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Procrastina... truc

Sous-Titre 2

Il ne faut jamais remettre à demain ce que tu peux faire aujourd’hui. Sauf si tu dois inventer un virus de catégorie militaire, auquel cas, ouais, vas-y, procrasti... truc tant que tu veux, gars.

Procrastina... truc

Sous la selle de ma 125 il y a marqué : vidange août 2015, 6.800 km. Tu vois tout de suite le problème. Même si je n’ai que 2.000 bornes de plus au compteur, il est temps de changer d’huile. Oui, mais… ça m’ennuie d’aller chez mon mécano officiel pour ça : il se trouve à 35 kilomètres de la maison maintenant que j’ai déménagé. Je pourrais allez chez Cardafy, mais vue l’heure à laquelle je sors du taf’, ça veut dire repasser par la casa, attendre 14 heures pour aller à Chenôve. J’aime pas aller à Chenôve. Ou alors je pourrais confier Henri IV à Maurice qui est bien plus près. Mouais.

Ou alors… Ou alors, je pourrais profiter que :

  1. je dispose d’une cour semi-bétonnée, au calme et en plein soleil vers 14 heures.
  2. j’ai dans le placard 1 litre d’huile de bonne qualité
  3. j’ai tous les outils qu’il faut pour faire une vidange
  4. je n’ai rien que ça à faire cette aprème.

Certains jours j’ai du mal à comprendre pourquoi je mets autant de temps à m’apercevoir d’évidences de taille cosmique.

Je prends donc ma plus belle clef de 17, me munis de ce pratique bidon en plastique de 5 litres ouvert sur le flanc qui me sert de récupérateur d’huile et de quelques chiffons et m’attaque tout guilleret à cette tâche insurmontable un quart d’heure plus tôt. Le bouchon cède sans se faire prier, je manœuvre adroitement des deux mains pour le récupérer avant qu’il ne tombe dans la bassine, je suis le filet d’huile qui s’écoule pour ne pas faire de tache sur le ciment… tout baigne.

Je remonte le bazar, fais le plein d’huile soigneusement, donne quelques coups de kick pour faire circuler un peu l’huile avant de lancer le moteur, je laisse celui-ci tourner 20 petites secondes pour vérifier que tout va bien sans pour autant trop enquiquiner les voisins… im-pe-cca-ble. Je range Henri IV à sa place habituelle. Durée de l’opération : 20 minutes, déballage des outils compris.

Je récupère le bidon et inspecte le fond : l’huile n’a pas l’air trop pourrie et il n’y a pas de dépo… eh ! Mais c’est quoi cette rondelle ? Funérailles ! Le joint ! J’ai remonté l’écrou sans le joint. Ah le con ! Heureusement que je m’en aperçois maintenant. Pffff… je suis bon pour une nouvelle vidange et je n’ai plus de bidon d’avance.

Je vais rechercher Henri IV et je recommence la manip’. Je regarde dépité l’huile toute neuve s’écouler dans le bidon. Mes yeux glissent vers l’écrou de vidange que je tiens à la main. Ah mais le re-con ! Je remets vite l’écrou en place et vais récupérer le joint sur la table de la cuisine où je l’avais posé. Je dévisse à nouveau l’écrou, enfile rapidement le joint dessus et le revisse. Le re-re-con ! J’ai vidangé dans le bidon de vieille huile au lieu de faire ça dans un récipient propre comme -au hasard- cette bouteille d’eau vide posée en évidence près de la poubelle. Il reste à peine assez d’huile dans le bidon pour compléter le niveau.

Tu te dis : ce n’est pas possible. Il ne peut pas être tarte à ce point-là. Il en rajoute, il affabule. Eh bien pas du tout : c’est l’exacte vérité à la virgule près. Certains jours je suis bête à en pleurer. Si les couillons avaient des ailes, je serais pilote d’essai chez Lockheed.

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