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Conseils à un nouveau motard

Tu ne peux compter que sur toi-même.

Ne crois pas ce qu'ils te disent : ils n'en savent pas plus que toi, dans le fond. Tu ne peux compter que sur toi-même.

Conseils à un nouveau motard

Ils te diront que wohah les chevaux. Wohah ! Mais non. Ne les crois pas. Les chwo ne veulent rien dire. C'est un chiffre commode pour ceux qui n'y connaissent rien, juste pour qu'ils puissent faire wohah avec les autres. L'important c'est le couple et son régime. Choisis-le le plus élevé possible et au régime le plus faible possible. 4.000-5.000 tours c'est l'idéal. Le secret est là : un maximum de couple le plus bas possible dans les tours.

Ils te diront que hahaha 300, hohoho 250. Que le minimum c'est 650 et encore, qu'en dessous c'est pfuiit ! Ces sont des ignares. Ils ne savent rien : ils répètent les bobards des constructeurs. Ils répètent wohah 1000 haha 300 sans savoir, sans avoir essayé, parce que 1000 = grosse stouquette. S'ils savaient. S'ils savaient qu'une 250 t'apprend plus qu'un 1000. Que le 250 t'inculques la vigilance partout tout le temps, l'art du rapport passé juste au bon moment, du rétrogradage chiadé, de l'anticipation, de la mesure de ton élan. La 250, c'est l'école de la route.

Ils te diront que wohah la nouvelle Ceci-cela. Avec des trucs électroniques qui font des choses : les constructeurs en sont réduits à cela -mettre sur leurs motos des trucs électroniques qui font des choses parce qu'ils n'ont plus rien à inventer. Alors qu'en fait, pfuiit les trucs électroniques. Compteur -c'est obligatoire, compte-tours -c'est utile, trois voyants et c'est tout. Préfère le fiable, la moto en production depuis cinq ans sans gros changement parce que cela signifie que c'est une bonne moto. Celles qui changent tout le temps ne sont pas des motos mais des accessoires de mode.

Ils te diront beurk les scoobites. Parce que. Parce que voilà : beurk les scoobites. Beurk, quoi ! Parce que petites roues, parce que boîte à pédale + embrayage à levier = bien. Alors qu'essaye ? Peut-être que ça sera bien pour toi, alors il ne faut pas les écouter : ils ne savent rien. Peut-être même qu'un trois-roues ça serait bien pour toi. Faut pas les écouter. Ils répètent beurk scoobite parce que d'autres disent beurk scoobite, comme des disques rayés. Essaye, tu verras. Essaye en ville, essaye sur route, essaye même en montagne parce qu'un scoobite ça frotte vite alors il faut faire attention.

Ils te diront wohah la route très vite, en bande, comme dans les films, comme des corbeaux -tous en noir qui fait peur. Mais ne les suis pas. Pas tout de suite. D'abord, apprends. Apprends à séparer la grosse boule de sensations qui te tombe dessus au début. Qui t'arrive en pleine tronche. Apprends à séparer les vibrations dans les mains de celles dans les fesses et dans les pieds. Apprends les vibrations sur le bitume, sur le pavé. Attention aux plaques métalliques sous la pluie ; aux bandes blanches, aux stries longitudinales qui happent ta roue avant, aux rails de tram, aux séparateurs, aux plots. Après, seulement, après tu pourras rouler avec le pack. Wahou la route en groupe, avec les Rossi de la ligne droite et les Yorkshires sous amphétamines.

Ils te diront que wohah la route en groupe, en nuées, en route pour le Bol ou les 24 Heures, comme des étourneaux. Mais plus tard. Pas tout de suite. Après avoir appris qu'en selle tu es seul. Seul face à la route et ses dangers. La route et ses pièges. La route prête à te manger pour un rien, juste parce que tu es là à ce moment-là. Tu iras par terre. Une fois, deux fois, trois fois. Peut-être moins facilement au fil des kilomètres, parce que tu auras appris les pièges, la limite. À chaque tour de roue, la route peut te rappeler que c'est elle qui décide de te laisser la vie, en équilibre sur tes deux roues. Alors laisse-les partir devant. Tu as le temps et rien à prouver, surtout pas à la route. Tu as tout le temps de devenir comme eux à ton tour.

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