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Essai Triumph Bonneville T100

Bonnie ou Clyde ? Un essai de 5 jours

Répression oblige, les regards se détournent des sportives pour des motos plus classiques, clins d'oeils appuyés aux sixties... Triumph a ainsi misé sur des modèles rétro, dont la T100 est l'un des éléments phares et la version sport et luxe de la Bonneville.

La moto a récemment gagné 75 cm3 et surtout 9 chevaux depuis la Bonneville 800, offrant désormais 67 chevaux à 7.200 tr/mn pour un couple de 7,1 mkg à 6.000 tr/mn.

Triumph Bonneville T100

Découverte

La T100 attire immédiatement le regard par sa ligne de légende et ses nombreux chromes : roues à rayons, compteur analogique sur fond alu brossé, bouchon de réservoir chromé (sans clef), clef de contact sur la côté gauche du cadre, Neiman à droite, amortisseur spirales. Les longs échappements répartis de part et d'autre de la moto sont du plus bel effet. De loin, rien ne laisse supposer que « l'ancienne » dispose des dernières évolutions : injection, freins à disque...

La T100 gagne un réservoir bicolore et de nombreux chromes par rapport à la Bonneville "standard".

Le compteur dévoile une zone rouge à 7.000 tr/mn. Voilà, qui laisse imaginer plus de couple que de puissance haut dans les tours.

Les informations minimales y sont : totalisateur, trip partiel, voyant de passage en réserve et témoin d'huile. Côté comodos, ne cherchez pas le warning ni l'appel de phare, cela n'existait pas à l'époque.

Triumph Bonneville T100

Assis, la longue et large selle accueille agréablement le pilote à seulement 775 mm de hauteur. Du coup, les pieds touchent bien à plat à terre pour le pilote d'1,70m. Voilà, un modèle qui conviendra parfaitement aux plus petits gabarits.

Les rétroviseurs ronds se règlent facilement et offrent une visibilité réduite mais suffisante, et à tous les régimes, sans aucune vibration.

Les poignées sont épaisses, contribuant à cette impression globale de "grosse", valorisante.

Triumph Bonneville T100

Contact

Le bicylindre Triumph fait entendre le bruit de turbine si caractéristique de la marque, mais de façon plus discrète que le trois cylindres. Le 850 cm3 distille un doux ronronnement. Rien ne vibre. La béquille latérale se replie facilement et disparaît quasiment sous le tube d'échappement.

Première, seconde, la moto s'ébroue. La position de conduite se révèle bien droite, avec un guidon presque haut et bien large. Les pieds se trouvent plus écartés que les genoux qui enserrent le réservoir relativement plat. Il faut donc légèrement serrer les jambes vers l'intérieur pour maintenir la T100.

Triumph Bonneville T100

En ville

Les démarrages sont vigoureux sans surprise. La T100 tracte sans problème dès 1.500 tr/mn, trouve une impulsion dès 2.000 tr/mn et attaque allègrement la zone rouge si nécessaire jusqu'à 8.000 tr/mn. La première l'amène volontiers jusqu'à 70 km/h et la seconde jusqu'à 110 km/h (mais pas en ville).

La moto légère et étroite se faufile dans le moindre trou de souris sans aucune difficulté. La maniabilité est vraiment au rendez-vous. On se demande même où se trouvent les 230 kilos tous pleins fait. Même à l'arrêt et à la poussette dans le garage en pente, elle se déplace et se manie facilement. Un point qui la rend vraiment agréable en ville car les déplacements se font sans aucun effort ni fatigue.

Triumph Bonneville T100

Autoroute

La T100 s'élance vigoureusement sur autoroute, mais la vitesse a tôt fait de rappeler l'absence de protection. Les 130 km/h apparaissent ici comme le maximum raisonnable pouvant être encaissé par le pilote. Si la T100 n'est alors qu'à 5.000 tr/mn, soit à 2.000 tr/mn de la zone rouge et avec une bonne réserve de puissance, ce n'est pas le mode idéal pour le pilote, d'autant que la position droite fatigue au niveau du dos. Elle attendra alors volontiers le retour sur départementale.

Triumph Bonneville T100

Départementales

Car c'est bien sur départementale que la T100 trouve son terrain de jeu favoris.

Volontaire, maniable sans violence, elle enchaîne volontiers les virages, en prenant facilement de l'angle et raclant tout aussi facilement les ergots des reposes-pieds. Elle se balance naturellement, dispose de bonnes reprises et permet de jouer sans se faire peur.

Souple, elle accepte même volontiers de traverser les villages sur le dernier rapport à 1.500 tr/mn et 40 km/h. D'un coup de poignée de gaz, elle repart volontairement et peut rester osciller entre 3.000 et 4.000 tr/mn, à respectivement 80 et 110 km/h.

Et si l'envie de jouer prend soudain le dessus, elle trouve une nouvelle vitalité en allant titiller la zone rouge… au son des cale-pieds qui frotteront terre tout aussi rapidement.

Triumph Bonneville T100

Freinage

Contrairement à de nombreux modèles de la marque anglaise, le frein arrière freine bien, voire excellemment bien et bloque donc relativement facilement sur un freinage appuyé, à fortiori sur route humide.

Le frein avant à contrario se révèle offrir un excellent feeling avec une bonne progressivité, permettant des freinages d'urgence efficaces et sans plongée de la fourche avant; la moto restant stable. Et pourtant, c'est un simple disque 310 mm avec étrier à deux pistons, largement suffisant pour immobiliser l'ancienne.

freins Triumph Bonneville T100

Confort

La selle est épaisse mais les suspensions sont fermes. Du coup, les déformations de la chaussée sont bien ressenties. On se serait attendus à plus de moelleux au vu de l'énorme selle bien épaisse. Il n'en reste pas moins qu'il est tout à fait possible d'enchaîner 5 heures d'affilée sans souci et sans douleur particulière sur route normale.

La longue selle accueille volontiers pilote et passager au même niveau, sans aucun glissement de l'un ou de l'autre. De plus, la T100 offre un excellent comportement routier, sans plongée de fourche, même sur des freinages appuyés. Du coup, les accélérations et freinages peuvent se suivre de façon dynamique tout en restant agréables pour le duo. Elle préférera pour cette raison, les routes velours et la ville.

selle Triumph Bonneville T100

Consommation

La T100 n'incite pas particulièrement à tourner la poignée, même si le couple disponible partout donne envie de lui faire sortir les tripes par des accélérations franches. La consommation, aidée par l'injection se stabilise autour des 6,4 l / 100 km. En consommation urbaine, le témoin de passage en réserve s'allume ainsi dès 180 km. Il reste encore 60 kilomètres d'autonomie pour terminer d'avaler les 16,6 litres du réservoir.

Triumph Bonneville T100

Pneumatiques

Montée avec des Metzeler Z2, ils offrent apparemment une excellente longévité, au détriment du grip qui pourrait être amélioré, notamment sur le mouillé, et au vu des capacités de freinage de la moto.

Pratique

La selle ne se soulève pas... mais se dévisse. De toute manière, il n'y a aucune place de disponible. Il n'y a aucun crochet d'arrimage. En fait pour accrocher un sac, ce sont les bords du garde-boue arrière qui servent.

La poignée passager est en option, comme la béquille centrale.

Malgré ses 230 kilos tous pleins faits, elle est légère... se poussant facilement à l'arrêt et se relevant d'une chute éventuelle tout aussi facilement sans effort particulier.

Triumph Bonneville T100

Conclusion

Faire le choix d'un classic est un état d'esprit, presque un art de vivre. Loin des performances brutes des sportives et roadsters de dernière génération, la Bonneville et surtout la T100 devient vite attachante, d'autant plus que son moteur est un véritable régal au jour le jour : le couple d'un byclindre, un zeste de gniac et d'onctuosité. Et pour ceux qui en veulent encore plus, il est toujours possible de libérer le moteur avec un kit Mecatwin.

Elle se prend en mains avec une facilité déconcertante et malgré ses 865 cm3, offre la maniabilité d'une petite. Au final, on n'hésite jamais le matin à la prendre.

Les trajets quotidiens urbains et péri-urbains se font avec plaisir et les échappées du week-end s'envisagent volontiers pour musarder par les détours des petites routes, en solo et/ou duo à son rythme.

Seul son prix à 8690€ peut faire réfléchir, mais il reste alors encore la possibilité de se rabattre sur la Bonneville standard, à seulement 7790€.

Points forts

  • esthétique
  • prise en mains
  • agrément de conduite

Points faibles

  • confort
  • pratique

Concurrentes :

La fiche technique

Un essai par David Morcrette

Suzuki