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Silence et lumière

Au bout du salon moto

C'est mon petit plaisir : dénicher des bécanes improbables. Des importateurs qui font rentrer des motos du bout du monde, fabriquées au Japon, en Corée, en Thaïlande, au Brésil ou au Mexique. Des motos selon mon coeur.

Kronik : silence et lumière

Le salon moto, c'est l'occasion pour moi de dégoter deux ou trois exposants au catalogue singulier. Des importateurs de motos étranges, le plus souvent des 50 et des 125 cm3, mais aussi quelques bécanes un peu plus grosses. Je n'ai jamais osé franchir le pas et en acheter une et j'enrage que les grands constructeurs n'osent pas faire rentrer ce genre de machines chez nous.

Une fois expédiée la corvée qui consiste à essayer de raconter quelque chose d'intéressant sur les modèles dont toutes les rédactions vont parler, je m'enfonce dans les profondeurs du salon. Je quitte le centre bruyant pour la périphérie plus feutrée. Ici, plus de greluches perchées sur les motos, on va à l'essentiel : des 125 bizarres, des 150 improbables et des 200 cm3 utilitaires à gros porte-bagages, voire des 300 cm3. C'est à la mode le 300 cm3. J'adore. Les types sur les stands parlent vrai : ils n'ont pas passé les trois derniers jours à répéter un script. Ils sont aussi tout contents d'avoir un journaliste auprès de qui ils peuvent défendre leurs machines.

Zontes Sport 300

Avec moi, ils n'ont d'ailleurs rien à défendre : je comprends parfaitement l'importance qu'il y a à piocher dans des catalogues autres que ceux de la douzaine habituelle. Il y a des tentatives de trois-roues façon MP3 mais avec des moteurs de vraies motos, des scooters monoplaces purement utilitaires à grosse capacité de transport, des motos à double variateur, des bécanes à gros pneus ballon pour passer partout, des prototypes hybrides à moteur thermique auxiliaire ou à hydrogène... Je suis servi.

Yamaha Niken

Je sens dans cette partie du salon un enthousiasme, une énergie qui est absente des grands stands trop bien léchés. Les importateurs croient à ce qu'ils vendent. Le trio sur le stand est généralement le même : le patron de la boîte, son directeur marketing et le commercial. A eux trois, ils tiennent bon depuis une vingtaine d'années dans un bled paumé de province qui fait office de tête de pont pour une multinationale. Marrant.

Roue avant de 30 pouces

A la fin, je me fais mon petit plaisir : je déboule sur un stand improbable, genre un fabricant de réservoirs en plastique rotomoulés, je chope le directeur technique et je lui fais m'expliquer par le menu comment ils fabriquent leurs bidules. Sur quelles machines ils travaillent. Quels plastiques ils emploient. Quels sont les temps de cycle de fabrication. Contre qui ils se battent. Comment la société a évolué ces dernières années. Pendant une demi-heure, trois quarts d'heure, je plonge à fond dans le métier de ces entreprises qui font qu'on trouve encore des boulots en province.

VR 46 sur base TZ750 et XJR 1300

C'est un plaisir de parler à un vrai passionné, un type dont je vais partager l'enthousiasme pendant le court temps de l'entretien, qui va me faire découvrir les arcanes de son métier. Le gars est aussi content que flatté d'avoir en face de lui un auditoire authentiquement intéressé et attentif, alors il se lâche : peu à peu, il commence à utiliser ses mots à lui, son vocabulaire de tous les jours ; les emmerdes qu'il rencontre ; les coups foireux de la concurrence ; combien ils en chient pour recruter de bons techniciens dans leur coin perdu ; cette nouvelle bécane allemande qu'ils ont fait rentrer l'année dernière et qui marche du tonnerre.

Interviewer des passionnés : c'est pour ça que j'adore ce métier.

Responsable presse

A suivre la semaine prochaine... le côté obscur de la force de Silence et Lumière

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