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Kronik : Tu me prêtes ta moto à vendre ?

Difficile d'innover dans la presse moto. Sorti des essais et des comparatifs, que faire d'autre ? Et si j'essayais des motos en vente sur le Coin-coin ?

Kronik : Tu me prêtes ta moto à vendre ?

Dans la presse moto, l'usage est d'essayer des motos raides neuves, de faire des comparatifs, éventuellement d'essayer des vieilles gloires ou des occasions récentes ; quelques-unes ont droit à un démontage à 100.000 ou 200.000 km. Il y a quelques exceptions, comme Fred Tran Duc. Je n'imagine toutefois pas un Top Gear sur deux roues, aussi cocasse que soit l'idée de jouer aux fléchettes avec des R6, d'essayer transformer une S 1000 RR en sportive ou d'étudier la fiabilité des Pagéniale d'occaze en traversant le Kalahari sur les jantes.

Je me demandais donc il y a quelques jours quel genre d'idée saugrenue pourrait bien renouveler le genre. Je me paluchais une fois de plus le portefeuille sur les pages du Bon Coin quand je tombais sur une annonce concernant une CBR 250 avec bulle haute et top-case, un modèle qui fait partie des remplaçantes potentielles du Bourgeman. J'imaginais appeler le vendeur et lui proposer un petit tour pour goûter au mono 250 quand la machine à Kroniks, qui tourne en tâche de fond dans la sauce blanche qui me sert de cervelle, ajoutait, inopinément : "et en plus ça ferait un ninja-essai à raconter". Mais pourquoi m'arrêter à cette seule CBR ? Pourquoi ne pas essayer, une fois par mois, une bécane prise presque au hasard dans les annonces du Coin-coin ?

L'idée serait de montrer l'envers du décor, d'écrire les anti-essais de nouveautés. Les bécanes en fin de vie, les occasions impossibles à vendre qui traînent des mois, l'annonce mise à jour épisodiquement par un vendeur encore espérant, les bidules que je ne savais même pas qu'il pouvait en rouler encore. Et puis, province oblige, déterrer quelques bijoux dans des états de conservation surprenants, comme cette RG 125 Wolf nickel, cette Diversion 600 premier modèle (avec les petites extensions de carénage) avec 32.000 kilomètres ou ce 11 R tout d'origine et bichonné affichant 128.000 bornes.

C'est en partie ce qui me gêne dans la presse moto : ils essayent des exemplaires "presse" particulièrement choyés et dans des conditions qui n'ont rien à voir avec celles de l'acheteur. Ils n'ont pas (trop) à se soucier de la chute, l'entretien fait au mieux l'objet d'un petit encadré en fin d'article avec le prix de la casse et la consommation -la deuxième source de dépense après l'achat et souvent même la première en cas d'achat d'occasion- est mentionnée au passage.

Faire des essais de motos d'occasion à vendre pose évidemment des problèmes d'assurance. Mais pas seulement : il est délicat d'un point de vue moral d'étaler au grand jour les failles et défauts d'une machine. Le vendeur ne goûtera pas forcément la publicité. Si je tombe sur une merguez état concours, vais-je l'écrire ? Vais-je saisir l'occasion de la dépeindre façon Joe Bar Team ? Or, pour "vendre" au lecteur l'essai -par exemple- d'une 350 DR S sans démarreur électrique en état mouais-bof, il faudrait rendre ça comique, soit à mes dépens, soit à ceux de la moto.

Dernier écueil : j'apprécie de rouler sur des motos mal-aimées : petits cubes, productions exotiques, modèles oubliés, généralement entre 125 et 500 cm3. Qui aura envie de lire l'essai d'un Gilera 250 GP ou d'une bête CB 500 F stock affichant 45.000 bornes ?

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