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Essai Rieju Century 125

Scrambler à la catalane

La mode est au néo-rétro ! C'est bien le néo-rétro ! çà change et cela veut dire que l'on peut se faire plaisir avec une brêle cool sans avoir besoin d'aller vite ! Et bien, c'est exactement ce que propose Rieju avec sa Century 125 présentée à EICMA. Rieju, c'est espagnol, donc pas chinois, ce qui veut dire une bonne finition et pour un peu d'histoire un constructeur qui date de 1934 ! C'est presque vieux 1934, donc une raison de plus de faire du vieux avec du neuf (et pas l'inverse). Mais quand même, quand on est plus habitué aux motos de tout-terrain de la marque, la Century 125, çà change. C'est bien le changement. Cela donne un coup de jeune. Mais le ramage est-il à la hauteur du plumage ? Essai sur deux semaines de la petite nouveauté, sous le soleil... et la pluie, beaucoup de pluie...

Machine néo-rétro
Machine néo-rétro

Découverte

Ce n'est pas facile de proposer une machine sympa en look, sans tomber dans la copie ou le truc bizarre (le Nuuk par exemple, mais on sort du sujet). Mais là, Bingo ! La Century, elle claque ! C'est déjà la ligne globale qui est sympa, avec ce phare avant rond mais avec une jolie signature LED, cette selle que l'on dirait customisée, ce réservoir à la forme old-school, ce large guidon qui promet une position cool. A l'avant on trouve une jolie fourche inversée de 40 mm, valorisante. L'amortisseur à bonbonne ajoute une touche qualitative, sans oublier la plaque d'immatriculation quasiment posée sur le pneu. Des Mitas d'origine, des Michelin en option. Le look des Mitas d'origine, à crampons, est juste superbe, d'autant plus qu'ils sont bien ronds et donnent l'impression d'une grosse. En comparaison, les Michelin sont tout fin, mieux pour la tenue de route mais moins bien pour le look. L'échappement à deux flutes d'origine est super sympa même si on peut poser un Ixil plus valorisant en option. Le coup de crayon est homogène, avec une jolie ligne aussi bien générale que dans le détail.

Eclairage efficace de nuit
Eclairage efficace de nuit

Sous le plumage, on a un petit monocylindre 4T à refroidissement liquide de 125 cm3 développant 15 chevaux pour un couple de 12.3 Nm, le maximum que l'on peut demander à un 125 pour rester dans la légalité. Ce n'est pas le cas de tous les 125, dont certains sont limités à 10 chevaux. Ici, ils sont tous là, en tout cas sur le papier.

Monocylindre, 4 temps, refroidissement liquide, 4 soupapes
Monocylindre, 4 temps, refroidissement liquide, 4 soupapes

En selle

Cela a beau être une 125, la selle culmine à 785 mm et le conducteur d'1.70 mettra donc tout juste les deux pieds bien à terre. Mais avec seulement 135 kilos, même un poids plume sera à l'aise au guidon d'autant plus que la position est naturelle. On pose bien les mains de façon sensiblement élargie avec une position globale sympa. Par contre, si le réservoir offre un vrai look, il est bien trop large au niveau de l'entrejambe et rend difficile le fait de serrer les genoux au niveau du réservoir, à moins de se reculer.

Sous les yeux, on a un superbe compteur entièrement digital avec toutes les infos : vitesse, compte-tours, jauge à essence, horloge, trip, température moteur. Il est vraiment cool ce compteur. Il y a même un indicateur signalant la béquille dépliée.

Compteur avec toutes les infos jusqu'au témoin de béquille latérale
Compteur avec toutes les infos jusqu'au témoin de béquille latérale

Les rétroviseurs se règlent facilement et sont efficaces pour renvoyer une bonne image à l'arrière.

Si la béquille se replie facilement, la déplier à l'arrêt demande à aller la chercher derrière le repose-pied et n'est pas toujours des plus pratique.

Contact

Le petit mono s'ébroue gentiment avec un ralenti haut à 2.000 tr/mn. On lui laisse quelques minutes pour chauffer et voir s'arrêter de clignoter la température moteur à droite et au moins un ou deux bâtons s'allumer. Première, douce, que l'on accompagne gentiment pour ne pas caler et il s'élance.

Echappement Ixil en option
Echappement Ixil en option

En ville

Les démarrages sont carrément laborieux mais une fois lancé, le petit mono a plein de peps d'autant plus que sa boite, bien étagée, ne l'amène pas systématiquement au rupteur. On accélère, on passe les vitesses à l'oreille et çà donne un petit mono plein de vie dans les tours. Car si on peut tout à fait rouler sur le dernier rapport à 40 km/h, les reprises sont particulièrement lentes et le mono pilonne bien sous les 3.000 tr/mn, voire sous les 4.000 tr/min ! De fait, pour avoir une machine sympa, il vaut mieux rester en permanence au-dessus des 6.000 tr/mn, d'autant plus qu'il a une belle allonge jusqu'à 10.500 tr/mn avec une plage d'utilisation agréable au quotidien, même si on jongle un peu avec les vitesses. Heureusement, la boite est facile et précise. Du coup, en ville, on se trouve plutôt entre le troisième et le quatrième rapport, surtout si on roule cool... notamment pour éviter les vibrations sur le 2e rapport quand on commence à être dans les tours. Des vibrations que l'on oublie sur les rapports suivants et qui font que le troisième rapport sera le rapport idéal en ville, pour rouler tranquillement entre 20 et 50 km/h (à 6.000 tr/mn) tout en permettant de nettes accélérations sur les zones à 70 km/h.

Maniabilité et facilité de prise en main
Maniabilité et facilité de prise en main

Départementales

La 125 s'épanouit réellement sur les petites départementales et ce d'autant plus qu'on le maintient au-dessus des 6.000 tr/mn, voire des 8.000 tr/min, avec une vraie vigueur. Cela peut donner l'impression d'une plage restreinte mais il n'en est rien, car la boite est bien étagée et si l'on joue un peu du sélecteur, la machine est vraiment joueuse pour enchaîner les virolos avec brio.

De fait, les deux premiers rapports sont presque longs, avec une première jusque 30, puis la seconde à 60, chaque rapport suivant amenant 20 km/h de mieux.

Essai Rieju Century 125
Essai Rieju Century 125

Autoroute

La 125 est très légère et n'apporte aucune protection. Pour autant, on l'a vu, le 6 sixième et dernier rapport permet d'amener la moto bien lancée à 130 km/h, compteur, en solo et 10 km/h de moins en duo. Si la route se fait faux plat et cote, on redescend à 100 km/h, là où sur la même côte, certaines 125 peinent à 70 km/h ! Donc, le moulin en a vraiment dans le coffre et envoie vraiment l'ensemble de ses 15 chevaux. Pour autant, la machine est très légère et en cas de vent, on se remet rapidement sur la voie de droite; un comportement amélioré en duo (pour une fois) avec l'apport du poids du sac de sable que l'on a avec soi. Il faut juste le choisir ni trop léger, ni trop imposant, en fonction de la route que vous souhaitez faire.

130 km/h compteur bien lancé
130 km/h compteur bien lancé

Freinage

Les freins wave sont vraiment jolis. Mais en plus, ils font bien le boulot en procurant un bon feeling. Pas d'ABS ici, mais un freinage combiné CBS pas du tout intrusif, y compris sur le mouillé. Avec 2 kilomètres au compteur, les premiers kilomètres ont cependant demandé un bon rodage avant de voir le freinage réellement entrer en action. Mou, mais alors vraiment très mou voire quasi inexistant en début d'essai, on a enfin trouvé un freinage digne de ce nom après une cinquantaine de kilomètres avec encore un peu de gain ensuite. Au final, pas besoin de prendre les leviers comme un centurion pour faire ralentir la machine, avec un frein arrière même suffisant en ville. Au final, on a un freinage cohérent, équilibré et agréable, où deux doigts suffisent dans 90% des cas pour s'arrêter vite et bien.

Disque Wave de 285 mm, étrier radial à 2 pistons, CBS
Disque Wave de 285 mm, étrier radial à 2 pistons, CBS

Pneumatique

La Century est équipée d'origine de pneus à crampons du plus bel effet et qui ont en plus un très joli "gonflant". Traduction, ils donnent l'impression d'être gros et plus proches de ceux équipant une 400 qu'une 125. Par contre, ce type de pneu n'offre pas la meilleure adhérence généralement sur le mouillé, surtout dans les marques exotiques. Il est tout à fait en option de demander de l'équiper en Michelin Pilot Street. On perd très nettement en look, avec un pneu routier traditionnel et surtout très fin qui affine la moto. Par contre, on gagne en grip. Et la tenue de route sous la pluie est transformée avec un grip qui met en confiance en permanence y compris sur les bandes blanches. Donc, soit vous ne roulez que quand il fait beau et vous gardez la monte d'origine, soit la pluie pour vous ce n'est pas que dans la tête et vous opterez pour les Mich'.

Confort / Duo

Pour le passager, la selle est petite et donne les mêmes impressions qu'un roadster sportif. Les jambes sont un peu relevées, plus proches même d'une position sportive que roadster. Quant aux poignées bien cachées sous la selle, elles sont trop basses pour être utilisées de façon simple, à moins de s'appeler Mr Fantastique. Cela va donc pour des trajets quotidiens mais courts. On évitera donc les longues balades... et surtout sous la pluie. Car si le look est bien là, la pluie remonte bien pour barbouiller allègrement le dos du passager s'il y en a un, du pilote s'il n'y a pas de passager. Sur un parcours urbain mais pluvieux, je me suis trouvé barbouillé du bas du dos au casque ! Dans ce cas là, il vaut mieux porte une combi de pluie que le dernier cuir moto.

Selle molletonnée simili cuir
Selle molletonnée simili cuir

Consommation

Rieju annonce une consommation de 3 litres au cent, assez réelle même si elle est plus proche des 3.3 l/100 voire 3.4 l/100, en réalité. Ce qui donne environ 260 kilomètres d'autonomie avec le réservoir de 9 litres, en fonction de la conduite ! En fait, une fois le plein fait, le premier bâton ne tombe qu'au bout de 110 km ! Les cinq autres bâtons tombent ensuite tous les 20 kilomètres jusqu'à voir disparaître le dernier bâton. Le passage sur réserve intervient vers 215 kilomètres avec une petite pompe à essence sous forme de témoin jaune. On se dit alors à 230 km qu'on ne va pas être loin de la panne sèche. Mais on ne met que 7.7 litres, il reste donc encore officiellement 1.3 litres.

Réservoir de 9.5 litres
Réservoir de 9.5 litres

Pratique

Il n'y a aucune place sous la selle, pas même pour placer un bloc-disque. On notera surtout que s'il y a une espèce de bavette à l'arrière au niveau de la roue, il y a surtout un grand espace entre l'arrière de la selle et cette bavette, totalement inefficace en cas de pluie. La passagère se trouve ainsi barbouillée jusqu'aux omoplates et le dos entièrement trempé en cas de pluie. Rappelez vous vos sorties en VTT dans la forêt après la pluie et l'état de votre dos, ici c'est pareil. Combinaison intégrale à prévoir pour le passager donc, alors que pour le pilote, comparativement, cela va.

L'essai vidéo

Conclusion

La Century 125, c'est d'abord un coup de coeur en termes de look qui donne une impression de placidité qui se révèle en fait être de la sportivité au quotidien. Un espèce de Docteur Jekill et Mister Hyde. Il faut la garder quelques jours pour y trouver du plaisir, seulement limité par la forme du réservoir gênant l'intérieur des cuisses et le duo sous la pluie, à moins d'aimer barbouiller votre passager.

Points forts

  • look
  • prix
  • partie cycle

Points faibles

  • moteur mou à bas régime
  • forme du réservoir gênante pour le confort

La fiche technique du Rieju Century 125

Conditions d’essais

  • Itinéraire: petites routes variées + autoroutes interurbaines avec un peu de ville
  • Kilométrage de la moto : 300 km

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