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Définition : moto

Lexique : ça a failli s'appeler "michauline", "petrol cycle" ou avoir trois roues...

Retour sur les origines de notre passion commune

Définition : motoParler de moto, tout le monde le fait. Mais au fait, c'est quoi, une moto ? Le dictionnaire Larousse va droit au but : "motocycle à deux-roues, d'une puissance de plus de 50 cm3 (moteur thermique) ou de plus de 4kW (moteur électrique)". D'autres dictionnaires poussent la définition à partir de 125 cm3 et non pas 50 cm3... d'où peut-être le problème de définition du motard qui va avec. Bien, bien.

Outre le fait qu'ils utilisent le mot "motocycle" pour définir ce qu'est une moto et qu'ils confondent puissance et cylindrée, on a une idée. C'est un truc qui roule par lui-même et qui tient sur deux-roues. Quand les cahiers du cinéma se mêlent de définir ce qu'est une moto (non mais sérieux, est-ce qu'il y a une rubrique films sur Le Repaire ?) ça donne : "en général, le jeune coq habite un achélème, circule en moto, porte tee-shirt, santiags et perfecto". Quoi qu'il en soit, une moto, ça doit dépoter : la preuve en musique où, les chefs d'orchestre italiens crient des "con moto", quand le morceau doit accélérer le mouvement !

Daimler ? Non !

On attribue souvent la première motocyclette de l'histoire à Gottlieb Daimler en 1885, qui installa le premier moteur thermique (un monocylindre 4-temps) sur un engin équipé d'un cadre en bois et posé sur deux roues en bois recouvertes de cerclages en fer. Elle avait la réputation d'être un peu rude à l'usage et de bien secouer les os de ses conducteurs. Heureusement, 4 ans plus tard, John Boyd Dunlop, rapidement suivi par Michelin, invente la chambre à air et le pneu... Mais de toute façon, c'est faux et pour deux raisons : la moto Daimler avait deux petites roues stabilisatrices, un peu comme un vélo d'enfants, ce qui lui, attribue, de fait, 4 roues. On aurait pu l'appeler quad ou automobile.

Daimler de 1885

Et puis, dans les faits, ce sont les Allemands Hildebrand & Woelfmuller qui ont déposé le premier brevet d'un engin à deux-roues, en 1894, à Munich. Elle était animée par un bicylindre en ligne, 4-temps, refroidi par eau et placé horizontalement et dont une extension du vilebrequin entraînait directement la roue arrière.

Hildebrand et Woelfmuller de 1884

Néanmoins, si l'on part du principe que la "moto" doit se déplacer par elle-même, pourquoi ne pas remonter à 1867, quand Sylvester Howard Roper monte un moteur à vapeur sur un cadre de vélo ? Voire même quelques années avant, puisque Roper (qui décédera en 1896 dans un accident lors d'une démonstration avec l'un de ses engins) avait repris le principe de la Michauline, un engin dont les premiers plans remontent à 1863 et que l'on doit au fabricant de vélos Pierre Michaux, de Paris, qui, lui aussi, avait installé un moteur à vapeur dans un cadre de vélo. On a eu du bol : la moto aurait pu s'appeler '"michauline". Et ce d'autant que le terme "moto-cycle" vient de 1887, toujours motorisé par un moteur à vapeur. Néanmoins, Lucius Copeland (de l'Arizona) avait baptisé ainsi un engin à trois roues ! L'année suivante, en 1888, le terme "petrol cycle" fut déposé, toujours pour un engin à trois roues, équipé d'un flat-twin de 600 cm3.

On n'est pas plus avancé.

Un festival d'inventivité et de créativité

Ensuite, la créativité des hommes et l'effet d'entrainement des nouveautés technologiques ont permis à la moto une évolution exponentielle. Dès le début du XXème siècle, des centaines de marques proposèrent des motos, avec des technologies extrêmement variées. Cependant, que l'on parle d'une Scott américaine de 1911 avec son moteur deux-temps à refroidissement liquide et distributeurs rotatifs, ou d'une FN belge qui avait des machines équipées d'un quatre cylindre en ligne longitudinal dès 1903, ou bien encore d'une Miyape, la première marque japonaise, créée en 1909, tout cela entre sous la même dénomination : moto.

Ça se complique dans les années 50

Vint doucement le temps de la diversification. Avant cela, une moto, cela recouvrait des technologies différentes, des identités différentes liées à la philosophie de leurs constructeurs. Si l'on met de côté l'invention par Harley-Davidson des servicars en 1932, c'est dans les années 50 que les gammes commencèrent à se diversifier. Ainsi, Harley-Davidson, toujours, lança la Duo Glide, une machine de tourisme, en 1949.

la Harley-Davidson Duo Glide

Les Anglais commencèrent à développer des versions plus performantes de leurs monocylindres et les rares marques qui ont survécu à la Seconde Guerre Mondiale étendent leur offre en proposant des petites cylindrées et des scooters. Et puis tout cela a dérivé à la situation où, de nos jours, entre trails, basiques, roadsters, néo-rétro, trail GT, sport GT, sportives, hypersportives, scrambler et bien d'autres, on a une dizaine de catégorie d'engins...

De l'universalité de la moto

On notera que la prononciation de "moto" est assez universelle : il y a moyen de se faire comprendre partout (ou presque) dans le monde, entre le motorcycle des Anglais, le motorrad des Allemands, le "motuoché" des Chinois, le motosikléta des Grecs, le motorjohl des Islandais, le mototsikl des Russes, le motorka des Tchèques et le motosiklet des Turcs et même "moto" en wolof. Seuls les zulus font dans la nuance : au fin fond du Kwazulu-Natal, province verdoyante de l'Afrique du Sud, vous ferez références aux pétarades de votre monture en la désignant sous le doux nom de "isithuthuthu".

La moto, ça peut donc rester simple et universel, un peu comme celle-ci :

Royal Enfield Bullet

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