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Seul le concept demeure : un roadster caréné pourvu d'un moteur de sportive, la R6 en lieu et place de la Thundercat comme précédemment. Au final, la Fazer a gagné un moteur performant de 123 chevaux dont elle n'a toutefois gardé "que" 98 chevaux. Et le concept bénéficie des dernières technologies : cadre en aluminium coulé sous pression, injecteurs 4 jets double direction, processeur 32 bits, papillons à poulie excentrique, admission verticale, échappement catalysé norme Euro2... Au final, le nouveau modèle affiche 7 kilos de moins que l'ancienne et se situe dans le poids plume de la catégorie avec seulement 180 kilos à sec. Découverte
On lui trouve une inspiration italienne et certaines similitudes avec la TDM ou même de la Bulldog. En tout état de cause, le travail de design est magnifique. Le 4-2-1 avec la double sortie sous la selle est notamment du plus bel effet, encadrant un feu arrière esthétisant. Quant à la finition de la moto, elle est parfaite, jusqu'aux moindres détails, avec un faisceau électrique parfaitement caché et gainé derrière l'optique du phare. La qualité est au rendez-vous. En selle
La moto est moins haute que ne le laisse présager la vue à priori; la selle est effectivement à seulement 790 mm. Les pieds touchent donc terre pour le pilote d'1,70 m. La position est typique roadster, avec un large guidon cintré plat. Les jambes enserrent parfaitement le réservoir sans accrocher aucune aspérité. La bulle apparaît large et haute, surtout par rapport au modèle précédent et des roadsters carénés concurrents. Sous les yeux, on découvre le compteur central intégralement digital, entouré du compte-tour. Il ne manque rien même l'accessoire : totalisateur, double trip partiel, trip de réserve indépendant, horloge, rappel de compte-tour sous forme numérique, jauge à essence, température d'huile... ainsi que tous les témoins : huile, injection, point mort, warning, plein phare... De nuit, la compteur se colore d'un bleu des mers du sud très lisible. Les rétroviseurs se règlent facilement et offrent un large champ de vision très confortable. Contact
Le compteur se réinitialise en montrant ses 299 km/h 'possibles' et le quatre cylindres s'ébroue dans un doux feulement très discret. Embrayage, démarrage... les rapports s'enclenchent de façon nette et propre. La prise en main est immédiate avec une position parfaitement naturelle, plus droite et les mains plus écartées que sur un roadster comme la Suzuki Bandit. VilleSi les deux premiers rapports sont incisifs, la Fazer accepte de repartir sur tous les rapports, même aux plus bas régimes. La montée en régime est particulièrment régulière et il faut chercher la nuance pour sentir son meilleur régime et son couple maximum. Au final, la Fazer ne surprend pas, hormis sur les premiers rapports où la poignée droite doit rester modulée et progressive. Légère et bien équilibrée, la Fazer se faufile partout sans effort particulier. La position permet de rester dans sa file dans les embouteillages, sans aucune fatigue. Ce qui surprendra en manoeuvres lentes, c'est l'angle de braquage important (70°) qui permet d'effectuer un demi-tour dans un mouchoir de poche ou presque et sans effort. La selle et la suspension sèches feront juste éviter les pavés ou les chaussées déformées. Par contre, la Fazer se révèle imperturbable au niveau conduite, même sur chaussée rainurée. AutorouteLa Fazer démarre sur autoroute comme un coureur de fond. La montée en régime se fait tranquillement ou de façon franche et il est possible de maintenir une vitesse de croisière de 150 km/h sans aucun problème. Au-delà, on tend à se glisser derrière la bulle mais à 160 km/h, des remous générent des tourbillons désagréables au niveau de la tête. La technique consiste alors plutôt à se redresser pour que ces tourbillons tombent plutôt sur les épaules et il est alors possible de faire grimper le compteur facilement. Il est donc possible de rouler tranquillement à un rythme plus élevé que celui indiqué, d'autant plus que rien ne tortille même en courbes rapides. Le cadre reste rigoureux et la tenue de cap impeccable alors que le permis a sauté depuis longtemps. Départementales
Ceci dit, la moto n'incite pas à l'arsouille, même si elle est capable de tenir la dragée haute à de multiples roadsters. Car passé la barre des huit mille tours, le feulement se transforme en rugissement et il faut s'accrocher au guidon. Le 600 cm3 révèle alors réellement ses 98 chevaux qu'il n'est pas nécessaire de cravacher à 14.000 tr/min pour en tirer du plaisir et des sensations. Confort
Les repose-pieds passager se révèlent un peu haut pour ce dernier entrainant un peu de tension et le besoin de se dégourdir les jambes. On aurait pu craindre que la chaleur des échappements sous la selle réchauffe le passager ? au final, il n'en est rien. FreinageLa première impression du frein arrière est d'être spongieux. On a beau appuyer, çà ne réagit pas vraiment et puis çà freine fort tout d'un coup. Un essai court pourrait le faire détester mais on s'y habitue en fait en utilisant le frein avant de façon plus intensive et ce dernier se révèle particulièrement puissant. La Fazer se révèle de plus très stable et s'enfonce très peu sur les freinages appuyés... ce qui a tendance à faire décoller l'arrière de façon sensible... ou plus en fonction de la manière dont on a empoigné les freins. En tout état de cause, elle remporte sans doute une palme au niveau freinage pour un "roadster" 600. NuitPar rapport au millésime précédant, la Fazer a fait de gros efforts et offre un éclairage de nuit correct désormais. PratiqueIl n'y a aucune place sous la selle passager, à cause de l'échappement sous la selle justement. Il sera par contre possible de placer des sacoches cavalières sans craindre de les faire fondre sur un pot. Le large réservoir en métal permet de placer une grande sacoche magnétique sans aucun problème. Les poignées passagers sont placées latéralement et sont placées de façon idéale pour le passager. La béquille centrale se révèle proche de la béquille latérale et gêne quelque peu pour le béquillage, qu'il s'agisse du latéral ou de la centrale. Au niveau de la centrale, la Fazer se met sur centrale avec une facilité déconcertante. Un point qui ravira les débutants et les petits gabarits souvent hésitant à mettre la moto sur centrale. ConsommationL'injection fait ici des miracles avec une consommation moyenne de 5 litres au cent en utilisation tranquille ou à vitesse stabilisée 130 km/h. La réserve peut donc s'allumer uniquement après les 300 km en conduite normale : mix ville, départementales, autoroute à allure soutenue. Cette moto est un véritable chameau, malgré un réservoir réduit à 19 litres. Avec une conduite plus sportive, plus haut dans les tours ou à vitesse élevée sur autoroute, elle peut dépasser les six litres là où d'autres roadsters avalent goulument du huit litres au cent. Conclusion
On regrettera éventuellement que son caractère moteur plus marqué et puissant la rende plus difficile de prise en main pour un débutant que sa devancière. En contrepartie cette puissance plus linéaire reste très maîtrisable et offre l'avantage d'une moto capable de bien vieillir avec son pilote sans le lasser comme cela aurait pu arriver auparavant.
Concurrentes : Honda Hornet 600, Suzuki Bandit 600 S, Triumph Speed Four |
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Dernière modification le 03-01-2007 .