SandwichCela m'est arrivé il y a environ 3 ans, mais je m'en souviens comme si c'était hier. Je venais d'acquérir depuis 2 mois ma toute nouvelle et flamboyante TDR 125 et bien que pensant le contraire, ma maîtrise de la bête était encore bien incomplète. C'était un soir, il faisait déjà nuit, le temps était sec et j'étais à la bourre pour un rendez-vous avec des amis dans le vieux Lyon. Je montais la bête dans les tours gentiment depuis quelques minutes en me tapant de belles accélérations, bien que la bête n'était pas encore débridée et les roues accrochaient bien au bitume lors des freinages. J'anticipais quand même à mort les carrefours car bien que vif dans l'action, je suis prudent de nature. J'arrivais en confiance pour le passage d'un petit pont enjambant la Saône. En arrivant au milieu du pont, je découvris la situation, jusqu'alors cachée par la courbure du pont. Un feu vert se situait à l'extrémité du pont et une série de voiture circulant dans le même sens que moi, venait de franchir ce feu pour continuer tout droit. Une bonne centaine de mètres me séparait de la dernière voiture de cette série. Sur la file de gauche, une voiture me faisait face était à l'arrêt et voulait traverser pour rejoindre une route perpendiculaire située à droite du feu. Compte tenu de la distance qui me séparait de la dernière voiture, ma première pensée (prudente) était qu'il serait logique que cette voiture (à l'arrêt) en profite pour me croiser la route et passer, mais curieusement, elle ne bougeait pas et je voyais désormais les lunettes de la conductrice (oui c'était une femme ;-) ) qui semblait me regarder et attendre patiemment mon passage. C'est alors que ce qui se passa dans ma tête, en une seconde de temps a du arriver à tout le monde au moins une fois!!! J'étais à la bourre et dans ce cas on se dit:
Evidemment, comme tout bon mec à la bourre, je décidais de prendre la deuxième option, et de remettre les gaz dans la belle, conforté par une situation à priori très sereine où l'automobiliste devant moi m'attendait et où finalement je lui rendrai service en le croisant un peu plus vite et lui permettant à elle aussi de gagner du temps!! :-) C'est alors qu'une seconde après avoir mis les gaz à donf, en arrivant à presque 20 mètres du feu, arriva ce qui devait arriver, le feu ne passa pas à l'orange mais la fameuse conductrice à lunettes décida de me croiser la route, comme si le reflet de ses lunettes ne cachait qu'une femme aveugle et inconsciente au volant, comme si ces gestes étaient animés d'une mécanique calme et effroyablement inéluctable. La surprise fut telle que je lâchai les gaz et bondis sur les freins.
Mais là je découvris deux problèmes: j'étais
en train de glisser comme une belle savonnette de ma roue arrière
car le bitume de ce pont était en fait une sorte de revêtement
orange-brun, un peu comme les courts de tennis, qui a la particularité
d'absorber méticuleusement l'humidité ambiante de la journée
et de la recracher brutalement le soir, et le deuxième problème
était que cette chère pouffe à lunettes réalisa
une fois lancée dans sa traversée que la rue qu'elle convoitait
était obstruée par un bouchon et donc décida de s'arrêter
au beau milieu de la chaussée, ne me laissant aucune chance d'évitement!!!
C'est alors que le bouchon qui avait provoqué l'arrêt sur la chaussée de mon imminent bourreau, se décala de quelques mètres et que je vis la voiture obstruante commencer tout doucement à avancer. Dans un dernier réflexe, j'eu le temps de contrôler mon engin en perdition en direction de la légère brèche qui s'était ouverte sur l'arrière de mon obstacle mais cette brèche ne semblait pas suffisante et je me voyais désormais pris en étau dans cette gouttière et transformé en catapulte vivante... Dans ce genre de cas, le temps passe au ralentis, un peu comme dans les films, et à chaque centimètre que la voiture avançait, la brèche s'agrandissait alors que je continuais à glisser de quelques mètres...Le temps s'écoula soudainement normalement...j'étais passé dans la brèche et je ne m'étais pas encastré... J'avais frôlé d'un millimètre la catastrophe. Ayant dépassé le pont, je finissais mon freinage sur du bitume rugueux, mon coeur était à 200. Je sentais encore l'adrénaline qui me tenait alerte...oufff. Evidemment je tournais la tête vers la bagnole, qui s'en alla
comme si de rien était.
Stéphane - le 8 janvier 2002 Vous avez aussi une aventure à raconter ? Ecrivez la moi et je la publierai :-) |
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Dernière modification le 24-09-2006 .