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Roman : René (épisode 43)

Vingt cinq heures de zinc, c'est long…

Au fait, si un jour t'envisages de partir loin, ben…, invite Maurice… Bouge pas, je t'explique :

L'énergumène précité a toujours sa fiole dans la poche, et je ne te ferai pas l'affront de te dire le contenu de cette dernière…

NICE / PARIS, c'est vite fait, mais l'étape suivante…

Au bout de quatre heures, et après quelques verres servis par le personnel, lequel est aux petits soins (tu parles, vu le prix des billets…), Maurice commence à s'emm…der ferme :

Dois-je te rappeler la présence des girls à Max… ?

Bon…, t'as deviné. L'Ancien sort le flacon, avale discrètement une goutte du contenu, hèle une fille se trouvant à proximité de sa personne et lui glisse quelques mots à l'oreille…

Celle-ci, une superbe plante brune d'à peine vingt ans, fait « Hôooo !!! » en rougissant, pendant que Maurice se lève et l'entraîne vers le fond de l'appareil !

René, en pleine discussion avec le trio composé de Max, Albert et Dave, jette néanmoins un regard vers son frangin en fronçant les sourcils, non sans esquisser un léger sourire…

C'est silencieux un avion moderne, et des cris proviennent rapidement du fond de l'appareil. Alertées, les hôtesses vont voir de quoi il s'agit pour revenir rapidement rouge comme des pivoines !

Les voyageurs, inquiets, commencent à poser des questions, auxquelles elles répondent avec embarras. Puis, le couple refait son apparition ; Maurice, satisfait, qui regagne son siège en sifflotant, et la fille essoufflée, laquelle s'empresse malgré tout de renseigner ses copines quand à son absence…

Très rapidement, une autre Girl se lève, va trouver Pépère, et c'est reparti pour un tour !

S'ensuit une valse incessante suivant le même processus.

Pendant ce temps, René s'efforce de maintenir la conversation auprès de ses compagnons, lesquels commencent à s'interroger sérieusement sur le manège du frangin…

Superpapy veut tout savoir, les forces en présence, les temps réalisés cet hiver, le comportement de la BIMOCATI avec les impressions d'Alain, et les interventions effectuées sur la machine.

Max et Albert s'efforcent, entre deux regards inquiets vers la queue de l'appareil, de répondre avec le plus de précision possible à la demande du pilote de l'équipe. Le team en forme, cet hiver, c'est celui de Francis BATA, le patron d'ALSTAR-SUZUKI dont les pilotes (Troy CORSER et Yukio KAGAYAMA) n'arrêtent plus d'affoler les chronos. Le Team DUCATI n'est pas loin derrière, Régis LACONI a soif de revanche, bien décidé à coiffer cette année la couronne mondiale après ses bourdes de la saison dernière. Seul son coéquipier, James TOSELAND, champion en titre, semble marquer le pas. Norik ABE, transfuge du MotoGP sur YAMAHA, sera à suivre également, sans oublier Chris VERMEULEN et Carl MUGGERIDGE, du team TEN-KATE sur HONDA. Chris WALKER, sur KAWASAKI, ainsi que Fonsi NIETO, sur HONDA, ne feront certainement pas de la figuration. Sans oublier les FOGGY PETRONAS et bien d'autres encore…

Jamais le mondial SBK n'a atteint un tel niveau au cours de son histoire !

Les chances de placer la BIMOCATI au milieu d'un tel plateau semblent de plus en plus minces à René, malgré l'enthousiasme de l'équipe. Enfin, on verra sur place…

Maurice, quand à lui, c'est pas ce genre de truc qu'il a en tête. Les vingt filles du team y passent, puis c'est maintenant les hôtesses qui se mettent de la partie ! Seulement, pour ces dernières, elles sont au boulot. S'en suit une discussion serrée avec le commandant de bord, lequel, d'abord réticent, finit par céder sous la menace d'une grève collective !!!

Le pilotage automatique étant branché, le voilà qui se dérange personnellement pour demander des comptes au trublion de service…

Maurice lui explique alors le secret de sa potion, laquelle a été perfectionnée depuis (une simple goutte suffit pour satisfaire trois demoiselles). Tout le monde a bien entendu prêté une oreille attentive à la discussion, et bien sûr, chacun veut essayer la formule, le commandant d'abord, son co-pilote ensuite, Max, dont la curiosité est à son comble, Dave, lequel a repairé une choucarde petite hôtesse depuis sa montée dans l'avion (faut jamais rater une occase si elle se présente, histoire d'éviter de mourir idiot et frustré…), les mécanos idem, et même le couple de petits vieux qui retrouve ainsi une seconde jeunesse…

C'est plus un vol long courrier, mais un vrai hôtel de passe improvisé !

Les seuls à garder leur sang-froid, sont René et Albert. Il est vrai que l'énormité de la tâche qui les attend demande beaucoup de concentration, si on veut espérer un minimum de résultat…

Pour résumer, voilà comment raccourcir un vol interminable à la sauce Maurice (j'ai ses coordonnées si t'as besoin…) !

L'approche sur SINGAPOUR ramène tout le monde à la raison (provisoirement…), mais la seconde mi-temps est donnée dès l'envolée vers MELBOURNE ; incroyable ce que cette mixture est capable de transformer un individu, alors qu'à la base, elle a pas été conçue pour ça…

La traversée de l'océan indien n'a jamais semblé si courte aux habitués de ce type de vol, mais la descente sur la ville australienne est l'occasion pour le commandant de bord, revenu à ses fonctions, de s'adresser à l'ensemble du personnel, passagers compris, afin de leur demander le total silence sur le déroulement de ce vol si singulier, il risque sa place sur ce coup-là !

L'atterrissage s'effectue sans aucun incident, sous un soleil de plomb. Welcome l'Australie !

Pendant l'approche, pressé par la quasi-totalité du personnel présent, Maurice a dû se munir d'un petit calepin, histoire d'enregistrer des commandes avec promesse de les honorer le plus rapidement possible.

« Moi qui m'ennuyais avec cette foutue retraite, j'crois qu'j'ai trouvé un nouveau job ! » lance t'il à la cantonade.

René Gédeufoitrentans "le gatouillable" by Sato

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