Essai Kawasaki ZX-12R
Le missile de croisière - Un essai réalisé par Jean-Marie Blanc.
Sortie en 2000 en réplique à la Suzuki Hayabusa, la ZX-12R est l'évolution ultime de la sportive : 180 chevaux en verison libre, un couple de 11,3 mkg à 5.000 tr/mn pour dépasser les 300 km/h... Depuis sa sortie, le modèle a été largement modifiée, faisant l’objet de nombreuses évolutions, tant au niveau de la partie cycle et du moteur que de l’aspect général : injection, prise d'air forcé, train avant, bras oscillant, optique... Elle reste encore la sportive la plus puissante à ce jour de la gamme Kawasaki. C’est une grosse sportive qui peut également tirer son épingle du jeu dans la catégorie GT. Essai sur les routes du Gers et des Landes.

Première approche
Son carénage imposant et la bouche proéminante du système d’admission Ram Air en position centrale confirment qu’il s’agit là d’une machine hors du commun. Avec son profil effilé, l’œil se pose sur les deux ailerons latéraux - fixés de manière à assurer une répartition des flux d’air à haute vitesse - et sur son énorme pneu arrière de 200... Nous sommes là dans une autre dimension…
En selle
La
première impression n’est pas rassurante tant la moto est
imposante. Assis, un gabarit de 1.75m a juste les pieds au sol. La selle
est assez large mais la position générale les deux bras
posés sur les demi-guidons est confortable et pas contraignante
pour les poignets avec toujours cette sensation d’être «
à bord » de la machine. Le tableau de bord tombe bien sous
le regard et rien ne manque : jauge, trip, horloge…, l’absence
de warning est le seul gros « oubli ». Le compteur et le compte-tours
sont à aiguilles ce qui confère un look un peu rétro
mais très lisible. L’habillage façon carbone est du
plus bel effet.
Contact
Aussitôt démarré, le gros quatre cylindres rappelle immédiatement sa cylindrée par un bruit rauque et sourd; cette sensation de surpuissance est omniprésente. La première passe facilement et c’est avec un filet de gaz que l’on se laisse emporter pour les premiers tours de roue. Là : les 210 kg de la machine (à sec) se meuvent sans le moindre effort pour le pilote. C’est une surprise de taille pour ce modèle 2002 tant le modèle précedent était plus pataud. La position en roulant s’avère rassurante. La boite souple, et la poignée de gaz à peine effleurée donnent envie d’en voir « un peu plus ».
En ville
La moto est imposante et son gabarit n’est pas rassurant pour se glisser dans le traffic. Malgré cela, la maniabilité est acceptable pour cet exercice. La position, assez en hauteur, permet une bonne vison de l’environnement. A bas régime entre deux et trois mille tours le moteur n’est pas très souple et quelques accoups se font sentir. Il faut donc monter en régime afin d’être fluide et pouvoir profiter pleinement d’une moto qui visiblement n’est quand même pas là dans son élément favori. Quelques accélérations pour doubler, la puissance est là et ne demande qu’à être exploitée, direction donc les départementales du Gers.
Départementales et Nationales.
De belles routes secondaires permettent de lâcher un peu plus la puissance de la machine : mais nous sommes constamment dans l’illégalité dès que nous dépassons cinq mille tours. Les changements d’angles sont assez difficiles à maitriser. En effet la moto semble très haute et il faut vraiment se jeter pour retrouver les sensations d’une sportive. Exploiter sa vivacité demande un usage régulier de la moto et ne se fait pas dès la première sortie. Malgré tout, attaquer sur ces routes sinueuses se fait sans difficulté particulière, tout en étant constament frustré, tant la dose de puissance inexploitée est toujours présente, direction donc l’autoroute.
Autoroute.
Gros gaz dès la bretelle d’accès, et l’avant de la machine tire sur les bras de facon impressionnante. Couché dans la bulle qui confère une protection suffisante, les rapports s’enchainent et la vitesse augmente rapidement. La moto semble être dans un rail, elle ne bouge pas d’un pouce lors des dépassement, et les grandes courbes à haute vitesse ne posent aucun problème, en fait le ZX12R est « sur son terrain ». Un rapide coup d’œil sur le compteur, la barre des x50km/h est passée avec une impression de sécurité étonnante.
Freinage.
Un
freinage à grande vitesse, l’arrière permet d’asseoir
la moto sans vraiment la ralentir, mais en revanche les deux étriers
6 pistons et les deux disques flottants de 320mm à l’avant
assurent un freinage parfait avec un feeling impresionnant sans aucun
effort particulier sur le levier.
Confort.
La selle assez large et bien dessinée est confortable pour le pilote, la position avancée sur le réservoir permet une assise stable. Les suspensions sont fermes sans être dures ; un juste compromis.
Le passager est assis assez haut sur la selle une position un peu difficile à haute vitesse (placé plus haut que le pilote) les reposes pieds ne sont relativement bien placés et les jambes ne sont pas trops repliées.
Pratique
Quatres crochets d’arrimage permettent l’attache de bagages. La selle arrière s’ouvre sur un coffre au volume permettant néanmoins de transporter quelques accessoires. Une sacoche de réservoir est disponible ne génant absolument pas la prise en main de la moto.
Consommation.
Malgré
sa grosse cylindrée, le ZX12R n’est pas un gouffre de carburant,
avec son réservoir de 19 litres, elle se limite àune consommation
d’environ 5l/100 pour un trajet tranquille sur autoroute, d’environ
6L/100 sur route en usage normal et arrive à 8L/100 avec une conduite
plus sportive, en effet l’injection électronique permet un
envoi au plus juste de la quantitié de carburant necessaire dans
le moteur. La consommation moyenne en usage normal est d’environ
6,5L/100.
Conclusion
Le ZX12R n’est pas une moto à mettre entre toutes les mains. Elle regorge de puissance et sa pleine exploitation n’est pas à la portée de tous. C’est un bon compromis pour un usage GT/Sport mais avec un budget d’entretien assez conséquent. Pour tailler la route en sécurité elle fait certainement partie de ce qui se fait de mieux.
| Points forts | Points faibles |
|---|---|
|
|
Avis
du propriétaire : Enrico 41 ans – usage quotidien.
« Malgré le volume de la moto, le comportement se montre aisé aussi bien en usage urbain qu’en utilisation GT. Confortable même en conduite sportive, elle nécessite un entretien régulier et suivi : c’est une moto d’homme ! »
Un essai réalisé par Jean-Marie Blanc.













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