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Essai moto TVS RTX 300

Rationnelle et bien équipée, ça suffit pour les A2 ?

Monocylindre de 299,1 cm3, 36 ch et 28,5 Nm, 180 kg, réservoir de 12,5 litres, à partir de 4.890 euros

Venue d’Inde, la TVS RTX 300 promet un usage rationnel avec des équipements modernes et son monocylindre de 36 ch « nativement » A2. Dédié majoritairement à la route, c’est sur l’enrobé italien que nous l’avons essayée dans des conditions pluvieuses.

Essai dTVS RTX 300
Essai de la TVS RTX 300

Il y a des motos qui ne cassent pas trois pattes à un canard. Au premier regard, cette TVS est l’une d’elles : monocylindre de 299 cm3 développant 36 ch, roues en 19 et 17 pouces et un poids de 180 kg avec 90 % du plein. Pas de quoi faire rêver, mais la marque indienne nous a expliqué sa stratégie : proposer une moto rationnelle et fiable avec un bon niveau d’équipement et une bonne finition. Dépêchés sur les petites routes de Toscane pour l’occasion, nous avons pu parcourir 100 kilomètres au guidon pour une première prise de contact.

L'essai vidéo de la TVS RTX 300

Découverte

Le groupe TVS, nous ne le connaissons pas en Europe, mais pourtant, ce géant du deux-roues a déjà un pied chez nous via la gamme 310 de BMW. La marque à l’hélice fait produire depuis 2016 ses motos de petite cylindrée là-bas et c’est encore le cas aujourd’hui, puisque TVS fabrique les F 450 GS (mais n’a pas le droit d’utiliser dans ses propres motos le calage moteur exclusif à BMW).

Essai du trail TVS RTX 300
Essai du trail TVS RTX 300

La RTX 300 se décline en deux versions, une de base « Essential » et une mieux équipée « Adventurer ». C’est au guidon de cette dernière disposant du shifter, de suspensions réglables, de TPMS et de quelques accessoires de série que nous avons pu essayer. Cette dernière est uniquement disponible dans un vert mat avec cadre blanc ou noir au choix. La RTX 300 ne paie pas de mine, mais ses finitions sont bonnes, les plastiques sont de bonne qualité, idem pour la visserie. Le plastique n’est pas surabondant et la fourche dorée, comme les peintures des jantes montrent la maîtrise de TVS en matière industrielle.

Le trail TVS RTX 300
Le trail TVS RTX 300

La face avant à double optique se fond parfaitement avec les écopes. Le garde-boue bas et les débattements de 180 mm indiquent toutefois que les aptitudes « tout-terrain » sont limitées. On fera plutôt du chemin roulant pour se balader. Ce que cette moto propose, par contre, c’est un haut niveau d’équipement pour la catégorie : ABS, régulateur de vitesse, accélérateur électronique, shifter, suspensions réglables, etc. Le monocylindre de 299 cm3 (78 x 62,6 mm) et offre 28,5 Nm de couple à 7 000 tr/min et 36 ch à 9 000 tr/min. Ces chiffres font de la RTX 300 un trail natif A2, mais éloigné de la puissance maximale de 47,5 ch.

Le moteur monocylindre de la TVS RTX 300
Le moteur monocylindre de la TVS RTX 300

En bref, on est en présence d’une machine agréable à l’œil et bien finie, exception faite du plastique des boutons de commodos qui renvoie une impression bas de gamme. La disposition des boutons permet un bon accès, sauf pour les feux de détresse où l’actionneur est inexplicablement placé sur le haut du commodo gauche.

En selle

La selle justement est bien dessinée, spacieuse et confortable pour mon gabarit. En deux parties, elle se retire via une serrure avec la clé de contact pour accéder facilement à la boîte à air, à la batterie et aux fusibles. Un petit espace sous la selle passager permettra d’emporter un bloque-disque.

La selle biplace de la TVS RTX 300
La selle biplace de la TVS RTX 300

La position est reposante avec le dos droit et les jambes plutôt dépliées. Le guidon tombe bien sous les mains, mais se trouve bien trop bas pour rester debout dans les chemins. On est accueilli par un tableau de bord TFT de 5 pouces très intuitif qui affiche toutes les informations utiles. Le menu accessible en roulant et pas moins de 3 totaliseurs journaliers sont disponibles. Sur notre version « high-tech » la pression des pneus était aussi affichée comme la consommation affichée à 3 L/100 km. Le guidage sur l’écran est possible, mais plus compliqué qu’un bon support de téléphone.

L'instrumentation TFT de la TVS RTX 300
L'instrumentation TFT de la TVS RTX 300

En ville

L’ensemble moteur-boîte est capable de tenir les 45 km/h sur le sixième rapport à 3 100 tr/min sans problème. Autre avantage, la chaleur du radiateur est évacuée via un conduit qui débouche sous la moto. Sur cet essai, le confort thermique était parfait (mis à part la pluie). Pour les plus petits, la selle à 835 mm pourrait être un problème.

Facile a piloter, la RTX présente une selle à 835 mm peut être un peu haute pour certains gabarits
Facile a piloter, la RTX présente une selle à 835 mm peut être un peu haute pour certains gabarits

La boîte de vitesse avec son shifter (version Adventurer uniquement) n’est pas aussi précise que sur certaines japonaises, mais cette TVS reste très facile à piloter, toutes les commandes sont souples et bien calibrées à l’image de la poignée de gaz ou des leviers de freins et d’embrayage réglables. Cet essai n’ayant pas permis de faire beaucoup de ville, difficile d’en dire plus. Les 180 kg ne se ressentent pas trop et le rayon de braquage est correct. Si la moto est bien équipée de série, les prises USB au guidon sont en option. La béquille centrale n’était pas présente sur cet essai.

Autoroute et voies rapides

Malheureusement pour nous, l’itinéraire ne nous pas permis de rouler à des vitesses autoroutières. Il est évident que le moteur tournera haut dans les tours à 110 km/h comme à 130 km/h avec ses vibrations désagréables à long terme et que la protection d’origine est insuffisante pour mes 1m80. La moto est toutefois bien conçue et son châssis permettra d’être en confiance à haute vitesse.

Vibrations à hauts régimes et protection limitée n'en font pas la meilleure alliée sur voie rapide
Vibrations à hauts régimes et protection limitée n'en font pas la meilleure alliée sur voie rapide

Départementales

Les petites routes de Toscane étaient un terrain particulièrement adapté pour nos machines. Malgré la pluie qui nous a assaillis la moitié du temps, nous avons pu essayer de tirer toute la quintessence de la RTX 300. Résultat : le moteur est docile et volontaire, le tirage de la poignée est court et le modeste couple de 28,5 Nm arrive nettement entre 4 500 tr/min et 7 000 tr/min ce qui offre des relances agréables au vu du rapport poids/puissance. Si la machine tient son régime à 3 000 tr/min, la reprise est en revanche quasi inexistante, ce qui prouve que le « traction control » est plus pour rassurer le pilote que réellement utile. Pratique en revanche et rare sur le segment 300, c’est le régulateur et le shifter qui sont de série sur cette moto. Les deux fonctionnent bien, mais j’ai parfois préféré désactiver ce dernier, car son temps de coupure était trop long.

Le régulateur et le shifter de série, rare sur ce segment, sont les bienvenus
Le régulateur et le shifter de série, rare sur ce segment, sont les bienvenus

Ce bloc baptisé RTX D4, malgré une conception moderne doubles arbres à cames en tête, double pompe à huile, s’avère un peu creux à bas régime. En revanche, TVS nous a expliqué avoir conçu le moulin comme fiable même utilisé à répétition sur des pentes importantes, par exemple. La chemise en aluminium est revêtue par projection plasma pour une meilleure conductivité thermique et une huile plus durable, car la surface retient mieux les gouttelettes d’huile. Les baroudeurs de l’Himalaya sont à priori tranquilles. Sauf que l’intervalle d’entretien préconisé est de 7 500 km (comme souvent sur les motos chinoises ou indiennes) alors que nous sommes habitués à des intervalles plus longs de 10 à 15 000 km chez les constructeurs historiques.

Le monocylindre indien manque clairement de vie à bas régime
Le monocylindre indien manque clairement de vie à bas régime

Si nous n’avons pas pu vérifier la consommation, le tableau de bord après 101,3 km affichait 3 litres consommés, soit une conso moyenne juste sous les 3 L/100 km. Notons que l’ouvreur était la plupart du temps en mode tortue et que ce chiffre n’est donc pas représentatif d’un usage réel mixte.

Chemins

Les débattements de suspensions de 180 mm calment immédiatement les ardeurs des plus fous. Une fois qu’on sait que cette machine roulera sur des chemins carrossables, elle sait bien le faire et avec confort, ce qui n’est pas toujours le cas sur les machines d’entrée de gamme.

La RTX s'accorde parfaitement aux roulages sur les chemins, mais n'espérez pas faire davantage hors route
La RTX s'accorde parfaitement aux roulages sur les chemins, mais n'espérez pas faire davantage hors route

Les 180 kg seront là en cas de chute, mais, dès qu’on roule, le sentiment de poids s’efface vite et on maîtrise la moto facilement. L’ABS est débrayable comme le contrôle de traction, qui ne sera pas utile, pourvu qu’on n’ouvre pas en grand bêtement. Sur les terrains meubles, la RTX mettra en confiance les jeunes permis comme les motards plus expérimentés.

Partie cycle

Tubes d’acier et bras oscillant en aluminium font du cadre un bon mix entre choix économique et poids. L’empattement est porté à 1 428 mm et la garde au sol est généreuse avec 200 mm. On retrouve des jantes en 19 et 17 pouces, avec un frein avant simple disque de 320 mm pincé par un étrier à fixation radiale et un maître-cylindre diagonal. Du côté des suspensions c’est WP qui fournit les éléments (d’habitude plutôt réservés au groupe KTM). Sur la version Essential, pas de réglage avancé possible, mais la version Adventurer essayée permet donc au pilote de régler la fourche sans outils (compression et détente), tout comme l’amortisseur, lui aussi réglable sans outils (sauf la précharge avec une clé à ergots).

L'amortisseur arrière de la TVS RTX 300
L'amortisseur arrière de la TVS RTX 300

Freinage

Malgré un maître-cylindre diagonal « basique », l’étrier à fixation radiale qui pince le grand disque de 320 mm fait parfaitement bien le travail de ralentissement. Le levier est très dosable, tout comme la pédale à l’arrière. L’ensemble est supervisé par ABS (désactivable), dont les paramètres sont adaptés en fonction du mode avec 3 algorithmes (Rally, Urban, Rain).

Le frein avant de la TVS RTX 300
Le frein avant de la TVS RTX 300

Conclusion

Bien née, bien équipée et facile à prendre en main, la RTX 300 pourrait faire carton plein. Mais son prix, bien que justifié, est un peu élevé pour un « petit » mono de 36 ch qui manque de caractère. Si TVS n’est pas né de la dernière pluie, la marque doit encore construire son image en Europe et prouver que le service après-vente est solide. Pour mettre en confiance, la marque propose une garantie de 5 ans comme Honda ou CFMoto. TVS nous a confirmé vouloir être présent à long terme dans l’hexagone, avec d’autres modèles à venir très prochainement.

La TVS RTX 300 est vendue à partir de 4.890 euros
La TVS RTX 300 est vendue à partir de 4.890 euros

Points forts

  • Finition
  • Facilité de prise en main
  • Nombreux équipements (version Adventurer)
  • Freinage

Points faibles

  • Vibrations à haut régime
  • Reprises molles sous 4 500 tr/min
  • Peu de caractère
  • Prix ?

La fiche technique de la TVS RTX 300

Conditions d’essais

  • Itinéraire : Petites routes de Toscane
  • Météo : Temps sec et soudainement très très humide.
  • Problème rencontré : Aucun

Disponibilité/prix

Coloris : Essential noir/blanc ; Adventurer vert et noir/blanc pour le cadre
Prix : 4 890 € (Essential) ; 5 290 € (Adventurer)
Disponibilité : novembre 2026

Équipements de série

  • ABS double canal désactivable
  • Contrôle de traction
  • Régulateur de vitesse
  • 4 modes de conduite
  • Ordinateur de bord
  • Sabot moteur
  • Éclairage LED
  • Mode d’éclairage « maison »
  • 3 compteurs journaliers
  • Leviers réglables
  • Adventurer : Shifter et suspensions réglables sans outils

Accessoires

  • Prise USB
  • Protège-mains