Une petite urbaine très stylée et punchy
Et oui ce n’était pas moins de 25 modèles en préversion qui ont été mis à disposition, accompagnés de toute une équipe de mécanos chargés de les bichonner afin que nous pussions l’essayer en toute sérénité. Cela a été l’occasion de découvrir que l’Autriche, en ce début de juillet présente un paysage très vert du à son humidité. Tenue de pluie nécessaire pour cet essai mais vous allez pouvoir vérifier que le plaisir était très présent. WA (prononcer Wouah)
Son but : créer un modèle répondant à plusieurs critères. Tout d’abord d’inspiration Japonaise, cette moto devait s’adapter au marché Européen. Un concept Japonais européanisé en quelque sorte. Mais elle doit préfigurer aussi une nouvelle ère pour une marque habituellement connue pour ses modèles sportifs. Conçue pour les débutants, quel que soit leur âge, elle se devait d’être aussi économique. Nouveauté importante, l’adaptation de la moto à la morphologie, aussi bien féminine que masculine, de ses utilisateurs et non le contraire. Grand ou petit chacun doit se trouver à l’aise au guidon de ce deux roues. L’étape de la création commence donc par la création d’un modèle virtuel reprenant les aspirations principales des futurs utilisateurs. Une fois la base conçue, il a fallut y adapter la technique et non le contraire. Notre désigner en chef en modifiant les données habituelles de travail des équipes a réussi le tour de force d’imposer une nouvelle méthode de travail aux employés japonais. Le style est désormais la priorité de Kawasaki. D’autant plus que pour une fois, la technique a été conçue autour de la mécanique et non le contraire. Le concept principal provient du théâtre NO, théâtre japonais utilisant des masques pour les acteurs. Deux masques sont en oppositions, la lumière et l’ombre. Le mot japonais les symbolisant est WA. Ce mot deviendra donc le fil conducteur du concept. Nouveau design, nouvelle technique.
Une fois dessinée, il a fallu lui créer un moteur. L’étroitesse du modèle ne permettait pas de reprendre un moteur déjà existant. Bien que nous soyons en présence d’un demi-moteur de ZX12R, il a été entièrement repensé. Le challenge pour les techniciens était de faire entrer la mécanique dans le peu de place laissé par les designers. Un petit twin tout nouveau est né a la suite de leurs cogitations. L’utilisation de techniques empruntés aux circuits, (et Kawasaki les connaît bien) a permis de s’adapter aux obligations des désigners. Il fallait aussi répondre aux attentes de la fameuse norme euro III qui deviendra effective en 2007. L’ER6N se voit donc doté d’une boite de vitesse à
cassette similaire à celles utilisées en compétition.
Cela permet un gain de place appréciable mais aussi une économie
de main d’œuvre en cas de problème. Pour Kawasaki cela
représente aussi économie pour la fabrication du modèle. Economique, elle devrait l’être pour son futur propriétaire
qui ne ramènera sa belle que tous les dix milles kilomètres
pour une révision. Sachant en plus que le filtre à air de
type mousse, comme sur les modèles de cross mais beaucoup plus
large afin de compenser le ralentissement du passage de l’air, ne
se change pas et se nettoie simplement. Un design avant novateur mais des flancs arrière décevants.
L’esthétique surprend indéniablement au premier abord. Le double phare avec ses optiques placé l’un sur l’autre
et surmonté d’une excroissance triangulaire qui abrite le
tableau de bord, lui donne un petit air sympathique. A noter qu’un antivol en U peut être logé sous la selle dans un emplacement prévu à cet effet. Et cerise sur le gâteau le cadre autorise son accroche après un poteau par un antivol en U. Une taille de guêpe.
L’étroitesse du modèle surprend pour une 650. Immédiatement il se dégage la sensation que les concepteurs ont privilégié l’étroitesse et l’agilité. Le tableau de bord, de forme arrondie, affiche un petit compte tours analogique sous lequel trône un compteur de vitesse à affichage digital. Un des trois voyants sous le compte tours indique le moment de faire le plein. Pas de réserve sur ce modèle. Les deux petites oreilles qui bordent le compte tour et le compteur affichent les voyants de clignotants, de neutre et de phare. Deux boutons, mode et reset permettent de régler l’affichage digital, heure kilométrage total ou kilométrage partiel et de faire les réglages. On remarque tout de suite sur le coté gauche un petit bouton avec un triangle. La commande des warnings manquantes sur de nombreux modèles, même nettement plus chers. Mise en route
Première constatation, le contacteur à clef est trop près du pontet de fixation du guidon. Avec les gants la manœuvre s’avère gênante. Un quart de tour la machine démarre et semble s’emballer vers 2000 tours. Très vite elle redescend vers 1000 tours son régime normal. Pas d’affolement, sans starter, l’injection gère elle-même le régime moteur nécessaire afin de ne pas caler au démarrage. Une sonorité.Un léger bruit sort de l’échappement.... un bruit grave mais loin d’être assourdissant. Les 20 machines qui démarrent en même temps emplissent l’atmosphère d’une petite musique feutrée très agréable. Les ingénieurs auraient-ils travaillés le bruit en même temps que la technique ? Souplesse et puissance du moteur
La douceur de conduite prime. La souplesse de la machine met en confiance. A bas régime le moteur vibre un peu. Il répond bien à la sollicitation de la poignée de gaz et de 0 à plus de 140 fait ressentir sa présence au pilote. En ville la puissance du moteur et sa souplesse lui permet d’être la première aux feux rouges. Si l’on ajoute à cela l’étroitesse de la machine, il devient facile de comprendre pourquoi le domaine urbain est son terrain de jeu favori. D’autant que le refroidissement liquide qui équipe la belle lui autorisera justement de tels parcours sans craindre pour sa surchauffe. A bas régime le moteur vibre légèrement. Il est facile de s’en apercevoir aux véhicules suiveurs qui deviennent flous dans les rétroviseurs. Du moins, ceux que l’on peut apercevoir au delà des coudes du pilote. L’étroitesse de la machine fait que le champ de vision des rétroviseurs est limité. Punch et agilité.
Les routes autour de Salzbourg vont permettre de la tester dans toutes les conditions ; campagne, montagne, route sèche mais aussi mouillée (malheureusement !). Il va être possible de s'attacher à étudier le comportement routier de la ER6N car les paysages que l’on devine sublimes restent cachés derrière une brume persistante. L’ensemble affiche une sécurité de bon aloi. Un débutant se sentira tout de suite en confiance à son guidon. Les virages ne la rebutent pas, bien au contraire. Elle est joueuse. Elle se laisse balancer à droite, à gauche sans jamais manifester un moment de mauvaise humeur Le moteur affichant 72 cv sur la papier, délivre sa puissance régulièrement jusqu’à 130 -140 sans forcer. L’agilité est au rendez vous, le cadre treillis en alliage et un centre de gravité très bas permettent d’enrouler dans les virages de montagne sans jamais faire peur à son pilote. Le freinage répond présent à chaque demande et s’avère particulièrement efficace. Les modèles d’essai sont chaussés de Sportmax qui lui conviennent parfaitement aussi bien sur le sec que sur le mouillé. Nul doute qu’en montagne elle fera la pige à plusieurs de ses grandes sœurs mieux équipées mais beaucoup plus lourdes. Mais attention il ne faut pas croire qu’elle sera ridicule sur les routes de campagne. Son moteur permet de doubler facilement la voiture qui « bouchonne » à 130 sur nationale. Et tout ne sera pas terminé une fois affiché 150 sur le compteur digital. Les chiffres défileront moins vite mais ils monteront régulièrement pour afficher un peu plus que 200. Vous risquez de donner des sous à notre très couteux ministre de l’intérieur à cause d’elle. DisponibilitéSalon oblige, la première version client sera disponible en septembre. Elle sera donc estampillée 2006. Pour la version ABS, il faudra attendre deux mois de plus. De toute façon rendez vous sur le site pour un essai plus complet dès que cela sera possible. Bien entendu moto de débutant oblige, elle existe en version 34 CV. Belle et peu chère.Kawasaki en annonçant un prix qui devrait être compris entre
6 000 et 6 500 euros affiche bien sa volonté de faire du style
économique son cheval de bataille en ce qui concerne la ER6N. Elle
se place en concurrente directe de la 650SV (dont le moteur pèse
tout de même 2 Kg de plus) ou de la 650 bandit mais son esthétique
particulière autorise à penser qu’elle prendra le
pas sur ces deux concurrentes vieillissantes. Les options.
Une petite promise à un grand avenir.
En pestant contre quelques petits détails manquants, il ne faut pas oublier que, non seulement sa priorité reste les débutants mais qu’en plus elle ne devrait pas trop leur vider leur porte monnaie. Elle devrait séduire les automobilistes passés à la 125 par obligation qui souhaiteraient désormais s’essayer à plus puissant. Les motos écoles qui aiment les modèles économiques et faciles auront surement à cœur de changer leur parc actuel de ER5. Et n’oublions pas les femmes souvent plus petites qui pourront alors poser les pieds par terre à caque feux rouge. Les assureurs devraient se positionner assez rapidement sur le modèle et proposer des tarifs raisonnables pour ce modèle. Si le style plait, le prix annoncé pour son acquisition permettra d’avoir une petite compagne de route rebutée par aucun caprices. Restera ensuite à en apprécier la tenue dans le temps afin de vérifier que l’économie n’influera pas sur la qualité. Il reste fort probable que la ER6N soit la première de toute une lignée de machines équipées du même moteur, bien que les ingénieurs japonais deviennent subitement muets dès que l’on évoque ce sujet. Toutefois le fabricant cherchera à rentabiliser les coûts de développement de ce tout nouveau moteur. La logique voudrait, malgré leurs dires, qu’une version S voit rapidement le jour et que la KLE 500 se voit dotée d’un moteur de 650 qui lui donnerait plus de caractère qu’elle n’en possède actuellement. De toute façon ce moteur répond parfaitement aux normes Euros III entrant en vigueur en 2007 alors que les moteurs actuels de la marque n’y satisfont pas.
N’hésitez pas à donner votre avis sur les forums. Il semblerait que le modèle de couleur noire reçoive l’approbation du public français. Initialement la moto a été conçue en jaune. Marc Julien - 8 juillet 2005 Photos : Daniel Geiger, Jean Pierre Boulme, David Reygondeau |
[ Accueil ] ![]()
© Le Repaire des Motards
- David Morcrette 1999-2007. Tous droits réservés.
La reproduction, même partielle, de tout texte, image ou photo présents sur ce site est
interdite sans accord préalable.
Les logos, marques et marques déposées sont la propriété de leurs détenteurs
respectifs.
Dernière modification le 03-01-2007 .