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Essai Quadro4

Le scooter quatre-roues

Enfin le Quadro4 arrive et mérite doublement son nom désormais puisqu’il aura fallu attendre presque quatre ans pour le voir arriver avec ses quatre roues et surtout depuis sa première présentation à l'EICMA. Et la marque Quadro justifie désormais pleinement sa marque avec le quatre roues qui complète le Quadro 3D 350 devenu 350 S ensuite.

Les contraintes d’un quatre roues n’ont en effet rien à voir avec un trois roues avec de nombreuses contraintes supplémentaires ne serait qu’au niveau de l’obligation d’avoir un différentiel pour gérer les vitesses des roues, différentes dans un virage. C’est donc avec émotion mais aussi une vive attente que l’on a répondu présent à l’invitation de tester ce véhicule d’un nouveau genre, ne serait-ce que pour répondre à la question : est-ce vraiment mieux qu’un trois roues ? Essai en ville et voies rapides…

Vue de dessous du Quadro4

Découverte

De loin et de face rien ne distingue vraiment le trois roues du quatre roues. Et pour cause, rien n’a changé à l’avant. On retrouve notamment le système HTS (Hydrolic Tilting System) doublé ici, la technologie qui remplace le balancier mécanique du Piaggio MP3 par trois vérins hydrauliques constituant, à l'avant, une fourche pendulaire hydropneumatique réglable.

Pour le reste, le Quadro4 comprend 78% de nouvelles pièces depuis les nouvelles roues jusqu’au tableau de bord en passant par les feux et clignotants à LED et surtout un nouveau cadre. Et effectivement, quand on se rapproche, on constate toutes les différences, ne serait-ce que la qualité de la finition et de la peinture au niveau des meilleures productions.

Phare avant Quadro4

Le moteur placé très bas est désormais fixé au cadre et l’on note les deux courroies de transmission à l’arrière pour faire tourner les deux roues à des vitesses différentes.

Train arrière et transmission du Quadro4

Sous la selle passager, on trouve un petit coffre permettant de ranger un casque intégral. Le coffre est pourvu d’une lumière, mais qui s’éteint quand la clef de contact est enlevée. On se demande presque pourquoi la grande majorité des scooters incorpore une lumière qui est allumée avec ou sans contact. Résultat, rares sont les conducteurs qui n’ont pas au moins une fois retrouvée la batterie à plat, parce que la selle était restée entrouverte avec la lumière.

Au chapitre des détails pratiques, on trouve une prise 12V dans le vide poche avant mais aussi dans le coffre. A l’heure où l’on dépend du GPS, du Smartphone et de l’électronique, ce sont des plus pour l’utilisation au quotidien.

On retrouve ensuite le monocylindre 4 temps 4 soupapes qui délivre désormais 30 chevaux à 7.500 tr/min soit tout proche de la zone rouge à 8.000 tr/min. Le couple maximal est quant à lui obtenu plus tôt au 2/3 du régime à 5.000 tr/min.

En selle

On monte sur le Quadro. On peut même dire que le conducteur d’1,70 y grimpe et ce malgré une selle à seulement 770 mm mais large. Du coup, même en bout de selle, on touche à peine pied à terre. Et assis normalement sur la selle, aucun pied ne touche plus. Qu’importe, il y a quatre roues. Et effectivement, les quatres roues permettent de ne pas avoir besoin de mettre pied à terre, ni pour démarrer, ni pour s’arrêter. Et comme le frein assure également le blocage de la direction avant, on reste stable. On monte donc à l'arrêt dessus pour placer les pieds sur le large marchepied.

Sous les yeux, on découvre un tableau de bord complet avec compteur et compte-tours analogiques qui encadrent un affichage digital avec horloge, jauge à essence à "nid d'abeille", double trip partiel, totalisateur, température d’air, température d'huile et quelques témoins comme celui prévenant du coffre mal fermé.

Tableau de bord du Quadro4

Pas de bip ici pour signaler verrouillage ou déverrouillage. Il suffit d’accélérer pour que le train avant se débloque.

Contact

Le Quadro s’ébroue, sans vibration. On tourne la poignée droite et le quatre roues s’élance doucement et ce d’autant plus qu’à la légèreté habituelle d’un guidon de moto, on sent nettement une direction plus lourde qui amortit notablement tout mouvement. Ainsi au lieu d'avoir un véhicule qui tombe aussitôt si on n'y prend pas garde comme sur certains trois roues, le Quadro4 reste sur son axe. On doit oublier ainsi le Quadro 350S, qui réagit beaucoup plus naturellement, ici, il faut y mettre plus de poigne ou au contraire se laisser aller, car tout se fait en douceur. De fait, il y a autant de différence entre une direction de vélo et un trois roues, qu’entre un trois roues et le Quadro4 dans la direction. Les premiers mètres sont donc précautionneux, notamment sur le parking avec les manœuvres à vitesse réduite et pour autant, si on n’essaye pas de brusquer, le Quadro4 enroule.

Quadro4 sur départementale

En ville

Une fois les premiers mètres passés, le Quadro4 s’élance naturellement sur la route. En ligne droite, on en oublie même les premiers ressentis de lourdeur de direction. Il faut certes pousser un peu sur la guidon mais il s’incline facilement et volontiers pour être capable de réaliser des évitements courts. Il s’insère ensuite naturellement dans la circulation, y compris en interfile, notamment rapide. Il retrouve par contre une forme d’inertie à vitesse lente en interfile et avec un gabarit malgré tout plus imposant qu’un 125 ou que d’autres troies roues, les interfiles entre voitures serrées à l’arrêt demandent un peu de précaution.

Quadro4 en ville

En rond point, le Quadro4 semble toujours vouloir s'incliner un peu plus et sans chuter. Car on peut chuter avec un trois roues, mais le Quadro4 peut s'incliner jusqu'à 45° et sans tomber ! Il reste alors au taquet de ses amortisseurs mais reste "debout" sans finir couché sur le côté. Autant dire qu'en utilisation normale, on atteint jamais ces fameux 45° que peu de conducteurs atteignent en deux roues. Il suffit alors d'appuyer toujours un peu plus sur le guidon pour s'apercevoir que l'on a encore beaucoup de marge pour s'incliner et tourner.

Quadro4 en courbe

Sur autoroute

Avec ses 257 kilos et ses seulement 30 chevaux, on aurait pu croire que l’on aurait un modèle lourd peu à l’aise sur autoroute. Pour autant, il parvient rapidement à 110 km/h et grimpe ensuite régulièrement à 130 km/h, avant de grignoter encore une dizaine de kilomètres/heures pour atteindre les 140 km/h (compteur, soit 130 km/h réel) en limite de zone rouge à 8.000 tr/min.

A cette vitesse, la large bulle assure une bonne protection sur le buste et ne génère aucun remous ni bruit parasite dans le casque. On peut donc se laisser cruiser tranquillement, poignée à toc, même si les vibrations perçues du monocylindre se ressentent alors sensiblement à sa vitesse maximale.

On apprécie surtout le confort de la selle et des suspensions qui amortissent bien les défauts de la chaussée et permettent d’envisager de faire de la route à son bord. A bord, c’est bien ce que l’on dit d’un véhicule à quatre roues, non ?

Quadro4 sur départementale

Sur nationale

Avec sa vitesse maximale supérieure, le Quadro4 revient donc naturellement sur nationale et tout autant sur départementales. Les grandes courbes se prennent avec facilité, surtout une fois que l’on a accepté de prendre un peu de temps pour le prendre en main et ne pas hésiter à appuyer sur le guidon pour contrebraquer et obtenir ainsi - presque - le même comportement qu’un deux-roues.

Quadro4 sur route

Si le rythme s’accélère par contre, il faut anticiper un peu davantage le virage serré suivant pour ne pas se laisser entrainer car on ne récupère pas une mauvaise trajectoire d’un simple doigt et il ne faut pas hésiter à y mettre le poids et pousser fort sur le guidon pour contrebraquer. Pour autant, en virage serré de montagne, il accompagne tellement et retient tellement la machine, qu’a contrario, les virages serrés à vitesse normale se prennent plus facilement.

En fait, kilomètre après kilomètre, on commence à le prendre en main, tellement il faut oublier certains réflexes de motards. Je dirai même qu'un essai court risquerai de décourager son essayeur alors qu'il faut en fait accepter de prendre son temps pour commencer à en apprécier les qualités.

Quadro4 à la campagne

Freinage

4 disques de 240 mm, freinage intégral avec levier gauche et pédale, freinage des roues avant avec le levier droit… il y a de la mécanique et du matériel. Le freinage est au rendez-vous, naturel et puissant mais ce n’est rien de trop en fait pour un résultat efficace et surtout une stabilité énorme sur les freinages très appuyés, notamment avec très peu de déjaujage. Il ne faut pas hésiter à prendre les leviers forts pour obtenir un résultat puissant et attendu, à moins de tester la pédale avant droit qui agit elle beaucoup plus violemment mais n'est pas le premier réflexe du motard. Un peu de nouvelles habitudes à prendre donc.

Frein à disque de 240 mm

Confort

La selle est vraiment confortable, que ce soit pour le conducteur ou le passager. Les suspensions font ensuite un excellent travail pour absorber les défauts de la chaussée. Ce n’est pas le Pullman mais c’est dans la catégorie supérieure en termes de confort pour un scooter de grosse cylindrée.

Double selle à deux étages

Consommation

Quadro annonce une consommation de 5 litres au cent, ce qui avec un réservoir de 13 litres devrait donner environ 250 kilomètres d’autonomie en fonction de la conduite. Le réservoir se remplit après avoir relevé la selle (une fois le bouchon vert enlevé); un revord permet d'éviter que l'essence ne coule dans le coffre.

Coffre avec place pour placer un casque intégral

Pratique

Le vide-poche avant offre une prise 12V, ainsi que le coffre : une fonctionnalité pratique au quotidien pour alimenter non seulement un GPS qui s’intègrera parfaitement au guidon mais recharger des smartphones dont l’autonomie baisse au fur et à mesure qu’ils gagnent en fonctionnalités.

Vide poche avant avec prise 12V

Le coffre a perdu en contenance par rapport au 350S, passant de deux casques à un seul. On lui adjoindra donc obligatoirement un gros top-case, qui s’intégrera parfaitement avec le gabarit global du modèle.

Conclusion

Avec le Quadro4, Quadro apporte un nouveau type de véhicule, que l’on n’ose presque plus appeler scooter tellement il s’en distingue au niveau technologie et maniabilité. Massif mais élégant, valorisant grâce notamment à sa qualité de finition, le Quadro4 devrait attirer les automobilistes qui recherchent la facilité d'insertion dans la circulation d'un deux-roues mais la stabilité d'un quatre roues plus proche de leurs habitudes. Le confort au rendez-vous devrait permettre de faire du duo et de sa ranger plus facilement en ville qu'avec une voiture. Seul le prix à 12.490 euros le place à un tarif sélectif qui devrait le réserver à une élite à même d'en apprécier toutes les qualités.

Points forts

  • look et finition
  • stabilité
  • confort

Points faibles

  • poids
  • rangements
  • prix

La fiche technique du Quadro4

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Commentaires

olivierzx

Le prix fait tousser surtout pour un malheureux moteur de 30 cv.
Hors de question de faire de la route avec ça, un beau bébé chargé et il tient plus le 130.
Sans parler des côtes ...

06-06-2015 17:43 
k0zzz

Un véhicule à 4 roues accessible avec le permis B, ce n'est plus tellement ce qu'on peut appeler une motocyclette. Un concurrent pour la twingo, je suppose mais la twingo est quand même devant en tous points (prix inférieur, moteur, sièges, toit, capacité de chargement, confort, radio cd, clim en option...).

Enfin, en tout cas, outre la curiosité, je ne pense pas que ça va beaucoup intéresser les permis A.

V

06-06-2015 18:03 
renard du languedoc

Ridicule....quatre roues de brouette un mono et la valeur de trois cuvettes en plastique pour l'habillage = 12500¤. ???C'est le premier prix d'une bonne auto. Les emboutteillages ont encore de beaux jours devant eux.

06-06-2015 23:28 
c@ssoulet

En clair il va y avoir du spectacle: la première tentative d'amusement sur route avec un poireau au guidon a les plus grandes chances de se terminer en tout droit.

07-06-2015 12:15 
Helmut032

Manque un toit et le gazole pour réinventer la "boitaroue"

29-06-2015 19:17 
 

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Shoei