Menu

Essai Triumph Bonneville SE

A mettre entre toutes les mains !!

Oui, je sais, je suis un peu trop partial pour écrire cet essai compte tenu de mon attachement viscéral à la marque anglaise mais je vais m’efforcer de vous convaincre quand même que la Triumph Bonneville SE est certainement La Machine idéale pour… un nostalgique des seventies (jantes à bâtons oblige !!), un jeune conducteur (pour peu qu’il ne veuille pas se la jouer Dark Vador), la chérie de mon cœur (si elle finit de passer son permis !!), le gus qui veut une bécane pour tous les jours (et qui réservera la BM pour les vacances et pour balader madame !!), celui où celle qui mesure moins d’1m65 (avec ou sans talonnettes !!) et même pour le motardus vulgaris qui se reconnaît aux mouches sur les dents... en bref c’est la bécane passe partout, roule toujours, va où tu veux... au gré du vent et des odeurs d’immortelles !!

Triumph Bonneville SE

Découverte

La selle est relativement large et permet de se déplacer sur une bonne longueur même avec un passager. Pour le reste la machine est une moto dans le sens le plus minimaliste. Ce n’est pas la peine de chercher la moindre protection ou d’espérer le moindre équipement de tourisme. Dans sa version basique vous avez le droit à un cadre, un réservoir, une selle, un guidon et deux roues... Vous me direz c’est l’essentiel. Si on consulte le catalogue des options alors là c’est presque la Redoute mais préparez vous à faire chauffer la carte bleue. Ma machine d’essai était équipé d’une selle confort qui était rembourrée aux noyaux d’abricots au lieu des pêches d’origine et de deux échappements Arrows qui lui donnait une sonorité fort agréable.

Triumph Bonneville SE

En selle

Les pieds touchent bien à plat par terre pour n’importe qui mesure un peu plus d’un 1,60 m. C’est pour vous dire combien on se sent en sécurité. A contrario, si l'on mesure plus d’1m75, cela peut provoquer à la longue quelques crampes au niveau des genoux. La bécane est remarquablement équilibrée et la manœuvrer à l’arrêt est un jeu d’enfant.

Le large guidon tombe parfaitement sous les mains et la position de conduite est très naturelle. Il est facile de mener la moto sans être en permanence en appui sur les avants bras, bien aidé en cela par la selle qui permet pas mal de déplacements. A aucun moment, même au cours des étapes les plus longues, je n’ai ressenti la moindre courbature due à la position de conduite.

Le tableau de bord de la Bonneville SE est très seventies. Hormis le petit voyant de défaillance moteur, vous vous trouvez au guidon d’une vrai machine à l’ancienne : un compteur, un compte tour avec zone rouge à 7.000 tr/min, un totalisateur partiel qui se remet à zéro à la roulette, quatre voyants … fi d’électronique et autres jauges dont nous abreuve la concurrence. A l’ancienne disais-je !!

Compteur Triumph Bonneville SE

En fait sur cette machine on ne regrette que deux choses qui auraient permis de jouer le jeu jusqu’au bout... Le robinet de réservoir et sa position réserve comme sur l’ancienne Bonnie à carbus jouent les abonnés absents (là il est remplacé par un voyant... heureusement assez visible) et le kick... mais cela, c’est depuis la renaissance de la Bonneville en 200 qu’on le regrette !!

Les larges rétroviseurs ont le mérite de refléter tout ce qu’il va se passer à l’arrière de votre machine et ils ne vibrent légèrement que lorsque l’on dépasse largement les vitesses autorisées.

Moteur Triumph Bonneville SE

Contact

A peine la clé tournée, la Bonneville SE fait son petit numéro d’initialisation comme toutes les motos à injections de sa génération puis le bicylindre s’ébroue... Il n’y a guère de différence avec l’ancien modèle à carbus. Les normes de pollution et d’environnement ont fait que le bruit émanant des échappements d’origine est complètement aseptisé mais le simple fait d’avoir monté le twin en Arrows le rend bien plus sympathique.

Vous vous ferez rapidement aux leviers larges et bien dessinés, réglables d’ailleurs pour toutes les mains. Le simple disque avant se commande de deux doigts et l’embrayage ne nécessite absolument pas une poigne de déménageur. Les commandes au pied tombent bien, même si on aurait préféré un sélecteur un tout petit peu plus grand. Les repose pieds ne vibrent pas.

Triumph Bonneville SE

En ville

La Triumph Bonneville SE est un vrai vélo; elle a la maniabilité d’un 125cm3 avec la pêche de sa cylindrée. Mettre une roue en 17 à l’avant - en lieu et place de la 19 - a rendu cette machine, déjà fort agréable à driver en version roues à rayons, d’une facilité déconcertante. Il faut dire que l'empattement s'est aussi raccourci et l'angle de colonne refermé. Le seul bémol est que le rayon de braquage s’est réduit. Du coup, pour manœuvrer à l’arrêt, il faut s’y reprendre à plusieurs fois. La moto étroite et agile se glisse dans le moindre trou de souris et le bicylindre très coupleux reprends dès 1500 tours sans rechigner pour vous faire vous envoler au rythme de n’importe quelle balle des périphériques. Vous évoluez ainsi au gré des embouteillages en 2 ou en 3 sans risquer le calage Et vous vous sortirez de n’importe quelle situation sur un filet de gaz. La ville, c’est un bon terrain de jeu !!

Triumph Bonneville SE

Autoroute

Même si quand vous allez commencer à tourner la poignée la patate du bipatte va commencer à fleurir du tubercule ce n’est tout de même pas un foudre de guerre. Comme en plus le passage à l’injection a largement gommé le « petit » coup de pied aux fesses des anciennes new bonnies passé un certain régime, l’accélération se révèle très linéaire. Mais n’est ce pas ce que l’on demande à ce type de machines ? Et pourquoi prendre l’autoroute avec cet engin ? C’est comme aller prendre plaisir à se mettre des coups de bâtons sur la tête !! Dépasser la vitesse réglementée reste largement possible. Je m’y suis amusé pour arriver à un bon multiple de 90, mais dans quelles conditions... J’avais la tête qui guignait le pare boue arrière, les bras qui s’étaient allongés de 5cm et les genoux qui ballottaient comme si j’avais des prémices de la maladie du triste Alois !! Pas fait pour cela disais-je... c’est confirmé !!

Départementales

Une fois le grand ruban quitté, vous trouverez le second terrain de jeu favori de la Bonnie SE : plutôt flatteur ce sont les petites routes départementales qui fleurent bon le ciste et la lavande sauvage... Eh oui, j’étais en Corse pour cette expérience...

La Bonneville sur ces routes - qui ne sont tout de même pas une vraie partie de plaisir en ce qui concerne le revêtement - donne une parfaite impression de sécurité. Je dirais même que l’insécurité vient de la trop grande facilité de la moto qui conduit quelques fois à des excès d’optimisme. Gaffe au freinage sur l’angle qui conduit irrémédiablement sur la voie interdite !!

Les freins, parlons en. Ils sont redoutablement efficaces et d’une exceptionnelle endurance. Le rythme peut être largement soutenu et la « petite » Bonnie donnera bien du fil à retordre aux sportives les plus exclusives pour peu qu’elle soit bien menée. Dans la mesure où on maîtrise bien l’engin à des vitesses adaptées - non pas aux capacités de la machine mais à celles du conducteur - la Bonneville SE est un remarquable engin de loisir de détente et de plaisir. Le petit roadster est agile, sécurisant, confortable, on ne fatigue pas à sa conduite… Pour peu que l’on s’adapte au fait de devoir refaire le plein tous les 200 km, il semble conçu pour vous emmener au bout du monde.

Triumph Bonneville SE sur route

Freinage

Fi d’ABS, on dose à la poignée et à la pointe du pied comme à l’ancienne... avec la possibilité de faire des freinages de trappeur mais également avec le feeling et la douceur d’une vraie machine de tourisme.

Freins Triumph Bonneville SE

Pneumatiques

La moto est équipée d’origine en pneus Metzeler à profil routier et surtout tubeless ce qui est désormais permis avec les jantes à bâtons : des pneus qui se révèleront excellentsen toutes circonstances. Le moindre coût des pneumatiques en monte d’origine n’est pas inintéressant en ce qui concerne le prix de revient général d’entretien de la moto par rapport à la concurrence.

Confort

La selle d’origine est d’un confort tout à fait relatif, d'autant plus que la selle est 25mm plus bas et plus près du sol. Celle proposée en option n’est guère plus agréable mais j’avais déshabillé ma propre Bonnie de sa large selle King and Queen made in Triumph et là j’ai retrouvé un bon confort qui m’a évité de me casser le séant au cours des 1500 km que j’ai effectué à son guidon sur l’île de Beauté !! Le passager est loti au même rythme qu’au conducteur. Il va essayer de s’accrocher à ce qui traîne mais lorsque le rythme va s’accélérer il ne lui restera plus comme solution que de cramponner le pilote et attendre que cela s’arrête !!

Triumph Bonneville SE

Pratique

L’aspect pratique de la bécane se résume à un seul mot... rien !! Pour soulever la selle il faut une bonne clé... alène !! Il ne reste plus qu’à équiper la moto d’une bonne sacoche réservoir et de deux sacoches souples ou de prendre l’option sac à dos... A l’ancienne on vous dit !! Le réservoir ne ferme pas à clé. Un blocage de direction est conçu d’origine mais c’est un coup à s’en mettre une si on oublie de l’enlever et que l’on part dans le bon sens !!

La Bonnie est pourvue d’une béquille latérale qui frotte allègrement au même rythme que les cale pieds et même du dessous du pot, mais là on frise carrément la correctionnelle !!

Réservoir Triumph Bonneville SE

Consommation

La capacité du réservoir est de 16 litres avec un voyant de réserve qui s’éclaire alors qu’il reste environ 4 litres dans le bidon. Cela donne 170 km avant de passer en réserve et la possibilité de faire plus de 50 km sur celle-ci. Je ne l’ai jamais d’ailleurs poussée dans ses derniers retranchements !! Sur la totalité de l’essai, la consommation moyenne s'est établie autour de 5,6 litres au 100, ce qui donne une autonomie relative d’un peu plus de 280 km. RAS !

Note : Le maximum tenté c’est 245 km de routes de montagne... au plein nous avons remis 14,25 litres... !!

Triumph Bonneville SE en Col

Conclusion

Cette machine se révèle à l’usage fort attachante. Dans la gamme des roadsters vintages pouvant s’adapter à un sympathique usage touristique la Bonneville SE va intéresser celui qui va chercher une machine capable de l’emmener au long cours comme cet autre qui va en faire une moto de tous les jours. En près de 3000 kilomètres effectués au guidon de la Triumph Bonneville SE en ne lui faisant aucun cadeau et en la poussant souvent dans ses derniers retranchements, nous n’avons pas noté un seul petit problème ni effectué la moindre maintenance... hormis un graissage de chaîne quotidien. C ‘est la preuve évidente que cette évolution de la Bonneville même si elle renie quelques peu le coté réplica de l’ancienne est une véritable réussite qui devrait avoir un bon petit succès. Cette machine est à même de contenter n’importe qui pour peu qu’il souhaite retrouver à un guidon une certaine saveur du passé !

Points forts

  • Tenue de route
  • Souplesse moteur.
  • Freinage
  • Aspect rétro.
  • Maniabilité
  • Mise entre toutes les mains

Points faibles

  • Equipement quasi basique
  • Garde au sol.
  • Un petit manque de caractère moteur.
  • Confort

Concurrentes : Triumph Bonneville T100

La fiche technique de la Bonneville

Notez cet article : Soyez le 1er à noter cet article

  • Currently 0.00/5

APRIL MOTO Calculez le prix de votre assurance Triumph Bonneville SE en 2mn avec APRIL MOTO

Commentaires

Vous devez être identifié pour pouvoir poster un commentaire et/ou voter. S'identifier Facebook