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Avinton : histoire du constructeur

L'exception à la française produit moins de 100 unités par an

Des motos assemblées à la main autour d'un gros V-Twin de 1600 cm3, à partir de 34 000 €

Avinton Race2011 : une nouvelle marque de motos françaises naît. Elle s’appelle Avinton… Mais pour être totalement honnête, il faudrait mieux parler de renaissance. Car ces motos ont eu une première vie, sous la marque Wakan, fondée par l’industriel français Joël Domergue, un nom qui n’est pas inconnu des spécialistes du deux-roues puisqu’il a également présidé à la création de la marque Scorpa, spécialiste de motos de trial.

1999-2006, la préhistoire : la période Wakan

Wakan a été pensé dès 1999 et la première moto a pris la route en 2006. Le concept tient en trois mots : minimalisme, performances, style. Le tout saupoudré d’une belle dose d’exclusivité et d’exception : ce qui est rare est cher, c’est fort logique.

Là où Caroll Shelby avait réussi à faire entrer un V8 de 7 litres dans une auto de moins d’une tonne, faisant par là de l’AC Cobra l’une des voitures de sport les plus mythiques de l’histoire automobile, la Wakan ambitionne quasiment la même chose avec un gros V-Twin Smith & Smith de 1647 cm3, dans un châssis maniable et compact et un résultat tout simplement bluffant puisque avec 177 kilos à sec, la Wakan de 1600 cm3 est plus légère qu’une Suzuki Gladius, qui fait juste un litre de cylindrée de moins !

Avinton : moteur V2 S&S 1600 cm3Par rapport aux « Big Twin » Harley-Davidson de cylindrée équivalente, l’avantage du V2 S&S est double : il n’a pas de boîte de vitesse séparée, gagne donc en poids et en compacité et ses cotes sont carrées (alésage et course identiques à 10,6 mm, ce qui garantit puissance ET couple) : de fait, il délivre 120 vrais chevaux et plus de 15 m/kg de couple. Le châssis épouse le moteur au plus près, avec un empattement de 1380 mm et un angle de chasse de 21° (une Buell XB12, l’un des engins les plus compacts du marché, était à 1320 mm et 20°).

Pour donner à sa moto un véritable comportement sportif ou en tous cas en phase avec sa posture de muscle bike, Joël Domergue ne transige pas sur les équipements de qualité : fourche inversée de 46 mm de diamètre, roues Marchesini à la finition alu (et au dessin identique à celui des jantes de la Cobra !), gros freins AJP avec disque de 340 mm de diamètre et étriers 6 pistons… On appréciera les deux entrées d’air sur le faux réservoir (le vrai est sous la selle), qui s’ouvrent à 2300 tr/mn et laissent respirer le gros V2 dans une ambiance sonore irrésistible.

Hélas, les rêves industriels se concrétisent parfois difficilement et après quelques années de fabrication, l’entreprise Wakan est en grande difficulté financière.

2011, le rachat et une gamme mieux structurée

Avinton : entrée d'airEn 2011, donc, l’industriel Cédric Klein, jusqu’ici spécialiste en système thermodynamiques, ne peut pas accepter l’idée que la moto française de caractère puisse disparaître. Il reprend donc la marque et la rebaptise Avinton.

Cédric Klein veut faire revivre l’esprit des gentlemen riders, dans la même veine que, dit-il, « ces anglais qui achètent à crédit une Jaguar à 35 ans et qui roulent encore avec à 80 ans ; ils la connaissent si bien qu’ils savent, rien qu’à l’oreille, quand une pièce du moteur prend du jeu et ils vous sortent des albums photos avec toute la vie de leur vieille compagne de route ».

Pour lui, une Avinton est un choix de vie, un amplificateur d’émotions positives. Ainsi, par rapport aux précédentes Wakan, la moto n’a pas profondément évolué, mais la gamme a gagné en lisibilité. L’esprit et le produit changent peu, même si les freins viennent désormais de chez Beringer.

La gamme actuelle comprend 5 modèles et une série limitée, réalisée en hommage avec le préparateur Moto Corse et aux perspectives commerciales du marché japonais ; cette version est particulièrement soignée avec ses 25 couches de vernis, son échappement sur mesure en titane et ses pièces spéciales, qui justifient un prix de vente de 60.000 euros.

L’Avinton est ainsi disponible dans 3 versions routières, Race, GT et Roadster que croisent 6 niveaux de finition (Original, Vintage, Deluxe, Grand Sport, Super Snake et Cult) et deux versions non homologuées, la Track Racer ainsi que la Collector Race R qui souffle 210 ch grâce à son turbo !

Avinton Collector Vintage

Enfin, Avinton propose à ses clients de pouvoir éventuellement satisfaire leurs choix personnels sur la sellerie, les coloris, les jantes, l’échappement et la position de conduite, afin de se faire une moto sur mesure. Beaucoup de possibilités sont offertes, à partir de 34.000 € et la certitude de ne pas avoir la même Avinton que son voisin.

2016 et après : une stratégie, l’internationalisation

Aujourd’hui, Avinton vise de produire une centaine de motos par an et compte pour cela sur son développement à l’international, qui représente déjà 75 % de ses ventes. Outre la France, les motos sont distribuées en Angleterre, en Allemagne, en Suisse et au Japon. Des projets existent sur l’Inde et la Malaisie.

En France, on n'a pas de pétrole, mais on a quand même des motos qui envoient sérieusement du pâté.

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