Août
2002
La TT 600 est la première sportive créée par Triumph
en 2000 dans la catégorie des sportives 600 cm3... On aurait pu
croire qu'il s'agisse également d'un "trois pattes" mais,
non, Triumph s'est lancé dans la création d'une nouvelle
moto et d'un nouveau moteur... 4 cylindres à injection électronique...
et a essuyé les platres avec les premiers modèles... les
performances n'étaient pas au rendez-vous.
Pour le millésime 2002, la marque anglaise a repris le moteur
de A à Z avec l'ambition de la positionner sur le même créneau
que la CBR 600. Il fallait un essai pour voir si le pari était
ou non gagné.
Découverte
La première chose qui frappe lorsque l'on voit la TT 600.. c'est
sa discrétion. A la manière de la Daytona, Triumph a choisi
des robes de couleurs unies : noir et gris. Cela change radicalement des
décos des concurrentes. Quand on s'approche, on remarque surtout
les deux entrées d'air frontales disposées de part et d'autre
du carénage et la bulle qui s'apparente à une bulle haute.
Pour le reste, c'est une sportive 600 cm3 classique : carénage
intégral, guidon bracelets, large selle. Le compteur est un classique
Triumph : un volumineux compte-tours avec un zone rouge à 14000
tours, affichant la température d'huile et des témoins huile+injection,
complétés par un affichage digital pour le compteur de vitesse,
le totalisateur kilométrique, les deux trips et l'horloge. On regrette
juste l'absence de jauge à essence... surtout que le passage en
réserve est automatique et simplement signalé par un témoin
jaune au compteur. Le meilleur reste pour la fin : la TT600 dispose de
l'injection, une première pour la production de sportive 600 cm3.
En selle
La première bonne surprise vient de la position de conduite. Malgré
les bracelets, le poids du corps ne s'appuie pas sur les poignets qui
ne sont pas cassés dès les premières minutes. Le
buste est peu penché vers l'avant pour la catégorie sportive.
Les repose-pieds assurent un triangle parfait et sont gages de confort
sur la distance. La selle s'avère être large et particulièrement
confortable.
Contact
Les témoins s'allument au grand complet, le compteur digital se
réinitialise. Pas de starter bien sur : injection oblige. Embrayage,
démarrage. Béquille repliée (la sécurité
y veille automatiquement et éteint le moteur dans le cas contraire),
la moto s'ébroue doucement et part sur un filet de gaz.
Sur la route, les vitesses se passent les unes derrière les autres
simplement. La boite est précise sur tous les rapports et est discrète,
y compris sur le premier rapport, contrairement à la Daytona qui
ponctuait chaque passage en première par un sonore 'klonk'. En
fait, la moto met en confiance dès les premiers tours de roues
Elle se prend en main avec une facilité déconcertante et
autorise rapidement une conduite plus musclée. Il faut juste faire
attention aux premiers rapports, rapprochés, qui ferait déjauger
ou partir en wheeling sur un coup de poignet trop vigoureux.
Route
La
conduite en ville se révèle... confortable : un comble et
une exception pour une sportive. Ceci est du à la position de conduite
très peu en appui sur les poignets. Disponible dès 3000
tours, la moto se révèle joueuse et monte sans rechigner
dans les tours, sans jamais sembler s'essoufler... que l'on soit seul
ou en duo.
Sur autoroute, à 6000 tours et 130 km/h, (et à 8000 tours
de la zone rouge!) la moto tient son rythme de croisière tranquillement
et semble s'ennuyer terriblement. Si l'on garde un buste "droit",
le blouson de cuir commence à claquer au vent dès 140 km/h.
Car si la bulle haute assure une excellente protection au niveau du buste
et de la tête, elle protège peu en largeur... en position
haute du buste. Il est alors temps de coincer la tête dans la bulle
pour faire disparaître toute turbulence et faire grimper l'aiguille
du compteur en toute "quiétude".
Revenu sur nationale, on sent que la TT600 trouve enfin son milieu de
prédilection. Disposant d'un couple important même en bas,
elle autorise à enchainer départementales, entrées
et sortie de villages sur les hauts raports sans jouer du sélecteur
en conduite tranquille. Elle n'attend qu'un signal et un pied taquinant
le sélecteur pour lancer la turbine et monter dans les tours. Si
la TT600 broute facilement sous les 2000 tours/mn, elle prend ses aises
et pousse fort avec un bon coup de pied au cul dès 3000 tours sans
jamais s'arrêter avec un nouveau palier/poussée aux environs
des 9000 tours/mn. Accélérations et déccélérations
sont encore franches et nettes et nécessitent un contrôle
continu à ces hauts régimes alors que l'on se trouve encore
à 5000 tours de la zone rouge! Elle accepte sans rechigner de continuer
à grimper quelle que soit la vitesse engagée, mais c'est
alors le pilote qui fatigue... casque insonorisé requis pour les
oreilles martyrisées.
Légère, précise, elle se place sans surprise et
autorise des trajectoires approximatives sans problème. Elle met
tellement en confiance que l'on se retrouve à trop attaquer, rapidement.
En fait, la TT600 se conduit simplement, sans nécessiter un pilotage
pointu. Ce qu'elle gagne en polyvalence, elle le perd juste un peu en
précision.
En fait, la TT600 peut se conduire comme une GT, sur le couple, avec
un confort y compris en duo impeccable. Les reprises dès les bas
régimes permettent quand même de s'amuser. Et pour les essorreurs
de poignée, elle monte allègrement dans les tours avec une
zone rouge qu'il est difficile d'atteindre tellement elle semble avoir
toujours de la marge.
Confort
C'est
une sportive... réglée dure... Ce qui est gagné au
niveau comportement est un peu perdu au niveau souplesse. Mais la TT600
passe sans encombre l'épreuve des autoroutes et nationales. Elle
commencera à montrer ses limites sur départementales un
peu défoncées, ou le pilote risque de se tranformer en yoyo
sur selle au jeu des sauts sur les bosses : solide appui sur les repose-pieds
et jeu de jambes fortement conseillé pour conserver un dos en bon
état. Elle se place toutefois en tête du confort dans la
catégorie sportives 600 cm3 et en remontrerait même à
certains roadsters (comme la Speed Triple notamment).
En fait, elle est même tellement confortable qu'elle autorise des
longs parcours routiers/autoroutiers sans halte autre que le remplissage
du réservoir. Un Paris-Vannes d'une traite est ainsi possible,
avec simplement une halte de cinq minutes pour un plein.
Freinage
Le freinage est à la hauteur du reste de la machine : puissant.
Si le frein arrière est un honnête ralentisseur, sans plus,
le frein avant, aux étriers quatre pistons, offre un excellent
mordant sans jamais surprendre. Il autorise ainsi à prendre les
freins sans mesure et n'oblige pas un savant dosage pour freiner court
et sûr. Et cerise sur le gateau, la moto conserve son assiette en
toute circonstance, sans plonger sur les freinages apuyés.
Pratique
Le réservoir est en métal... autorisant l'utilisation de
sacoches magnétiques relativement volumineuses sans gêner
la vue, ni la position de conduite (haute). Par contre, toute sacoche
interdira de coincer la tête derrière la bulle, réduisant
l'utilisation de la moto aux vitesses légales sur autoroutes.
La trousse à outil est directement fixée sous la selle,
comme le livret d'entretien : ingénieux. C'est tout ce que vous
mettrez en dessous, hormis un petit antivol (le Abus Shark - homologué
assurance et FFMC - passe).
Consommation
C'est un 600 et un 600 qui aime se chercher dans les tours. Du coup,
la consommation en prend un coup, notamment par rapport à sa grande
soeur la Daytona. Ceci dit, en utilisation GT pendant l'essai et à
vitesse stabilisée sur autoroute, elle n'est passée en réserve
qu'après 250 km et s'est arrétée à la pompe
en passant la barrière des 300 km d'autonomie ! Il n'y a pas à
dire, l'injection c'est efficace ! Maintenant, en utilisation plus sportive
et au jeu du sélecteur, elle signalera le passage en réserve
dès les 190 km, révélant alors une soif plus importante
avec une consommation dépassant les huit-neuf litres au cent.
Conclusion
La
TT600 se révèle être la plus facile des sportives
au niveau de la prise en main. Au quotidien, elle autorise une utilisation
en ville, chose extrêmement rare pour ce type de machine. Elle ne
rechigne pas à faire des kilomètres et le Paris-Vannes peut
s'effectuer par la nationale en moins de temps qu'il n'en faut pour le
dire tout en gardant un pilote frais et dispo à l'arrivée.
Bref, cela ressemble à une hypersportive, cela peut se conduire
comme une hypersportive... mais cela se transforme facilement en GT sportive...
La TT600 constitue ainsi une excellente seconde moto, après les joies
d'un roadster par exemple, pour gouter au plaisir d'une sportive polyvalente
sans en désirer les inconvénients.
| Points forts |
Points faibles |
- polyvalence
- confort
- consommation
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- poignées passager en option
- l'absence de jauge à essence
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