| Vu le nombre de nouveaux permis qui fréquentent ce site et les forums,
il me semble que les "vieux" motards pourraient essayer de les
faire profiter de leur expérience, afin d'éviter ces quelques pelles stupides
qu'on a tous connus.
Je m'en vais donc commencer à énumérer quelques conseils, et je compte sur vous tous pour allonger la liste des choses à faire et à ne pas faire. A l'arrêt | Dépassements | En ville | Autoroute | 2 voies | Ronds-points | Campagne | Avec un passager | En groupe | Freiner | Arsouiller A l'arrêt:La checklistSe faire une check list avant de partir, pour ne rien oublier :
Le béquillagePour s'arrêter, faire très attention au béquillage.
Se faire une check list pour ne pas oublier de mettre l'antivol, ne pas laisser son casque ou ses gants posés sur la selle, ou pire ses clés sur la moto.
Au départ:Serrer le frein en passant la première: l'embrayage peut coller et un petit bond incontrôlé peut être dangereux (imaginez qu'une mémé passe à 10 cms de votre roue avant). Sécher ou chauffer les freins. Ne jamais oublier que le tout premier freinage peut être beaucoup plus faible que d'habitude (disque mouillé, poussiéreux ou légèrement rouillé). Prendre l'habitude de démarrer comme une grosse lopette (au cas où on aurait oublié le bloque-disque ou le U: deux précautions valent mieux qu'une). Prendre garde au moteur froid: dans les démarrages en courbe (stop, feu, sortie de stationnement), prendre assez de tours pour être sûr de ne pas caler au milieu de la courbe à 2 à l'heure, parce que ça surprend tellement que ça devient immédiatement très très dur à rattraper à cause de l'angle. Cà s'applique particulièrement aux gros monos et aux twins bourrés de couple, parce qu'on prend vite l'habitude d'embrayer sur le ralenti. Repousser le starter aussi vite que possible, surtout sur les Kawas qui traditionnellement prennent beaucoup de tours sur le starter: ajouté au premier freinage qui peut être bizarre (rien au début mais ça s'arrange très vite), la poussée continue du moteur peut tourner facilement au blocage de l'avant si on doit freiner en urgence, surtout à 10 km/h, et même sur le sec si on ne sait pas encore très bien freiner. En cas d'urgence, à l'arrêt, ou à très basse vitesse:Pied à terre: si vous devez mettre le pied par terre pour rattraper une chute ou stabiliser la moto, poussez uniquement verticalement, jamais latéralement: cette bonne habitude évite de se retrouver le cul par terre quand le sol est glissant. D'ailleurs, si on ne sait pas faire ça, il est impossible de rouler sur la neige ou le verglas (c'est la base de tout). Pensez-y toujours, même à l'arrêt au feu ou au stop, et surtout dans les stations services qui sont fréquemment rincées au gas-oil (avec des bottes de cross à semelles plastiques, ça ou le verglas c'est kif-kif). Faites le systématiquement à l'arrêt. Trouvez la bonne position pour qu'elle devienne un réflexe. Bref, entrainez-vous. Attention cependant à ne pas poser le pied là où il pourrait être bloqué latéralement (contre une bordure de trottoir par exemple). En cas de chute de ce côté, il sera quasi impossible de sauver votre cheville. Il faut mieux poser son pied sur le trottoir, quitte à solliciter ses aducteurs si on y est obligé. Le mieux restant de prévoir où on peut s'arrêter (en gardant une marge). C'est encore plus important si on a un passager, qui est susceptible de bouger et de déséquilibrer la moto à l'arrêt. C'est déjà beaucoup, et on n'a pas encore roulé ! Maintenant, plus de check-list. Quand on roule, il faut des réflexes, pas se dire "je pense à ça, puis à ça, puis à..." et Paf le motard. Ne pensez qu'en situation détendue (ligne droite déserte). Le reste du temps, contentez vous de piloter et de faire marcher vos réflexes (bon, il faut réfléchir aussi, mais vite, pas comme dans son fauteuil, enfin vous voyez ce que je veux dire). Les dépassements.C'est la manoeuvre la plus dangereuse. Il faut donc y faire très attention.
En ville.Les chutes sont fréquentes en ville, mais rarement graves car on n'y roule pas vite. On peut quand même se tuer ou tuer quelqu'un en ville, alors ce n'est pas une raison pour être imprudent. D'autre part, les dangers sont beaucoup plus nombreux, donc il faut redoubler d'attention. Voici une liste de pièges à cons: Les camions, bus ou camionnettes arrêtées au feu
Remonter une file de voiture par la droite
Les carrefours
Les grands boulevards parisiens
Tourner la tête et vos rétros
Roulez décalé par rapport aux caisses
Au feu, remontez la file
Attention aux camions et camionnettes garées
Méfiez-vous des autres motards
N'adoptez pas vous-mêmes des comportements anti-motards
Donc, méfiez vous des autres motards plus que des caisses.
Pour rouler entre les files
Roulez à un régime suffisant
S'il y a plus de 2 files,
Evitez les coins des camions ou des bus à l'arrêt
Sachez perdre du temps
Quand vous êtes arrêtés à un feu
Sur l'autoroute:L'autoroute, une fois qu'on a pris l'habitude de la vitesse, c'est le plus facile et le plus sûr. Les voies sont très larges, et ça donne beaucoup plus de possibilités d'échappatoires. En cas de problème (par exemple gros ralentissement), mettez vous sur le bord d'une file, afin d'éviter de vous faire rentrer dans le cul (ou de rentrer dans le cul de quelqu'un). Ne roulez pas sur la BAU (bande d'arrêt d'urgence).
Soyez prudents au péage.
Sur 2x2 voies, autoroute, périph:Bref, sur toutes les routes où il y a plusieurs voies dans le même sens. Méfiez vous à l'approche des entrées et des sorties:
Méfiez-vous des endroits où la route se rétrécit (passage de 2x3 à 2x2 voies).
Méfiez-vous aussi des endroits où la route s'élargit (une voie de plus).
Les rond-points:Le grand classique ! Règle de base: tout rond point doit être considéré comme une baignoire à gasoil. Pour entrer dans un rond-point, essayer d'aller au centre le plus possible en ligne droite, rester au centre autant que nécessaire, puis sortir avec une trajectoire la plus rectiligne possible en direction de la sortie. Le gasoil se situe toujours sur la ou les files extérieures alors que la file centrale est propre. Il est très rare de tomber sur une file centrale grasse, sauf accident impliquant une flaque d'huile (mais ça, ça peut arriver n'importe où). De plus, ne roulez jamais vite sur les rond-points à terre plein central: vous n'avez pas de visibilité assez loin pour cela. N'importe quoi peut trainer sur la voie, et il sera difficile de freiner. Si vous devez vous arrêter sur un rond-point, faites en sorte de vous arrêter à un endroit qui limite les risques de vous faire rentrer dans le derrière. Beaucoup de gens de regardent pas devant eux sur les rond points, mais légèrement vers leur droite (pour prévoir leur sortie). Donc arrêtez-vous sur la partie droite de votre file. En plus, s'il y a un terre plein central, vous serez visible de plus loin. Autre choix possible, s'arrêter à gauche, mais hors voie uniquement, si le rond point le permet. Franchir les obstacles:Pour les trottoirs, les rails et les raccords métalliques (ponts), toujours les prendre le plus perpendiculairement possible, avec le moins d'angle possible. On peut glisser de l'avant ou de l'arrière en montant un trottoir. Dans les deux cas, c'est la chute si la moto est lourde et/ou haute. Les rails, c'est le pire, les pneus peuvent se prendre dedans (en ville) et glisser gravement. Les raccords métalliques (ponts), c'est l'horreur en courbe. La moto va forcément bouger. Pour limiter le phénomène, anticipez le virage, redressez un peu la moto au moment du passage, et reprenez de l'angle juste après. Rien ne vous oblige a avoir une trajectoire parfaite. Restez juste dans votre file, mais utilisez la. Les appels de phares:Utilisez les, n'en abusez pas.Ne roulez jamais en pleins phares quand il fait jour. Vous mettez tout le monde en danger, et vous aussi. Il est impossible d'évaluer la distance et la vitesse d'une moto en pleins phares. La réaction la plus saine d'un conducteur ébloui (même par ses rétros) est de freiner pour réduire sa vitesse. Il ne sait pas si vous êtes à un mètre ou 50 mètres derrière. Ce freinage n'est pas un comportement de taré, il est logique et souhaitable (il faut augmenter largement ses distances de sécurité quand on est ébloui). C'est celui qui roule en pleins phares le taré. Pleins phares = invisibilité = danger. Si vous êtes ébloui, réduisez vous aussi rapidement votre vitesse (mais sans piler). C'est un réflexe de survie au cas où il se passerait quelque chose devant que vous ne pourriez voir. Dans ce cas, qui est une exception à la règle des freinages en cas de danger, ne vous décalez pas entre deux files ni vers le bord de la route. Restez en ligne et freinez en gardant votre position. Vous serez peut-être doublé par un taré, et il y a peut-être un piéton à droite, donc ne vous décalez pas dans ce cas. Note importante pour ceux qui l'ignoreraient: il faut 15 secondes pour se remettre d'un éblouissement (pour quelqu'un en bonne santé et sans problème de vue). Chronométrez 15 secondes, vous verrez que c'est colossal quand on conduit. Sur autoroute à 130 km/h, ça fait plus de 500 mètres dans le brouillard. D'une façon générale:Tout comportement inhabituel et/ou illogique d'un autre usager de la route doit vous faire soupçonner le pire. C'est peut-être un type bourré qui se fait faire une petite gâterie pendant qu'il téléphone en mangeant son sandwich. On ne double la bombe roulante qu'avec la plus extrême circonspection, et avec une marge de sécurité énorme. Dans le même genre, méfiez-vous de quelqu'un qui roule très lentement. Regardez la tête du conducteur. S'il regarde partout, c'est qu'il cherche son chemin. Il peut piler pour tourner sans clignotant à tout moment. Gardez vos distances, ou attirez son attention (appel de phare, rétrogradage si vous avez un pot homoloquoi, et si vous n'êtes pas pressé, soyez prêt à klaxonner). Quand vous avez identifié un danger, ne focalisez pas la totalité de votre attention dessus. Un autre danger va se présenter en même temps (encore la loi de Murphy appliquée à la moto: Quand vous faites attention à un danger, un autre danger vous surprendra) Regardez toujours à côté d'un obstacle. La moto suit le regard. Ne regardez pas là où vous pourriez vous planter, regardez là où ça passe. La moto suivra dans les deux cas. Entrainez-vous à regarder sur les côtés sans faire tourner la moto. Entrainez-vous sur une ligne droite large et complètement dégagée, à vitesse réduite. Mettez vous au milieu de votre file, et regardez le paysage à gauche pendant une demi-seconde. Vérifiez que vous n'avez pas dévié. Recommencez pendant une seconde. Vérifiez à nouveau. Vous devriez être capable après un peu d'entraînement de le faire pendant 3 secondes (pas plus, au delà c'est dangereux et ça n'a aucun intéret). Vous devez pouvoir le faire en regardant à droite ou à gauche. A quoi ça sert ? A profiter du paysage ! Non, je plaisante. C'est le premier point à travailler pour rouler en groupe. Sinon, comment se mettre à la hauteur d'une autre moto pour dire quelque chose à son voisin sans lui rentrer dedans ? De plus, ça permet de conserver sa trajectoire si le regard est attiré par quelque chose d'inhabituel sur le bord de la route. Par exemple un accident. Ca vous évitera de vous joindre aux victimes. Rappelez-vous: la moto suit le regard. Il faut aussi devenir capable de regarder ailleurs que là où la moto doit aller. Pratiquez le freinage brutal quand ça roule vite. Quand un danger apparaît par surprise, freinez fort tout de suite. Dans la demi-seconde qui suit, vous aurez décidé de la meilleure façon d'agir, qui est souvent relâcher les freins d'ailleurs. Les 10 ou 20 km/h que vous venez de perdre vous donnent une marge supplémentaire non négligeable. Il est toujours dommage de pratiquer la conduite coulée, de se contenter de couper les gaz, et de se dire un peu tard qu'on aurait pu gagner une seconde sur un freinage (sur autoroute c'est énorme). Prenez le réflexe de freiner fort (mais pas trop quand même: disons un freinage fort sous la pluie) en étant prêt à tout relâcher immédiatement. Quand c'est devenu un réflexe, le passager peut se plaindre, mais vous aurez un niveau de sécurité beaucoup plus haut, et vous pourrez rouler plus vite aussi, avec le même niveau de sécurité. A terme, quand vous serez un vieux motard, ce sera très rare car vous saurez prévoir beaucoup de choses à l'avance. Entraînez vos réflexes à faire d'instinct ce genre de prise de frein / relaché (sur route déserte bien sûr, jamais sur autoroute). Pour info, c'est une technique qui vient du rallye routier, où on roule très vite avec des surprises partout. Si vous êtes fatigué, malade, pas bien réveillé, bref diminué dans vos facultés (ça arrive à tout le monde de pas être en forme), prenez plus de marge et roulez moins vite. Mais n'agissez pas plus lentement non plus, même si c'est dur. Par exemple, si votre migraine ou votre torticoli impose qu'un coup de tête pour regarder à côté ou derrière prenne au minimum trois secondes, ne changez jamais de file (sauf si vous avez des rétros efficaces bien sur, mais même dans ce cas, prenez le temps d'être sûr qu'il n'y a personne dans votre angle mort). Roulez avec le A tant que vous n'êtes pas capable de rouler un peu plus vite que les voitures en toute circonstance. N'en ayez pas honte. Les automobilistes garderont plus de distances. Ca vous évitera le stress du aux suceurs de pneus arrière. Dites vous que c'est un équipement de sécurité, au même titre que le casque. Si vous débutez en moto sans y être assujetti (si vous avez un autre permis depuis au moins deux ans ou que vous n'avez pas pratiqué la moto immédiatement après votre permis), utilisez le quand même. Ce n'est pas interdit, et les gens feront plus attention à vous. Pour bien connaître une nouvelle moto, il faut 6 à 8000 kilomètres à un motard expérimenté. Bien plus à un jeune permis, environ 10000 kms. A partir de 2000 kilomètres, on commence à se sentir à l'aise sur la moto. On pense pouvoir exploiter ses capacités et réagir à toutes les situations. Il n'en est rien. C'est entre 2 et 4000 kms sur une nouvelle moto que la plupart des motards se bourrent. Maintenant que vous le savez, ne vous prenez pas pour une exception à cette règle. Attendez 8 ou 10000 bornes d'expérience sur votre moto pour commencer à augmenter le rythme. Pas avant. Votre vie et/ou votre portefeuille sont en jeu. Quand vous vous prenez un gros insecte dans la visière, il arrive qu'on ne voie plus rien. NE PILEZ PAS ! Ceux qui vous suivent n'ont vu aucune raison pour que vous freiniez, ils seraient surpris, donc peuvent vous rentrer dedans. Coupez juste les gaz et commencez à freiner légèrement. En tournant légèrement la tête, en la levant ou la baissant, on trouve toujours une portion de visière au moins vaguement transparente. A l'extrême, ouvrez la et arrêtez-vous rapidement, sans oublier de mettre le cligno à droite et de faire gaffe aux autres. Rouler à la campagne:La campagne réserve bien des plaisirs, mais aussi pas mal de surprises. Les routes sont souvent glissantes, gravillonnées, pleines de bouses de vache ou de lisier. Dans un de ses excellents posts, le Dr NO nous disait: "On a parfois l'impression de suivre la trace d'un dinosaure qui aurait des problèmes de transit intestinal". Vous remarquerez que les gravillons sont souvent en sortie de courbe. Les mêmes sorties de courbes ont également le pouvoir d'inciter les vaches à se soulager. C'est pas moi qui le dit, c'est encore la loi de Murphy. C'est encore et toujours en sortie de virage qu'on voit un tracteur ou une moissonneuse batteuse en train de pourrir un record de lenteur. Pas de consigne spéciale, sauf "soyez prêts à tout et n'importe quoi". Prenez tous les virages sans viser l'extérieur en sortie, histoire d'avoir plus de marge. Ca implique de prendre ses points de corde un poil tard. Apprenez à freiner en courbe.Si vous tombez sur une route déserte et récemment refaite avec des gravillons, entrainez vous à rouler au milieu de la file, là où il y a le plus de gravillons (seulement s'il n'y a personne). Vous verrez, ça bouge un peu, mais pas tant que ça, ça donne une impression de flou (genre bras oscillant bien desserré). Soyez familier avec cette sensation bizarre. Vous verrez qu'on peut quand même freiner un peu sur les gravillons, mais uniquement en ligne droite. Vous constaterez facilement que le gravillon supporte beaucoup mieux les accélérations et les freinages que l'angle. Ca glisse toujours un peu, ça dérive, il n'y a aucune précision de trajectoire, mais si on n'a pas d'angle et qu'on reste raisonnable sur les freins, ce n'est pas si dangereux que ça finalement. Si vous avez le choix entre freiner et tourner, alors freinez. Vous avez moins de chance de vous planter sur un freinage qu'une prise d'angle. Cette connaissance vous évitera d'être dépourvu lors d'un cas d'urgence, et vous risquerez moins de paniquer pour rien. Le gravillonus fourbus est suffisament traitre pour qu'il soit préférable de disposer de tous ses moyens le jour où on le rencontre par surprise. La bouse de vache est plus complexe, car elle se présente sous différents états. Finement étalée par le passage de nombreux véhicules et bien séchée au soleil, elle n'est pas très glissante, et supporte sans problème une conduite normale. Abondante et diarrhéique, c'est comme une flaque d'huile. Epaisse, elle peut avoir l'air sèche en surface mais se révéler grasse et liquide à l'intérieur quand on roule dessus. Ceux qui vivent à la campagne sont capable au premier coup d'oeil de différencier la bouse sèche de la bouse vicelarde. Pour les parisiens pur jus: toutes les bouses doivent inciter à la méfiance. (C'est peut être pour ça que les parigots se font systématiquement pourrir par les ploucs à la campagne... ;-))) ) L'avantage de la bouse sur le gravillon, c'est qu'on peut souvent l'éviter, parce qu'elle est localisée. Les épandages de gravillons de la DDE sont considérablement plus vastes que les bouses provenant d'un intestin bovin (il est rare que toutes les vaches d'un troupeau se donnent le mot pour déféquer en même temps). Le lisier, c'est autre chose: c'est répandu par les agriculteurs pendant le transport en tracteur. Ca se repère facilement, parce que c'est en continu, avec plus d'épaisseur à l'extérieur des virages. C'est horriblement glissant. Quand vous en voyez, roulez très lentement et prenez votre mal en patience. Oubliez que vous êtes pressé et tout ira bien. Les engins agricoles de toute sorte roulent à une vitesse ridicule. Leur vitesse maxi va de 20 à 45 km/h. C'est déjà beaucoup plus lent que vous, et beaucoup roulent encore moins vite que ça, pour ne pas fatiguer la mécanique ou ne pas se faire peur (une moisonneuse batteuse, ça tient pas vraiment bien la route. En fait, ça tient TOUTE la route si on la pousse à plus de 15 km/h). Une seule solution: se dire que dans chaque virage dont on ne voit pas la sortie, il y a un tracteur et qu'il faudra freiner. Surveillez l'état de la route pour savoir à quelle vitesse vous pouvez prendre vos virages en étant toujours capable de vous arrêter avant la sortie. Méfiez vous d'autant plus si vous avez vu auparavant des traces de tracteur sortant d'un champ (au bout de 100 mètres, les pneus du tracteur sont propres et ne laissent plus de traces, mais le tracteur est peut-être encore pas loin devant). Rouler avec un passager:Le passager modifie l'assiette et l'inertie de la moto. Vous ne pouvez jamais rouler aussi vite que quand vous êtes seul, sauf sur l'autoroute, et encore, avec certaines motos seulement (celles qui sont conçues pour le duo, c'est à dire les vraies GT, les grosses routières et les plus gros trails). Avec un passager, votre moto change de catégorie de poids. Vous pilotez une moto dont le poids à vide est augmenté de celui du passager, mal placé de surcroit. Votre moteur et vos freins n'en sont pas renforcés pour autant, ce qui peut interdire de doubler si vous n'avez pas une machine très puissante. Ca, c'est dans le meilleur des cas, c'est à dire avec un passager qui ne bouge jamais et se tient fermement. Dans la réalité, le passager est un être vivant, souple et plus ou moins capricieux. Certains passagers sont peu sensibles, ils ne résistent pas à la mise sur l'angle, ils ne sursautent pas, et se tiennent bien. D'autres sont de vraies catastrophes ambulantes: émotifs, peureux, insouciants, remuants, etc. Dans ce cas, le mieux est de ne pas les emmener avec vous. Si vous le faites cependant, sachez les rassurer par une conduite coulée, des angles de lopette, des accélérations ridicules. En même temps, triplez vos marges de sécurité. Prenez la place d'une voiture. Le passager peut facilement faire bouger latéralement la moto, donc vous avez REELLEMENT besoin de la place qu'occupe une voiture. Ceci interdit donc de se faufiler entre les voitures. Quand vous aurez fait plusieurs milliers de kilomètres avec votre passager habituel, vous pourrez à nouveau considérer que vous pilotez une moto quand il est derrière vous, mais une moto quand même plus large, plus lourde, plus molle et moins nerveuse que d'habitude. Seulement après plusieurs milliers de kilomètres, ne l'oubliez pas ! Rouler en groupe:La conduite en groupe demande certaines compétences supplémentaires, en plus de celles nécessaires à la simple conduite d'une moto. Les objectifs sont les suivants: conserver un haut niveau de sécurité (ne pas s'accrocher entre motards du même groupe), ne perdre personne en route, et accessoirement conserver une vitesse moyenne raisonnable (à peine inférieure à celle qu'on aurait si on était seul). Rouler en groupe ne doit pas occasionner un stress ou une fatigue supplémentaire, préjudiciables à la sécurité. Il y a plusieurs façon de rouler en groupe, selon le niveau de pilotage des participants, leur nombre, et l'humeur du moment (balade tranquille, balade rapide, arsouille). Certaines règles s'appliquent en permanence, quel que soit le rythme (rouler en quinconce par exemple). D'autres sont purement indicative (il y a plusieurs techniques pour ne perdre personne). L'important est de bien connaitre l'ensemble des règles élémentaires, et de se mettre d'accord. Pour rouler en groupe, il faut qu'il y ait suffisament de motards assez expérimentés pour être capable de regarder ailleurs que là où ils veulent faire passer la moto. En effet, il faut pouvoir surveiller les autres membres du groupe de temps en temps, et quelquefois (très rarement), il peut être utile que deux motards se mettent à la même hauteur pour échanger quelques mots (à vitesse réduite mais sans s'arrêter). Rouler en quinconce permet d'augmenter le niveau de sécurité. En effet, en cas de besoin, on peut se mettre à côté de la moto qui précède. Ce n'est absolument pas une raison pour réduire les distances de sécurité. La distance de sécurité se détermine en fonction de la moto qui vous précède immédiatement, pas de celle qui est devant vous sur le même côté de la voie. Vous devez considérer que la moto qui vous précède occupe toute la largeur de la voie, pas qu'elle vous laisse de la place. En effet, le motard qui vous précède doit pouvoir se décaler pour éviter un nid de poule, prendre une trajectoire, ou éviter une voiture qui empiète sur la voie. L'espace supplémentaire offert par la quinconce ne sert qu'à deux choses: offrir une meilleure visibilité, et garantir une large distance de sécurité en cas de freinage d'urgence. De votre côté, il n'est pas impératif de conserver la quinconce. Si vous devez éviter quelque chose, n'hésitez pas à changer de côté temporairement. Par contre, ne le faites pas sans nécessité, c'est une question de courtoisie vis-à-vis du motard qui vous suit (quand vous changez de côté, vous limitez sa vision, et vous l'obligez à un surcroît de concentration, donc de stress et de fatigue). Dans le cas d'un freinage d'urgence, il est par contre impératif de ne pas se décaler. Le motard qui vous suit s'est peut-être fait surprendre et il aura alors réellement besoin de l'espace à côté de vous. Pour se décaler lors d'un freinage d'urgence, il faut y être absolument obligé (pour éviter une voiture par exemple). Sinon, vous prenez inutilement le risque de vous faire rentrer dans le derrière. La file indienne est généralement à proscrire. On peut cependant la préférer à la quinconce sur les routes viroleuses (nécessitant de prendre des trajectoires), quand il y a suffisament peu de traffic pour y rouler à allure relativement soutenue. Mais on n'emploie la file indienne qu'à la condition expresse d'avoir de larges distances de sécurité entre chaque moto. En ville, quand la vitesse est très faible, on peut réduire les distances de sécurité, en les calculant en fonction de la moto qui emprunte le même côté de la file. Il reste cependant interdit d'empiéter sur l'espace libre à côté de la moto qui précède (sauf à l'arrêt bien sûr, mais cela implique de ne pas tous démarrer en même temps quand le feu passe au vert). Réduire les distances de sécurité oblige tout le monde à un supplément de concentration, mais en contrepartie, cela aide à conserver le groupe entier (plus le groupe est compact, moins il a de chances d'être coupé en deux par un feu rouge). Quand le groupe est petit (5 ou 6 motos), on peut jouer à l'élastique sur les grands boulevards avec peu de feux: distances de sécurité plus importantes entre les feux, quand la vitesse est relativement élevée, et plus faible à l'approche des feux. Cela implique que le meneur du groupe ralentisse à l'approche d'un feu vert, et que les derniers motards assument un stress supplémentaire en accélérant pour recoller au groupe quand le meneur vient de passer un feu vert, pour éviter qu'il ne passe au rouge avant leur passage. Ce n'est pas à la portée des débutants, et n'est envisageable que pour traverser une petite ville (sinon, ça devient trop fatigant et le risque est trop grand). Sur route ou autoroute, augmenter les distances de sécurité permet de diminuer le stress. Cela permet de profiter du paysage et de limiter la fatigue. A l'opposé, les réduire facilite la conservation de l'unité du groupe, avec un stress plus important. Il ne faut jamais rouler longtemps avec des distances de sécurité réduites, même sur autoroute où le risque de freinage est faible. Cela entraîne à la longue un effet de fascination sur le feu arrière du motard qui vous précède, qui peut vous empêcher de voir un danger à temps. En cas de freinage violent en tête de groupe, on risque le carambolage. Ce phénomène de fascination est beaucoup plus prononcé de nuit, mais il existe aussi de jour. Ne le négligez pas, et forcez vous à regarder régulièrement autre chose que la moto qui est devant vous. Dans l'idéal, il ne faudrait rouler en groupe qu'entre motards expérimentés qui se connaissent bien entre eux. En pratique, ce n'est quasiment jamais le cas. Il y a toujours au moins un débutant, ou au moins un motard qui n'a pas l'habitude de rouler avec les autres. Le cas du débutant est le plus délicat. Il est préférable de l'entourer de deux motards expérimentés ayant l'expérience du groupe, chargés de protéger le débutant. Celui qui précède devra éviter de semer le débutant, pour qu'il ne soit pas tenté de "forcer son talent", il lui suffira de rouler un peu plus vite dès qu'il y aura une ligne droite bien dégagée pour raccrocher le groupe, et si l'occasion ne se présente pas, le meneur du groupe devra en tenir compte et ralentir. Il devra aussi veiller à calculer ses dépassements afin que le débutant puisse lui emboîter le pas systématiquement (ceci n'oblige pas le débutant à dépasser s'il ne "sent" pas la manoeuvre, c'est au contraire pour lui éviter de se trouver limite s'il emboîte le pas machinalement). Le motard qui suit le débutant veillera aussi à sa sécurité, en restant assez proche pour éviter qu'une voiture ou un autre motard ne vienne se mettre entre eux, et éventuellement lui sucer la roue (ce qui est toujours inquiétant, surtout pour un novice). Sur autoroute ou 4 voies, il devra aussi déboiter avant le débutant pour lui faciliter le passage, et ainsi limiter les contrôles avant dépassement du débutant. Ainsi, le débutant sera "assisté", ce qui limitera son stress et sa fatigue, afin de lui permettre de rouler en sécurité sur des trajets plus longs que ceux dont il a l'habitude quand il est seul. Dans le cas où il y aurait plusieurs débutants, il est préférable d'intercaler entre eux des motards expérimentés, pour éviter que certains suivent l'exemple plus ou moins mauvais d'un autre débutant qui est devant lui. Le cas du motard expérimenté qui ne connait pas le groupe est plus facile à gérer. Il suffit de le mettre en seconde position, juste derrière le meneur du groupe. Dans tous les cas où il y a des non-habitués au groupe ou des débutants, la consigne doit être que personne ne change de place, sauf nécessité absolue (par exemple, si quelqu'un tombe en panne, la moto balai peut remonter pour arrêter le meneur, si ce type de comportement a été défini au départ). Notez qu'il y a des techniques de roulage en groupe qui n'obligent jamais à changer les positions, quelles que soient les circonstances. Nous verrons cela un peu plus loin. Le meneur du groupe doit-il rouler à gauche ou à droite de sa file ? Il n'y a pas de règle absolue, cela dépend des circonstances. Néanmoins, dans la plupart des cas, il roulera de préférence à gauche, prêt à entamer un dépassement. Par contre, si le rythme du groupe est lent et qu'il est plus probable que le groupe soit dépassé par les voitures que le contraire, il pourra rouler à droite, à son choix. C'est également possible sur autoroute déserte. L'idée est la suivante: beaucoup de manoeuvres obligent un motard à se décaler vers la gauche (dépassement, tourner à gauche). Si le motard de tête roule à droite de sa file, la moindre préparation de dépassement va inverser la quinconce, ce qui amène un flottement dans la totalité du groupe, ce qui n'est pas souhaitable à un moment où précisément tout le monde doit ralentir (avant de dépasser ou de tourner à gauche). Le motard de tête peut donc rouler à droite, mais seulement s'il estime qu'il va pouvoir conserver cette position pendant pas mal de kilomètres, ce qui est rarement le cas. Dans le doute, il vaut mieux qu'il roule toujours à gauche. En matière de signalisation, il arrive que certaines motos du groupe soient dépourvues de clignotants (ou aient des clignotants quasi-invisibles). Ces motos ne doivent être placées ni en tête de groupe, ni en queue, ni devant un débutant. Il ne doit pas non plus y en avoir deux qui se suivent, au risque de rendre invisible un changement de direction à la queue du groupe. En cas d'ampoules grillées (ça peut arriver), on observe les mêmes règles, on ne met pas un code grillé en tête de groupe, ni un feu arrière grillé en queue ou devant un débutant. Si certaines motos disposent de warnings, il est préférable d'en mettre une en queue, surtout la nuit, au cas où il serait nécessaire de s'arrêter au bord d'une route (panne par exemple), ou en cas de gros ralentissement sur l'autoroute. Comme l'expérience montre que la plupart des motos avec warnings sont à la fois puissantes et pilotées par des motards expérimentés, cela ne doit pas poser de problèmes (le motard balai doit être rompu à la conduite en groupe). Les signes qu'on peut employer sont nombreux. Les appels de phares ne doivent être destinés qu'à attirer l'attention du motard qui précède (pour engueuler quelqu'un qui arrive en face en pleins phares, c'est au motard de tête de s'en charger, et à lui seul). Par exemple, on peut employer les appels de phares si on s'apprête à doubler un autre membre du groupe (car c'est une manoeuvre inhabituelle, normalement proscrite dans un groupe). Si on s'est mis d'accord auparavant, un bref appel de phare peut indiquer de nuit au motard qui précède qu'il peut déboîter devant vous (vous le protégez, et ainsi il est sûr que ce n'est pas une moto extérieure au groupe qui va le dépasser). Des appels répétés et insistants veulent dire que vous allez doubler. De jour, on peut employer des signaux manuels, pour indiquer qu'on souhaite inverser la position avec le motard qui vous précède, ou qu'on veut se laisser dépasser, ou entraîner quelqu'un derrière soi quand on dépasse et qu'on sait qu'il peut suivre sans danger alors qu'il manque de visibilité (cas de certains virages à droite). On peut aussi signaler à quelqu'un qu'il a oublié de mettre son phare (poing fermé et ouvert plusieurs fois), de ralentir (main à plat de bas en haut), qu'on a presque plus d'essence (pouce désignant le réservoir), etc. Normalement, les signaux manuels sont inutiles pour rouler en groupe. La preuve, la nuit ils sont inutilisables et ça n'empêche pas de rouler. C'est juste une aide ponctuelle dans certains cas exceptionnels. Pour dépasser une file de voiture tout en restant groupé (cas fréquent
sur nationale chargée), il existe une procédure stricte (c'est presque
une cérémonie) qui permet de le faire en toute sécurité. Le premier effectue
son dépassement. Jamais plus de 2 ou 3 voitures à la fois, mais en général
une seule. Toujours une seule s'il y a des motards débutants dans le groupe.
Après avoir dépassé, il se rabat bien à droite, afin de laisser une place
moto à côté de lui au second du groupe. Quand le second est arrivé (éventuellement
à côté du premier s'il n'y a pas la place pour 2 motos + les distances
de sécurité entre les voitures et chacune des motos), on marque un temps
d'arrêt, le temps nécessaire pour que de l'espace se crée entre les voitures.
Pendant ce temps, le second motard se laisse distancer légèrement par
le premier, ce qui aide à créer l'espace vital. A ce moment, on "croise":
le premier motard se décale vers la gauche pour préparer le dépassement
suivant. Le second se décale vers la droite pour rester en quinconce.
Le premier motard double à nouveau. Le second reste à droite sans chercher
à doubler rapidement. Il ne doit pas encore se rapprocher de la voiture
qu'il suit au cas où le premier devrait renoncer au dépassement. A ce
moment, dès que le troisième motard (toujours derrière) voit le premier
déboîter, il double à son tour, et se rabat à côté du deuxième. Les motards
2 et 3 se retrouvent en situation familière, procèdent au croisement,
le second motard peut alors rejoindre le premier qui l'attend, pendant
que le quatrième rejoint le troisième. etc, etc. Cette technique éprouvée
permet de faire progresser relativement rapidement un groupe, sans créer
de problèmes de sécurité. On perd du temps car chaque motard ne double
qu'une fois sur deux, mais c'est beaucoup plus sur que si chacun doit
faire son trou, derrière des voitures qui freinent pour laisser la place
au motard de devant. Les deux premiers motards doivent être les plus expérimentés,
les plus sages aussi, et tenir compte des accélérations de la machine
la moins puissante qui les suit (afin d'éviter autant que possible de
devoir renoncer à un dépassement engagé). Ainsi, les motards de numéro
impair peuvent tous doubler en même temps, les motards pairs doublent
également tous en même temps. Chacun doit simplement tenir sa place dans
le cortège et respecter le protocole. Par contre, par signe, deux motards
ensemble dans le même trou peuvent facilement échanger leurs places (pair
ou impair) d'un simple signe. Il suffit de ne pas croiser. Cela permet
de se laisser dériver en queue ou de remonter le groupe pour passer un
message au premier (genre: on doit s'arrêter à la prochaine station).
Il est utile également de relayer de temps à autre le premier motard du
groupe, car c'est lui qui assume la plus grosse tension nerveuse parce
qu'il a la lourde tâche de créer les trous entre les voitures, chose que
les autres n'ont pas à faire car ils sont toujours certains de trouver
une place toute chaude qui les attend. Dans ce schéma, seuls les deux
premiers motards décident des dépassement, les autres n'ont qu'à suivre,
ce qui est reposant nerveusement. Bon, ça ne dispense pas de juger soi-même
si un dépassement est encore possible, ce qui peut varier, surtout pour
les derniers. Il est également utile de mettre en queue un motard expérimenté
avec une machine puissante pour qu'il puisse servir de moto-balai. Ainsi,
il pourra remonter rapidement tout le groupe pour faire s'arrêter le premier. Pour dépasser sur autoroute ou sur 2x2 voies, il y a plusieurs techniques.
Points "douteux"J'emploie le mot "douteux" pour vouloir dire qu'il y a des doutes, c'est à dire des alternatives, différentes manières de faire. Pas pour dire que c'est nul dans l'absolu. Donc, à vous de voir, et de trouver les techniques qui vous conviennent. Regarder la roue avant gauche d'une voiture qu'on dépasse
Quand un caisseux vous suit à grande vitesse à 10 cms de votre plaque, comment s'en débarrasser ?
Comment bien freinerAu freinage, c'est parfois un problème de ne pas lever la roue arrière avec les motos modernes. Frein avant énorme sur une brèle courte et relativement haute (pour augmenter la garde au sol, donc les possibilités d'angle sans frotter). Autrefois, les machines étaient plus longues et un peu plus basses. Les très gros calibres genre CBR 1100 ou Hayabusa sont des motos longues et relativement basses, moins sujettes au lever de roue arrière (les BM aussi d'ailleurs). Elles ne posent que le problème du dribble de la roue arrière (beaucoup moins grave), et l'équilibre de la force de freinage entre avant et arrière est beaucoup plus facile à trouver d'instinct. Par contre, les sportives moyennes (600 à 900) sont hyper courtes, assez hautes, ce qui est aussi le cas des roadsters. Ca donne une super maniabilité, une direction légère, au prix d'un problème de stabilité au freinage. On peut compenser en chargeant l'arrière (passager, valises, à la rigueur top case mais ça le fait moins), mais on perd ainsi le poids sur l'avant (guidonnages, instabilité, manque de maniabilité). Bref, les motos modernes ne facilitent pas le freinage d'urgence. Il faut donc trouver une méthode sûre. Parallèlement à ce raccourcissement des empattements, on a vu évoluer les pneus dans le sens d'un élargissement. Contrairement à ce qu'on peut croire, malgré un freinage appuyé de l'avant, un pneu de 180 à l'arrière permet de freiner vraiment fort, du fait de la surface en contact avec le sol et la qualité des gommes modernes. Donc, il faut apprendre à freiner en fonction de sa moto. Freinez un peu moins de l'avant pour toujours garder la roue arrière en contact avec le sol, et servez-vous assez franchement du frein arrière. Ceci complété par un bon réglage de l'amortisseur arrière pour éviter les dribbles, vous pourrez vous arrêter beaucoup plus court qu'en levant la roue arrière. D'ailleurs, notez que dès que l'arrière à décollé, le centre de gravité se déplace vers le haut et un peu vers l'avant, donc vous devez obligatoirement réduire le freinage si vous ne voulez pas vous retourner. Lever la roue arrière cause donc un allongement de la distance de freinage, contrairement à la sensation de "freinage maximum" qu'on peut ressentir à ce moment là. De plus, le frein arrière a tendance à rabaisser la moto (c'est dû à l'angle formé par le bras oscillant avec l'horizontale, qui joue un rôle anti-plongée). Plus la moto est basse, c'est à dire plus on freine fort de l'arrière, plus on peut freiner fort de l'avant sans risquer de lever l'arrière. C'est en partie pour cela qu'on ne doit pas se jeter sur le frein avant comme un malade, contrairement au frein arrière, mais le serrer progressivement, le temps (court) que la moto trouve son nouvel équilibre et se tasse sur ses suspensions. A basse vitesse, on peut freiner fort avec uniquement le frein arrière, et un blocage de l'arrière à très basse vitesse n'est pas bien gênant. Alors qu'un blocage de l'avant ne laisse pas le temps de rattraper la moto quand on roule à moins de 60 km/h. Donc, à très basse vitesse, surtout en courbe, privilégier l'arrière, alors qu'à haute vitesse, il faut privilégier l'avant. Une fois cela compris, c'est une question d'entrainement pour répartir au mieux la force de freinage entre la roue avant et la roue arrière pour avoir la meilleure distance d'arrêt. Entrainement sur circuit obligatoire (où à la rigueur sur route vraiment déserte, mais alors vraiment, et en surveillant ses rétros toutes les 10 secondes). Désolé, mais je ne peux pas expliquer quelle force appliquer sur le levier et la pédale. Ca fait partie de l'expérience du motard. Un bon indicateur de la qualité de vos freinages est l'usure de vos plaquettes. Avec une machine classique (double disque avant, simple disque arrière), vous devez user vos 2 jeux de plaquettes avant à peu près dans le même temps que le jeu de plaquettes arrière (un peu plus vite quand même). Vous userez plus vite l'avant sur route, plus vite l'arrière en ville. C'est une moyenne, et ça peut varier pas mal d'une machine à l'autre, et selon l'usage (en duo, on doit utiliser beaucoup plus le frein arrière par exemple). Mais si vous changez les plaquettes avant 3 ou 4 fois plus souvent que les plaquettes arrières, entrainez-vous à freiner plus fort de l'arrière. Et inversement si vous bouffez les plaquettes arrières beaucoup plus vite que l'avant. Si vous avez un simple disque avant par contre, comptez environ 3 jeux de plaquettes pour un seul jeu à l'arrière. Il est impossible de donner des proportions précises, parce que ça peut varier pas mal selon les machines, mais ça vous donne au moins une idée. Comparez avec d'autres motards ayant la même moto que vous. Comment bien arsouiller !J'ai gardé le meilleur pour la fin: comment bien arsouiller ! Lors d'une arsouille, le vrai plaisir c'est de se dépasser. Pas d'arriver premier. Pour commencer, ne faites que des arsouilles à deux. Si vous êtes devant, laissez volontairement un trou pour que l'"adversaire" puisse vous passer. Ne bouchonnez jamais. Ne le passez que s'il laisse un trou. Le principe est de ne jamais forcer le passage. Ne roulez jamais plus vite que si vous étiez seul, et même un poil moins vite, pour laisser à l'autre la possibilité de vous dépasser. Sachez arrêter d'accélérer quand vous êtes devant, et optez pour une vitesse raisonnable, laissant la possibilité à l'autre de vous dépasser sans danger. Si vous voyez un danger devant, faites un signe indiquant à l'autre d'aller moins vite et de ne pas doubler. La sécurité de tous est en jeu. Il suffit de lever la main gauche pour faire ce signe. Surtout, ne jouez pas au petit jeu du "j'accélère, je double, je ralentis pas, je me fais doubler, j'accélère, etc". Avec des machines puissantes, on a vite fait de rouler à plus de 200 en ville ou sur des petites routes. C'est ça le vrai danger. Donnez vous une règle à l'avance. Les motards expérimentés la connaissent: si le motard devant vous est à gauche de sa file, ne le doublez pas. C'est qu'il va doubler. S'il est à droite, vous avez son autorisation. Cette règle permet de ne pas être surpris quand on arsouille à plus de deux. Faites très attention aux rétros quand vous passez de la partie droite à la partie gauche de la file. En cas de fatigue ou de densité importante de véhicule, sachez arrêter. C'est devenu trop dangereux, vous remettrez la suite à plus tard. N'arsouillez pas en grand nombre. Une arsouille est très sympa à 4 ou 5 maxi, et très stressante à 10 ou 12, parce que le danger augmente de façon exponentielle avec le nombre de participants. N'arsouillez pas si vous ne connaissez pas la route, ou alors très lentement, genre lopette. Surtout en montagne ou en ville, et sur les petites routes de campagne. Pour ces routes, vous devez connaître parfaitement chaque virage, chaque nid de poule, chaque gravillon, ou en ville chaque coin de rue pavé. Avec ces règles simples, vous pourrez arsouiller avec d'autres motards raisonnables sur route ouverte, pas trop vite, et en y prenant plaisir. Parce que doubler souvent, accumuler les accélérations et freinages lors des dépassements, c'est ça le vrai plaisir de la bourre. Ces techniques ne permettent pas de travailler vos trajectoires ni vos points de freinage. Pour cela, il y a les circuits. Les vieux arsouilleurs n'appliquent pas ces règles, ils sont prêts à toute éventualité et savent s'éviter en toute circonstance. Attendez d'être un vrai pilote pour arsouiller "n'importe comment" sur route ouverte. Georges, Jungle Biker |
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Dernière modification le 03-01-2007 .