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Le véhicule électrique 3 fois moins coûteux à l'usage

Une empreinte carbone compensée en moyenne après 70.000 km

L'ADEME fait le point sur la situation du véhicule électrique et de la recharge en France

Le véhicule électrique 3 fois moins coûteux à l'usage - Photo d'illustration, crédit : rawf8/EnvatoLe gouvernement a présenté au printemps un plan d'électrification visant à réduire la dépendance aux énergies fossiles. 6 des 22 mesures présentées concernaient l'électrification des mobilités et transports. Il faut dire que 93 % des 40 millions de voitures particulières en circulation roulent encore à l'essence ou au diesel.

Ce parc représente 53% des émissions de gaz à effet du secteur des transports, qui compte lui-même un peu plus d'un tiers des émissions nationales. Il représente également une part significative de la facture énergétique de 57,3 milliards d'euros de la France. Avec son plan d'électrification, le gouvernement entend se rapprocher de la neutralité carbone, mais aussi gagner en souveraineté énergétique, l'électricité étant produite dans l'Hexagone contrairement au gaz et carburants importés.

C'est dans ce contexte que l'ADEME, l'agence de la transition écologique, vient de publier les résultats de son étude sur le véhicule électrique et sa recharge, menée durant deux ans et destinée à lever certains doutes qui subsistent sur les véhicules électriques.

Impact environnemental

L'étude s'intéresse notamment de près à l'empreinte carbone des véhicules sur l'ensemble de leur cycle de vie. La batterie reste ainsi le premier impact d'un véhicule électrique et contribue à une empreinte bien supérieure au moment de la production. Une compacte électrique de 60 kWh va ainsi générer deux fois plus d'émissions qu'une compacte hybride non rechargeable à la production. Mais à l'usage, l'absence d'émissions directes, possible en France grâce à une électricité décarbonée, va permettre de rapidement rattraper le retard vis-à-vis de l'hybride.

L'étude estime que la "dette carbone" de l'électrique est ainsi amortie à partir de 70.000 km, puis la situation s'inverse et l'électrique prend l'avantage, émettant jusqu'à 2,25 fois moins après 250.000 km. Le gain écologique dépend aussi du choix du véhicule, plus la batterie étant importante et le véhicule lourd, plus la "dette" est longue à combler.

Ce choix est d'autant plus crucial que les batteries des véhicules électriques emploient six fois plus de métaux et minéraux critiques qu'un modèle thermique. Or ces matériaux ne sont pas ou peu présents en France, ce qui soulève l'importance de développer encore la filière du recyclage permettant leur récupération opérationnelle.

Coût à l'achat et à l'utilisation

Mais le principal frein actuel à l'électrique reste le coût de ces véhicules par rapport aux équivalents thermiques. Selon les segments, les écarts sont plus ou moins importants avec un peu moins de 3.000 euros pour une compacte, environ 5.200 euros pour une citadine polyvalente, mais atteint plus de 7000 euros d'écart pour les petits modèles urbains. Là encore, c'est à l'usage que la voiture électrique compense son retard à l'achat par des coûts d'utilisation bien inférieurs avec une recharge trois moins chère (mixte domicile/borne) et un entretien 40 % moins onéreux. Seule l'assurance est en moyenne supérieure de 11 % en raison des coûts de réparations et délais d'immobilisation.

La rentabilité économique des véhicules électriques est donc avérée que pour ceux qui roulent beaucoup et ceux qui peuvent recharger à domicile. Pour les petits rouleurs, le surcoût peut présenter un frein critique.

Si ces écarts de prix sont en partie compensés par les aides à l'achat qui subsistent, c'est surtout le marché de l'occasion qui devrait représenter l'essor futur des motorisations électriques, notamment auprès des foyers les plus modestes. Si aujourd'hui les véhicules électriques connaissent une plus forte dévaluation, c'est surtout vis-à-vis des craintes quant à l'état de la batterie. Plusieurs publications récentes ont démontré que la dégradation moyenne des batteries était située entre 1,7 et 2,3% par an et conservent jusqu'à près de 90 % de capacité résiduelle à 200.000 km. Mais ce qui va changer la donne dès l'an prochain, c'est le passeport batterie, obligatoire en Europe, qui contiendra toutes les informations sur la batterie, dont sa capacité résiduelle (SoH).

Une mutation amorcée, mais incomplète

Entre l'offre qui se développe et les prix des carburants qui ont explosés, la part des véhicules électriques dans les ventes véhicules neufs ne fait que progresser. Mais l'ADEME rappelle que d'autres développements doivent accompagner cette croissance, tant sur celui des infrastructures publiques de recharge que sur la filière du recyclage, les capacités actuelles n'étant pas dimensionnées pour faire face à l'afflux qui se profil dans les années à venir.

Plus d'infos sur l'ADEME

Commentaires

Chanabo

Plutôt intéressant ces chiffres. Je suis convaincu par l’agrément apporté par les moteurs électriques mais je n’arrive pas à sauter le pas que cela soit en auto (pour mon épouse; je n’ai pas de voiture) ou moto. Autonomie bien trop faible pour être tranquille en toutes circonstances (sauf en auto et si tu dépenses une fortune en achetant un tank). Bien trop cher à l’achat pour ce que c’est.

Quand au faible coût à l’usage, nous sommes des petits rouleurs dans la famille. De plus, le prix des hydrocarbures pourrait se retourner. Sait-on jamais. Tout peut arriver dans ce monde détraqué.

09-10-2026 08:48 
 

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