Le
périphérique parisien et les rocades des grandes agglomérations ont leurs
propres règles et code de conduite. Ils ne doivent pas être abordés normalement.
Le périphérique parisien détient à lui seul quelques records, y compris
au niveau européen, avec ses 35 km, ses 1,2 million de véhicules journaliers,
ses 10 accidents par jour et un mort par mois en moyenne.
Ce sont un peu les arènes de notre monde moderne. C'est toujours une
forme de roulette routière, encore plus aléatoire que la roulette russe.
Et les deux-roues ne sont pas épargnés, puisqu'ils sont
impliqués dans plus de 60% des accidents. Il y a donc des règles
et des commandements spécifiques à respecter : guide de survie.
- La première règle qui est la seule et l'unique permettant de survivre
à un passage sur le périphérique est contenue dans le code : imaginer
que la moto est une voiture et prend la place d'une voiture. Bref, rester
dans sa file (si possible la troisième : ni la plus lente,
ni la plus rapide) et au même rythme que le flux de la circulation.
Ne pas oublier que circuler entre les files de voitures est interdit
par le code de la route, y compris pour les motos. Et avec les campagnes
anti-motards, les anciennes tolérances envers motards tombent
les unes après les autres, donc la verbalisation guette !
Mais presque personne ne suit cette règle ! Donc, si vous voulez vraiment aller plus
vite, rouler entre les files et prendre des risques moins inconsidérés, voici les 10
commandements du kamikaze en moto :
- Se concentrer, regarder devant et anticiper, c'est devant (et sur les
côtés) que vient le danger. On apprend à regarder loin pendant le permis; sur le
périphérique, il faut alterner le regard posé loin afin d'anticiper un bouchon (et
éviter un freinage d'urgence) et le regard près, surveillant les véhicules les plus
proches pour éviter en permanence,
- Se mettre en codes/feux de croisement et clignotants : il y a plusieurs
centaines de voiture à dépasser sur quelques kilomètres, alors il faut être vu mais
surtout ne pas éblouir (donc pas plein phares : les pleins phares éblouissent les
véhicules qui sont devant et empêche le conducteur d'évaluer la vitesse et la distance
de la moto) ! Peu de motos sont équipées de warning, alors il faut se contenter du
clignotant gauche,
- Passer rapidement sur la 4e voie - la plus à gauche
- et éviter de zigzaguer de voies en voies.
La voie de droite est la plus dangereuse : voitures et camions s'y engagent
rapidement, souvent sans regarder (ne pas oublier qu'ils ont la priorité).
Elle est le meilleur moyen de s'éclater. La deuxième voie n'est guère
mieux avec ceux qui se rabattent brusquement en voyant leur sortie arriver
plus vite que prévue. Il reste donc les deux voies les plus à gauche
: le plus souvent il s'agit de la 3e et la 4e voie (le nombre de voies
varie entre 4 et 6 en fonction de la partie du périphérique). Je ne
parle même pas de la voie d'urgence, qui ne doit jamais être
empruntée : c'est la plus dangereuse à la fois en matière
d'accidents mais aussi de débris divers et variés source
de crevaison ou à eux-mêmes source d'accidents.
Attention ! La dernière voie (4e) est la plus rapide, et si vous vous traînez dessus à
100 km/h dans une circulation fluide, soyez sûrs qu'une voiture ou un camion, vous
talonneront "au cul" avec force klaxon et appels de phare au risque de vous
rentrer dedans. C'est pour cette raison, qu'il peut être conseillé dans certains cas de
rouler légèrement désaxés par rapport au milieu de la voie afin de ne pas risquer de
se faire rentrer dedans par derrière,
Préférez alors la 3e voie si vous êtes une "lopette" (lopette... mais
vivant).
- Se faufiler entre les voitures uniquement entre les deux dernières voies
situées le plus à gauche. C'est entre ces deux dernières voies que les
automobilistes ont le plus l'habitude de trouver des motos. Ils y font donc un chouilla
plus attention. Les autres voies sont à déconseillées à moins d'y rester,
- Adapter sa vitesse en fonction des circonstances et observer une vitesse
raisonnable : conserver un différentiel de vitesse de 20-30
km/h au grand maximum (10km/h diront certains mais pas moins de 5km/h
surtout quand on est dans l'angle mort d'un véhicule) entre la vitesse
du périphérique et la vitesse de la moto, à partir du moment où la vitesse
du périphérique n'excède pas 80 km/h. Attention, quand tout est bouché
et les voitures arrêtées : il y a toujours un cinglé pour se dire que
tout le monde est arrêté et qui ouvre une portière ou donne un coup
de volant sans regarder pour essayer de forcer le changement de file
: carton assuré,
De la même manière, il arrive que la 4e voie (la plus à gacuhe) bouchonne mais que par
contre, la 3e voie soit plus fluide... la probabilité et l'expérience démontrent qu'il
y a toujours une voiture qui donne un coup de volant, sans regarder et sans clignotant à
ce moment là, donc, prudence...
Personnellement, à partir de 80 km/h, je ne roule plus entre les files,
le risque devient beaucoup trop important par rapport au peu de temps
gagné.
- Trouver une locomotive, c'est-à-dire un motard qui roule bien, mais
pas trop vite et qui ouvre donc la voie (les voitures essaient souvent de leur laisser un
peu de place). La meilleure locomotive dispose en outre d'un échappement non homologué;
en plus, on l'entend bien ! Il suffit alors de le suivre avec une vingtaine de mètres
d'écart (ni trop peu - au cas où il se plante sur ses freins - ni trop loin, auquel cas,
il ne sert à rien),
- Se méfier des trous et des espace supérieurs à 10 mètres entre deux
voitures : il y a toujours quelqu'un pour s'y faufiler très vite et au dernier moment, se
méfier de la même manière des camions, qui empêchent de voir devant,
- Surveiller ses arrières : les voitures qui collent trop et certains
motards qui trouvent toujours que l'on ne roule pas assez vite, à grand renfort d'appels
de phare; les laisser passer dès que possible, c'est à dire sans prendre de risque et en
toute sécurité lorsque vous voyez un trou suffisamment grand entre deux voitures (et
donc pas un trou de souris qui aura toujours tendance à se rétrécir); ceci dit, cette
règle vient après la règle n°1 qui prime,
- Éviter les provinciaux et les étrangers : ils sont plus dangereux
parce qu'ils n'ont pas l'habitude de se trouver dans un tel flux de circulation. Ils ont
du mal à faire aussi attention que les autres et peuvent avoir de très mauvais
réflexes. Leur brocard de pays sera alors synonyme de danger (mais porter d'abord son
attention devant plutôt que sur ce point),
Ceci entraîne une règle le fait de redoubler de vigilance aux périodes de
vacances, parce que les automobilistes sont pressés de partir de Paris (on les
comprend) et qu'en plus ils sont fatigués, donc plus susceptibles de faire des erreurs de
conduites, fatales pour les motos,
- Avoir peur et/ou être parano : c'est un excellent stimulant qui oblige
à anticiper, empêche de prendre des risques inutiles et qui force à rester bien
sagement dans une file, comme une voiture, et incite à ne pas se faufiler entre les
voitures, et confondre périphérique et jeux vidéo,
A ces conseils spécifiques périphériques, se rajoutent des conseils standards de
conduite qu'il faut encore amplifier et qui peuvent prendre leur importance encore plus
que d'habitude :
- adapter sa conduite en fonction du temps (notamment quand il pleut),
- avoir une moto en parfait état : freins, lumières, clignotants, rétros,
klaxon...
- avoir une bonne position de conduite, regard loin, prêt à freiner
ou faire un évitement,
- ne pas prendre de risque (comme rouler entre les files) quand on est
fatigué, malade, pas en forme : les réflexes sont atténués,
- remercier lors d'un déplacement, et éviter absolument
tout comportement anti-social du type cassage de rétro ou coup
de pied dans la portière.
Conclusion :
Ce pourrait être le 11e commandement : lire la Fable de
la Fontaine : le lièvre et la tortue... Cela peut faire réfléchir à
l'intérêt de gagner 5 minutes pour arriver à sa destination ou gagner un aller simple
pour l'au-delà :-(
Dans un style plus cru et beaucoup moins drôle, je vous conseille vivement
de lire les histoires et récits de motards
qui se sont éclatés - et pas uniquement sur le périphérique- afin de réfléchir
à l'intérêt de prendre des risques inutiles en moto. C'est la perpétuelle
histoire du pot de fer contre le pot de terre. Un motard ne survit que
très rarement à une chute sur le périphérique, parce qu'il y a toujours
une voiture ou un camion pour lui rouler dessus... Il n'y a pas assez
de place pour s'arrêter... Et c'est franchement pas beau à voir. Enfin,
libre à vous de lire l'enquête accidentologie
réalisée récemment.
Il y a 800 motards (hors scooters) accidentés chaque année
sur le périphérique parisien et de trop nombreux morts. Ne soyez pas l'un
de ceux là.
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