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Comment rouler dans la neige et dans le froid

Baisser sa vitesse et savoir jauger l'adhérence d'une chaussée glissante

Prendre soin de soi et de sa monture

Conseils : le side-car, engin idéal sur la neige
Conseils : rouler dans la neige et dans le froid
Certains motards ne roulent pas l'hiver. C'est leur droit. D'autres doivent rouler toute l'année. C'est leur choix (ou pas). Et même si "y'a plus de saisons !" (voir nos prévisions météo chaque semaine), disait ce brave et regretté Gillot-Pétré, une petite dépression d'Islande bien juteuse peut malgré tout compliquer la pratique de la moto, tout autant que l'installation tenace d'un anticyclone de Sibérie. Voici quelques conseils pour faire face à ces moments de neige et de verglas qui vous confrontent directement à vos certitudes de motards. L'hiver, ce n'est que pour les braves ? Ou pour ceux qui s'y sont un petit peu préparés ?

Premier conseil : tout doux, petit poney !

A la mauvaise saison, la seule vraie question à se poser est celle de l'adhérence. On a vu lors d'un précédent article qu'un bitume mouillé (voir : nos conseils pour rouler sous la pluie) offrait un coefficient d'adhérence globalement divisé par deux par rapport à un bitume sec.

Or, l'hiver, quand les choses se dégradent, vous allez être confronté à des situations de plus en plus délicates à gérer : dans l'ordre croissant des difficultés, j'annonce neige fraîche, neige tassée et verglas. Selon la Prévention Routière et les dernières recherches, le coefficient d'adhérence qui serait de 0,9 sur le sec, se situe entre 0,4 et 0,6 sur le mouillé. Il descend à 0,2 sur de la neige et à 0,05 sur le verglas. Oui, zéro virgule zéro cinq. C'est clair ?

Conduite sur neige fraîche

En suivant quelques recommandations, rouler sur de la neige fraîche n'est pas si difficile que cela. Si vous vous trouvez pris dans une tempête de neige, pas de panique ! Cela demande juste une immense douceur et beaucoup d'anticipation : les actions sur toutes les commandes, embrayage, frein, accélérateur doivent se faire comme si celles-ci étaient en cristal. Bien évidemment, il faut réduire sa vitesse, éviter tout mouvement brusque, prendre les virages en douceur en déplaçant le poids de son corps plutôt qu'en contrebraquant. Bien entendu, les distances de freinage dépendant du coefficient d'adhérence, il sera intelligent et assez avisé de laisser de grandes distances de sécurité avec le véhicule qui vous précède.

Conduite sur neige tassée

Les mêmes conseils s'appliquent avec encore plus d'acuité sur la neige tassée, qui devient plus glissante en se compactant. Dans ce cas, la vitesse doit être encore réduite et l'on cherchera à rouler dans les traces des voitures.

Conduite sur verglas

Maintenant, concernant le verglas, il n'y a pas beaucoup de recettes miracles. Là, les gars, vu le coefficient d'adhérence proche de zéro, on ne peut plus grand-chose pour vous. L'essentiel est d'avoir anticipé le verglas, de l'avoir vu : là, il faut passer le moins vite possible, rouler le plus droit possible, jambes sorties, moteur débrayé (pour donner le moins de contraintes possibles à la roue arrière, ce qui mettrait la moto instantanément en travers). Insister conduira immanquablement à la chute.

Voir et être vu

Conseils : s'équiper pour rouler dans la neige et dans le froid
Conseils : s'équiper pour rouler dans la neige et dans le froid
Au volant comme au guidon, la vue c'est la vie, nous disait la Sécurité Routière qui a toujours eu plus d'imagination pour ses slogans que pour ses politiques.

Comme la visibilité est souvent mauvaise, il faut s'assurer de bien voir : écran en bon état, pinlock ou traitement anti-buée sont des prérequis. Des gants équipés d'une micro-raclette aident à retirer les flocons de neige qui ont tendance à coller sur la visière (contrairement à ceux du casque AGV Winter Test de Valentino Rossi, qui restent sagement sur les côtés de la mentonnière).

Car voir vous permettra de mieux déjouer les pièges. Et de laisser s'exprimer toute votre intelligence de la Route ! J'ai le souvenir d'une montée de col hivernale ou une grande montée bien sèche et ensoleillée donnait sur un tunnel qui déboulait direct sur une patinoire verglacée : eh oui, entre l'adret (le versant ensoleillé des montagnes) et l'ubac (celui qui reste à l'ombre), les conditions sont radicalement différentes en hiver.

De même, vous aurez à anticiper les passages venteux, susceptibles de donner naissance à des plaques de verglas. La sortie d'un tunnel ? Le passage sur un pont, particulièrement exposé aux flux d'air ? Un virage qui se referme sur une zone d'ombre ? Des plaques d'égout ? Méfiance ! Dans ces conditions, la prudence est votre première alliée.

Dites-vous aussi que si vous avez du mal à voir, les autres ont du mal à vous voir également. Vérifiez bien que personne ne vous suit de trop près et adoptez une tenue plus visible : casque clair, blouson avec larges bandes rétro-réflechissantes, combinaison de cuir ou chasuble fluo.

Equipement de protection thermique : pensez aussi (et surtout !) à vous

Dans des conditions difficiles, vous êtes seul maître à bord et la pérennité de l'équipage tient d'abord à vos propres capacités à en assurer les commandes. Si vous n'êtes pas bien équipé, moins de 20 minutes par temps froid suffiront pour réduire votre capacité : votre organisme combat le froid en produisant de la chaleur, c'est la thermogenèse. Votre activité cardiaque augmente, votre corps brûle beaucoup d'énergie et votre cerveau finira par en manquer, ce qui est néfaste à la réactivité et à la prise de décision.

Outre les températures basses, le vent relatif fait son effet dévastateur à moto. Si vous prenez la route par 0 °C, vous aurez l'impression d'affronter du moins 20 °C à 100 km/h. Une attention toute particulière devra être accordée à la qualité étanche et thermique des vêtements, mais aussi des gants et des bottes, car c'est d'abord par les extrémités du corps que l'on se refroidit. Des accessoires tels qu'un bon tour de cou en polaire seront un bon complément. Et la moto peut également vous aider, si elle dispose de manchons ou d'une installation pour des gants chauffants, voire de poignées et d'une selle chauffante. Après la doublure chauffante, on trouve également des chaussettes chauffantes désormais.

Et la moto, dans tout cela ? Elle aussi joue un rôle important. Il faudra la nettoyer régulièrement pour que le sel et autres impuretés ne dégradent pas les métaux et n'altèrent pas les connexions électriques. Aujourd'hui, quelques marques ont développé des pneumatiques spécifiques pour un usage hivernal, tel que le Michelin City Grip Winter, dédié aux scooters. L'avancée de la technologie laisse espérer que certains pneus destinés aux motos puissent, un jour, proposer le label 3PMSF (Three Peak Mountain Snow Flake), qui témoigne d'une homologation en conditions hivernales. Mais on n'en est pas encore là.

Conseils : le side-car, engin idéal sur la neige
Conseils : le side-car, engin idéal sur la neige
D'ailleurs et si la meilleure façon d'aider votre moto à passer l'hiver était en fait, de l'en préserver ? Plutôt que de tenter le diable avec, au hasard, une Harley-Davidson Electra Glide Ultra Classic, une petite Yamaha YBR 125 dénichée pour trois queues de cerise sur nos petites annonces permet de se rendre au boulot en toutes circonstances et sans risques. Voir, si vous avez plus de moyens, l'achat d'un side-car à deux roues motrices en complément. L'hiver en Ural Ranger, c'est vraiment la classe.

Plus d'infos sur rouler sur la neige et dans le froid

Commentaires

cajo

Conseiller de rouler dans la trace de la bagnole ... ça se discute et s'apprécie en fonction de la température, de la consistance de la neige et de son épaisseur.

Si cette neige fait "soupe" dès qu'une bagnole y a laissé sa trace, pas de problème pour y aller (en douceur tout de même !).

S'il fait grand froid et que la neige tassée sur la chaussée se transforme en glace compacte en dessous, vaut mieux éviter.

La neige fraîche qui n'est pas compactée par un véhicule qui te précède me semble moins piégeuse, avec bien sûr toutes les précautions d'usage ... on est sur des œufs c'est clair !

31-10-2018 20:19 
faublas

Les manchons, moche, mais mes souvenirs de brouillard givrant sur les doigts et les genoux (impossible de déplier les jambes à la station service) me laissent des souvenirs de glace...
Mais c'était fun quand même, des expériences dont on se rappelle...

05-12-2018 20:45 
Peterpan

De mes souvenirs qu ils me restent de cette période !

Se couvrir chaudement, réduire sa vitesse (lol) et ensuite +1 avec les conseils de Cajo!


Ps: au printemps grand nettoyage de la moto et dégrippage des étriers de frein !

06-12-2018 13:49 
 

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