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Histoire constructeur : Bernardet

Précurseur des scooters en France

Constructeur de side-cars, voitures et scooters

Histoire constructeur : BernardetLa société Bernardet voit le jour en 1921 lorsque les trois frères Roger, Robert et René Bernardet décident de se lancer dans la conception de side-cars. Ayant constaté les défauts de conception de certaines machines attelées, Roger et René Bernardet se lancent dans la fabrication d’un premier side-car en bois. L’année suivante ils réitèrent avec deux autres side-cars tandis que leur atelier basé à Bourg-la-Reine commence à gagner en notoriété.

La demande se fait si forte que les frères Bernardet se voient vite contraints d’engager des ouvriers pour les aider à produire leurs side-cars. Parallèlement, les trois frères se répartissent les rôles à la tête de la société. René occupe les fonctions de responsable de la ligne et de la carrosserie tandis que Robert se charge de la partie mécanique et que Charles, ayant adopté son second prénom Roger pour les besoins du logo représentant 3 R entourés d’un B et d’un F, assure le rôle de responsable commercial auprès des clients ainsi que des fournisseurs.

Pionnier des scooters français

Scooter A.48 Bernardet (Photo : DR)De 1921 à 1948, les frères Bernardet se contentent de concevoir des side-cars, très en vogue à l’époque. La Seconde Guerre mondiale freine quelque peu leur production, l’usine étant réquisitionnée par les Allemands. La production reprend au sortir de la guerre mais les trois frères sentent qu’il faut se renouveler et innover pour permettre à leur société de survivre. Ils entendent alors parler d’un nouveau type de deux-roues motorisés venu tout droit d’Italie, le scooter. Convaincus du potentiel d’un tel engin, les frères Bernardet décident de mettre au point un premier prototype de scooter dès 1946.

C’est la naissance de l’A.47, un scooter deux-temps muni d’un moteur Ydral de 128cm3 refroidi par air. L’année suivante, Bernardet présente son tout premier modèle baptisé logiquement A.48. Innovant, ce scooter Bernardet présente un garde-boue inspiré de la forme du bonnet phrygien, symbole par excellence de la République et de la liberté.
Avec un poids atteignant les 100kg, le scooter A.48 est propulsé par un moteur Ydral de 128cm3 dissimulé sous la jupe arrière qui se soulève vers l’avant afin de permettre à l’utilisateur d’accéder au moteur mais aussi à la chaîne et à la roue arrière.

Scooter Bernardet E.51 (Photo : DR)Seulement quelques mois plus tard, Bernardet propose un nouveau modèle de scooter, le B.49 qui inaugure le nouveau logo de la société.
A l’occasion du Salon de Paris de 1949, la marque dévoile un autre modèle, le B.250 mu par un bicylindre deux-temps de 250cm3.

Un an plus tard, Bernardet dévoile deux nouveaux modèles, les scooters BM.250 et C.50. Suivent ensuite les modèles E.51, D.51, Y.52 ou encore Cabri qui ne pèse que 34kg.

Les scooters militaires

Au cours des années 50, les scooters Bernardet s’engagent avec succès en compétition. Les trophées s’accumulent avec de nombreuses victoires remportées par le pilote officiel de la marque, Pierre Bernardet qui n’est autre que le fils du quatrième frère Bernardet, André. Pilote professionnel pour la marque, Pierre Bernardet assure également les essais des machines conçues par ses trois oncles et notamment les essais réalisés pour le compte de l’Armée Française.

En 1952, l’Armée Française passe en effet une commande à Bernardet au sujet d’un scooter militaire. La marque conçoit un premier prototype empruntant plusieurs éléments au modèle Y.52. Divers essais de parachutage de l’engin sont effectués avec succès mais Bernardet planche bientôt sur un second prototype. En résulte un scooter de 250cm3 dont la transmission est assurée par chaîne à la roue arrière tandis que le guidon est repliable derrière le tablier. Les scooters sont envoyés en Indochine en 1953, peu de temps avant la fin du conflit.
De 1936 à 1944, Bernardet fournit en outre plusieurs modèles de side-cars à l'armée.

Rachat par Le Poulain

Histoire constructeur : Bernardet (Photo : DR)A la fin de l’année 1954, Bernardet présente une version 85cm3 de son célèbre scooter Cabri qui devient le dernier modèle construit par la marque Bernardet. En effet, la situation financière de la société est difficile en raison de la rude concurrence des scooters italiens et de divers problèmes rencontrés avec les fournisseurs. La marque est en péril mais est sauvée par le constructeur de moteurs auxiliaires Le Poulain qui rachète l’usine en 1955.

La nouvelle firme Bernardet-Le Poulain ne tarde pas à lancer de nouveaux modèles avec notamment de nouvelles déclinaisons du Cabri qui monte en cylindrées et l’apparition du Guepar, un scooter proposé en trois motorisations différentes.

Liquidation de la société et reconversion

Malheureusement, la concurrence des Vespa et autres Lambretta s’avère trop rude pour Bernardet-Le Poulain qui doit se mettre en liquidation en 1959.
Les trois frères Bernardet décident alors de se reconvertir dans l’immobilier. René et Roger fondent une agence de promotion immobilière tandis que Robert reprend une boutique de fleuriste qu’il tient jusqu’à sa mort en 1978. Pour leur part, René et Roger disparaissent en 1991 et 1996.

Une aventure loin d'être terminée

Histoire constructeur : BernardetLa marque subsiste cependant toujours au travers de l’Association des Cycles et Véhicules Bernardet fondée en 1993 par les descendants des fondateurs. Cette dernière a récemment proposé un nouveau modèle de side-car baptisé Record du monde et est présente dans de nombreuses expositions et salons pour faire revivre l'histoire de la marque.

A noter qu’au-delà de la production de scooters et de side-cars, les frères Bernardet s’essayent à l’automobile dans les années 20. En 1931, ils mettent au point une petite voiture biplace avant de lancer divers prototypes de voitures sportives et de berlines. Cependant, les projets sont vite abandonnés faute de soutien de la part du gouvernement.

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