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Au Danemark, on teste la hausse des limitations...

...en améliorant les infrastructures routières

Sensible baisse de l'accidentalité et de la mortalité sur 3 ans

Au Danemark, on teste la hausse des limitationsLes facteurs de mortalité sur les routes sont nombreux, mais c'est bien sur la vitesse que le gouvernement porte toute son attention comme en témoigne la volonté d'abaisser la limitation de vitesse de 10 km/h sur le réseau secondaire. Un point de vue partagé par le Premier ministre Edouard Philippe qui a précisé que ce point serait abordé lors du prochain Conseil interministériel de Sécurité routière (CISR) qui se tiendra à la mi-janvier.

Cette mesure fût initialement présentée par Manuel Valls lorsqu'il était à l'Intérieur. Celui-ci expliquait alors que la mesure permettrait de sauver 450 vies par an, en s'appuyant sur le théorème de Nielsson qui démontre qu'une réduction de 1% de la vitesse permet de réduire l'accidentalité de 4%. Malheureusement, si l'accidentalité dépendait d'une simple formule mathématique, on ose imaginer que l'accidentalité aurait disparu depuis longtemps.

Opposée depuis la première annonce à cette mesure qui vient de refaire surface, l'association 40 millions d'automobilistes a mené une enquête dans d'autres pays européens pour vérifier les effets d'une telle baisse de la vitesse. Il faut dire que si l'expérimentation française est terminée, aucun résultat n'a encore été publié à ce jour. En août 2016, les premiers résultats avaient même montré qu'aucune amélioration de la sécurité n'avait été constatée, mais que les verbalisations avaient par contre augmenté, confirmant la thèse que l'objectif était financier avant d'être sécuritaire.

L'association a ainsi approché les acteurs de la sécurité routière britannique qui expliquent que la vitesse n'était pas le seul facteur à prendre en compte. Alors que le réseau secondaire du Royaume-Uni est limité à 97 km/h, les accidents mortels y sont deux fois moins nombreux qu'en France.

L'exemple Danois

L'autre exemple marquant pris par l'association est la politique menée au Danemark. Alors que nous expérimentons une baisse de la vitesse, les autorités danoises ont procédé à l'inverse en remontant les limitations de 80 à 90 km/h. Pendant trois ans d'expérimentation, les autorités locales ont constaté que les vitesses moyennes étaient restées les mêmes (89 km/h), mais que l'accidentalité avait diminué de 11% et la mortalité de 13% sur cette période.

Pierre Chasseray, délégué général de l'association :

La Direction danoise des routes avait constaté que de nombreux accidents mortels sur le réseau secondaire étaient dus à des chocs frontaux survenus à la suite de dépassements dangereux, parce qu'il existait de forts écarts de vitesse entre les usagers qui respectaient les 80 km/h et ceux qui jugeaient cette limitation inadaptée et roulaient donc légèrement au-dessus. On peut faire le même constat en France et c'est ce qui nous a poussés à nous intéresser de près aux résultats de cette expérimentation danoise.

Évidemment, il serait abusif de prétendre que la baisse de l'accidentalité est la conséquence de l'augmentation de la limitation de vitesse. Mais ces bons résultats sont la preuve qu'une limitation de vitesse plus élevée n'engendre pas nécessairement plus d'accidents et qu'a contrario, une baisse de la limitation de vitesse n'entraînerait pas systématiquement une diminution de la mortalité sur les routes

Dans le même temps, les autorités danoises ont également porté une attention particulière à la qualité des infrastructures routières en investissant notamment dans une meilleure signalisation ou dans des bandes d'alertes audio-tactiles qui permettent de prévenir les sorties de route dues à l'hypovigilance.

Comme le mettent en avant les différentes associations de défenses des usagers, ce n'est donc pas par la simple répression que l'on améliore les conditions de sécurité sur les routes, mais en améliorant le réseau et en éduquant les conducteurs en les incitants à respecter les règles en place. L'expérimentation danoise montre également l'importance du développement d'infrastructures adaptées, mais cette procédure coûte de l'argent et la politique française semble aujourd'hui plus axée vers la rentabilité et le désendettement que la sécurité. On vous a parlé de la privatisation des radars mobiles ?

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