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Roman : René (épisode 15)

Episode 15 : Premiers affrontements…

Ce fameux repas du soir, tu t'en doutes bien, a été particulièrement agité...: le malheur, c'est que dans le plat principal, quelqu'un a eu la bonne idée d'y adjoindre des... petits pois!

Contre toute attente, c'est Maurice qu'a commencé : l'a pas trop apprécié la suffisance du Père ROSSO pendant la présentation et, avec une fourberie digne de Scapin, il a sorti l'arme qui a tout déclenché : sa petite cuillère...

Maurice a bien préparé son coup : planqué derrière Grigou, il a placé 3 projectiles dans l'ustensile de cuisine et, d'un tir précis, a balancé le tout en direction du « marchand de tapis » !
Celui ci mettait, à cet instant même, son verre à la bouche : il a tout lâché sous l'impact, renversant le contenu sur son pantalon en poussant un cri d'énervement car il n'a pas beaucoup le sens de l'humour, préférant, de loin, ridiculiser les autres en mettant en avant sa « réussite », qu'être l'objet de ce type de situation !

Fou rire général devant la tronche en biais affichée par « Monsieur le Concessionnaire » : il en fallait pas plus pour que, bientôt, une pluie verte déferle dans la salle au grand désespoir du service de salle se rendant compte du rab à effectuer pour remettre la pièce en état...

Le père Sarron n'a pas été le dernier à ce petit jeu, et son poignet droit s'est montré aussi alerte qu'au maniement d'une poignée de gaz...

Décidément, le Vulgaris Motardus, n'est pas un animal qu'il faut laisser en troupeau : l'instinct primaire, plutôt joueur, reprend alors aussi vite ses droits et mieux vaut, dans ces cas là, éviter de se trouver sur son passage : et ne me dis pas que quand tu sors en groupe et qu'tu t'arrêtes au troquet du coin avec ta p'tite bande, tu t'contentes de siroter ta limonade sans lever le nez de ton verre...

Bon, c'est pas tout ça, mais après la rigolade, voici venu le temps de la détente : direction la salle de jeu !

Y'a que le père ROSSO qui fait un peu la tronche, les autres sont chauds pour le « Mondial de Baby foot » par équipe de 2 : les jumeaux ensemble, Grigou avec Christian, le fils avec le père qu'a pas pu faire autrement, et ainsi de suite... .
On procède par élimination : faut avouer qu'on se rend compte rapidement qu'y en a qui doivent quelque peu négliger le roulage au profit des salles de jeu...

J'ai d'ailleurs à ce sujet un petit truc pour constater que le printemps sonne à la porte après la longue torpeur hivernale : suffit de regarder bourgeonner les parkings devant les terrasses de cafés... .
On constate alors une éclosion de sportives rutilantes, raides de neuf, lesquelles auront leurs places attitrées jusqu'à l'arrivée de l'automne, époque à laquelle tu pourras les cueillir à peine sorties du rodage...

D'emblée, le père (qui tente de jouer le jeu en serrant les dents) et le fils (qui est bien obligé de suivre le père), peu habitués à cette discipline, ne passent même pas le cap des qualif'.

Petit à petit, on en arrive aux choses sérieuses et faut avouer que le « Vénérable Team » se défend plutôt pas mal, ainsi que le duo de choc Sarron / Grigou : ce dernier a l'avantage de posséder en son sein un Journalis Motardus, dont la spécialité est de paraître toujours débordé quand tu visites une rédaction, laissant ainsi croire qu'il n'a de temps à consacrer qu'à l'exercice de sa noble fonction, mais qui s'entraîne, en fourbe, à ce genre de truc pour toujours être à la hauteur sur les lieux de rendez vous où n'est jamais éloigné ce genre de sport (hein Grigou ?...)...

Pour la finale, tu l'auras deviné, je ne te donne pas les noms !

Faut dire aussi que les frangins ont été de fervents assidus en leur temps, et ce sport n'a pas évolué avec les années...
Donc, nous avons René dans les buts, face à Christian, et Maurice à l'attaque face à Grigou : la lutte est de toute beauté devant l'assemblée qui retient son souffle devant l'énormité du spectacle !

Christian, d'un geste précis, envoie la balle du centre vers ses avants qui ne servent qu'à ricocher en direction des buts : René n'est pas né de la dernière pluie et bloque avec ses défenseurs pour renvoyer la balle par dessus le jeu, droit dans les buts adverses ! Grigou n'a rien pu faire...

Je ne vais pas te décrire toute la partie car : 1, ça fait long à écrire et 2, ça me gonfle un pneu... . Sache qu'à la dernière balle, ils en sont à une parfaite égalité et Maurice a la balle à l'avant.
L'assemblée retient son souffle, Grigou est prêt : Le Vénérable fait monter la pression en prenant son temps calmement, ce qui déconcerte un peu l'adversaire.
Les secondes s'égrènent et, soudain, René crie « Gazzzz !!! » à la grande surprise générale, sauf de Maurice, lequel fait ainsi gagner l'équipe sous un tonnerre d'applaudissement !!!

Cette « botte secrète » avait été mise au point, au cas où, avant le commencement de la partie : c'est ce genre de truc qui fait la différence entre un team qui gagne et celui qui ne comprend pas pourquoi ça ne marche pas, ça se nomme l'osmose, l'entente parfaite.
Regarde cette année avec Valentino qui a emmené son staff technique chez Yam' pour prendre le guidon d'une moto qui ne « fonctionnait pas »...

Dans cette équipe, chacun a son rôle bien défini et tout le monde fonctionne en pleine confiance, en ayant conscience de ses capacités sans chercher la moindre excuse : si quelque chose ne fonctionne pas, on n'accuse pas le voisin mais on se concerte pour trouver LA solution... et on bosse !

Les jumeaux sont de cette trempe là et les années ont renforcé cette façon d'être, à la différence de cette jeunesse actuelle qui se cherche parfois sans se donner la peine de se baisser pour ramasser la solution qui se trouve à ses pieds.

J'ai dans l'idée que, demain, on risque d'avoir quelques surprises sur la piste...

Avant d'aller se coucher, Grigou échange quelques mots avec les frangins : d'abord pour les féliciter encore et ensuite encourager René dans la suite des évènements car il a bien pigé (aussi en l'observant dans les rétro de la BIMOCATI pendant les 2 tours...) que ce gars là n'est pas au bout de ses ressources malgré le poids des ans...

D'ailleurs, pendant que les autres dorment ou se racontent des histoires, les jumeaux passent une partie de la nuit à se refaire le tour du circuit dans la tête : Maurice en manager, René en pilote, en parfaits complices se connaissant sur le bout des doigts...

René Gédeufoitrentans "le gatouillable" by Sato

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