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Essai Kawasaki 125 D-Tracker

Un KLX à la sauce Thaï

Des proportions improbables pour ce KLX transformé en supermotard. La recette japonaise puise ses ingrédients en faisant son marché en Thaïlande. Avec un budget de 3,199€, la sauce soja semble prendre.

Les marques coréennes ou chinoises commencent à voir la réplique japonaise s'organiser. Comme Honda avec sa CBF 125 fabriquée en Inde (affichée à moins de 2,000€ jusque fin juin), Kawasaki a décidé d'attaquer la concurrence en s'attachant les services d'une usine thaïlandaise. On le remarque sur la plaque constructeur et même jusqu'aux pneumatiques, des Dunlop Thaïland. « Mais le moteur est assemblé au Japon » précise-t-on chez l'importateur de cette petite moto à laquelle il ne croyait pas de trop. Et semble plutôt surpris par l'accueil de cette KLX maquillée en supermotard.

Découverte Kawasaki D-Tracker 125

Pour y arriver, rien de plus simple. Des jantes à rayon chaussées de pneus de route et des écopes latérales qui enserrent d'ordinaire un radiateur d'eau. Pour le coup, le bloc est refroidi par air et a été pioché dans la banque d'organes du constructeur. Un vénérable monocylindre à cinq rapports qui ne développe que 10,3 chevaux pour un poids de 114 kg. Pas de quoi fantasmer sur le papier.

Kawasaki D-Tracker 125 sur départementale

Après le démarrage pourtant, le sourire se dessine aux premières décibels. Le « 2 soupapes » est pour le moins expressif et la sonorité digne d'un Dax, façon sulfateuse. C'est décalé et amusant. Cela invite à ne pas se prendre au sérieux en tout cas, comme l'apparence globale de la chose. Dessus, pas de quoi frimer. L'ensemble ne ressemble à rien... d'autre. Kawasaki a voulu rendre le D-Tracker accessible aux camping-caristes, et donc facilement logeable à l'arrière de ce type d'embarcation. Il a fallu étudier les proportions au plus juste. Les jantes de 14 pouces contre 17 d'ordinaire lorsque l'on veut être crédible en supermotard, trouvent ici leur justification. Forcément, c'est moins valorisant. Alors il faut compenser par un peu de dérision.

Kawasaki D-Tracker 125 sur route

Cette qualité se révèle au regard des performances de la machine. Volontaire, voire même un peu coupleuse, elle nécessite d'être cravachée dans les tours pour s'extraire de la circulation et être emmenée, en lisière de zone rouge à 105 km/h sur le bloc digital qui donne toutes les informations, du régime moteur à la vitesse.

Compteur Kawasaki D-Tracker 125

De la main gauche, on tente de gratter un petit kilomètre à l'heure en donnant de petits à-coups à l'embrayage. Cà fait course et 2-Temps. Au passage, la sonorité des bas-régimes laisse place au hurlement d'un petit 4-temps surmené. Et bientôt à quelques légères vibrations. Un sixième rapport reposerait tout le monde.

Kawasaki D-Tracker 125

Ces performances limitées n'empêchent pas cette modeste machine de faire des merveilles sur route sinueuse. Virage après virage, il faut se résoudre à oublier les freins pour ne pas ressortir à l'arrêt. C'est que la garde au sol est particulièrement confortable pour qui veut exploiter à plein la partie-cycle de la machine pourvue d'une fourche inversée des plus valorisante. C'est donc à l'attaque que le D-Tracker s'illustre, et aussi à l'aspiration d'autres machines pour espérer les suivre.

 

Kawasaki D-Tracker 125 en ville

Pourtant, la petite moto a été conçue comme un engin urbain. Pour permettre aux camping-caristes de faire leurs course en ville. Là encore, pas de problème. L'encombrement de la moto est des plus logeable. Fine, elle est aussi relativement courte et la position droite du pilote ne fatigue pas. Surtout, les petites roues de 14 sont douées d'un fort débattement, 150 et 180 mm AV/AR. Ce qui autorise de monter les trottoirs pour se garer au plus près d'un commerce. Pour le moins pratique.

Kawasaki D-Tracker 125

Au chapitre de la sécurité, le freinage est lui-aussi aux standards. Pas d'ABS mais une puissance suffisante et dosable, rehaussée par une dotation de disques en pétales. Comme pour la fourche inversée, « c'est jamais qu'une fourche à l'envers » glissera un mécano, c'est pas plus cher que des disques pleins, mais ça fait plaisir à son propriétaire. Et c'est bien là l'essentiel.

Moteur Kawasaki D-Tracker 125

Conclusion

Comme Kawasaki France avant de l'importer, il n'y a pas de quoi s'emballer sur le papier avec ce D-Tracker. Mais la recette d'une KLX maquillée en supermotard improbable avec des jantes de 14 et un moteur pas au top des performances actuelles fonctionne contre toute attente. Il suffit de ne pas se prendre au sérieux et de goûter l'esprit du D-Tracker comme d'un engin à part. Un mix entre machine urbaine et une pistarde de lacets dont le prix pourrait malgré tout être passé encore à la centrifugeuse. C'est que désormais, la recette des vieux moulins amortis n'est plus une anecdote. Mais une nouvelle manière d'attaquer le marché.

Points forts

  • sonorité à bas régime
  • maniabilité
  • garde au sol

Points faibles

  • vitesse de pointe
  • prix un poil élevé (3.199€)

Disponible en noir

La fiche technique

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