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Essai Indian Chieftain Limited

Le bagger se remet à jour avec des évolutions esthétiques et mécaniques

V2, 1811 cm3, 84 ch à 5000 tr/mn, 150 Nm à 2100 tr/mn, 364 kilos à sec, à partir de 28 850 €

Avec le renouveau d'Indian, la marque de luxe du groupe Polaris jouait à la fois sur une histoire aux racines plus anciennes (Indian, c'est 1901, Harley, 1903) et des motos plus modernes dans leur conception. Mais le concurrent historique de Milwaukee a réagi, avec la génération des moteurs Milwaukee-Eight et la remise sur pieds de la gamme Touring dans sa totalité (automne 2016), suivi par celle des Softail, revues du sol au plafond à l'automne 2017.

Indian ne pouvait donc pas rester immobile : si les motos évoluent peu, le moteur a gagné en puissance et en couple pour 2018. Nous avons donc saisi l'opportunité d'en reprendre une à l'essai, pour jauger des différences.

Essai de l'Indian Chieftain Limited

Découverte

L'air de rien (je ne sais pas si vous, comme moi, vous allez rarement sur le site Indian et leur configurateur), mais la gamme s'étoffe avec une multitude de versions. Prenez la Chieftain, par exemple : ce bagger a été essayé sur Le Repaire dès sa sortie en 2014, avec cerise sur le gâteau via un gros roadtrip de 8.000 km à travers l'ouest américain ! Quand on essaye, ce n'est pas juste pour rigoler ! Mais depuis, il en existe une version Classic (avec selle monoplace, à 26900 €), une version Classic (selle biplace, roue avant de 16 pouces à 28450 €), une version Dark Horse au même prix (toute noire, avec roue avant de 19 pouces) et notre version Limited d'essai et sa finition étincelante, à 28 850 €. Mais ce n'est pas tout : ceux qui en veulent encore plus peuvent se tourner vers la finition Elite avec sa peinture nacrée et pailletée, à 34900 €, ce qui est un peu l'équivalent de CVO chez Harley-Davidson (mais là, la finition haut de gamme s'accompagne généralement d'un moteur encore plus gros que sur le reste de la gamme, comme on l'a vu dans l'essai récent d'une Road Glide CVO 117). Ça en fait, du choix !

Carénage de l'Indian Chieftain Limited

Pour le reste, à part l'arrivée du système mutimédia Ride Command, la moto est conforme à ce que l'on connaissait déjà. On notera la qualité de présentation, de finition, la profondeur des peintures, en dépit de quelques caches un peu plastique. Le feu arrière a un air d'ancienne pour rester dans le ton mais est à LED pour intégrer la modernité.

Arrière de l'Indian Chieftain Limited

En selle

Attention : l'engin est lourd et volumineux. Avec 364 kilos à sec, on fera attention lors des manoeuvres, pour mieux se rendre compte ensuite, de l'équilibre incroyable de cet engin qui possède une belle auto-stabilité à basse vitesse et qui se laisse manier dans une étonnante agilité, une fois que l'on a compris et assimilé les règles pour bien conduire un gros cruiser. On insiste sur l'agilité car avec ce type de gabarit, l'Indian est l'une des plus agiles de la catégorie, grâce notamment à une selle un peu plus basse que la moyenne qui permet d'avoir les pieds à plat pour un pilote d'1,70m.

Poste de conduite de l'Indian Chieftain Limited

Avant cela, on se sera familiarisé avec le tableau de bord. Le Ride Command reste aujourd'hui encore le système d'info-divertissement à la fois le plus complet, le plus moderne, le plus rapide et au maniement le plus intuitif sur une moto américaine. Oui, ça tourne un peu à la succession de compliments, mais il suffit de l'essayer pour en être convaincu. Et au moins, on n'a pas de molette de GPS datant d'il y a dix ans à manipuler.

Instrumentation de l'Indian Chieftain Limited

Autre point intéressant : sur le millésime 2018, les commodos ont été redessinés et sont désormais plus intuitifs, avec un joystick à gauche tandis que la commande de bulle électrique et de régulateur de vitesse sont à droite. Bulle électrique ? Eh bien oui : car contrairement à sa rivale préférée, la Harley-Davidson Street Glide qui sacrifie la protection sur l'autel du look, la Chieftain peut frimer en ville, bulle basse et offrir une meilleure protection sur route, bulle haute.

Moteur et transmission

Est-ce qu'un beau moteur est forcément un bon moteur ? C'est probable, du moins l'Indian plaide pour cette théorie ! Car et c'est surtout vrai du côté droit, ce moteur est une sculpture. Une œuvre d'art. Une cathédrale mécanique. Regardez le ciselage des culasses, la solidité des tiges de culbuteurs, regardez ces formes généreuses et ces fonderies surdimensionnées.

V-Twin de l'Indian Chieftain Limited

Certes, mais le meilleur est à l'intérieur : pour 2018, Indian revendique donc 15 chevaux de plus et 15 Nm de mieux, également, ainsi qu'une sonorité plus profonde. Ce qu'ils ont fait dedans pour en arriver là semble assez secret et ni les concessionnaires ni le dossier de presse n'en parlent avec précision. Il n'empêche : le résultat est bien là, avec un velouté à bas régime et une force à mi-régime qui sont réellement impressionnants. Au ralenti, à 800 tr/mn, le V2 glougloute avec des accents qui sont à mi-chemin entre le bon vieux V8 culbuté et le bateau Riva. On peut, la comparaison semble évidente, ne s'empêcher de l'imaginer face à un bloc 107 Harley : il me paraît plus onctueux, plus soyeux, plus vif.

Moteur de l'Indian Chieftain Limited

Par contre, il est accouplé à une boîte 6 à laquelle on peut faire le reproche de ne pas offrir de sélecteur double branche, alors que ça fait partie du plaisir de conduire ces grosses routières US.

En ville

Comme souvent, on est vite épaté, une fois passées les premières craintes devant le gabarit et le poids du bestiau, de voir à quel point ce type d'engin se révèle finalement assez maniable. Et c'est bien entendu le cas de cette Chieftain Limited qui, si elle ne sera jamais la reine de la rue de Rivoli un vendredi soir, arrive malgré tout à se sortir avec les honneurs des escapades urbaines, malgré sa largeur (1 mètre). On note toutefois que le rayon de braquage, lors des manœuvres, me parait inférieur à celui d'une Street Glide. Par contre, les manoeuvres à très basse vitesse sont plus faciles que la Street Glide.

Essai de l'Indian Chieftain Limited sur route

Sur autoroutes et grandes routes

Voici la Chieftain Limited dans son élément. Contrairement à une Street Glide, la bulle électrique permet de gagner quelques centimètres de protection supplémentaire et c'est toujours cela de pris sur autoroute et grandes routes. Le gros V2 tourne un poil au dessus de 3000 tr/mn aux 130 km/h légaux (c'est quelques dizaines de tours de plus qu'en face), les valises de deux fois 32 litres pleines de petites affaires, on installe le régulateur de vitesse et on est bien, Tintin, on vise l'horizon. La selle est confortable, les suspensions aussi, tout va bien. Un téléphone branché dans la petite cavité au-dessus du tableau de bord permet d'écouter sa musique. Bref, ça baigne dans l'huile.

L'Indian Chieftain Limited en courbe

Sur départementales

Dès leur arrivée sur le marché, les Indian "new gen" ont séduit par leur châssis très moderne : la structure en aluminium permet une belle stabilité (en gros, la moto ne se dandine pas autour de sa colonne de direction lors des entrées en courbe) et la garde au sol, sans être exceptionnelle, est toutefois un chouia meilleure que celle d'en face. Cela n'en fait pas une sportive pour autant, mais une machine qui reste saine, tant qu'on la manipule avec les égards dus à son style. En gros : sacrifier les entrées en courbe, toujours garder un peu de marge en cas de virage qui viendrait à se resserrer et lâcher le gros couple en sortie de courbe. Là, l'Indian dévoile une seconde facette de son moteur revu pour 2018 : un bon punch entre 3 et 5000 tr/mn, assorti à une bande son qui va vraiment bien !

L'Indian Chieftain Limited en virage

Partie-cycle

Les modifications 2018 n'ont pas touché le châssis : on se retrouve donc, comme avant et c'est très bien ainsi, avec une grosse fourche télescopique débattant sur 119 mm et un amortisseur arrière qui travaille sur 114 mm. Les pneus sont confiés à des Dunlop, de 180/60 x 16 à l'arrière et de 130/60 x 19 devant (on notera que la Chieftain Classic repose sur une roue de 16 pouces à l'avant). Pas de suspensions pilotées ni de trucs très compliqués : c'est efficace comme ça, voilà.

Manoeuvre avec l'Indian Chieftain Limited

Freins

On trouve des disques de 300 mm partout, pincés logiquement par un étrier à deux pistons à l'arrière et deux étriers à 4 pistons à l'avant. L'ensemble est satisfaisant, tant dans sa puissance que dans son dosage, eu égard aux performances et à la vocation de la machine.

Selle de l'Indian Chieftain Limited

Confort et duo

La Chieftain Limited est très confortable et elle surpasse même ici, largement, d'ailleurs, sa concurrente historique de Milwaukee : la selle est meilleure, les suspensions aussi, la petite bulle électrique est un plus, bref, ça le fait carrément. A ce niveau de tarif, on apprécierait toutefois des poignées chauffantes de série.

Consommation / autonomie

Avec 20,5 litres dans le réservoir, une jauge à essence et un indicateur d'autonomie, la Chieftain Limited permet de voir venir. A minima, comptez 300 kilomètres d'autonomie, ce qui reste un poil inférieur à une Street Glide.

Réservoir de l'Indian Chieftain Limited

Conclusion

Si, tout au long de cet essai, la comparaison avec une Street Glide fut le fil rouge, c'est que c'est une évidence : les deux marques américaines se livrent une guerre sans pitié et la Chieftain Limited est une réponse au bagger de Milwaukee, qui constitue, on le rappellera, la meilleure vente de la marque à l'échelle mondiale. C'est dire l'enjeu auquel est confronté cette Indian. Si la Limited est un peu plus chère, les deux motos sont d'ailleurs au même tarif dans leur version "de base" : 26 890 € pour la Harley, 26 900 € pour l'Indian. Ce n'est pas le tarif qui permettra de les départager, mais le coup de cœur ou l'attraction et la fidélité à une marque plutôt qu'à une autre.

De notre côté, difficile de ne pas admettre que le moteur "111" 2018 de l'Indian est une pure réussite. Souple, onctueux, sonore comme il le faut mais pas trop, plein et vif à mi régime, c'est un régal en permanence. De plus, l'Indian est mieux équipée, plus confortable, plus moderne (avec un GPS qui s'active en quelques secondes seulement) et tient un peu mieux la route. Bref, d'un point de vue rationnel, l'affaire est pliée. Mais on est dans un segment de moto où l'émotion et l'affectif jouent encore une grande part. Et c'est très bien ainsi...

L'Indian Chieftain Limited sur route

Points forts

  • Look soigné
  • Équipement complet et moderne
  • Bulle électrique, verrouillage centralisé...
  • Confort de haut niveau
  • Moteur fantastique
  • Tenue de route sûre

Points faibles

  • Quelques détails de finition (feu arrière cheap)
  • Pas de sélecteur double branche

La fiche technique de l'Indian Chieftain

Conditions d’essais

  • Itinéraire: une semaine d'essai avec du quotidien dans Paris et une balade dans le Morvan le dimanche
  • Kilométrage de la moto : 1700 km
  • Problème rencontré : aucun

La concurrence : Harley-Davidson Street Glide, Moto Guzzi MGX-21

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Commentaires

freewind78

Effectivement un moteur magnifique, mais alors pourquoi gâcher cela avec une plastique hideuse et des plastiques hideux et cette couleur criarde?

03-09-2018 11:38 
Phil G

Bah, les goûts et les couleurs. Et il y a des livrées plus sobres au catalogue.
Merci de nous suivre,
Philippe

04-09-2018 14:30 
dom

Bravo pur votre analyse je confirme vos propos, J'ai essayé l'indian Roadmaster 2018 , d'abord merci pour l’accueil du concessionnaire 67. Je roule en sportive sur piste , en raodster sur route et en scooter 125cm3 pour le taf, si si. Autant vous dire un grand moment d'appréhension,en enfourchant la bête, avec en plus madame (50 KG)comme passagère. Le vendeur m'a bien briffé, nous a programmé un parcours sympa, intelligent . Premier tours de roues , w ouah! c'est énorme, Stop ,ouais faut bien rester cool... démarrage , bifucation à droite ,oups ahhh pas mal , gaz ça tracte ok... rond point / Freins, faut bien freiner de l'avant et de l'arrière ... freinage étonnant, ça freine ... et c'est reparti,voie rapide histoire de se mettre en confiance quel plaisir , on prend une route sinueuse , magnifique d'agilité un grand smille illumine mon visage,de mon épouse aussi quel confort,j'ai essayé le GPS une référence de rapidité de maniabilité, la radio de bord , l'ordi de bord, j'ai roulé pendant 3 bonnes heures dont 20 dans en bouchon, au début j'ai pas osé mais j'ai vite craqué et fait de l’inter file, quel équilibre ,je suis revenu en concession épaté... Un vrai bonheur , le vendeur :et alors ? bluffé, convaincu ,un futur achat ...Depuis le 80 km/h je cogite;

17-09-2018 21:22 
dom

Indian des motos vraiment magnifiques pour tous les goûts et les couleurs, l'ordinaire est partout l'extraordinaire est chez Indian ...
Dom

17-09-2018 21:27 
 

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