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Des marqueurs salivaires pour détecter la fatigue

Baisse de la concentration, somnolence, hausse de l'agressivité...

Une étude scientifique met en avant la détection du manque de sommeil

Des marqueurs salivaires pour détecter la fatigueSi l'alcool et la vitesse sont principalement mis en cause par les pouvoirs publics comme responsables de l'accidentalité, on sait que sur autoroute, c'est la somnolence qui est la première cause de mortalité.

D'ailleurs, ce point est régulièrement étudié par les sociétés concessionnaires à l'image de la Fondation VINCI Autoroute qui mène un programme de recherche scientifique sur la prévention de la somnolence et de l'inattention sur la route.

La fondation dévoile aujourd'hui les résultats d'une étude sur le dépistage biologique de la privation de sommeil menée en laboratoire par le Centre du sommeil de l'Hôtel-Dieu - Université Paris Descartes.

Il apparait que la privation partielle de sommeil pendant deux nuits consécutives modifie les marqueurs biologiques de la salive. Cette étude confirme également que cette privation augmente le stress et l'inattention.

Concrètement, il apparait que les taux de cortisol et d’α-amylase naturellement présents dans la salive chutent de façon importante (respectivement -37% et -15%) après que le sujet ait été contraint de ne dormir que 3 heures deux nuits consécutives

Bernadette Moreau, déléguée générale de la Fondation Vinci Autoroutes :

Au-delà des perspectives prometteuses pour progresser dans l’autoévaluation du niveau de somnolence, cette étude confirme les effets délétères de la privation de sommeil qui peuvent avoir des conséquences graves lorsque l’on conduit : endormissement, mais aussi moindre capacité à réagir face à un évènement et agressivité au volant. À la veille des départs en vacances de Noël, ces enseignements méritent d’être partagés avec le plus grand nombre, surtout quand on sait que plus de 8 conducteurs sur 10 se couchent plus tard ou se lèvent plus tôt que d’habitude lorsqu’ils partent pour un long trajet.

Parallèlement, les sujets ont également été soumis à d'autres tests comme l'évaluation subjective de la somnolence selon l'échelle de Stanford. Il en ressort que le niveau de somnolence augmente de 72% et la fréquence des oublis grimpe de 120%. Le sujet réagit également deux fois plus à des "fausses alarmes" (en l'absence de stimulus). Sur le plan comportemental, la fatigue ressentie et le niveau de tension sont multipliés par 3, tandis que l'agressivité et les états confusionnels sont deux fois plus importants.

Professeur Damien Léger, responsable du Centre du sommeil de l'Hôtel-Dieu :

Cette étude confirme que la privation de sommeil provoque une modification biologique dans notre organisme dès les premières heures. Elle nous conforte dans la poursuite de recherches sans pour autant permettre, à ce stade, d’élaborer des outils individuels de prévention des accidents liés à la somnolence.

L'incidence de la fatigue sur la conduite étant établie et alors que l'on sait désormais mesurer celle-ci par des marqueurs biologiques, on pourrait facilement imaginer l'instauration d'une nouvelle catégorie d'infraction et les contrôles qui vont avec. Fort heureusement, ce n'est pas l'optique recherchée par la fondation qui préfère miser sur la pédagogie en rappelant quelques conseils simples pour limiter les risques sur la route :

  • Faire une nuit complète de sommeil la veille du départ,
  • Eviter de partir la nuit (entre 22h et 6h),
  • Effectuer des pauses régulières tout au long du trajet, au minimum toutes les deux heures,
  • S’arrêter sur une aire dès les premiers signes de fatigue,
  • Ne pas hésiter à changer régulièrement de conducteur.

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