La Sécurité Routière parle vitesse avec les motards
Une campagne de prévention qui veut responsabiliser les passionnés
"J'adore la vitesse, mais c'est aussi le plus grand des dangers"
Parmi ses différentes missions, la Délégation à la Sécurité Routière s'évertue à sensibiliser les usagers de la route sur différentes problématiques liées à l'accidentalité : alcool, utilisation du téléphone, inattention... À l'approche de l'été, elle lance aujourd'hui une nouvelle campagne à destination des motards.
Ce n'est pas la première fois que les usagers de deux-roues motorisés sont ciblés par la DSR, on se souvient notamment de la campagne sur l'importance des équipements de sécurité. Cette fois, l'objectif est d'aborder le délicat sujet de la vitesse, qui reste le facteur aggravant le plus récurrent dans la mortalité routière.
Les chiffres de l'ONISR sont assez clairs, les motards restent bien plus exposés : chaque jour on déplore 2 décès de motards en France, ils représentent 21% de la mortalité et 31% des blessés graves pour 2% du trafic, 36% des blessés gardent des séquelles plus d'un an après l'accident.
Aussi, le profil des accidents est assez différent alors que 72 % des tués à moto sont des utilisateurs expérimentés, sur des machines de grosses cylindrées et victime d'un accident lors d'un trajet de loisir. Dans 46% des cas, l'accident a lieu dans une collision sans tiers. Alors pour s'adresser à cette population largement composée de passionnés, la Sécurité Routière a fait le choix d'éviter le ton moralisateur et de donner la parole à un pratiquant dans un film de sensibilisation.
Réalisé par Alban Teurlay et Thierry Demaizière, ce film à l'apparence documentaire, nous fait découvrir Julien, motard et près, qui évoque sa passion, son besoin de rouler et son rapport à la vitesse qu'il désire autant qu'il redoute. En parallèle on y voit son fils jouant avec une moto miniature à qui il transmet sa passion, comme l'avait fait son père avec lui.
Alban Teurlay et Thierry Demaizière, réalisateurs :
C'est à partir d'une approche documentaire que nous avons imaginé ce film pour la sécurité routière, convaincus que seul un motard pouvait s'adresser aux motards sans les culpabiliser, ni les désigner. Nous avons choisi de construire le récit autour d'un lien père-fils, pour interroger plus directement la notion de responsabilité : celle d'un homme qui prend la route en sachant qu'il est attendu. La charge émotionnelle nous semblait devoir reposer sur une situation réelle. L'enfant n'est pas un comédien, mais le fils du motard. Ce choix engage le film dans une forme de vérité plus fragile, plus authentique. Comme dans chacun de nos documentaires, nous avons d'abord longuement interviewé Julien sur son rapport à la moto, au plaisir de la vitesse, mais aussi sur ce que cela implique : être motard et père. Ce père qui dit au revoir à ses enfants illustre, selon nous, parfaitement le sens de la responsabilité d'un motard qui doit rentrer sain et sauf chez lui car il est attendu.
Le message ici se veut responsabilisant : vivre sa passion, c'est d'abord ne pas en être victime, pour pouvoir continuer à la pratiquer et la transmettre.
Le film est diffusé à partir de ce vendredi à travers une version courte de 35 secondes diffusées notamment autour des événements motos et de la Coupe du Monde de Football, ainsi que dans sa version longue de 1min50 sur internet et les réseaux sociaux.
Marie-Pierre Vedrenne, ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, chargée de la Citoyenneté :
Derrière chaque accident impliquant un motard, il y a bien plus qu'un chiffre : il y a une vie bouleversée, des proches confrontés à l'inquiétude, parfois à l'irréparable. Parce qu'ils sont plus exposés que les autres usagers de la route, les motards savent que chaque trajet exige une vigilance de chaque instant. Cette campagne rappelle une réalité essentielle : aucun équipement n'est superflu, aucune règle n'est facultative, aucune imprudence n'est sans conséquence. Faire les bons choix sur la route, c'est se protéger soi-même et aussi préserver ceux qui nous attendent. La sécurité routière commence par cette responsabilité que nous partageons tous : tout faire pour que chaque trajet se termine par un retour à la maison.




Commentaires
La ministre déléguée auprès du ministre à force de verser dans le pathos va être élue championne de l'année....
05-06-2026 07:50Connait-elle précisément toutes les causes de l'accidentologie motarde ? Faut-il imaginer que le fait d'avoir un CT valide sur sa "grosse cylindrée" est une incitation à se croire plus en sécurité ?
Une plus grande écoute des revendications portées par des gens autrement plus sérieux, nombreux et représentatifs que quelques "assos" serait déjà un grand pas pour la cause motarde....
On n’avancera décidément pas dans les stéréotypes.
05-06-2026 09:20En voiture je me rends également coupable d’excès de vitesse, et parfois oui je m’amuse bien avec ma berline. Aucune différence, sinon que ma moto, comme la plupart des motos, a des capacités d’accélération comparables à des voitures financièrement inatteignables. Donc on a bien plus de facilité à être hors la loi. Est-ce que un porchiste est tout le temps au taquet?
Quant à «Aussi, le profil des accidents est assez différent alors que 72 % des tués à moto sont des utilisateurs expérimentés, sur des machines de grosses cylindrées et victime d'un accident lors d'un trajet de loisir. »
Ouai bah pas de bol, j’ai perdu 8% de ma validité sur le périph en 125, lors d’un trajet travail. Donc leur généralité, ma jambe droite est tout à fait capable de leur botter le Q.