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Essai moto Fantic Stealth 500

Mono-cylindre mais multi-plaisir

Moteur monocylindre Minarelli de 463 cm3, 45 ch et 38,5 Nm, 158 kg, 6.490 euros

Seulement 158 kg à plein, un moteur Minarelli et un look sportif, c’est la proposition de Fantic avec la Stealth 500. Une machine qu’on pensait handicapée par son monocylindre et qui tire finalement son épingle du jeu.

Essai du roadster Fantic Stealth 500
Essai du roadster Fantic Stealth 500

126 kilomètres, c’est la courte durée de notre essai italien sur les routes de Toscane. Nous avons pris contact avec la Fantic Stealth 500, qui nous a fait bonne impression dès notre arrivée. La marque semble reprendre son activité normale après des problèmes financiers qui ont ralenti la distribution et la production des modèles. La firme italienne tenait à nous faire essayer le dernier modèle, en conditions pluvieuses et fraîches.

L'essai vidéo de la Fantic Stealth 500

Découverte

La ligne de cette moto est réussie et sa finition bonne. On sait que certains modèles peuvent montrer des traces de rouille superficielle après quelque temps dehors. Les motos d’essai, neuves, caressent la rétine avec leur ligne et leurs détails. De l’éclairage entièrement à LED avec un feu arrière inspiré des F1, des fins clignotants, de l’écran TFT disposant de deux thèmes, des commandes réglables, les platines d’aluminium forgé, de nombreux détails sont travaillées. Des conduits aérodynamiques sont présents sur la coque arrière, pour renforcer le côté sport.

Le roadster Fantic Stealth 500
Le roadster Fantic Stealth 500

Les écopes de radiateur comme les carénages latéraux, sont particulièrement bien dessinés. Sous le phare, un aileron affirme une tête bien identifiable de la Stealth 500, qui n’est pas sans rappeler la Ducati Streetfighter dans son coloris rouge. La fourche dorée, bien que non réglable, participe à la ligne trapue. Pourtant, cette moto est fluette. On peut observer un réservoir peu large, qui descend d’ailleurs sous la selle. Avec une contenance de 12 litres, il devrait autoriser plus de 200 km d’autonomie.

Les phares de la Fantic Stealth 500
Les phares de la Fantic Stealth 500

Les finitions au niveau du moteur sont aussi réussies. Bien sûr, on ne peut pas cacher toutes les durites et les connecteurs, mais on sent l’effort de l’Italie pour faire une moto harmonieuse. Quand on s’approche de l’avant du moteur, on décèle un petit radiateur d’huile. Une obligation de refroidissement qui n’existait pas sur le monocylindre Zongsen des anciens modèles Caballero, mais qui a été ajouté par Fantic pour porter la puissance du bloc à 45 chevaux. D’ailleurs, ce nouveau moteur Minarelli est bien basé sur l’ancien moulin chinois, entièrement revu au niveau de l’embiellage, de la culasse jusqu’en haut. Le piston de la Stealth 500 est d’ailleurs 20 grammes plus léger que celui du moteur de la Caballero 500. La cartographie d’injection est aussi adaptée, puisque l’admission et l’échappement ont été revus afin d’optimiser le moteur pour les mi et hauts régimes. On se trouve donc avec une machine qui développe 45 ch à 9 000 tr/min et 38,5 Nm de couple à 6 750 tr/min. Une valeur en légère baisse par rapport à la Caballero, mais toujours digne d’intérêt pour ce monocylindre de 463 cm3.

Le moteur Minarelli de la Fantic Stealth 500
Le moteur Minarelli de la Fantic Stealth 500

En selle

Bien que les commodos soient identiques à ceux d’une CFMoto, l’ambiance générale à bord est assez nette. Le TFT de 5 pouces propose un mode jour et un mode nuit et des informations claires. La navigation est bien plus logique et sensée que sur la Caballero 500, avec un bouton de validation et un bouton de retour. Quatre modes de conduite sont disponibles, qui agissent sur les deux cartographies moteur (pas très différentes), mais aussi le contrôle de traction et l’ABS. La clé de contact est toujours très basique et ne contient pas de puce codée comme antivol. Excentré, le neiman pourra déranger les plus psychorigides d’entre vous. Aussi, le câble d’embrayage passe pile devant l’entrée de la clé. Sur nos motos d’essai, la marque avait retenu la gaine par un petit œilleton en plastique. Rien de rédhibitoire, mais des petits indices amusants quand on est en Italie.

L'instrumentation TFT couleur de la Fantic Stealth 500
L'instrumentation TFT couleur de la Fantic Stealth 500

Les commandes tombent parfaitement sous les mains, avec des leviers réglables des deux côtés. Le guidon est peu large et sa forme est assez identifiable. Les rétroviseurs sont en revanche peu utilisables. L’embrayage anti-dribble est aussi une nouveauté du moteur Minarelli.

En ville

Si cet essai fut court, nous pouvons néanmoins dire que la ville n’est pas l’endroit préféré pour cette machine. Elle se faufilera facilement, car légère, mais son rayon de braquage correct ne brille pas particulièrement. La poignée de gaz est aussi moins précise entre le ralenti et le début de la montée en régime, sans que cela affecte trop les évolutions à bas régime. Comme ce moteur est prévu pour tourner dans les mi et hauts régimes, il n’est pas particulièrement souple. Difficile de rester à moins de 65 km/h en 6e.

Bien pour se faufiler en ville, la Stealth est pénalisée par son rayon de braquage important et ses évolutions à bas régime
Bien pour se faufiler en ville, la Stealth est pénalisée par son rayon de braquage important et ses évolutions à bas régime

Les suspensions, non réglables, sont étonnantes même sur un bitume dégradé. Leur course est limitée (130 mm), mais on sent un véritable amorti, surprenant pour la catégorie. Le compromis d’origine est bon, l’accord avant arrière est pertinent et le faible poids aide la moto à bien réagir sur les dénivelés. Pour des petits trajets, on n’est pas secoué dans tous les sens. Le confort n’est en revanche pas un point particulièrement notable avec une selle fine. Sur ce court essai, cela n’a pas été un problème. La chauffe s’est un peu fait ressentir, il se pourrait que le moteur renvoie ses calories assez facilement, comme c’est le cas sur la Caballero 500, mais nous ne pouvons pas le confirmer.

Autoroute et voies rapides

Sur autoroute à 130 km/h, le moulin tourne à 6 400 tr/min. Pas si mal pour un mono de 45 ch. Si des vibrations sont perceptibles dans les repose-pieds, elles ne nous ont pas paru si gênantes. La stabilité à haute vitesse est remarquable et on conserve une bonne agilité. À fond de 6e sur autoroute allemande, vous pourrez espérer 170 km/h au compteur. Certains affirment avoir vu 180 km/h à l’écran… Ceci dit, la Stealth 500 reste une machine sans protection, donc peu adaptée à l’autoroute.

Stable à haute vitesse, avec quelques vibrations pas trop gênantes, la Stealth s'en sort avec les honneurs sur voie rapide
Stable à haute vitesse, avec quelques vibrations pas trop gênantes, la Stealth s'en sort avec les honneurs sur voie rapide

Départementales

La Toscane regorge de petites routes… Et d’un climat changeant. Pour cet essai, nous avons emprunté des bandeaux d’asphalte qui serpentent dans la montagne. Malheureusement pour nous, la pluie était au rendez-vous sur toute la première partie du parcours. Mais c’était sans compter sur Fantic, qui avait organisé une petite course de côte pour nous mettre en jambe. Le but était de rouler régulier, pas forcément vite. Et c’est en faisant la montée pour la seconde fois que le soleil est revenu et avec lui la chaussée sèche. Les Diablo Rosso 4 ont été parfaits pour l’exercice. Notez que ces bonnes gommes viennent d’origine, comme sur la Stealth 125. Un bon point tant certains constructeurs livrent les machines avec des savonnettes. Ici, en 110 et 150 à l’arrière, on privilégie aussi l’agilité.

Les Pirelli Diablo Rosso 4 se sont montrés efficaces sur le sec comme sur le mouillé
Les Pirelli Diablo Rosso 4 se sont montrés efficaces sur le sec comme sur le mouillé

La machine parfaitement ancrée entre les genoux confirme un poids léger, annoncé à plein à 158 kg. C’est à la limite des 0,2 kW/kg qu’impose le permis A2 et elle se réclame la plus légère de sa catégorie. Le ressenti, lui, ne trompe pas. Agile, précis, rigoureux, le châssis nous étonne. Seul bémol, le freinage à un seul disque, progressif, mais qui pourrait bénéficier d’une attaque plus directe et d’une puissance supérieure en arsouille. Comme référence, on pense notamment à la Honda CB 500 Hornet avec ses deux disques et une puissance d’arrêt colossale pour sa catégorie.

Le roadster italien sait tirer profit de son châssis léger et precis
Le roadster italien sait tirer profit de son châssis léger et precis

Le moulin monte en régime doucement jusqu’à 4 000 tr/min, puis s’emballe à partir de 4 500 tr/min avec une vivacité étonnante jusqu’au rupteur à 10 000 tr/min. C’est vraiment dans cette plage que l’on s’amuse le plus et la sonorité à l’ouverture des gaz est particulièrement plaisante aux alentours de 4 000 tr/min. Aux 90 km/h légaux, le moteur tourne à 4 500 tr/min en sixième. Le plus étonnant pour ce mono, c’est sa façon de pousser et sa rapidité à monter en régime à partir de 4 000 tr/min. Après quelques dizaines de kilomètres à son guidon, on s’attache à sa sonorité comme à son comportement. La boîte de vitesse est facile à opérer et autorise de monter les rapports à la volée. L’embrayage est lui aussi léger, mais son point de patinage manque de progressivité. Son levier est toutefois réglable, ce qui est appréciable.

Partie cycle

Treillis en acier tubulaire, boucle arrière amovible, platines et bras oscillant en aluminium forgé. Un mélange que Fantic maîtrise et amortit entre les 125 et les 500, reprenant le même principe que pour la gamme Caballero.

Les trains roulants sont évidemment en 17 pouces, 110/70 à l’avant et 150/60 à l’arrière. Les jantes sont annoncées particulièrement légères par Fantic, à l’arrière 5,3 kg et à l’avant 3,7 kg. Les valves coudées sont de série, mais pas du même côté. Le tout est suspendu par une fourche inversée non réglable et un amortisseur en prise directe réglable en précharge. Tous deux offrent 130 mm de débattement.

Le train arrière de la Fantic Stealth 500
Le train arrière de la Fantic Stealth 500

Le réservoir de 12 litres descend jusque sous la selle et que la chambre d’expansion de l’échappement remonte à l’intérieur du bras oscillant. Deux choix qui visent à centraliser les masses. Fantic précise aussi avoir travaillé sur de légers pieds de fourche. Ce qui est certain, c’est que le résultat est réussi, sans compromis sur la qualité du châssis.

Freinage

Le freinage est assuré par ByBre, avec un étrier à fixation radiale qui pince un disque de 320 mm à l’avant et un étrier simple sur un disque de 230 mm à l’arrière. Les commandes sont réglables, à la fois au levier, mais aussi sur la pédale qui offre deux positions d’avancée du point d’appui.

Le frein avant de la Fantic Stealth 500
Le frein avant de la Fantic Stealth 500

L’étrier radial semble suffisant, même si les plus exigeants auront aimé un double disque, qui aurait aussi été plus lourd. L’attaque est douce et progressive et la puissance satisfaisante pour le gabarit au quotidien. En conduite sportive, on regrette un manque de puissance. Un maître-cylindre à pompe radiale pourrait être une première amélioration pour envisager un tour de circuit avec la Stealth 500. Le frein arrière m’a semblé assez effacé, mais certains confrères n’ont pas été gênés.

Chose rare sur le segment, la moto est équipée d’un ABS et un contrôle de traction, tous deux capables d’adapter leurs réactions sur l’angle grâce à une centrale inertielle (gyroscope).

Confort / duo

Pour un roadster sans protection, Fantic propose des éléments de suspension « maison » tout à fait satisfaisants. Les réactions sont saines, le confort bon au vu du débattement et de la catégorie. La stabilité est excellente à toutes les vitesses, y compris lorsque le revêtement n’est pas parfait. La selle n’est en revanche pas un modèle de confort, même si, pour la durée de l’essai, elle a fait le travail. La Stealth 500 ne brillera pas par ses capacités en duo.

La selle de la Fantic Stealth 500
La selle de la Fantic Stealth 500

Côté quotidien, une prise USB-C est disponible derrière le tube de fourche gauche, sur le cadre. Peu pratique.

Le moteur était bien exposé aux projections de pluie lors de cet essai, comme les tibias.

Consommation

Si nous n’avons pas pu relever une consommation à la pompe, Fantic annonce 5 L / 100 km. Le moteur de la Caballero était donné pour 4,2 L/100 km, nous avions constaté 4,6 L/100 km à la pompe sur notre essai. Comme le moteur de la Stealth se conduit à plus haut régime, c’est cohérent avec une consommation en hausse, même si on l’espère contenue dans la réalité, puisqu’il s’agit d’un 463 cm3.

Le réservoir de 12 litres de la Fantic Stealth 500
Le réservoir de 12 litres de la Fantic Stealth 500

Conclusion

Légère et au moteur vif, la Fantic Stealth nous a étonnés. Avec un châssis particulièrement réussi et un look d’enfer, la machine sait procurer des sensations largement à la hauteur de plus grosses motos. Son mono a du caractère et est plaisant à rouler. Il ne sera pas aussi polyvalent qu’un bicylindre, notamment pour les longs trajets. Entièrement fabriquée en Italie, la Fantic Stealth 500 s’échange contre 6 490 € dans l’hexagone.

La Fantic Stealth 500 se décline dans quatre coloris et est vendue 6.490 euros
La Fantic Stealth 500 se décline dans quatre coloris et est vendue 6.490 euros

Dans la catégorie, on trouve pléthore de concurrentes, à commencer par la KTM 390 Duke (mono de 45 ch, 6 299 €), dans un style néo-rétro la Triumph Speed 400 (mono de 40 ch, 5 945 €), la Royal Enfield Guerrilla 450 (mono 40 ch, 5 690 €). Oubliée, la MT-03 (bi de 42 ch, 6 599 €) est toujours au catalogue Yamaha. Côté Italien, toujours en bicylindre, la concurrence directe est la Aprilia Tuono 457 (bi de 47 ch, 6 650 €). On pense aussi à la CFMoto 450 NK (bi de 45 ch, 5 199 €), la Kawasaki Z500 (bi de 45 ch, 5 999 €) ou la Honda CB500 Hornet (bi de 47 ch, 6 199 €). La moto est garantie deux ans et à réviser tous les 7 500 kilomètres. Pourtant, on peut dire que la Stealth 500 tire son épingle du jeu avec un châssis très joueur, un poids contenu, une ligne sportive et un mono plus sexy à rouler que sur la fiche technique.

Points forts

  • Vivacité moteur
  • Suspensions bien accordées
  • Légèreté ressentie
  • Design

Points faibles

  • Selle fine
  • Freinage en conduite sport
  • Intervalle de révision court

La fiche technique de la Fantic Stealth 500

Conditions d’essais

  • Itinéraire :126 kilomètres de routes italiennes, un peu de voie rapide et principalement réseau secondaire. Peu de ville.
  • Météo : averses et chaussée humide, puis séchante et sèche par endroits. Températures fraîches autour de 10 °C.
  • Problème rencontré : Aucun.

Disponibilité/prix

  • Coloris : 4 coloris
  • Prix : 6 490 €

Équipements de série

  • TFT 5 pouces
  • Modes de conduite
  • Centrale inertielle
  • ABS sur l’angle
  • Contrôle de traction sur l’angle
  • Embrayage anti-dribble
  • 2x Trip partiel
  • Température moteur
  • Jauge de carburant
  • Leviers réglables
  • Pédale de frein réglable
  • Sélecteur réglable

Accessoires

  • Saut de vent (à venir)
  • Shifter (à venir)
  • Capot de selle (à venir)

Équipement essayeur

  • Casque HJC RPHA 1
  • Gants Furygan James Evo 2 D3O
  • Blouson Furygan Evald
  • Jean Bering
  • Chaussures Furygan Tonik D3O