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Les journalistes à la noix

La presse web a tué les journaux. Les réseaux sociaux ont tué la presse web. Les influenceurs et autres ambassadeurs, youtubeurs, instagrammeurs, podcasteurs surpassent les réseaux sociaux. Les micro-influenceurs sont en train de tuer les influenceurs. Ceux qui ont pris la relève font l'impasse sur tant de choses que leur production tient plus de la promotion déguisée que du journalisme. On est passé d'une petite élite qui pensait pour tous les autres à tous les autres qui ont chacun leur avis et en arrivent à parler de leurs hémorroïdes. Ça fait mal au huc. Dommage.

Les journalistes à la noix (c) AndonicO Fir0002

Le métier de journaliste a changé depuis le lancement de Moto Journal, à l'image de la société en général. M'enfin quand même, ça n'excuse pas tout. J'ai l'impression d'assister à une lente révision à la baisse de la qualité moyenne, tirée par le bas par les pires productions d'internet -le Prix Darwin en soirée de remise perpétuelle qu'est Youtube et le chômeur attiré par la possibilité de faire un Smic avec un blog. En caricaturant, ça donnerait un truc comme ça :

- il y a 40 ans, chez Moto Journal/Moto Revue (même maison aujourd'hui, la fusion rend plus fort) : "chic il pleut, je vais pouvoir dire à mes lecteurs comment cette bécane tient le pavé en vrai".

- aujourd'hui, sur le ouèbe : "merde, il flotte, je vais passer trois plombes à retoucher les photos pour ajouter du soleil et que ça fasse joli".

Tu as remarqué comme les essais vidéo suivent très exactement les codes de la TV ? Un générique avec des guitares qui crient, puis quelques images avec la caméra qui bouge sur des détails ou qui fait du flou "artistique", sur le morceau de musique branchouille du moment. Le passage de pommade commence avec des compliments sur l'esthétique -ce dont on n'a rien à foutre- avant un paragraphe sur les ventes du modèle si c'est une version n+1, ou -mais là on risque les foudres du constructeur- une toute petite phrase sur la concurrence -mot haï par le marketing. A nouveau des images sur la même musique branchouille avec la caméra qui se perd sur le paysage -ce dont on n'a rien à foutre. Une accélération où l'essayeur fait "wou-hou" pour signifier de manière simple qu'il y a des chwo. Quelques commentaires sur le moteur en exploitant un vocabulaire ramené à trois adjectifs de trois syllabes maximum (rageur, linéaire, explosif), la partie-cycle (rigide, agile, stable), le bruit de l'échappement -super important- (rauque, rauque ou rauque) et enfin le concert de lamentations ou d'applaudissements en fonction de la présence ou de l'absence de témoin de rapport engagé. Générique de fin.

Les différences avec les films promotionnels des constructeurs ? La phrase sur la concurrence. Le "wou-hou" parce que la vitesse, c'est mal.

Et encore : il s'agit ici de ceux qui font des efforts. Je ne parle pas des autres qui font encore plus mauvais sur Fesse-de-bouc -Radio RG pour les intimes- en proposant des "essais-produits" sur cinq lignes. Le plus pathétique est soit leur touchante naïveté, soit leur fragile arrogance qui les rapproche des pires individus produits par la TV. Peut-être que certains d'entre eux sont sincères. Je soupçonne la majorité d'être partie avec un idéal qu'ils ont balancé avec l'emballage de leur première GoPro quand il a fallu remplir le frigo pour de vrai.

Oh, certes, il existe quelques villages gaulois qui résistent à l'envahisseur au sein d'une motardie pure. Les quelques ceux qui conservent une forme de fierté, de distance face au chant du billet de 100 balles. Ils sont encore plus rares ceux qui cultivent l'art de ménager la chèvre et le chou, leur âme et leur compte en banque. Je ne donne pas de noms, parce que j'en oublierai assurément plusieurs. C'est à ceux-là que je file, de temps en temps, les 10 ou 20 balles que je mettais tous les mois dans MJ/MR.

Je redoute quand même le moment où David me demandera de faire du plateau télé. Il s'agira de me pignoler l'hypophyse en public en espérant pouvoir continuer à dire ce que je pense, sans tenir compte des budgets publicitaires. Je lui en ai déjà fait perdre. Il m'a quand même laissé libre.

Tu ne changera pas, hein ? Dis ?

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Commentaires

Petit Dahu

Triste réalité mais qui reflète malheureusement le monde d'aujourd'hui : on te vend ce que t'as envie d'acheter et t'achète ce qu'on te vends forcément si on te vend de la merde t'achète de la merde et tu redemande de la merde qu'on s'empressera de te vendre !

boarf plutôt que de parler de trucs qui fâches .. ALLONS ROULER !

V

29-05-2018 08:41 
jojooo

29-05-2018 09:40 
waboo

Mouais.

Il y a un certain stéréotype sur les vidéos d'essais, notamment celles où les interjections supplantent l'analyse... Je vous laisse en deviner les provenances.

Après, difficile d'être critique avec ce qui n'a guère besoin d'être critiqué. La plupart des machines modernes n'avouent que peu de défauts...

Et OUI, on peut détailler l'esthétique, car contrairement à ce qui est ici souligné, on ne s'en fout pas. Loin de là. Pour plusieurs raisons :

1/ "la laideur se vend mal", principe de base du design. Un minimum de culture à ce sujet évitera les j'aime/j'aime pas" non étayés.
2/ Tout autant que la conception technique, le design d'un véhicule est la somme de travail importante d'une équipe qui l'est tout autant. Passer outre serait au mieux une faute de gout, au pire une faute professionnelle.
3/ Le dessin d'un véhicule participe à sa sa personnalité et, le cas échéant, sa popularité et sa durabilité... Qui ici n'a pas évoqué l'esthétique intemporelle et géniale des 916... ? Le minimalisme étudié d'un Monster...? L'originale rupture d'un Niken (oups...)

Bref, sans esthétique, ces modèles et bien d'autres n'aurait pas atteint le statut d'icône qu'ils occupent (pour le Niken, on verra...).


29-05-2018 09:49 
jojooo

Les essais vidéo, je ne les visionne pas : commentaires nullissimes, "reporters" s'exprimant dans un français passable, fautes grammaticales, vocabulaire pauvre, bref, à se demander s'ils ont suivi une école de journalisme... pire que de l'amateurisme.
Les essais écrits, je les parcours vite fait, histoire de me tenir "informé" du monde de la moto. Reprise d'une matrice, qq mots changés, fautes d'orthographe et grammaticales non corrigées, un langage se voulant parfois "d'jeune" et branché (j'suis motard quoi). Pour paraphraser Whiplash "un mauvais batteur de jazz finira dans un groupe de rock", et bien un mauvais journaliste etc...
De toute manière, comme beaucoup de motards, je fais mes propres essais, avec mes propres critères et ma façon de conduire, sur les motos qui me correspondent.

29-05-2018 10:04 
Bee Loo

MJ et MR même maison ??? Jojoo j'aime bien ta réf à Whiplash (je suis batteur de jazz LOL)

29-05-2018 11:57 
val69

Ouais, merci David !
Je connais pas trop le sujet, mais c'est vrai que je me demande comment l'essayeur qu'on invite (?) tous frais payé (?) à essayer une moto, disons au sud de l'Espagne, peut faire un essai critique...
C'est pas non plus ma spécialité mais je constate que même dans les revues sérieuses, même dans la presse papier quotidienne, les vrais plumes se font rares, la rigueur orthographique se perd, la qualité littéraire n'est pas une préoccupation majeure. Perso (je suis un dinosaure...) c'est pourtant ce qui m'intéresse le plus. Quel régal parfois encore ! Sur ce plan aussi tenez bon le repaire, et bravo à certains commentateurs également. On peut avoir des divergences, l'importance des goûts et des couleurs (smiley pour waboo !) mais quand c'est bien dit, quel plaisir !
Vive le beau (temps !)

29-05-2018 14:58 
encephalogram

Les apprentis journalistes de youtube ont des stéréotypes certes. Mais la presse écrite n'est guère mieux. Combien de fois lit-on l'expression "l'adn de la marque" ? C'est assez ridicule, car les motos n'ont pas d'adn à ce jour. Il y a une liste formules qui reviennent systématiquement; comme dans un cahier des charges, si bien qu'on peut se demander si les journalistes n'ont pas un modèle pré-arrangé, ou si les articles ne sont pas générés automatiquement….

29-05-2018 16:54 
KPOK

Citation

à se demander s'ils ont suivi une école de journalisme
Je ne sais pas si c'est encore vrai maintenant, mais quand j'ai commencé, au début des années 90, les vieux scrogneugneux de l'époque disaient que ces écoles formaient surtout de bon(-ne)s attaché(-e)s de presse, ce qui n'est pas un compliment, tu t'en doutes.
C'était une manière de dire que la profession était -à l'époque- surtout peuplée d'autodidactes/diplômés de tout sauf de journalisme, les qualités requises (curiosité, cynisme, intégrité, orthographe/grammaire au-dessus de la moyenne) ne s'apprenant pas/plus dans une école post-bac.
Je parle ici seulement de presse écrite : la radio, c'est différent.

Waboo : si c'est pour lire/entendre que la Machintruc 900 est "sculpturale" et "iconique", alors oui, je m'en fous complètement. Les commentaires sur l'esthétique sont rarement éclairés et très répétitifs.

29-05-2018 16:57 
olivierzx

Comme Bee Loo : MR et MJ ne sont pas la même maison ...

29-05-2018 18:15 
Le Modérateur

Si, MR et MJ sont la même maison : les éditions Larivière
mais depuis peu

29-05-2018 19:02 
Le Modérateur

Pour les essais critiques, c'est beaucoup plus facile aujourd'hui, les motos d'aujourd'hui ne sont plus les étrons d'autrefois ange

Après, c'est pour cela que le Repaire a été lancé il y a 20 ans, pour que les essais des journalistes puissent être complétés par les avis et les essais des motards qui les essayent tous les jours. Pour moi, c'est le meilleur des deux mondes.

Notre "angoisse", ce n'est pas de dire du mal d'une moto. C'est de récupérer une moto préparée exprès pour nous, et d'en dire du bien, alors qu'en fait, elle était tellement préparée que personne dans le commerce n'aura la même. Et du coup d'écrire un article en décalage avec la réalité qui ferait penser que l'on a enjolivé ce que l'on pensait.

L'important, pour moi, c'est d'être le plus fidèle possible au ressenti et à ce que l'on pense d'une moto, quelle que soit la marque et sans tenir compte non plus du relationnel avec la marque.
Il y a des marques que l'on aime moins que d'autres pour des raisons relationnelles, mais aucun de nos articles ne doit laisser sentir cette différence de relationnel, que ce soit en mieux ou en moins bien.
On est facilement "pote" dans la moto. Mais que ce soit l'hôtel ou le pote chez le constructeur, cela ne doit pas influer.

En tout cas, c'est notre leitmotiv au Repaire.

29-05-2018 19:15 
Zedji

Le "c'était mieux avant" est à la mode mais franchement il y a 20 ou 30 ans des magazines qui publiaient des essais ressemblant à des publi-reportages à la différence qu'ils étaient écrits avec les pieds par des pseudo journalistes, ça existaient aussi, c'était même assez courant.
Maintenant à l'ère du tout gratuit et avec la pléthore d'essais disponibles sur internet ça serait invendable, c'est sûr...

Aujourd'hui sur le web le plus dur c'est de faire le tri mais heureusement on trouve encore des essais intéressants.
Vive le Repaire !

PS : ce n'est pas une rumeur cette histoire de fusion MR/MJ ? Ni les éditions Larivière (MR), ni Move Publishing (MJ) n'en parlent.

29-05-2018 20:06 
TOM

Il faut bien admettre que si les journalistes pro de la belle époque avaient bien fait leur boulot, le web aurait décrédibilisé les pseudos journaleux.

L'accès à l'information autre que l'info institutionnelle a pu démontré que sur les sujets graves, on nous a roulé dans la farine pendant des décénnies.

Toutes les infos qu'on nous fait avaler à l'heure des repas, sont des notes de l'AFP dont beaucoup ne changent même pas une virgule.

Devant ce constat, des tas de guignols se rendent compte, qu'il n'y a pas besoin de faire une école de journalisme pour faire ça et se prennent à rever de prendre ce boulot en fantasmant sur des talents qu'ils n'ont pas non plus et aussi sur des salaires pharaoniques à recopier des infos prises sur le web.

C'est triste, moi j'aime la photo et dans ce domaine, c'est pareil, des mecs sans aucune formation, aucune culture photo se prennent pour des cadors et déversent sur le web leurs bouses affligeantes.

Le web est une vraie révolution, mais pour l'instant que ce soit dans l'écoute de la musique, dans les reportages et le partage d'infos, dans la photo, il nous a surtout habitué à la surabondance et à nous contenter d'une vraie médiocrité....

29-05-2018 22:51 
chourave

M'enfin, pour qu'il y ait du vrai journalisme, il faut un vrai sujet !

La moto... c'est un vrai sujet ça ?

Les vieux cités par KPOK avaient complètement raison, ne pas être journaliste pour parler moto est une obligation, le principal étant juste d'être passionné et de savoir le transmettre.

Après, le vecteur importe peu, non ?

29-05-2018 23:29 
cologny

En tout cas, je suis devenu lecteur du repaire grâce à ce ton plus libre qu'ailleurs dans les essais (et tes chroniques Kpok).
Merci à vous pour ça, ce n'est plus courant..

29-05-2018 23:52 
froggyfr99

Si vous voulez encore LIRE de vrais essais dans la presse écrite, jetez un oeil à Classic Bikes (pour les anglophiles). Un vrai plaisir: du texte, de la technique, des photos non envahissantes (parfois c'est même frustrant) et des avis qui restent critiques malgrés l'âge de certaines motos, à qui on ne passe pas tout.

30-05-2018 08:04 
waboo

Citation
val69
Je connais pas trop le sujet, mais c'est vrai que je me demande comment l'essayeur qu'on invite (?) tous frais payé (?) à essayer une moto, disons au sud de l'Espagne, peut faire un essai critique...

Cette question revient souvent. Légitimement.

Les essayeurs sont invités "au soleil" (en théorie) pour tester la production d'un constructeur dans les meilleures conditions de roulage (en théorie bis). Pourquoi ?
Parce que le développement d'un modèle coute cher et le constructeur veut, légitimement aussi, le meilleur pour présenter son travail.
Parce qu'un roulage sous la pluie ne donne RIEN des qualités et défauts d'un modèle. C'est bien aussi pour cela qu'un essayeur roule plutôt vite (entre autre) pour mettre la machine en contrainte/défaut.

L'invitation n'engage à rien sauf à trois points essentiels :
- être honnête et objectif envers le constructeur
- être honnête et objectif envers la rédaction dont on dépend
- être honnête et objectif envers le lecteur

Extérieurement, les conditions peuvent paraitre sujet à caution. Sachez que, des hotels de luxe ou nous sommes logés pour une (voire deux nuits), nous ne recherchons essentiellement qu'un WIFI rapide et une douche qui fonctionne. Bien souvent, le lit n'est utilisé que 4 ou 5 heures, rendement et publication oblige.

C'est un simple constat.
Et nous préférerions souvent des présentations moins lointaines et couteuses pour que les constructeurs proposent des tests plus longs une fois sur place, nous permettant de travailler plus sereinement.

30-05-2018 10:06 
roadsixsix

d'une manière générale, très peu de journalistes sont compétents.
A comparer avec les années passées ( 70/80/90), les investigations sont moins approfondies, le sensationnel prime sur l'information.
concernant les journalistes motos, je les trouvent assez léger, leur manque d'ancienneté et de vie motarde les rends peu crédibles.
je lis en priorité "moto magazine" que je trouve plus prés de la vie quotidienne.

30-05-2018 10:33 
Flakes

Je trouve ça un peu dommage d'avoir à se justifier sans cesse pour tout ça. La question est légitime, mais la plupart du temps, les journalistes ressortent quand même des défauts des véhicules qu'ils essaient.

Alors certes on peut se demander si le traitement que les marques leur réservent n'entament pas leur objectivité, mais je vois mal une grosse marque, mal traiter les invités qui vont (grandement) influer sur la réussite d'un modèle ou non (TLS?). Suz a fait essayer la GSXS1000F sur l'île de Man le GSX-R 1000 à Phillip Island, je pense que l'impact aurait pas été le même à Nanterre... Or, faire bonne impression pour un nouveau modèle, c'est quand même un peu le but content

On peut aussi se demander si essayer des nouveautés à longueur d'année n'éloigne pas un journaliste des préoccupations d'un motard "normal", mais c'est justement pour ça que je pense que les pléthores de vidéastes amateurs qui filment leurs essais sont de bons compléments à un essai plus pro, disons, pour se faire une idée.

La transparence est importante (notamment pour le sponsoring ou non), mais c'est aussi au lecteur de ne pas prendre pour Évangile le premier essai venu.

C'est vrai que j'ai l'impression parfois que la presse moto française tourne un peu en rond (on retrouve toutes les mêmes expressions genre "style manga" qui veut pas dire grand chose si on regarde les motos des mangas en fin de compte mais bon ça a l'air de leur faire plaisir :x...), et pas mal de jugements sur des points discutables (le design notamment, je vois pas trop comment un journaliste peut prendre cet argument pour encenser ou critiquer un modèle dans la conclusion vu que c'est un critère subjectif), mais après c'est -je trouve - ce qui fait la valeur du Repaire : ils évitent souvent ces écueils.

Bref, continuez les gars !

30-05-2018 10:46 
L'iguane

Citation
Zedji
franchement il y a 20 ou 30 ans des magazines qui publiaient des essais ressemblant à des publi-reportages

On devait pas lire les mêmes titres alors, parce que justement je les trouvais bien plus poussés et critiques que ceux d'aujourd'hui. Déshabillage de la bécane, revue de détails, essai poussé et bilan détaillé.
Aujourd'hui j'ai l'impression de lire un dossier presse. On te présente les 823 fonctions du tableau de bord (avec commande au guidon sinon c'est une bouze) et on se fait une idée sur 100 bornes...

Quant aux essayeurs web (Seigneur Basket, Walou, et Cie) no comment.

30-05-2018 12:01 
dante

Je suis d'accord avec celui qui disait plus haut que le problème est d'avoir un sujet. J'aime beaucoup la moto, en faire, et tout, mais comme sujet de journalisme c'est quand même sacrément étriqué, surtout quand cela reste confiné à l'objet en tant que tel vu sous un angle d'usage.

Aborder la moto sous l'angle sociologique ou politique ou philosophique peut encore rendre la chose attractive à long terme, mais détailler les dernières caractéristiques de freinage plus ou moins ceci ou cela de telle ou telle bécane c'est un peu comme de détailler les fonctions d'un four ou d'un robot ménager: si tu comptes pas l'acheter spécifiquement tu t'en tapes un peu ...

30-05-2018 12:55 
KPOK

dante, chourave : c'est une vraie question. La moto est-elle un sujet assez touffu pour mériter x magazines ? A partir de quand cela condamne à répéter la même chose ? Sans presse moto, que se passerait-il ?
Ou encore : s'il n'y avait pas de presse moto, les constructeurs oseraient-ils sortir de mauvaises machines en comptant sur une relative impunité, en faisant un parallèle avec le Canard Enchaîné et son influence sur la vie politique, par exemple ?

30-05-2018 17:18 
TOM

La moto comme la philatélie ou la pèche à ligne sont de vrais sujets sans conteste puisqu'il y a un public de passionnés.

On évoque ici pratiquement que l'aspect des essais de motos, mais comme le dit trés bien Dante, quand tu as acheté une moto et que tu as pas envie de la changer tous les 6 mois, tu t'en tapes un peu des nouveautés.

Moi ce qui me manque des années 70' ce sont les textes rigolos bourrés de passion qui parlaient de galeres dans les grands voyages, les mecs qui savaient parler d'une course de cote avec les yeux qui brillent.

Je me souviens d'un journaleux de MJ ou Motocyclisme qui avait fait un article appelé "Soliloque" l'histoire d'un mec qui partait faire un tour en moto en hiver et qui évoquait tout ce qui lui passait par la tete.....un pur moment de partage.

Les cartes postales de fred Tran-duc, les essais de "Zinzin" chez MJ.

Moi c'est ça qui me manque, c'est le rêve et des choses à découvrir dans ce domaine qui me passionne. Pas le nombre de fonctions du tableau de bord de toutes les nouveautés....comme dit plus haut autant prendre la notice.

30-05-2018 17:46 
jojooo

Les comptes rendu des essais comptent une bonne dose de subjectivité du à la personnalité de l'essayeur, de ses affinités avec un type de moto, des conditions des essais ect... Le monde de l'automobile a déjà adopté depuis plusieurs années la norme ISO 9001. Elle n'est certes pas parfaite, mais elle a le mérite de mesurer un certain nombre de données dans des conditions normées et qui évitent les commentaires du genre "freinage de trappeur", "accélération dantesque", "appétit de moineau"...
Et il est vrai que nous ne changeons pas de moto tous les 6 mois (moi tout du moins). Ou sont passés les essais longue durée de 50.000 km avec passage au crible du moteur et de la partie cycle, le tout entièrement démonté. Le genre de test grandeur nature avec roulage type "je n'ai pas un chrono dans la tête à chaque sortie"? Bref, pas un essai de 300 km sur une bécane préparée au p'tits oignons par l'importateur et sur des routes choisies et dégagées pour l'essai.

31-05-2018 11:05 
Le Modérateur

où sont passés les essais de 50.000 km ? surtout quand on sait qu'un motard fait en moyenne aujourd'hui 3.500 km par an ?

En fait, la taille des rédactions a été divisé par X (2, 3, 4 voire 10). Après quand il faut faire le choix de faire 100 essais par an, à raison de 1.000 km par essai, voire plus (quand on peut, en fonction du modèle et du constructeur) et 2 essais de 50.000 km... la logique mathématique est incontournable.

Mais c'est aussi pour cela que l'on vous emmène en roadtrip chaque année avec une moyenne de 8.000 km par roadtrip, pendant l'été sourire

Cette année, direction les US pour un gros roadtrip avec la dernière Golwing ! Il faudra nous suivre :)

31-05-2018 11:46 
L'iguane

A condition d'avoir un quelconque intérêt pour la Gold.

31-05-2018 12:25 
Nounours48

A l'envers ça peux faire un barbecue sympa ...

31-05-2018 14:37 
jojooo

S'il est vrai que la moyenne kilométrique du motard français a diminué, il n'en demeure pas moins que nombre de motards :
- gardent leur monture de nombreuses années
- roulent + de 15.000 km / an (ce qui est mon cas)
Et l'on peut lire dans nombre de forum que certaines motos cumulent des faiblesses qui ne sont révélés que bien au delà des 300 km d'essai, et de la période de garantie.
La moto a beau être un objet de - chère - passion, ce n'est pas pour autant qu'il faille fermer les yeux sur la qualité / fiabilité / longévité de celle-ci.
Malheureusement, la taille des rédactions suit la même logique que beaucoup d'entreprises : moins d'effectif pour un même rendement. Mais qui vous empêche de MUTUALISER des essais longues durées avec d'autres rédactions, qu'elles soient françaises ou européennes ?
Cela diminuerait les coûts pour chacune des rédactions participantes, et pourrait contribuer à l'amélioration les produits chez les constructeurs.
Et satisfaire pauvre de nous, les consommateurs de leurs motos... et de vos articles !

31-05-2018 15:48 
KPOK

La mutualisation existe déjà. Je ne sais plus si c'était MJ ou MR qui publiait régulièrement des traductions d'essais de rédactions soeurs à l'étranger. Alan Cathcart(?) bossait à l'époque pour un canard britannique et faisait souvent des essais poussés de sportives, publiés ensuite en français.

31-05-2018 16:52 
TOM

Citation
KPOK
La mutualisation existe déjà. Je ne sais plus si c'était MJ ou MR qui publiait régulièrement des traductions d'essais de rédactions soeurs à l'étranger. Alan Cathcart(?) bossait à l'époque pour un canard britannique et faisait souvent des essais poussés de sportives, publiés ensuite en français.

MJ!

Mais bon, il y avait aussi des liens entre certaines revues et les émissions de télé, c'est pas trés nouveau.

Ce qui est sur c'est que beaucoup de choses sont externes aux revues (photos, articles fait par des indépendants, etc....) C'est un peu le prix à payer pour faire survivre une revue.

Imaginez une equipe de 10 ou 12 personnes salariées dans une redaction. 2 essayeurs se bourrent lors d'un essai sur piste ou d'un comparo, Arrets de travail, absences, le journal il fait comment pour assurer sa survie?
Alors maintenant on passe des contrats avec des redacteurs indépendants et on pompe les photos en agence et ça roule......

Les choses évoluent, faut s'adapter meme si on regrette la belle époque....

31-05-2018 17:00 
Panpan_a_moto

Ch’est bon les noix bave

31-05-2018 18:23 
cajo

Depuis un paquet d'années un grand nombre de journaleux dérive en tout sens, quelque soit le média utilisé... (et je ne dis pas que c'était mieux avant !)

La multiplicité et la "pauvreté" globales regrettées aujourd'hui font suite à l'influence de quelques personnalités fortes et parfois talentueuses, mais aussi parfois malheureusement élitistes.

Mais au fond, qu'est-ce qui justifie la fonction ? Le journaliste représente l'intérêt de l'usager et se pose les questions de l'usager, ou il représente essentiellement les intérêts de l'activité industrielle et commerciale qui le manipulent ?
Dans ce cadre là, comment s'étonner de notre lassitude, nous simples motards, pour l'activité journalistique ...?

Car dans ce statut social particulier (croit-on ...), entre le "pouvoir" et le consommateur, se demande-t-on encore ce qu'on fout là et ce qu'est vraiment le métier d'informer ...??

Est-ce reprendre presque au mot près les dossiers presse ; relayer fidèlement en les louant les tendances des constructeurs et équipementiers ; accepter les conditions de l'essai fixées par le constructeur ; développer et participer à l'événement commercial conçu par le business ; jouer la carte du scoop et du sensationnel à coups d'images ; cultiver le marronnier de manière régulière ; sous traiter l'info et son traitement sur le support par des petites mains sous payées au Sri-Lanka ou ailleurs ; faire des "ménages" et user d'une visibilité sociale à défaut d'une notoriété issue des compétences reconnues ... etc. ??

Comment pratiquer les grands écarts exigés par la fuite en avant du consumérisme que ton activité développe et encourage, tout en ne se reniant pas sur ses questions éthiques et déontologiques ?

Où est la passion qui te guide en tant que citoyen-usager qui souhaite témoigner auprès de tes semblables...?
A la "neutralité" insipide revendiquée ici (et qui va tuer définitivement le métier, ça me semble malheureusement évident), je préfèrerais la critique et la curiosité, les coups de gueule, l'interrogation et l'investigation, la comparaison et le jugement, l'analyse et la prospective, la passion, le parti pris et la mauvaise foi, la capacité à pouvoir dire "je me suis trompé" "j'ai changé d'avis", un point de vue sur le modèle économique, le rapport qualité/prix... etc. !

J'invite les journalistes papier-web-tube-planète Mars ... à se ressaisir, sans se draper dans une attitude "snobante" qui consiste à envoyer paître gentiment des lecteurs qui seraient les seuls influents dans l'boxon actuel qui tire la qualité vers le bas (ben voyons !!) ...

Allez, on va mettre tout l'monde d'accord, on a tous changé et on est tous responsables. Hé bien que tous s'interrogent ... V

La prochaine fois, je tente une observation de l'usager-client-participant-manipulé ...promis clin d'oeil
Merci KPOK !!

02-06-2018 09:23 
 

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