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Les 10 courses qui ont marqué l'histoire

Finish haletant, vainqueur surprise, dépassements d'anthologie...

Le top 10 des courses qui nous ont cloués au fond du canapé

C'est dur à admettre, mais il y a des courses chiantes. Un mec fait la pole, part en tête et termine avec 20 secondes d'avance, tandis que derrière, c'est le petit train et qu'il ne se passe rien.

Et puis des fois, plus rarement, il se passe un truc. Des génies de la trajectoire se retrouvent au coude à coude, des pilotes au mental d'acier ne lâchent pas un millimètre, tour après tour, on assiste à des dépassements improbables, à des instants d'anthologie. Et c'est ainsi que la course passe d'une procession passive à un morceau d'histoire, plein d'émotion, de grâce et de talent. Dans ces cas là, sur le canapé, les chips restent dans le bocal, la bière s'évapore, on entend les mouches voler, le silence reflète la tension et on a du mal à retenir une petite larme d'émotion...

C'est pour cela qu'on aime la moto : dans ce délicat ballet entre l'homme et la machine, toujours sur le fil du rasoir, l'impossible peut se produire.

Évidemment, choisir 10 courses est une mission parfaitement impossible et un tel choix engendre donc un fort degré de subjectivité. Et après tout, on ne peut pas être exhaustif : d'ailleurs, peut-être que l'édition des 24 heures de Solex en 1978 à Gaborone (Botswana) est la plus belle course de 2 roues de toute l'Histoire, mais on ne sait pas, on n'y était pas et personne n'en a véhiculé la légende. Mais c'est fort probable.

Bref : après le top 10 des circuits où il faut absolument poser ses sliders et le top 10 des meilleurs pilotes de tous les temps, voici l'un ce des nouveaux articles follement entrainant, terriblement instructif et magnifiquement divertissant du Repaire : le top 10 des courses d'anthologie.

12. Supercross de Bercy, 1992, Jean-Michel Bayle contre Stanton

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire : Bayle à Bercy en 1992

Admirez l'immense générosité du Repaire, qui vous colle 12 points dans un article censé en contenir 10. Et tout ça sans supplément de prix ! C'est ça, le Repaire : altruisme et amour de son prochain !

Bref, on se souvient tous du Supercross de Bercy en 1992, époque où cette discipline avait une cote d'enfer (récemment, le Supercross de Bercy s'est tenu à Lille, c'est dire !). En 1992, Jean-Michel Bayle est alors déjà double champion du monde de motocross et il a réussi son pari d'aller défier les Américains sur leur propre terrain : en 1991, il est sacré champion américain de supercross et double champion américain de motocross en 250 et 500. La légende JMB bat donc son plein.

Bref, à Bercy, les Américains veulent lui rendre la monnaie de sa pièce et rabattre le caquet du Frenchie sur ses propres terres. Et c'est Jeff Stanton (quadruple champion américain en SX et MX en 1989 et 1990, soit avant que JMB ne vienne leur expliquer la life) qui s'en charge. Dans le dernier tour, Stanton est en tête et, prudemment, ferme la porte dans le dernier virage. Mais il en faut plus pour faire renoncer JMB : le Français arrive plus vite, prend appui dans l'extérieur du virage, se relance mieux et double l'américain en l'air, juste sous le drapeau à damiers. Le public exulte...

11 GP de Valence, 1999, Régis Laconi

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire : Laconi à Valence

Johann Zarco va peut-être modifier les statistiques en MotoGP, mais pour l'instant, Régis Laconi est le dernier Français à avoir remporté un GP en catégorie reine et ça vaut bien une place dans ce classement. Car malgré des résultats et des coups d'éclat plus qu'honorables notamment en Superbike, le moment de gloire de la carrière de Régis Laconi est bien ce GP de 1999 à Valence. Alors pilote de l'écurie Red Bull Yamaha et coéquipier de Gary McCoy, Régis Laconi profite au mieux des conditions météorologiques délicates qui s'abattent sur le circuit de Valence et, bien conseillé par son pneumaticien, il décroche la pole position. En course, il s'échappe et termine avec 3,5 secondes d'avance sur Kenny Roberts Jnr et 4,6 secondes sur Gary McCoy. Avec Christian Sarron et Pierre Monneret, il fait partie des 3 Français à avoir remporté un GP en catégorie reine.

10. Dakar, 1987, Hubert Auriol

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire : Auriol au Dakar

Neveu, Rahier, Auriol : voici les trois hommes forts du Dakar moto dans les années 80. Jusqu'à l'avant-veille de l'arrivée, la course ne parvenait pas vraiment à départager Neveu d'Auriol, tous deux réalisant des coups d'éclat à tour de rôle. Et à deux jours de l'arrivée, rien n'est encore joué. Certes, Neveu a perdu du temps dans l'étape, victime d'ensablements et d'erreurs de navigation. Mais Hubert Auriol ne transforme pas cet avantage, puisque sa puissante Cagiva ne peut pas utiliser les chambres à air en mousse et subit lui aussi quelques crevaisons ; il ne possède alors que 12 minutes d'avance sur Neveu et il reste deux jours de course.

Dans une section rapide, Auriol rate une trajectoire et passe en catastrophe entre deux arbres, à grande vitesse. Dans l'opération, ses pieds heurtent les souches. Souffrant le martyre, il continue néanmoins, serrant les dents sur chaque choc, ayant beaucoup de mal à changer les vitesses. Neveu est arrivé avant lui à l'étape et sur la ligne, il compte le temps : quand Auriol arrive, Neveu a encore 3 minutes de retard, un écart impossible à refaire lors de l'arrivée sur la plage du lac Rose, qui est une aimable promenade par rapport à ce que les pilotes se sont infligés jusque là.

L'affaire semble donc entendue, jusqu'à ce qu'Auriol descende de sa moto, en larmes et annonce qu'il a terminé l'étape avec les deux chevilles cassées, dont une avec fracture ouverte. Neveu remporte donc le Dakar, mais qui peut imaginer la volonté et la souffrance qu'a vécu Auriol lors de cette étape ?

9. Endurance : le GMT à Portimao en 2016

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire : le GMT à Portimao

Après 12 heures de course, soit 393 tours et plus de 1696 kilomètres parcourus, l'épreuve d'endurance de Portimao courue en juin 2016, a consacré le vainqueur, le team GMT94, par une avance de 0,081 seconde (!!). Le SERT termine donc second, mais l'équipe de Dominique Meliand a voulu y croire jusqu'au bout, car leur meilleur tour en course a été signé au 391ème tour ! Bref, l'Endurance, parfois, c'est plus intense que les GP ! Et ce n'est pas la 40e édition du Mans qui dira le contraire.

8. GP 250, 2000, Jacque / Nakano à Phillip Island

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire :Jacque et Nakano en Australie

Que c'est beau, quand un championnat se joue jusque dans la dernière course. Voire dans le dernier tour. Voire dans le dernier virage. Voire plus loin ? Quand ça se joue à l'aspiration sous le drapeau à damiers ? C'est exactement ce scénario que nous ont joué les deux pilotes du team Tech3, Olivier Jacque et Shinya Nakano.

Les deux équipiers n'étaient départagés que par un point au bout de 15 courses et l'issue du championnat était simple : le champion serait celui qui finissait devant l'autre. Olivier Jacque a réalisé une parfaite course d'attente, bien briefé avant le départ par son chef mécanicien Guy Coulon et a sagement attendu les derniers mètres de la course, qu'il remporte pour 0,014 seconde d'avance ! Fallait des nerfs solides, quand même...

7. GP 500, 1985, Mamola à Misano

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire : Mamola a Misano

Le développement des systèmes électroniques sur les MotoGP et les sportives actuelles nous a un peu fait oublier à quel point les 500 2-temps étaient violentes à conduire. La puissance arrivait d'un coup et de nombreux pilotes se faisaient éjecter et souvent blesser dans l'opération. C'est pourquoi ce rattrapage in extremis d'un high side par Randy Mamola à Misano en 1985 est une figure d'anthologie, avec le beau Randy qui termine dans le gazon avec les deux pieds du côté droit de la moto, mais il ne lâche pas le guidon et reprendra la piste.

Cela ne l'a pas empêché de terminer sur le podium d'une course remportée par Eddie Lawson devant Wayne Gardner.

6. MotoGP, 2006, Bayliss à Valence

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire : Bayliss à Valence

C'est bien connu, les pilotes de MotoGP sont les meilleurs et les autres catégories sont réservées aux seconds couteaux. Comme le Superbike, par exemple. Aucun pilote de SBK n'a durablement brillé en GP, Spies étant un exemple parmi d'autres. Et pourtant, en 2006, la saison de SBK étant terminée alors que celle des GP dure encore un peu : Troy Bayliss, fraichement couronné d'un titre de Champion du Monde de WSBK, vient donc faire une pige sur l'épreuve de Valence en remplacement de Sete Gibernau, blessé.

N'ayant jamais roulé sur la Ducati Desmoseidici avec les Bridgestone, Bayliss parvient cependant à faire mieux en qualifications que son équipier Loris Capirossi et prend la seconde place sur la grille de départ, derrière Valentino Rossi. Bayliss prendra ensuite rapidement la tête et ne la lâchera pas, tandis que derrière, la pression était à son comble puisque Hayden et Rossi (qui chutera) étaient en lice pour le titre. Bayliss remportera ainsi sa seule victoire en GP.

On recommence : ça aurait de la gueule, une pige et une victoire de Rea, de Sykes ou de Davies sur un GP !

5. MotoGP, 2015, Marquez / Rossi à Sepang

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire : Rossi et Marquez à Sepang

Après avoir mené le championnat durant toute la saison, Rossi se fait rattraper par Lorenzo à quelques courses de la fin et a du mal à lutter en vitesse pure. Se produisent alors des évènements qui laisseront un goût amer à tous les fans de GP :

  • En Australie, Rossi accuse Marquez d'antijeu en conférence de presse, déclarant qu'il avait la vitesse en course pour partir loin devant au lieu de lui faire perdre du temps par une série de dépassements.
  • A Sepang, Marquez continue sa série de dépassements sur Rossi, mène une course chaotique dès le début et vient au contact de manière très agressive sur l'italien, dans plusieurs virages. Il n'y a alors pas de véritable enjeu (ils sont 5 et 6, ne se battent donc pas pour la victoire dans le dernier tour). Rossi manifeste son mécontentement et son incompréhension et Marquez chute lors d'un nouveau contact, complètement hors trajectoire. Rossi est pénalisé alors que Marquez est tombé tout seul. La Dorna lui demande de partir dernier du dernier GP de la saison.
  • A Valence, Rossi part donc dernier et remonte à la 4ème place, ce que son niveau de performances à ce moment-là pouvait de toute façon lui faire espérer de mieux. Néanmoins, Marquez reste second derrière Lorenzo sans jamais attaquer. A-t-on déjà vu Marquez rester derrière quelqu'un sans rien tenter ? Jamais. Il s'est expliqué en disant que sa moto n'avait pas le niveau. Mais curieusement, il a retrouvé de la vista quand Pedrosa est venu se joindre à la bagarre en fin de course et s'est employé à le remettre derrière.

Heureusement, une saison 2016 de toute beauté nous a rendu l'amour de la discipline.

4. World SBK, 2002, Edwards / Bayliss à Imola

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire : Edwards vs Bayliss à Imola

Au départ de la dernière course de la saison, les deux hommes ne sont séparés que par trois points. Tout va donc se jouer dans la quelques tours qui suivent. Edwards est en pole sur sa Honda VTR devant les deux Ducati officielles de Xaus et Bayliss. C'est finalement l'Américain qui décrochera la victoire et le titre, mais n'hésitez pas à regarder la course sur des plateformes de vidéo, c'est épique !

3. MotoGP, 2004, Rossi / Biaggi à Welkom

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire : Rossi et Biaggi à Welkom

Certes, Maverick Viñales a réussi le même exploit : dès son premier GP sur la Yamaha au Qatar, le jeune Espagnol a transformé sa course en victoire. Mais cela, Rossi l'avait déjà fait en 2004. Et le contexte était plus tendu : d'abord, parce que Rossi et Biaggi deux rivaux qui s'appréciaient peu et dont la rivalité était exacerbée et mise en scène par les médias. Ensuite, parce que Rossi ayant tout gagné au guidon de la Honda RCV, mais lassé des propos des dirigeants du HRC disant que c'était la moto qui était méritante, pas le pilote, passe chez Yamaha pour un nouveau challenge.

Et ceux qui ont vu la course en direct (j'en étais...) se souviennent que la Honda était nettement supérieure en accélération en ligne droite, mais que Rossi refaisait son retard dans le triple droit (où chacun des virages se referme un peu plus que le précédent), un peu avant de revenir vers les stands. Et c'est là que Rossi a démontré sa science du pilote à son rival, d'autant plus que la M1 était peu efficace à l'époque...

2. GP 500, 1991, Schwantz / Rainey à Hockeinheim

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire : Schwantz et Rainey à Hockenheim

En course moto, le premier qui freine est un lâche ! Facile à dire, mais à faire ? La démonstration la plus épique nous a été livrée par les deux vedettes du GP du début des années 90 : dans la grande ligne droite de la forêt d'Hockenheim, on voit Schwantz résister au freinage, avec sa RGV 500 qui se tord sous l'effort, en glisse des deux roues, pour reprendre Rainey dont la YZR 500 est manifestement plus puissante en ligne droite. Plus tard, Schwantz a expliqué dans un accès de mysticisme : "j'attends de voir Dieu, puis je prends les freins". Vu comme ça...

Là aussi, la vidéo se retrouve sur les plateformes et ça vaut largement quelques minutes de votre vie !

1. MotoGP, 2008, Rossi / Stoner à Laguna Seca

Les 10 courses qui ont marqué l'histoire : Rossi et Stoner a Laguna Seca

Là encore, deux pilotes de légende et là encore, Rossi en fait partie, ce qui donne un indice sur sa longévité. Sur le tortueux circuit de Laguna Seca, en Californie, ce duel a été l'un des plus épiques de l'histoire des GP. Deux pilotes de légende, deux marques emblématiques et Rossi qui, tel un renard, se jette à l'intérieur du "corkscrew" et termine son dépassement dans la terre, le genou au-dessus de la plaque d'égout. Rossi remporta la course, avec 13 secondes d'avance sur Stoner et 26 sur Vermeulen, troisième.

Marquez reproduira l'expérience plus tard, en 2013... cette fois-ci sur Rossi.

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Commentaires

Jocker

Pas mal, mais manque quand même le GP 500 1988 au Paul Ricard, avec Sarron Schwantz Gardner Lawson. Une course d’anthologie...

19-04-2017 17:57 
froggyfr99

Complètement d'accord pour le top 3 (mais pas forcément dans cet ordre là)

19-04-2017 18:49 
Le Crapaud

Y en a 12! Si on peut en mettre 13, je rajouterais Phillip Island en 2015.

19-04-2017 19:47 
Godzilla

Le Superbike en 2002 à Imola, je viens de le regarder.cool

Ah, l'époque ou Honda faisait courir un gros twin.j'aime

La grille faisait un peu monomarque, remarquez, beaucoup trop de Ducati 998.

Gros baston, les motos bougeaient pas mal, sympa à voir.

19-04-2017 21:42 
efe

En effet c'est un beau top 10. J'ai aussi un cocorico à vous soumettre. Donington 2005 en 250. Victoire de Puniet après de beaux duels sous la pluie, des passages dans l'herbe et une lutte à trois entre West Stoner et donc Puniet.

20-04-2017 09:02 
wideview33

Northwest 200, la baston entre guy Martin et Michael Dunlop !!!

20-04-2017 11:40 
 

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