Sécurité routière : la hausse de la mortalité se poursuit
+7% de tués malgré un recul du nombre d'accidents
Baisse de la mortalité chez les motards en mai
Les mois se suivent et se ressemblent malheureusement en matière d'accidentalité routière alors que l'évolution à la hausse se poursuit au mois de mai. Le dernier baromètre mensuel de l'Observatoire Nationale Interministériel de la Sécurité Routière (ONISR) est un peu plus nuancé que celui du mois d'avril, mais traduit une dégradation continue des conditions de sécurité.
Ainsi, si les forces de l'ordre ont constaté légèrement moins d'accidents corporels en mai (4564 accidents) avec même un recul de 1% par rapport à mai 2025 sur le territoire métropolitain. Mais c'est bien le seul point d'amélioration, car si le nombre d'accidents recul, on déplore toujours le même nombre de blessés graves (1.585). Surtout, les décès continuent d'augmenter de manière significative avec 303 tués sur les routes, soit 19 de plus que l'an dernier et une hausse de 7%.
Notons qu'en mai les usagers de deux-roues motorisés ont été nettement moins exposés à 4% de blessés graves en moins et 9 tués de moins par rapport à l'an dernier. À l'inverse, les automobilistes enregistrent 5 décès supplémentaires et une hausse des blessés graves de 8%). Le nombre de tués croît également chez les cyclistes (+12 tués) et chez les piétons (+7 tués).
La mortalité a également frappé plus durement les jeunes avec +2 décès chez les moins de 18 ans et +6 chez les 18-24 ans là où elle recule de 7 cas chez les plus de 65 ans. Enfin, c'est sur autoroute que la progression a été la plus forte (+ 17 tués) alors qu'elle est restée stable en agglomération.
Le bilan provisoire est ainsi clairement négatif depuis le début de l'année. À l'issue des cinq premiers, la mortalité a déjà progressé de 8% et le nombre de blessés graves de 6% alors que les accidents corporels sont restés stables. Dans les départements et territoires d'outre-mer la situation est très différences avec une mortalité et une accidentalité en baisse. Le nombre de conducteurs blessés a progressé de 1%.
Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté :
Aucune vie ne devrait être perdue à cause de comportements dont nous connaissons tous les dangers.
Sur la route, le danger ne vient pas de la mobilité elle-même, mais des excès et des prises de risque. Vitesse excessive, alcool, stupéfiants, distraction au volant, sentiment d’invulnérabilité : ces comportements continuent de tuer et de briser des vies chaque jour. La route n’est pas un espace où l’on teste ses limites ni celles des autres. En quelques secondes, une décision imprudente peut avoir des conséquences irréversibles pour une famille, un ami, un enfant ou un inconnu.
Les chiffres de ce mois de mai, marqués par une hausse préoccupante de la mortalité routière et par la disparition de nombreux jeunes, doivent nous interpeller collectivement. Derrière chaque victime, il y a un destin interrompu et des proches qui ne s’en remettront jamais complètement. La sécurité routière n’oppose personne à personne. Elle appelle chacun à sa responsabilité. Automobilistes, motards, cyclistes, usagers de trottinettes, piétons : nous partageons tous le même espace et la même exigence de vigilance. Le véritable enjeu est d’éviter l’irréparable. Face aux comportements excessifs à risque, il ne peut y avoir ni banalisation ni résignation. Chaque vie sauvée justifie notre mobilisation collective.




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