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Stage moto AFDM

Ce stage est conseillé au bout d’un an de conduite ou l’achat d’une moto plus puissante. On n'apprend jamais à poser le genou mais à conduire plus en sécurité sur route. Je sais que j'ai bien appris pour le permis mais je sais aussi que j'en ai oublié les 3/4 ! Plusieurs mois que je voulais faire ce stage mais les animateurs me répondaient toujours "après", "après". On se connaît très bien puisque j'ai déjà passé le permis AFDM chez eux, j'allais aux réunions FFMC où je voyais régulièrement les responsables et animateurs bénévoles auxquels je voue une admiration sans bornes. De plus, je leur suis tellement reconnaissante de m'avoir amenée à mon papier rose et à mes 30000 kms sans chute mais avec un bonheur extraordinaire que j'y passe très souvent. Ils voyaient d'un très mauvais oeil mon achat de ZZR et j'avais eu pas mal de remarques. Une nouvelle moto, là, le stage devenait urgent ! Un désistement, un mois à attendre, j'en profite pour faire 5000 kms pour l'avoir un peu en main et ne pas arriver trop nulle au stage. Benvi, pas question d'essuyer encore des remarques, je leur prouverai que "je la mériterai ma moto". Donc, milieu connu, positif dans un sens mais handicapant quand même. De plus, à la fin du programme, il y avait marqué qu'ils se réservaient le droit de ne pas donner d'attestation s'ils jugeaient que le niveau requis n'était pas atteint. Le contenu très vaguement expliqué me rassurait, je connaissais déjà le langage AFDM, les exercices mais c'est déjà tremblante que j'y suis allée ! Trop peur de ne pas être à la hauteur.

Accueil très sympa bien sûr. Aucun n'avait le permis AFDM. Je ne me rappelle précisément que

- dans notre groupe, une fille qui avait 10 ans de 125 mais venait de s'acheter un Fazer. Elle a tout découvert, avait beaucoup de mal au début et a sacrément progressé ; un gars en 750 chaipluskoi qui a fini les demi-tours comme les pros dans un mouchoir de poche

- l'autre groupe : deux moniteurs de moto-école (on se sent tout de suite nul à côté) venus se recycler, et un gars en VFR rouge. Là, mon admiration est totale devant un gars capable de conduire une machine pareille, ben, c'est le seul à ne pas avoir progressé d'un centimètre, et accessoirement à ne pas être aussi enthousiaste que nous sur le stage.

Le samedi matin, ça commence ! Pour ceux qui me connaissent, imaginez l'effet que peut avoir dès 8h30 un cours sur la physique de la moto, l'angle de chasse, le pourquoi du comment et compagnie. Jolis les dessins, mais pour moi, c'est effet immédiat d'ondes négatives le long de la colonne vertébrale ! J'évite de répondre aux questions, comme ça, hein, on va laisser parler les invités :)) Pause, tout le monde se détend un peu et voilà, théorie encore sur les déplacements en groupe et chaispluskoi, annonce du programme : plateau avec comme pour le permis, lent, patinage, demi-tours. Arffff ! Le tout comme au permis mais en plus ardu, en amazone ou à genoux sur la selle. Koi ? Moi ? Faire ça ? Non, c'est une blague ! Avec ZZR ? Meunon ! C'est pas une moto faite pour ça ! Panique intégrale à bord mais surtout, ne rien montrer ! Je ne sais pas ce que j'avais imaginé mais, ça, non ! Arffff ! Ils m'avaient bien eue ! Honnêtement, si j'avais dû rentrer chez moi manger puis revenir, je crois que jamais je ne serais revenue. C'est là que l'on est content de trouver le groupe, ceux qui sont plus à l'aise et vous remontent le moral, ceux qui semblent encore moins à l'aise que vous et vous vous dîtes "té ! J'ai une petite chance". Benvi, c'est mon caractère, faut toujours que j'y arrive bien -et mieux-, j'y peux rien, c'est ce qui m'a permis d'avoir mon permis et là, de rester manger avec tout le monde. Et rentrer chez moi dire que j'avais eu trop la trouille, non ! Pause, on apprend un peu sur les gens, les rigolades commencent et c'est parti ! Mouarffff ! Moi qui suis habituée aux stages de l'éducation nationale, koi ? Une heure de pause en tout pour manger ? Nan, vous rigolez là ! Ben non ! Plateau.

C'est parti pour des 8 pendant, pendant....... Chapeau aux moniteurs bénévoles qui sont là à mettre en confiance pour que l'on ose faire ça avec nos machines qui tout d'un coup nous semblent monstrueuses, lourdes, énormes. Des heures à répéter " le regard, souple, non, c'est pas ça, mais si, elle y va, ta moto, allez, vas-y". Perso, il faut que l'on me répète très très longtemps les mêmes choses ! Juste la petite pique qui fait que l'on se vexe et que l'on y arrive, les blagues ou le calme pour nous prouver que l'on peut y arriver et nous voilà avec ce monstre de ZZR en train de chercher l'équilibre en V, faire des demi-tours mains au bout du guidon, une main sur le réservoir, en amazone, à genoux. Réussir à faire un exercice, c'est se dire bon, ya pas de raisons, j'arriverai à faire le reste, ils ne sont pas là pour qu'on fasse tomber nos motos ! A un moment, j'ai voulu poser, il m'a vite ramenée sur le parcours, le bougre ! Des regards furtifs permettaient de voir ce que faisaient les autres, des zouaves sur l'allure normale ! Pas nous, hein, nous, on va pas faire ça, eux, c'est parce que ce sont des moniteurs, mais pas nous, hein ? Ben si ! Petite pause et nous voilà à l'allure normale. On y enchaînera le lâcher des mains, l'amazone, à genoux, le tout à 60. Ah oui? Et c'est possible de faire tout ça avec des cônes au milieu ? Quand il explique et qu'il nous dit "allez, roulez", on n'en mène pas large quand même. Ben si, confiance dans les monos, confiance dans sa moto, ils ont fini par nous donner confiance en nous et nous voilà à faire l'amazone sur notre moto en contrebraquage à 60 et on en redemande :)) Petit à petit, on se rend compte que l'on passe les exercices et l'angoisse diminue. 17h, fin ou presque, c'est maintenant la séquence vidéo.

Autre épreuve : se voir avec tous ses défauts, c'est hyper dur ! Heureusement, ils prennent des séquences en début d'exercices et en fin, on voit donc les progrès, sauf celui en VFR où tout le monde, lui compris, était croulé de rire ! Certains stages offrent la possibilité de rester en groupe le soir, pas le nôtre. Euh ! Fatigue, grosse fatigue. Cela a été du non-stop toute la journée, pour la tête, les bras, les cuisses et on se sent déjà lourds mais le demi-tour à l'arrivée est déjà nettement plus facile que le matin ! Benvi, et il faut remettre ça pour 8h30 le lendemain. Approfondissement des exercices de la veille, cette fois-ci patinage en ligne droite et slalom (donc lancer, freiner, s'arrêter sans pied à terre, relancer etc). Difficile aussi celui-là, mébon, il finit par passer. Au normal aussi approfondissement, travail du freinage, de ce qu'ils appellent freinage appuyé et non freinage d'urgence, prise de passager.

L'exercice final est celui qui m'a le plus marquée : Le moniteur A suit sa route droite ou non à 60. Lui freinera à un moment x. On suit le moniteur B qui roule en parallèle de A mais bien sûr ne freinera pas. On doit freiner dès que l'on voit les freins du moniteur A. Inutile de dire que personne, personne, quelque soit le niveau ou la moto n'a pu s'arrêter dans les temps.

Tout de suite après, on prend la route et........on ne voit plus les voitures pareil. Des moniteurs nouveaux sont arrivés, repas, cours théorique + vidéos sur les trajectoires, enfin, la récompense, on part rouler derrière en prenant la tête à tour de rôle et bien sûr commentaires réguliers sur notre utilisation du frein, rétrogradage, vitesse, placement etc. Les Gorges de la Vis ! Mouarfff ! Pour ceux qui les ont connues cet été, il y a deux épingles avec des raccords de bitume et nous sommes dimanche en plein après-midi de juillet et ça fond, mais ça fond ! Impossible de les éviter et nous voilà monter et descendre ces virages x fois car c'est notre lieu de travail. passer les épingles avec la technique du demi-tour. Belle route pour rentrer avec autorisation de se lâcher, ouais, on est vraiment sur notre moto que l'on a découverte. Vidéo et commentaires encore à l'arrivée.

Comme je l'ai déjà dit, réapprendre à serrer les genoux pendant tout ce temps donne des sacrées courbatures ! Excellente ambiance avec ces animateurs d'un dynamisme fantastique mais nous avons eu très peu de poses en fait !

Remercier les animateurs bénévoles ou le responsable à l'origine de ces stages est une évidence. Avoir vu et senti les progrès l'est aussi.

On sort de là en n'ayant encore qu'une envie, c'est de faire le 2 mais comme ils disent, il faut aller mettre en application ce que l'on a appris. Pour moi, cela a été très net. J'ai chuté en octobre, ai eu du mal à de nouveau sentir l'équilibre de ma moto, sentir que je pouvais de nouveau la conduire ou la manoeuvrer mais c'est encore en pensant aux mots mille fois entendus -plie les bras, le regard etc- que j'ai pu à nouveau progresser.

Les points essentiels retenus à la fin de ce stage :

  • disponibilité et professionnalisme des animateurs bénévoles = vraiment l'esprit motard de passer son savoir,
  • le regard,
  • serrer les genoux mais rester souple,
  • rôle de toutes les parties du corps pour piloter,
  • aisance des manoeuvres une fois la technique acquise,
  • nécessité de recyclage permanent,
  • nécessité de ce stage pour une nouvelle moto,
  • long long apprentissage pour essayer d'apprendre à conduire !

Voilà, en espérant que ce long récit donnera envie à d'autres de le faire, les rassurera. V

My Dreamy ka pas tout retenu ((: