 90 km/h, permettrait de sauver entre 300 et 400 vies par an. La baisse des vitesses maximales autorisées sur les routes où la mortalité routière est la plus forte, en passant de 90km/h à 80 km/h, s'impose donc pour orienter durablement la courbe de la mortalité routière à la baisse.

Si on s'en réfère aux 3469 morts de 2016, une baisse de 300 à 400 vies sur un an ferait en réalité diminuer le nombre de morts de 9 à 11%. On est bien loin des 50% annoncés à l'Assemblée nationale et mis en avant par le Premier ministre dans sa lettre. Dans son projet dévoilé hier, le gouvernement précise également qu'en 2016, la vitesse excessive ou inadaptée aux circonstances est présente dans 31% des accidents.

1911 morts sur les routes secondaires en 2016 : une baisse de 955 décès nécessaires pour atteindre les 50%

Le principal flou qui règne autour de ce premier chiffre annoncé se situe au niveau de l'échelle retenue. Si on regarde de près l'accidentologie des routes secondaires concernées par la mesure, 1911 personnes sont mortes. La baisse annoncée de 300 à 400 décès rapportés à cette seule section correspond à 15% à 20% des personnes tuées sur les routes qui vont passer à 80 km/h. Pour atteindre les 50% sur ces 400.000 kilomètres de routes secondaires à double sens, le gouvernement aurait dû annoncer une baisse effective de 955 morts par an. En bref, les 50% annoncés aux députés et sénateurs en décembre sont déjà abandonnés... en toute bonne foi ?

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