Essais motards : Cédric« Quelle est la différence entre une blonde et une Raptor
? », entend t’on parfois plaisanter entre motards. «
Tout le monde n’a pas essayé une Raptor. » Et là,
y’a pas photo, c’est vrai !!! Les quelques modèles sortis en 2001, mais encore en stock chez
les motocistes ont donc eut du mal à s’écouler courant
2002 et la Raptor 650, si attachante mais déjà peu connue
est presque passée inaperçue aux yeux du grand public, quelque
peu frileux. On aime ou on aime pas, mais il faut bien avouer qu’il y’a une certaine ressemblance entre les deux, avec peut-être un avantage pour la Raptor et ses lignes tendues, travaillées, ses petits détails agressifs tels son compteur triangulaire, ses supports de cale-pied arrière en forme de griffes, son réservoir échancré au niveau du guidon… qui font son originalité. A y regarder de plus près, la finition n’est toutefois
pas si engageante, notamment au niveau des plastiques anthracites qui
entourent la selle et l’avant du réservoir, mais on se consolera,
ces dits plastiques étant en effet bien peu nombreux. Ici retravaillé par Cagiva au niveau de l’échappement (2 en 1 en 2) et de la carburation, il est en outre annoncé pour un peu plus de couple, notamment à bas régime. La sonorité semble un peu moins métallique que celle du SV, sans pour autant atteindre le son mélodieux de sa rivale italienne. Voici pour la présentation papier qui laisse déjà augurer un bon comportement sur la route. La route La mise en route, tout d’abord, comme sur toute Suzuki, on débraye
pour démarrer et le V-twin s’ébroue joyeusement à
travers ses deux splendides échappements. Le bloc compteur lui est plus surprenant avec sa forme supérieure en triangle : il laisse apparaître un gros compte-tour analogique au dessus de quatre voyants (clignotants, phare, neutre et réserve) bien visibles, surmontant un afficheur digital rétro éclairé de la vitesse et d’un des deux trips kilométriques partiels. La position de conduite en revanche est assez typée italienne ; la selle est basse (ce qui plaira au petits gabarits), les cale-pieds assez haut et le buste penché sur l’avant ; ni trop droit, ni trop en appuis sur les poignets, un peu comme sur une Mostro en fait. Mise en route, première…La boite est un modèle de douceur, de précision et de silence comme souvent chez Suzuki. Les commandes sont douces et le moteur volontaire. A basse vitesse, la Raptor se montre très agile du fait de son poids relativement limité (180kg à sec), de son train avant léger et de sa selle basse (775mm) ce qui en fait l’outil idéal en ville. Les changements d’angle sont aisés avec ce large guidon et ses pneus à profil triangulaire (Pirelli Dragon Evo) et le rayon de braquage est bien plus court que celui de la Mostro, largement handicapée en usage urbain sur ce sujet. Position de conduite La position est naturelle et la prise en main des plus aisées. Quelques tours de roue suffisent pour comprendre le fonctionnement de l’animal. Suspensions Les suspensions sont fermes et semblent d’avantage réglées pour l’efficacité en solo que pour le confort. La fourche ne plonge pas au freinage ou sur les inégalités de la route comme le fait celle de sa cousine la SV650. L’arrière ne pompe pas et l’ensemble semble très sain quoi qu’un peu secoué quand la route se dégrade. Qu’à cela ne tienne, il suffit de serrer les genoux et de ne pas se crisper au guidon et ça passe… avec une efficacité bluffante pour une si petite cylindrée. Il n’y a rien à en redire, rien à re-régler… et ça tombe bien, car seul le combiné ressort amortisseur arrière est réglable, et uniquement en précontrainte, dans le but d’accueillir un(e) passager(e) donc. Il faudra pour ça une bonne dose de courage et d’abnégation, car la place dévolue n’est pas des plus accueillante et ne dispose d’aucune poignée de maintien. Freinage Le freinage lui aussi est à la hauteur ; puissant et surtout plus mordant que sur la SV650, il est en plus secondé par les suspensions bien plus performantes. Il n’y a guère que le frein arrière qui soit critiquable en comparaison de celui de sa cousine nippone qui a là une référence de puissance… quoique assez peu utile en fait, vu l’important frein moteur, propre à déconcerter tout débutant d’ailleurs. Vive, alerte, maniable, avec un rayon de braquage satisfaisant (contrairement
au Mostro) notamment du au réservoir échancré, légère
de l'avant grace à son large guidon, basse de selle ce qui facilite
les manoeuvre à basse vitesse et les déplacements en ville,
la Raptor est, comme sa cousine Nippone, très à l'aise en
ville. C'est même pour ainsi dire un des ses terrains de prédilection.
Sa boite courte et son moteur respirant la santé en font en effet
un petit jouet se gaussant des 600 hypersports ne braquant pas ou nécessitant
de hauts régimes moteur avant d'exprimer leur potentiel. Les petites
routes laissent aussi dévoiler le potentiel de son moteur (en terme
de reprise notamment) et de sa partie cycle, ferme et rigoureuse. Un revètement
dégradé chahutera de fait franchement le pilote, mais sans
nuire à la stabilité de La Raptor n’est donc pas dessinée pour le duo, ni même pour le confort, pas plus que pour les longs trajets ; la protection y est en effet des plus limitée malgré le profil du compteur surmonté des ses deux petites excroissances de part et d’autre. C’est donc bien un petit roadster vif et bien suspendu qui fera merveille en ville et sur petites routes viroleuses. PratiqueLa Raptor dispose d'un réservoir (en plastique) de 19 litres (16
pour les premières SV650) avec réserve automatique (4 litres)
et indicateur au tableau de bords (un seul niveau contre 2 sur la ProtectionIl ne faut pas s'attendre à être à l'abris du vent
sur une Raptor : elle reste avant tout un roadster pur et dur, sans tête
de fourche ni carénage. La forme du compteur en pointe et les petites Duo On peut d'ores-et-déjà remarquer sur la Raptor l'absence
de poignée de maintien et la présence des deux pots juste
sous les cale-pied : talons interdit à l'arrière donc !
Contrairement à la SV et La Raptor n’est donc pas dessinée pour le duo, ni même
pour le confort, pas plus que pour les longs trajets ; la protection y
est en effet des plus limitée malgré le profil du compteur
surmonté des ses deux Conclusion : A peine plus chère qu’une SV650 mais bien mieux équipée
et bien mieux suspendue ; moins chère qu’une Mostro 620ie
mais mieux motorisée qu’une 750 Mostro, la Raptor 650 a tout
pour être une très sérieuse concurrente face à
ses deux best-seller, si ce n’est un manque de publicité,
une diffusion confidentielle et un cruel manque d’image. Elle n’a certes pas le coffre en bas et la sonorité d’un 2 soupapes à air made in Bologne de chez Ducati, mais elle se rattrape par son comportement dans les tours, son rapport qualité prix alléchant et sa fiabilité nippone. Elle est certes un peu plus chère et exclusive que sa cousine
du pays du soleil levant, mais elle est tellement plus efficace au niveau
de la partie cycle que l’écart de prix couvrirai et de loin
les modifications nécessaire à rendre la SV aussi rigoureuse..
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Dernière modification le 03-01-2007 .