Jeu vidéo moto : test complet de MotoGP 26
Une évolution de fond qui stagne sur la forme
Jeu vidéo disponible sur console PS5, Xbox Series X|S, PC et Switch 1/2 à partir de 49,99 €
C'est devenu une habitude bien rodée depuis près de 15 ans : chaque année au printemps, Milestone nous offre une nouvelle adaptation du Championnat du Monde MotoGP en jeu vidéo. Si certaines moutures se ressemblent fortement, le studio milanais a promis que d'importantes évolutions étaient à l'ordre du jour pour MotoGP 26.

Du gameplay à la refonte du mode Carrière en passant par l'essor des courses annexes, le titre vidéoludique nous promet une expérience plus complète, mais aussi plus réaliste et, paradoxalement, plus accessible. Les promesses ont-elles été tenues comme ce fut le cas dernièrement sur Ride 6 ? C'est ce que l'on a voulu savoir en testant le jeu sur PlayStation 5.
Gameplay
Pour s'ouvrir aux néophytes, Milestone a introduit l'an dernier une physique Arcade. Pour MotoGP 26, le studio promettait une jouabilité simplifiée améliorée. Et c'est justement avec un bref tutoriel utilisant cette physique que l'on débute le jeu. C'est effectivement beaucoup plus simple et cela devrait plaire à ceux qui ne connaissent pas le pilotage d'une moto et qui veulent s'y essayer sans forcément tomber à chaque virage. Forcément, le pilotage est très assisté, mais il fait ce qu'on lui demande.

Le seul regret, c'est que Milestone n'a pas jugé nécessaire d'intégrer un vrai tutoriel au jeu. Ainsi, si le titre nous apprend à accélérer, à freiner et à tourner, c'est à peu de chose près tout. Rien n'est abordé sur les phases de freinage, sur l'aspiration, sur les techniques de dépassement... Les néophytes risquent fort de le rester sans explications pour les faire progresser.
Bref, l'autre gros point d'évolution porte sur la nouvelle Physique Pro. Ici, le développeur annonce avoir tout revu pour permettre au joueur de contrôler le pilote plutôt que la moto. Le résultat est déroutant au premier abord, surtout lorsque l'on est habitué des jeux Milestone et leur gameplay. Ainsi, même rompu à l'exercice, le pilotage s'avère très délicat dans un premier temps : trajectoire qui se bloque, freinage qui part en chute, perte d'équilibre sur le vibreur... J'avoue avoir pesté, pas aidé par le système de retour haptique de la manette PS5 qui n'est pas plus convainquant ici que sur Ride 6 et failli baisser les bras rapidement.

Mais en insistant un peu, on comprend la logique du jeu et le comportement à adopter, plus proche d'un vrai pilotage avec la nécessité de mieux anticiper ses freinages et de bien retarder son entrée en courbe pour se lancer au point de corde. Et là, petit à petit, ça passe. Et ça passe même mieux qu'avant, avec plus de fluidité et de régularité. Certes, le tout demande davantage de dosage et de précision, mais la récompense est là et cela procure une certaine satisfaction lorsque l'on parvient enfin à maitriser le pilotage et mémoriser les spécificités des différents circuits.
Et puis quand bien même on bloquerait sur un point, Milestone a multiplié les assistances pour les phases de freinage, le positionnement, les trajectoires en courbe... avec différents niveaux d'interventions en plus des assistances classiques présentes sur les motos. Si l'expérience la plus plaisante est assurément celle dépourvue de toute aide, il ne faut pas hésiter à en ajouter puis à les retirer progressivement à mesure que l'on prend ses marques, ça évite au moins la frustration.

IA
Du côté de l'intelligence artificielle, l'éditeur a surtout intégré un système de capacités pour les pilotes, chacun ayant ses statistiques avec ses points forts et ses points faibles. Ces stats sont par ailleurs mises à jour en fonction des résultats des pilotes et de leurs performances lors des vrais Grands Prix. Dans les faits, on va ainsi retrouver les meilleurs pilotes sur les meilleures motos aux avant-postes. Mais pour le comportement des adversaires, on retrouve globalement ce que l'on connait, y compris avec les dépassements intérieurs en mode Kamikaze et les freinages tardifs qui vous mènent à la chute et imposent d'utiliser la fonction Rewind.

Graphismes
Là aussi, on reste en terrain connu avec des graphismes assez sympathiques, mais en retrait de certaines productions au niveau des jeux de lumière. Les motos sont parfaitement modélisées, tout comme les pilotes dont certains ont bénéficié d'effort au niveau de leur visage. Les fans de MotoGP reconnaitront même quelques managers et figures emblématiques du paddock lors des passages dans les stands. Les circuits sont eux aussi très fidèles avec le tracé respecté à la lettre, même sur les petites bosses à éviter. En revanche, leur habillage et l'animation qui y règne sont très variables. L'avantage, c'est que l'on n’a pas vraiment le temps de se concentrer dessus lorsque l'on pilote.

Le bémol vient ici des séances sous la pluie, les nuages et précipitations rendent le jeu terne et ne le mettent vraiment pas en valeur.
Modes de jeu
Après avoir largement revu la Carrière de Ride 6, Milestone a annoncé faire de même sur MotoGP 26. Mais comment faire pour se démarquer alors que le jeu consiste à suivre le calendrier officiel en enchainant les courses ?

Il y a bien quelques nouveautés, amusantes parfois, mais vraiment pas de quoi révolutionner le concept. Oui les cutscenes apportent un peu de fraicheur, mais on sent que c'est l'accessibilité qui prime. Par le passé les modes à la gestion trop poussée nous faisaient perdre de vue l'essentiel, mais là à par titiller un adversaire/coéquipier, demander aux ingés d'axer le développement sur un point précis de la moto ou supplier son manager de trouver un nouveau contrat, on reste dans l'enchainement de course pur et simple. L'ajout de courses "Race-Off" entre les GP n'apporte pas grand-chose.

En effet, on retrouvait déjà ces épreuves annexes sur MotoGP 25. Aux courses de Supermotard, de Flat Track et de Minibike s'ajoutent désormais les motos de série. Le gameplay est sensiblement différent du MotoGP et entre chaque discipline, mais il est aussi beaucoup moins profond et se montre vite redondant, notamment du fait du nombre limité de pistes accessibles. Le Supermot' est peut-être le mode qui apporte le plus, car il aide à gérer l'accélérateur pour éviter les wheeling sans électronique, les autres sont plus anecdotiques.

Sorti du mode carrière, on est dans l'ultra classique : contre-la-monte, course simple et championnat. Il reste aussi la possibilité de jouer à plusieurs que ce soit sur la même console, à deux, ou en ligne face aux joueurs de sa plateforme et des autres grâce au crossplay.
Contenu
Comme d'habitude on retrouve l'ensemble des licences officielles du Championnat du Monde MotoGP avec les pilotes et teams de MotoGP, Moto2 et Moto3, mais aussi tous les circuits de calendrier officiel. Certaines livrées seront mises à jour dans la semaine.

Malheureusement, cela reste une petite cuvée alors que Milestone nous a déjà habitués à ajouter des circuits disparus du calendrier, des motos anciennes et des pilotes de légende. Ici rien de tout ça, comme sur les derniers opus à vrai dire et c'est un peu dommage. Pas même les baggers qui débarquent cette année en Grand Prix. Si vous voulez tester le genre, c'est sur Ride 6 qu'il faut se rendre.
Notons qu'il est toujours possible de personnaliser son pilote, son casque, certaines couleurs de son équipement, de créer ses propres stickers et noms affichés sur la combinaison. Et pour ajouter un peu de défi, des cartes sont à collectionner en remportant des objectifs et courses, il n'est ici pas question d'en acheter avec une quelconque monnaie réelle ou virtuelle.

Conclusion
Avec MotoGP 26, Milestone parvient à faire évoluer la jouabilité et l'expérience proposée aux joueurs, mais il s'agit toujours d'un titre qui se mérite et qui nécessite un peu de pratique avant d'en tirer du plaisir. Les développements apportés à l'accessibilité ou au mode carrière nous ont en revanche moins convaincus, tout comme les disciplines annexes pas totalement abouties ou l'IA qui stagne. Il en reste un titre efficace qui propose une approche très différente et plus exigeante de celle de Ride 6.

Points forts
- Plus d'accessibilité pour les nouveaux...
- Gameplay exigeant
- Les licences officielles du MotoGP
- Multijoueur en ligne et en local
Points faibles
- ... mais pas de vrai tutoriel sur le pilotage
- Prise en main déroutante au départ
- Redondance du contenu avec les précédents opus
- Intérêt du Race-Off
- Absence des pilotes de légende, des baggers et d'anciens tracés
Disponibilités / Prix
- Plateformes : Playstation 5, Xbox Series X/S, PC (Steam, Epic Game Store) et Nintendo Switch / 2
- Disponibilité : 29 avril 2025
- Prix PS5/Xbox : 69,99 euros
- Prix PC : 59,99 euros
- Prix Nintendo : 49,99 euros




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