Essai trails Moto Guzzi V85 TT, TT Travel et Strada
Authentiquement contemporaine
V-Twin à 90° de 853 cm3, Euro 5+, 80 ch et 83 Nm, 226 kg à 243 kg, à partir de 12.499 euros
Depuis 2019, Moto Guzzi possède dans sa gamme une machine de charme, séduisante tant en esthétique qu’en mécanique : la V85 TT. Décliné en deux modèles l’année suivante, le trail de moyenne cylindrée italien s’étoffe désormais en une gamme de trois machines. Aux TT et TT Travel s’ajoute la Strada, version symbolisant l’entrée de gamme. Mais la voyageuse en profite aussi pour se moderniser en de nombreux points, style, mécanique et électronique, notamment sur les variantes supérieures. Et il fallait bien aller sur les routes andalouses vers Alméria (Espagne) pour redécouvrir la jolie transalpine (vidéo en bas d'article de l'essai).

Découverte
Véritable concentré de l’originalité et du style Guzzi, la V85 conjugue classicisme et modernité, enveloppée d’une grande élégance. Racé, étroit, l’échassier italien reste aérien et mime assez bien un volatile migrateur au long cours. Il s’affuble toujours d’un long garde-boue, bec surélevé comme celui d’une enduro. Larges, ses deux optiques rondes à Leds se barrent d’un joli feu diurne évoquant l’aigle du logo Guzzi et devenu signature lumineuse affirmée de la firme. Nouveau, une bulle s’ajuste à une main sur 70 mm et 5 positions. Les phares sont désormais encadrés de platines profilées en aluminium liées au support de phare.

Fini les tubes, comme d’ailleurs ceux des poignées de maintien passager, remplacés par deux éléments en fonderie d’alu. Ils supportent les fixations de la bagagerie optionnelle ou de série sur la Travel. Toujours subtilement galbé et profilé, le réservoir de 23 litres se pare de quelques lignes un peu plus anguleuses sur ses sommets pour recevoir un déflecteur supplémentaire devant le réservoir. Avec un lien aéronautique évident, logés dans un bloc biseauté, deux feux circulaires miment des tuyères rougeoyantes, eux aussi déclinés sur les grosses cylindrées de Mandello. Etroits, les flans s’étirent toujours en caches latéraux, habillant les tubes de la boucle arrière, boulonnée au cadre.

Le châssis tubulaire acier n’évolue pas et loge son twin de 853 cm3 (84x77 mm) un peu remanié. En effet, le bloc voit ses deux soupapes par cylindre animées par une distribution variable. Simple, le système utilise la force centrifuge. Sur le pignon entrainant l'arbre à cames, des rainures obliques accueillent chacune une bille d'acier couverte d'une plaque adjacente de guidage aux ajours décalés. La rotation rapide déplace, à un moment précis, les billes dans leur guide ce qui décale l’arbre et donc le moment d’attaque du profil de came. Si le principe se met en place vers 6 500 tours, le profil des cames a été également revu pour assurer, à bas régime, un surcroit de disponibilité moteur. Il délivre toujours 80 ch à 7 750 tours et 83 Nm (+3) à 5 100 tours. Et 90% du couple est présent dès 3 500 révolutions. La mécanique est sous contrôle électronique. Hormis la Strada, les deux autres embarquent désormais une centrale inertielle à 3 axes et 6 directions pilotant les 5 modes de pilotages (Sport, Route, Pluie, Offroad et Perso – 3 profils sur la Strada). Le cerveau module aussi les assistances ABS et contrôle de traction sur l’angle et l’ensemble peut être paramétré, avec des modes prédéfinis…

Pas de changement pour la géométrie qui reconduit un angle de colonne de 28°, une chasse de 128 mm et un empattement de 1 520 unités. Le train avant repose sur fourche inversée Marzocchi de 41 mm ajustable en précharge et compression détente au tube droit. L’amortisseur arbore une molette déportée de réglage de précharge hydraulique et une vis pour la compression/détente. Sur la Strada il faudra une clef à cliquets. Cet élément déporté gère les mouvements d’un double bras oscillant alu intégrant la transmission par arbre et cardan. Les suspensions débattent sur 170 mm.

En 19 avant et arrière de 17 pouces, les jantes rayonnées chaussent des Michelin Anakee Adventure ou Dunlop Meridian en 110/80 et 150/70. La Strada repose sur des jantes moulées à 12 branches. Les V85 s’équipent d’étriers monobloc à quatre pistons et fixation radiale pinçant des disques de 320 mm. La frête arrière de 260 mm est serrée par un étrier deux pistons.

Les Moto Guzzi bénéficient d’une finition plutôt valorisante. Aspect des surfaces métalliques ou plastiques peintes, agencement des éléments… l’Italienne s’impose autant par sa présence que la qualité générale de sa fabrication. Les commandes aux pieds et mains sont de bonne facture. Les V85 liment leur poids à 226 kilos pour la Strada, 230 pour la TT, 243 sur la TT Travel avec ses valises.

Pour rappel, la Strada fait l’impasse sur les pare-mains, les platines alu de la boucle arrière (poignées et support bagage) le sabot alu, la centrale inertielle, les modes Offroad et Perso (option) et l’amortisseur avec molette.
En selle
Les longues selles monobloc vous hissent à 830 mm du sol et procurent un excellent recul. Echancré, étroit, le réservoir laisse les jambes naturellement dans l’axe de la machine. Légèrement en arrière et à bonne distance de l’assise, les commandes aux pieds entrainent une très légère bascule du buste sur un large guidon. Une position confortable et très naturelle.

Une nouvelle dalle TFT de 5 pouces affiche de nombreuses informations de façon fort didactique. Tachymètre, compte-tours, indicateur de rapport engagé, jauges de température et carburant, température extérieure et horloge côtoient une colonne d’informations subsidiaires à faire défiler. Et le régulateur de vitesse est de la partie. Rapide, l’électronique est intuitive ; les modes de pilotage sont validés dès que choisis. Mieux encore, le profil perso retient la désactivation de l’antipatinage. L’interface s’apprivoise vite et l’esthétique d’ensemble est reposante. Toutefois, un fond blanc eut été plus agréable avec passage automatique jour nuit… Une prise USB est sur le cockpit. Enfin, l’application MIA permet de connecter son smartphone pour appeler ou écouter de la musique sur la TT Travel.

En ville
Une V85 ne se démarre pas, elle s’éveille. Par une toux discrète qui lance sa mécanique aux accents un peu désuets, mais inimitables. Et grondante, ronflante et dansant toujours légèrement sur les coups de gaz. Car le « due valvole » possède ce caractère entier des moteurs simples, bien que depuis longtemps adouci par une injection précise. Le bloc fait décoller la machine avec velouté. Homogénéité est le maître mot de la V85. Évidente, la Guzzi s’emmène au regard et avec de légères pressions sur son grand guidon. Quelle que soit sa variante, l’Italienne démontre un excellent équilibre. Dénués de vibrations, les rétroviseurs renvoient un large champ. Le rayon de braquage est très bon en faisant une bonne compagne au quotidien.

Embrayage, boite et sélection sont tout aussi agréables. Conciliant, le twin conserve une bonne souplesse. Le légal urbain est possible en cinquième à 2 000 tours, limite globale de sa disponibilité à bas régime. Il est préférable de descendre un rapport pour une meilleure aisance. En revanche, injection et poignée des gaz sont parfaitement calibrées et font obéir le bouilleur au millimètre.
D’excellentes dispositions qui donnent envie d’en savoir plus les capacités migratoires des volatiles de Mandello.

Autoroute et voies rapides
Au légal, les V85 stabilisent leur twin à 5 000 tours sur le dernier rapport, contenant bien les vibrations de leur twin. Seules les trépidations de leur vie mécanique transparait, sans gêner. A ce régime, le couple maxi est disponible, relançant fort agréablement les Italiennes. Avec ses déflecteurs additionnels autour de sa bulle, la TT Travel donne un léger surcroit de protection. Celle-ci est correcte, que le pare-brise soit en haut ou en bas. Et sans turbulence. Régulateur enclenché, on file sereinement sur le ruban tarifé, à l’affut d’une sortie propice à un vol plus varié.

Départementales
Très rapidement, les différences entre la Strada et les modèles supérieurs s’avèrent ténues en dynamique. Bien suspendue, freinant très correctement comme le faisaient les anciens millésimes, l’entrée de gamme ne démérite aucunement. TT et Travel apportent un surcroit de sécurité et la possibilité rapide d’ajuster leurs suspensions. Hors ces points, les trois V85 délivrent des évolutions charmantes au rythme légèrement syncopé de leur twin. Bien que peu puissant dans l’absolu, il délivre une belle vigueur à tout moment grâce à un couple fort disponible. S’il manque toujours de dynamisme, sous 3 000 tours, maintenu au-delà, il emmène avec entrain l’équipage. Et même avec force après 5 000 révolutions. La machine offre alors un autre visage, prompt à monter dans les tours où elle se révèle fort à l’aise pour y délivrer sa puissance maximale. La plage d’utilisation moteur est donc large, optimisant l’agrément d’évolution des trails midsize. Mais l’apport de la distribution variable reste peu, voir pas sensible.

Mais plus encore que de chiffres, il s’agit de sensations, de coups de piston. Réduite en inertie, la mécanique de Mandello conserve un gras moteur subtil, associé à de lourdes pulsations qui font vivre élégamment la machine. On pourra regretter l’absence d’un quickshifter et celle d’un embrayage anti-dribble. Mais son essentiel est ailleurs, dans le plaisir intense d’une simplicité technique raffinée et travaillée dans le détail. Et avec une efficacité bien réelle.

Si les épingles requièrent la 2 pour ressortir avec vigueur en pilotage soutenue, les intermédiaires dynamisent habituellement le bloc avec efficacité dans un ronflement séduisant. Et la partie-cycle est à l’avenant de ces belles foulées mécaniques. Parfaitement saine en virage bosselé, la V85 conserve une tenue de cap sans défaut et gratifie son pilote d’une grande agilité. Sa monte arrière en 150 n’est pas pour rien dans ce ressenti de légèreté globale. On roule ainsi à bonne allure sans jamais forcer au guidon.

A la prise des freins, le trail plonge sans excès et la suspension gère très correctement les transferts de masse sur les 170 mm de course. On module sans mal les décélérations au levier et la V85 reste neutre même sur l’angle. L’injection précise permet d’y rester sereinement sur un filet de gaz, même en mode Sport pourtant plus tonique. D’ailleurs, chaque profil offre un caractère très différent. On relance d’autant plus facilement avec les TT et Travel que l’électronique veille aux dérives éventuelles. Mais la Strada ne fait aucunement frémir son pilote. Et le grip des pneus de qualité est sans reproche, même sur l’asphalte parfois délité de notre parcours.
Partie-cycle
Neutre, le châssis de la V85 s’appuie sur une partie cycle performante et notamment la précision du train avant. La qualité des suspensions dope les évolutions et l’ensemble fait de la machine une monture aussi agile que facile à dompter.

Freinage
Parfaitement calibré pour le trail, l’équipement assure des décélérations toujours sous contrôle. Les étriers avant délivrent une puissance fort appréciable et modulable. La pince opposée assure elle aussi une modulation parfaite et efficace en courbe. Son toucher est excellent.

Confort/Duo
L’amortissement performant assure un bon confort, même à l’arrière. L’élément est pourtant monté sans biellette. Épaisse et bien découpée, l’assise promet de longues virées confortables en solo ou en duo. La selle de la Strada est à peine moins avenante que celle des TT et Travel. Cette dernière peut bénéficier d’une assise chauffante.

L'essai vidéo des Moto Guzzi V85 TT, TT Travel et Strada
Conclusion
Incontournable sur le segment des trails de moyennes cylindrées et notamment ceux de caractère, les Moto Guzzi V85 se bonifient en de nombreux points (esthétique, protection, électronique) . Sans révolutionner le concept, encore moins le moteur. La Strada se fait tout de même mesquine sans ses platines de poupe. Les deux autres et notamment la TT dans sa livrée sportive affriolante, apportent un surcroit d’agréments sensible, notamment dans l’interface des instruments. Mais les Italiennes jouent un peu les mannequins, exigeant désormais 12 499 € pour la Strada, 13 499 et 14 499 € pour les TT et TT Travel. A opposer au tarif 2020 de 12 199 € pour la TT…

On leur opposera la Triumph Tiger 900 GT Pro, 16 395 €, aux finitions et équipements haut de gamme. Moins glamour, les Suzuki V-Strom 800 SE, 10 499 €, CFMOTO 800 MT, 10 999 € et Honda XL 750 Transalp à 10 599 € sont performantes, mais aucune ne peut rivaliser avec la séduction des latines. Uniques, iconiques, les Moto Guzzi V85 appartiennent à l’espèce protégée des voyageuses intemporelles. Sur leur échine, le temps et les kilomètres s’écoulent plus sereinement et toujours avec une grâce inégalée. Sonorité, caractère, agrément… les italiennes sont peut-être sans rivale digne de leur éducation.
Points forts
- Esthétique séduisante
- Personnalité moteur
- Train avant précis
- Suspensions de qualité
- Freinage puissant et modulable
- Electronique (TT et TT Travel)
- Sonorité
Points faibles
- Peps mécanique un peu juste en duo
- Modèle Strada trop dépouillé
- TT et Travel TT un peu couteuses.
La fiche technique de la Moto Guzzi V85 TT
La fiche technique de la Moto Guzzi V85 TT Travel
La fiche technique de la Moto Guzzi V85 Strada
Conditions d’essais
- Itinéraire : 120 km de routes sinueuses à revêtement variable, sec.
- Météo : soleil, de 12° à 24°C
- Problème rencontré : ras
Equipements essayeur
- Casque Nishua NTX-4 Evo
- Veste Vanucci VAJ-4
- Jean Vanucci Armalith
- Baskets Vanucci Tiffoso




Commentaires
Bien sur c'est sur qu'il ne fallait pas s'attendre à des miracles, genre couple de camion, avec ce calage de distribution variable.
11-03-2024 20:38Le reste est bon.
J'avais déjà envisagé l'achat de la première version, séduit par l'esthétique et le charisme italien.A l'essai le moteur m'était apparu un peu juste. J'irai essayer cette évolution mais je doute que le charme évident de son opulente poitrine me fasse oublier les 45cv d'écart avec ma monture actuelle. Vous me direz,il y a la Stelvio pour cela. Certes mais là, le délire mammaire est bien trop onéreux pour mes bourses.
11-03-2024 21:09Salut
12-03-2024 10:24Après un essai en 2021 au salon de Barcelo, j'ai bien aimé. Une bonne "petite" moto pour mes futurs vieux jours. Pour enrouler tranquille sur le dernier rapport. Plus très haute, confortable, pas de chaine...un peu d'aptitude au TT.
J'ai juste à faire l'impasse sur l'esthétique qui ne me fait pas chavirer....du tout.
Par contre Damien, vue la largeur avec sacoche, heureusement pas de semi qui prend large en face
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Bel essai. Merci
V
Merci pour l'essai toujours aussi bien réalisé, mais qui pour une fois me laisse un peu perplexe !
13-03-2024 08:42D'abord dans les qualités marquantes du résumé, pourquoi ne pas avoir épinglé la présence de la transmission par cardan unique dans cette catégorie ?
Un agrément très important pour les voyageurs qui peut à lui seul justifier l'écart de prix avec ses concurrentes.
Et toujours dans le domaine de la qualité d'équipement, quand Moto Guzzi équipe ces version TT de belles jantes à rayons elles sont tubeless, ce qui n'est pas le cas sur une Transalp par exemple où on retrouve de détestables chambres à air qui n'ont rien à faire sur ce type de moto !
Reste les tarifs, élevés dans l'absolu ? Chacun jugera, mais il n'est pas inutile de rappeler que cette moto fabriquée en Europe, est d'une grand authenticité, ce n'est pas un clone de moto chinoise affublé d'un autocollant d'emblématiques marques de motos, italiennes ou pas !
Bravo Guzzi !
Un défaut ? Un réseau de concessions ridicule en France, il est là le vrai frein au déploiement de la marque !
réseau ridicule ? pas partout j'ai trois concessionnaires sur 50 bornes autour de chez moi. j'adore l'esthétique et ce moteur un pur bonheur après je ne suis pas impartial je roule en v7III qui m'a permis de faire des milliers de km souvent en duo malgré ses 52 cv et en vieille california.
13-03-2024 19:15j'ai du crever deux fois en 40 ans de moto alors les chambres à air, pas un problème pour moi et un cardan c'est quand même un plus non?
J'adore cette Guzzi, j'espère l'avoir un jour, même si le prix est en hausse... mais très beau concept.
14-03-2024 14:09Tu as bien de la chance, habitant Dijon la plus proche concession est à 140km (AR), Châlons sur Saône . 14-03-2024 17:11
J espere au moins que le stock de pieces détachées ne vient pas que de chine .. car eux aussi commencent a vendre leur reste d âme ..si c est toujours le cas .. les prix auraient du baisser .. logique.. ben non !
15-03-2024 10:29perso je préfère la version you tube partout plutôt que les platines en alu ..
C etait aussi son identité visuelle..
Oui mais là tu cherches aussi
140km A/R on n'est pas loin de la moyenne pour aller faire les courses dans la "diagonale du vide", non?
On a quand même l'électricité !
J’ai adoré cette moto au charme 100% italien , au freinage d’enfer, à la tenue de route superbe et au moteur coupleux… sans compter le respect des autres motards.
07-04-2024 21:13Mais je lài revendue au bout de deux ans (le moment où le moteur se libère vu les tolérances serrées au montage, rodage respectueux obligatoire !) car:
- ;est trop juste en moteur pour le duo en montagne
- sauf exception, le réseau est pas top qualité (mais il y a ;excellents « gris »)
- avec valises et top case, ça devient lourd pour mes 64 ans (oubliez les chemins, j’ai failli crever dans le chemin qui me mène à ma calanque préférée)
- mais surtout, javais du mal à supporter le « hé head banging » (battement du piston dans la cylindre) dès qu’il faisait plus de 25 degrés (ça arrive souvent dan sle sud) et qui m’obligeait à rouler au dessus de 3500 tr/mn même en ville, peut être la distribution variable règle le problème, ce que seul un essai longue durée (ou la consultation des blogs de guzzi) vous dira.
Bref, je lài aimée mais je lài vendue.
PS: j’avais calculé la moyenne d’âge des utilisateurs sur le site, c’était 60 ans, faut assumer.
-
Kesako? 08-04-2024 14:38
Le V85 TT est une Moto géniale ...
18-04-2024 19:59Pour s'en convaincre , il suffit de l'essayer !
Bonjour,
22-04-2025 11:33Ce week-end j'ai discuté avec une personne de l'ex concession Guzzi à Nevers. Ils ont renoncé à vendre ces machines non pas à cause de leurs qualités mais parce que le SAV Piaggio est médiocre même dans ses rapports avec les concessionnaires. Là est sans doute le véritable défaut aujourd'hui des Guzzi .
Oui, mon concess a arrêté la commerciali.sation de la marque et ce sera le tour du SAV cette année.
28-04-2025 16:16Cause: le groupe Piaggio force le stock des concess, qui se retrouvent avec des machines qu'ils n'arrivent pas à vendre faute d'adéquation avec leur clientèle.
A ce rythme, il n'en restera pas beaucoup d'ici quelques années tout au plus...
De bonnes motos mais un service commercial/SAV pourri, ça ne vous rappelle rien en France?
La meilleure moto que j'ai roulé : confortable, vivante, bourrée de charme et de caractère, facile. Vraiment géniale, à essayer
12-10-2025 22:38Bon, il faut quand même que je fasse un rapide retour d’expérience!
mais tout de même: la selle m’a parue assez dure!
Je n’ai pas beaucoup utilisé le mode route, uniquement en ville ou coincé à comater derrière du trafic. Sinon j’étais tout le temps en mode sport.
. Par contre, pour celui qui veut s’initier au montées et descente à la volée à l’ancienne, c’est une très bonne formatrice: dès que la boite est libérée de tout couple, on sent très très bien quand est-ce que ça va passer comme dans du beurre (mais un beurre qui fait un gros *clonk*
). Le cardan, alors que c’est presque une découverte pour moi (juste roulé sur une 1250GS il y a longtemps. Sisi je confesse
) ne m’a surpris qu’une fois: justement dans l’enfilade de virages où je l’ai asticotée, l’arrivée immédiat et sans amortissement du couple a un peu projeté la moto en avant, mais rien de bien important. Là encore c’est une anecdote.
04-06-2026 14:50Suite à la grande qualité d’organisation et de capacité d’anticipation de mon garagiste, doublé de la fameuse «faille temporelle cachée dans les Alpes italiennes» (©) je me suis retrouvé un peu plus de 15 jours sur une V85 Strada 2024, 1100km.
En mode pluie sans le savoir, c’était écrit en italien et il n’y a pas de bouton dédié au changement de carto comme sur les V100 et les Aprilia, et sur la réserve. Juste après avoir dégoupillé… pardon fait un aller retour d’une 100aine de km sur un manège à sensations fortes… pardon une TuonoV4 Factory. C’est violent comme transition
J’ai fait un peu moins de 600km, tous les types de routes bitumées. Temps humide puis sec et chaud.
En fait le plus dur pour m’adapter n’a pas été le poids, ni l’encombrement ou la position, mais le guidon. En jungle urbaine (banlieue parisienne) je n’ai jamais été totalement en confiance, car le guidon est très haut et large, du coup mon équilibre était plutôt hésitant. Peut-être est-ce un lot commun de tous les SUV (ce n’est pas une insulte, un «trail routier» pas du tout équipé pour le off road, c’est pour moi exactement la définition d’un SUV) et depuis un TDM convoyé il y a 20 ans, je n’ai plus trop de référence.
Le reste de ma position (1m75) a été naturelle, avec les pieds bien au sol.
Le poids n’est effectivement pas un problème. Oui on le sent bien au moment de débéquiller, mais le centre de gravité n’est pas si haut malgré le gros bidon de 23 litres d’essence qui surplombe le v-twin. A la conduite, sûrement aidé par la taille intelligente des trains roulants (dont un pneu de 150 à l’arrière), la partie cycle s’avère même amusante. C’est agile, et surtout la V85 met tout de suite en confiance, et à aucun moment cette confiance n’a été trahie. Aucun mouvement parasite, une sensation d’adhérence à la route… j’ai même fini par racler un cale-pied par surprise, et dans un virage sans compression ni dévers. La Guzzi est vraiment stable et agile, ce qui ne se voit pas de prime abord!
Parlons maintenant du confort. Oui c’est confortable. Oui la position droite et les cale-pieds larges font se lever naturellement pour passer des ralentisseurs à des vitesses qu’ils cherchent à nous interdire. Mais, à la longue j’ai commencé à trouver un léger inconfort au niveau du sacrum. Alors oui mon Q habitué aux sportGT et sportives n’a plus l’habitude d’être posé si droit
En fait, la V85 a étayé ce que j’ai souvent dit et écrit: les chocs routiers sont davantage dans l’axe du rachis ce qui entraine un point de pression en arrière du dos. Le confort vient du débattement et du tarage idéal des amortisseurs (je n’ai pas regardé et encore moins modifié les réglages des suspensions). Et avec l’habitude, on doit y trouver son compte.
Car, pour ce qui est de la protection et du moteur/boite/transmission, c’est une machine qui invite à Rouler. Mieux: à enRouler avec ces idéalement assez grosses poignées. Avec un grand R. La bulle en position basse protège une bonne partie du buste. En position haute, le flux d’air va au niveau du haut du casque. Autant dire que, juste en se penchant, la pression de l’air ne s’effectue plus que sur les bras. L’ergonomie de bord est excellente, à un détail près. Difficile d’être objectif, car ce sont les mêmes écrans, les mêmes commodos, et la même logique de navigation dans les menus sur tous les 2/3RM Piaggio. Le détail, c’est que la V85 est dotée d’un bouton de warning à la place du bouton dédié au changement de carto!
Donc, on change comment la carto? J’avoue avoir cherché en ligne: c’est la commande de régulateur de vitesse qui, quand cette fonction est éteinte, permet la bascule entre les 3 modes. En gros: normal, mou, et extra mou. Pardon
Pour le moteur, il s’adresse clairement à des motards qui aiment rouler et enrouler sur le couple. Pour ça, il est top. Il ne cogne pas trop (surtout pour un gros twin!) à 2000tpm, et se montre tout à son aise entre 3000tpm et environ 5500tpm. Là c’est «good vibes» et d’excellentes reprises au rendez-vous, quoique un chouilla linéaire à mon gout. Au delà, ça marche, hein, ne me faites pas écrire ce que je n’ai pas écrit. C’est juste que on pourrait attendre un regain, mais ça tracte bon gré mal gré. En fait, par exemple, à 160km/h stabilisé, tout va bien mais ça vibre pas mal, et j’ai eu l’impression de lui tirer dans la gueule bien qu’il lui reste un peu d’allonge. Peut-être qu’une impression, mais il était plus à son aise au légal, comme on dit.
La transmission, c’est une réussite. La boite de vitesse est un peu tendance «agricole»: ce n’est vraiment pas rapide, mais entre le bruit et le bruit, on sent que ça verrouille fort la dedans. Anecdote: en la ramenant, j’ai passé le pied sous le sélecteur pour monter un rapport en pleine accélération… ah bah c’est mon pied qui a cédé en premier, faute de shifter (qui aurait été un non-sens là dessus)
en conclusion: son succès commercia1 (pour une Guzzi) est tout à fait compréhensible. C’est une machine de roule-toujours, à l’ancienne certes (y compris les démarrages assez souvent un peu laborieux le matin à froid), avec une mécanique unique et qui vaut vraiment le coup (par exemple les légères sensations du couple de renversement quand on met un coup de gaz dans le vide pour aider les rétrogradages font partie du charme de l’ensemble) mais avec une partie-cycle moderne et irréprochable. Seul bémol pour les rouleurs: pas de place sous la selle. Cela dit, je n’ai pas eu trop peur du vol
Cette moto s’adresse donc à un large public, cherchant une machine à la fois très atypique par la présentation et sa mécanique, et à la fois préférant enrouler sur le couple plutôt qu’à disserter sur une fiche technique. Elle est à l’image de l’autonomie affichée à l’écran: 410km avec le plein. Ça se plie en une traite, sur le réseau secondaire, sans effort. Peut-être avec une selle un peu plus confortable.
Je n’ai pas testé l’éclairage de nuit, désolé
Moyenne de conso affichée par l’écran: 5.8l/100 (majoritairement du SP95-E10). Probablement assez juste, mais je n’ai pas calculé.
Défaut récurant des trails routiers et leur repose-pieds trop avancés favorisant l'aplatissement de la courbe lombaire et la surpression sur les disques.
Pas de problème de ce genre sur les Crossover sportifs aux commandes reculées, genre, Bmw S1000XR, Suzuki GSX 1000 GX; Yamaha Tracer 9; Triumph Tiger 800; Honda VFR 800 X c'est parfait !
A essayer pour se rendre compte.
Merci pour ton retour de test
Merci Inex pour ce compte rendu (comme toujours) très complet.
06-06-2026 11:42J’avais essayé la v85 du frangin, mais son précédent proprio avait modifié la carto pour avoir plus de couple à bas régime… et donc moins de puissance. Sans être un accro de la poignée dans le coin, j’avais quand même trouvé ça vachement mou. Moteur sympa tout de même, mais testé dans une mauvaise configuration.
Par contre je te rejoins sur la prise en main et la facilité : c’était bluffant. Je n’ai pas du tout été surpris du poids, j’avoue même que je n’y ai pas du tout pensé.
Salut Inextenza,
Chapeau bas pour ce compte rendu, on sent bien la rigueur du professionnel! Tu sera peut être surpris, mais je suis d'accord avec à peu près tout ce que tu viens d'écrire, les points positifs comme les points négatifs.
Je ne peux qu'abonder dans ton sens. J'ai viré les pontets ridiculement hauts, au profit de pontets les plus bas possible. Combine ça avec une selle haute pour accommoder mon 1m93, et tu as une position beaucoup plus sur l'avant, ce qui résoud les deux problèmes que tu cite. Cela rend à la fois le maniement plus précis, tu as moins l'impression de flou que tu as avec le guidon haut, et cela soulage bien le bas du dos. Bon, en braquant à fond, le guidon tape dans la bulle, mais ce n'est pas grave, ça n'arrive jamais en roulant.
Ah! Ils ont changé? Sur la mienne, c'est le bouton de démarrage qui sert à changer les modes. Je te rejoins aussi sur l'inutilité de ces modes, je suis toujours en mode sport, et si l'adhérence est précaire, je gère avec la poignée de gaz comme on a fait depuis toujours.
Soyons honnête, ce n'est pas fait pour rouler plus vite que ça! Le bruit et les vibrations deviennent vite insupportables à grande vitesse.
Ce ne serait pas une vraie Guzzi si la boîte de vitesse ne faisait pas un gros Clonk à chaque fois.
Il est excellent! Moi qui ne suis jamais très à l'aise la nuit, j'ai trouvé qu'il permet de rouler sans crainte à peu près aussi vite que de jour.
Tu as dû vraiment la pousser à fond! En roulant tranquille, je dépasse rarement les 4.5 litres au 100 07-06-2026 19:13
Mici
Pour la conso, j’avoue ne pas comprendre, alors que j’arrive à taper des records de sobriété avec l’Aprilia! (peut-être un peu moins maintenant qu’elle est réglée, mais bon). En mode balade, elle n’est pas descendu significativement. Même en complétant le SP95-E10 par du SP8 excellium. Après, est-ce dû au rodage? L’indicateur de révision s’est allumé à 1500km, d’ailleurs c’est une échéance inhabituelle.
09-06-2026 18:29Fift, effectivement curieux choix car en ayant l’habitude de mon vélomoteur pourtant nettement moins coupleux, je me suis fait avoir une paire de fois lors de dépassements. Ça commence bien et ensuite, «oups, je suis un peu court, là»
Alain: ah ça me rassure!
Est-ce que les démarrages à froid sont laborieux sur la tienne? Ce n’était pas rare que je doive m’y reprendre à 2 fois, ou aider le moteur en laissant le pouce appuyé sur le démarreur pendant les premiers coups de pistons.
La mienne démarre très bien depuis que j'ai changé la batterie pour une Skyrich lithium. La batterie d'origine que j'avais était assez pourrie. Ce que tu décris là ressemble bien aux symptômes d'une batterie faiblarde.
C'est un autre aspect agaçant de la politique de Piaggio, toujours chercher les pièces les moins chères à l'autre bout du monde... J'ai eu aussi les roulements de direction pourris, les disques de freins pourris, à force de changer des pièces je vais finir par avoir une super moto

10-06-2026 09:41Je n’ai pas trop ce problème chez Aprilia… mais il y en a d’autres liées au coté artisanal de l’industrie motocycliste italienne
(je serais curieux de voir une usine «à la japonaise», pour comparer avec ce que nous avions vu à Bologne, tiens. Parce que, mine de rien, chez Ducati, à part les robots-chariots et probablement des process de fabrication de pièces non visibles, à peu près tout est encore fait à la main. Donc avec des potentielles erreurs (c’est ma conviction sur ce qui a été découvert dans le haut moteur de ma RS)
Les usines de motos en Europe, BMW, Ducati (régulièrement récompensé pour être la meilleure entreprise d'Italie pour la qualité de ses conditions de travail !) et récemment Moto Guzzi sont à la pointe de la modernité, la plupart des usines au Japon ne font pas mieux, voir moins bien pour les plus anciennes.
Ce qui fait la différence c'est la volonté des décideurs d'appliquer un Kaisen (zéro défaut) rigoureux, d'être capable de bloquer une ligne de production au moindre défaut constaté même bénin !
C'est ce qui à construit la réputation de fiabilité des motos japonaises, mais ça coute cher, du coup je ne suis plus sûr que ce soit toujours le cas aujourd'hui à cause de la pression tarifaire des motos chinoises ! (voir les problèmes de fiabilité chez Honda) 10-06-2026 12:18
Conditions de travail n’est pas automatisation
10-06-2026 17:44en fait, j’ai été étonné de voir que tant les moteurs que les cadres arrivent en morceaux sur des plateaux, pour être quasi entièrement assemblés à la main. D’ailleurs, un V2 éclaté sur un plateau en mousse, comme sur les schémas techniques mais en vrai (les segments quelques centimètres au dessus de la tête de piston, puis en dessous l’axe, les clips, la bielle et ainsi de suite, tout aligné), c’est très très chouette à voir
Tandis que l’industrie automobile s’est débarrassé depuis longtemps de ces intervenants humains… sauf dans le très très haut de gamme. Il y a un sacré écart!
Oui mais on n’est pas sur les mêmes volumes de production. L’automatisation n’a de sens (investissement initial important, perte de souplesse) que pour de forts volumes.
11-06-2026 08:08Entre la moto et la voiture, on est sur un rapport de volume de 1 à 100.
Sauf je pense sur les Honda Dream par exemple.