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Santé et Moto : l'influence des médicaments

Trois niveaux d'avertissement et de classification des risques

Vertiges, somnolence, euphorie, baisse des réflexes, trouble de la vue ...

Les 3 niveaux de vigilancesSi leur but premier est de soigner, les médicaments n'en demeurent pas moins un facteur à risque sur la route au même titre que l'alcool ou les stupéfiants.

En plus de leurs effets escomptés, ces derniers sont accompagnés d'effets indésirables qui varient en fonction des individus, de leur âge, de leur santé ou encore du traitement qu'il prennent. Ces effets peuvent ainsi provoquer un accroissement de la fatigue, des altérations de jugement et sentiments d'euphorie, des étourdissements et vertiges, une diminution des réflexes ou encore des gênes dans les mouvements ou de la vue.

On considère aujourd'hui que le risque d'accident de la route est 2 à 5 fois plus important chez un individu prenant des médicaments sédatifs. Si l'on se réfère aux différentes études qui ont été menées en Europe, environ 10% des blessés et des tués sur les routes sont sous l'emprise de psychotropes (somnifères, tranquillisants et autres médicaments agissant sur le système nerveux). D'après l'INSERM, 3,3% des accidents seraient ainsi directement imputables à la prise de traitement. Un simple médicament contre le rhume peut avoir des incidences; il faut bien regarder la boite pour le voir.

Attention également aux interactions entre médicaments dont les effets cumulés peuvent accroître le danger.

4 niveaux de symboles et pictogrammes d'avertissement

Pour informer le public et améliorer la sécurité des routes françaises, un pictogramme d'avertissement a été apposé en 1999 sur tous les emballages de médicaments présentant un risque pour la conduite. Depuis le niveau 0 (sans risque) jusqu'au niveau 3 (conduite fortement déconseillée). Dès 2005, ce dispositif a été amélioré par l'Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) et remplacé par trois niveaux de vigilance.

Attention, tous les médicaments sont susceptibles de causer des troubles importants, de l'antidépresseur au simple traitement du rhume des foins. Ainsi, des médicaments délivrés sans ordonnances peuvent très bien appartenir aux niveaux 2 ou 3. Bien regarder la boite ou la notice.

Niveau 1 - sur fond jaune

Soyez prudent - Ne pas conduire sans avoir lu la notice

Sans être toujours contre-indiqués, ces médicaments peuvent cautionner des effets dangereux sur la route comme la somnolence ou des vertiges.

Niveau 2 - sur fond orange

Soyez très prudent - Ne pas conduire sans l'avis d'un professionnel de santé

Il est impératif de demander l'avis du médecin qui prescrit ce médicament ou du pharmacien qui le délivre avant de conduire. Cette catégorie regroupe notamment les antidépresseurs, les médicaments contre l'épilepsie ou encore des tranquillisants.

On retrouve surtout ici les somnifères (du type stilnox, imovane), les antiépileptiques (comme depakine, neurontin), les psycholeptiques (neuroleptiques, anxiolytiques), les psychoanaleptiques (comme les amphétamines) et tous les traitements concernant le système nerveux.

Niveau 3 - sur fond rouge

Attention, danger : ne pas conduire - Pour la reprise de la conduite demandez l'avis d'un médecin

Cette catégorie de médicaments présente un risque réel en cas de conduite en raison du niveau d'incapacité qu'ils provoquent. Une fois le traitement arrêté c'est au médecin de définir le délai avant de pouvoir reprendre la route. Cette catégorie regroupe les somnifères, certains collyres, les anesthésiques, les tranquillisants ...

On retrouve surtout ici les benzodiazépines hypnotiques telles le Valium.

Les traitements longue durée

Il arrive que l'on soit obligé de suivre un traitement chronique ou de longue durée. La prise quotidienne de médicaments n'est pas incompatible avec la conduite d'un véhicule, certains traitements permettent même d'améliorer les capacités du conducteur comme par exemple dans le traitement de l'épilepsie.

Quel que soit le traitement, il faut toujours demander conseil à son médecin qui peut trouver une substitution ou adapter le traitement pour permettre la conduite. De plus, il faudra faire preuve de davantage de vigilance en début de traitement (apparition des effets) et à l'arrêt de celui-ci (sevrage).

Sommaire du dossier Santé et Moto

  1. Les problèmes de santé liés à la pratique de la moto
  2. Chutes, chocs et fractures
  3. L'influence des médicaments
  4. Interview d'un médecin urgentiste
  5. Interview d'un kinésithérapeute
  6. Témoignages de motards accidentés

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