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Histoire pilote : Régis Laconi

Une victoire historique en GP 500, onze victoires en Mondial Superbike

Un pilote très généreux avec la poignée de gaz et qui a souffert de nombreux accidents

Histoire pilote : Régis Laconi"Monsieur 110 %" : est-ce comme cela que l'on peut résumer Régis Laconi ? Car si l'est bien un pilote que l'on ne peut accuser de manquer d'enthousiasme avec la poignée de gaz, c'est bien lui. Quitte à en faire parfois un peu trop ? Le débat est ouvert. 110 % parce que, quand on le récupérait dans le bac à graviers, il avait tendance à dire : "je comprends pas, j'ai tout donné, j'étais au moins à 110 %".

Toujours est-il que ce jeune lorrain, natif de Saint-Dizier (le 8 juillet 1975) puis installé dans la Meuse, à Bar-le-Duc (d'où son numéro de course, 55), débute en championnat de France de vitesse et obtient une wildcard pour le GP de France en 1992 : c'est d'ailleurs le seul GP 125 qu'il courra. Car Laconi n'est pas un petit gabarit, avec 1,78 m et 70 kilos, il a besoin de chevaux et d'espace à bord.

Néanmoins, les petites cylindrées lui permettront d'éclore : trois ans après avoir été repéré par Marc Fontan, il devient champion de France et d'Europe de GP 250 en 1994. Ensuite, Régis Laconi part faire ses classes en GP 500. En 1997, sur une Honda 500 V2, il est violemment percuté par un autre pilote et s'en sort avec deux mois de convalescence, durant lesquels il doit récupérer de ses blessures : hématome au foie, côtes cassées, nombreuses contusions aux poumons. Il perd 8 kilos durant ces semaines d'hopital, mais revient plus motivé que jamais : en témoigne une belle 5ème place en fin de saison au GP d'Australie. Cette ténacité, qui est un des traits marquants du caractère de Régis Laconi, lui vaut une place dans un team de GP 500 soutenu par l'usine : le team Yamaha Red Bull, où il a comme coéquipier Gary McCoy.

Valence, la légende !

En 1985, Christian Sarron fait retentir la Marseillaise à Hockenheim à l'issue de la course des GP 500. Il faudra attendre 14 ans pour qu'en septembre 1999, Régis Laconi entre lui aussi sur les tablettes des vainqueurs français en GP 500 à l'issue d'une course menée de main de maître dans des conditions météo difficiles, où Régis avait fait le choix courageux de partir en slicks. Il trône ainsi sur un podium composé de Kenny Roberts Junior et de Gary McCoy.

Histoire pilote : Régis Laconi gagne un GP 500

Pour autant, Régis ne confirme pas ces bonnes dispositions et l'année 2000 est en dents de scie. Il perd donc son guidon chez Yamaha et tente une première incursion en Mondial Superbike, en tant que coéquipier de Troy Corser, sur l'Aprilia RSV Mille. Dès sa première saison, il remporte une victoire à Imola et devient l'un des rares pilotes à avoir remporté des courses dans les deux disciplines phare de la vitesse moto. Hélas, l'histoire se répète : Régis est lourdement blessé en début de saison, en se faisant percuter par une autre moto et l'année 2001 n'est pas à la hauteur de ses attentes.

En 2002, il revient en MotoGP, avec l'Aprilia RS Cube, une moto peu aboutie et ne peut faire de coups d'éclats.

Régis Laconi sur l'Aprilia de MotoGP

Vice-Champion du Monde de Superbike

Il revient écrire les dernières pages de sa carrière de pilote en Mondial Superbike. D'abord sur une Ducati privée en 2003, saison qu'il termine à une remarquable 4ème place avec notamment de très belles performances en Superpole. Il signe d'ailleurs une pole position au Japon, à Sugo et termine régulièrement devant les machines d'usine. Cela lui vaut un guidon officiel : en 2004, il rate le début de sa saison sur la Ducati, avec trois résultats blancs en 4 courses. Dominer la seconde partie du championnat (5 poles, 14 podiums, 7 victoires, 6 meilleurs tours en course) ne sera, hélas, pas suffisant : il termine vice-champion du monde derrière son coéquipier James Toseland, celui-ci ayant pris le meilleur lors de la dernière course du championnat à Magny-Cours.

Histoire pilote : Régis Laconi sur la Ducati officielle

En 2005, Régis sera de nouveau blessé et écourtera sa saison à cause de blessures. En 2006 et 2007, il est chez Kawasaki, mais la ZX-10 R est alors bien perfectible et souffre d'un manque de mise au point. En 2008, les twins rivaux passent en 1200 et sur sa Kawasaki, Régis a toujours bien du mal à lutter.

Il reprend donc une Ducati semi-officielle en 2009. Dès la première course, en Australie, il est de nouveau dans le coup : 8ème en première manche, 4ème en seconde, il a en plus battu le record du tour lors de la Superpole. Hélas, peu de temps après, il chute très violemment, le 15 mai 2009, lors des essais sur le circuit sud-africain de Kyalami. Plusieurs vertèbres cervicales sont touchées et il souffre d'un grave traumatisme crânien, qui lui vaudra des troubles de la mémoire durant plusieurs semaines.

Régis Laconi, sa dernière saison sur la Ducati DFX en 2009

Régis a du mal à faire le deuil de sa carrière de pilote et contre l'avis de tous, sa famille, ses sponsors et les médecins, prétend revenir à la compétition. La décision sera dure à prendre, tant ce monde est le sien.

On le retrouve alors en 2011 comme commentateur sur les GP pour Eurosport. Son analyse de la course tout comme ses commentaires si particuliers (ces fameux "oh lala, il est chaud patate...) nous manquent !

Et depuis, Régis fait beaucoup de vélo, est ambassadeur pour Ducati, a passé un brevet d'Etat pour encadrer des stages de pilotage et autres activités, telles des baptêmes de piste. En 2012, pour les 25 ans du championnat World SBK, il entre dans le "Hall of Fame" de la catégorie.

On retient de lui son engagement sans faille au guidon d'une moto, ainsi que sa personnalité simple, chaleureuse, décontractée.

Régis Laconi en quelques chiffres :

  • Né le 8 juillet 1975 à Saint-Dizier
  • 1 course en GP 125 (1992)
  • 28 courses en GP 250
  • 55 courses en GP 500 (Honda & Yamaha), 1 pole, 1 victoire, 2 podiums
  • 16 courses en MotoGP (Aprilia)
  • 173 courses en World SBK, 7 poles, 11 victoires (1 avec Aprilia, 10 avec Ducati), 28 podiums

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