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KPOK contre Superconnard

J'en ai de plus grosses

18h20. Comme un âne, j'ai pris la rocade. Sous la flotte. Un vendredi soir. J'interfile à la parisienne. Il a déboulé derrière moi et direct : bip bip ! Me klaxonne dessus. Superconnard.

Traumatisé par 15 ans de périphe parisien, je prends rarement la rocade et surtout pas aux heures de pointe. C'est pas que ça roule mal, ça n'a rien à voir avec la glu parisienne, c'est juste que je n'ai plus envie de faire de l'interfile comme avant.

Mais ce jour-là je pensais à autre chose, j'ai pris à droite vers l'échangeur au lieu de continuer tout droit par le centre-ville. Au moment où je balance la bécane, je m'aperçois de mon erreur. Il y a une caisse derrière moi : impossible de rectifier.

Bon.

Tant pis.

Je reste sagement dans ma voie jusqu'à rejoindra la rocade, me déporte tranquillou vers la gauche et m'installe sur la dernière file qui avance correctement. Normalement, c'est à l'échangeur suivant que ça bouchonne. Oui : ça ralentit devant. J'allume les warnings, déboîte et commence à remonter les files. Je suis surpris par la docilité du Dijonnais qui fait gaffe à ce qui se passe dans ses rétros et me laisse passer. Pourtant nous ne sommes pas nombreux à circuler à deux roues, surtout à cette époque de l'année. Ce qui fait que je roule peinard et sans forcer.

Après le léger gauche en montée, il y a la très longue ligne droite en descente. Ça roule sur deux files bien larges, je vois loin, le bitume est nickel, c'est presque le pied de faire de l'interfile dans ces conditions. C'est là que j'apprécie mes rétros raccourcis, le freinage intégral et le variateur modifié qui répond sans temps mort.

Bip-bip !

Le mec a déboulé derrière moi pleine balle. Mes rétros étaient vides il y a 10 secondes. Il doit venir du dernier échangeur. Il roule vite, parce que je fais un bon 80 entre les bagnoles à guère plus de 50.

Bip-biiip !

Il est pressé le frangin ! Ou c'est un flic ? Non, un flic aurait balancé un coup de sirène et allumé ses feux. Et puis tout à coup, la moutarde me monte au nez. Tu peux pas attendre 15 secondes que je trouve un trou entre deux caisses ? Je passe en revue les options : continuer à me traîner en mode 'tu peux klaxonner tout ce que tu veux, je m'en fous, je reste devant', ou bien mettre gaz en grand et jouer à celui que se déballonne le premier.

Hmmm...

Ce type me gonfle : gaz !

A Superconnard, Superconnard et demi.

Je regrette. Je regrette tout de suite. Oh combien je regrette certains jours de me transformer moi aussi en Superconnard. Surtout à un bon 110 entre les files, assis sur une enclume avec des freins en guimauve. La première caisse qui déboîte, je me l'emplâtre pleine tronche. Si je continue, ça va finir dans une vidéo Youtube intitulée "Epic Fails and Crashes".

Coup d'oeil dans le rétro : le mec est distancé. Je coupe avec soulagement. Restons sur cette "victoire" morale. Un trou entre deux voitures, je chope les freins et m'y glisse, d'autant que c'est là que je sors.

Le mec me double alors que je m'engage sur la bretelle de sortie.

Bip-biiip !

Et rancunier, avec ça. J'me marre.

Il roule sur une XJ 600 grise, premier modèle. Il me fait un... coucou ?

Eh ! Mais c'est Fifi !

***

Epilogue, le lendemain à la cafeteria :

Fifi : je t'ai vu hier, sur la rocade, j'étais derrière toi. Je t'ai klaxonné mais t'as pas dû entendre. J'ai essayé de te rattraper, mais tu roulais carrément trop vite. Ça roule fort, quand même, ton truc. Moi j'oserais pas rouler si vite entre les caisses. Mais toi tu dois avoir l'habitude avec Paris.

KPOK : Heu... ah bon ? Heu, non, j'ai pas fait gaffe. T'es sûr que c'était moi ? Heuh... Houlah ! Mais t'as vu l'heure ? Faut y aller, là.

Plom-plom-plom...

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