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Le coût de l'insécurité routière

Un mort coûte-t-il plus cher qu'un blessé ?

L'insécurité routière coûte chaque année près de 50 milliards d'euros en France, soit 2.2% du PIB

Pour se défendre de leur politique de répression, les pouvoirs publics mettent en avant l'importance de l'accidentalité routière qui coûterait chaque année à l'Etat français près de 50 milliards d'euros, soit 2.2% du PIB. Info ou intox ? Quel est vraiment le coût des accidents de la route ? Un mort coûte-t-il plus cher qu'un blessé ? Focus sur l'aspect financier de la sécurité routière et du prix de la vie humaine...

Le coût de l'insécurité routière

La méthode de calcul

Le SafetyCube Project, un projet de recherche mené par la Commission Européenne sur le domaine de la sécurité routière, détermine les différents facteurs à prendre en compte pour estimer le coût de l'insécurité routière. Ces données sont d'ailleurs prises en compte en Europe depuis 1994.

Critères pris en compte dans le calcul du coût de l'insécurité :

  • Coût médical
  • Perte de production
  • Coût humain : coût immatériel, baisse de la qualité et de l'espérance de vie
  • Coût administratif : police, pompiers, assurance...
  • Dommages matériels : aux véhicules, infrastructures...
  • Autres coûts : congestion du trafic, frais funéraires, indisponibilité du véhicule...

Ces différents points permettent ainsi à chaque pays de déterminer avec plus de précision le coût direct et indirect résultant d'un accident de la route.

Valeurs moyennes du coût de l'insécurité routière en Europe

Coût médical Perte de production Coût humain Dommages matériels Coûts administratifs Autres coûts Total
Accident mortel 11.757 € 727.616 € 1.809.467 € 17.542 € 8.891 € 3.817 € 2.579.089 €
Accident corporel grave 19.158 € 50.285 € 263.945 € 11.143 € 5.557 € 709 € 350.796 €
Accident corporel léger 1.957 € 3.629 € 21.212 € 7.231 € 2.677 € 634 € 37.340 €
Accidents PDO (dommages matériels uniquement) 0 € 0 € 0 € 2.795 € 764 € 40 € 3.960 €

En France

En s'appuyant sur ces données de base, sur la méthodologie d'évaluation et sur les résultats généraux de l'accidentalité routière, en France, le coût de l'insécurité est estimé à :

  • 3,241 millions d'euros par personne tuée sur les routes
  • 405.180 euros pour un blessé hospitalisé plus de 24 heures
  • 16.207 euros pour un blessé léger
  • 4.970 euros pour les dégâts matériels

Par ailleurs, pour déterminer le coût total de l'insécurité routière quelques ajustements sont réalisés. En effet, les travaux menés par l'Ifstarr sur les données des hôpitaux et les données du fichier BAAC (forces de l'ordre) ont montré que le nombre de blessés recensés par le fichier BAAC était inférieur à la réalité puisque les forces de l'ordre ne sont pas toujours appelées en cas d'accident non mortel. Ainsi, pour son calcul du coût total, l'ONISR multiplie par 4 le nombre de blessés et par 2 celui des personnes hospitalisées par rapport aux relevés BAAC.

En 2016, les accidents de la route ont ainsi coûté l'équivalent de 38,3 milliards d'euros à la société de façon générale :

  • 11,3 milliards d'euros pour les accidents mortels
  • 22 milliards d'euros pour les hospitalisations
  • 3,8 milliards d'euros pour les blessés légers
  • 1,1 milliard d'euros pour les dégâts matériels résultants d'accidents corporels

A ces valeurs, l'Etat estime un total de 10,4 milliards d'euros supplémentaires liés aux accidents uniquement matériels n'ayant fait aucun blessé. Selon ce calcul, l'insécurité routière coûterait donc 48,7 milliards d'euros chaque année, soit l'équivalent de 2,2% du PIB français.

Autre chiffre qui fait réfléchir, mais les accidents génèrent 6 millions de jours non travaillés pour les entreprises avec les coûts afférents. Et les assurances versent plus de 5 milliards d'euros d'indemnisations chaque année.

Gare au langage politique !

Si l'Etat se justifie souvent de ne pas verser dans la quête de la rentabilité en avançant ce chiffre pharaonique de 48 milliards, il ne s'agit pourtant pas du montant réellement dépensé chaque année par les pouvoirs publics, mais du coût global que représente l'insécurité routière pour la société française. En effet, ce chiffre intègre tous les critères précédemment cités, comme le coût pour les assurances, les frais funéraires ou encore des coûts immatériels et la perte de production estimée. Clairement, l'Etat n'intervient pas financièrement sur ces points et insinuer le contraire n'est qu'une façon de détourner la vérité pour justifier une action politique pas forcément fondée.

Et en Europe ?

Au sein même de l'Europe, les valeurs sont très variables selon les pays et l'on constate des écarts énormes. Ainsi, dans le cas de gros accidents, le coût d'un blessé grave peut varier entre 28.205 € en Lettonie et 975.074 € en Pologne. Le coût médian d'un blessé grave sur la route en Europe étant de 254.777 euros.

Pour ce qui est de la mortalité routière, le coût d'un tué sur la route varie quant à lui entre 700.000 euros en Slovaquie et plus de 3 millions d'euros en Autriche. Ces écarts s'expliquent par les différences qui existent dans chaque pays sur la définition de ce qu'est un accident grave, les critères pris en compte dans le calcul du coût ou encore la méthodologie de calcul des différents critères.

Infographie : le coût de l'insécurité routière

Plus d'infos sur l'accidentalité routière

Commentaires

AsterX

Petit oubli dans cet article : les accidents de la route font augmenter le PIB (tout comme une destruction d'immeuble, etc) ! Si, si, c'est le recyclage morbide et cynique du capitalisme et ça fait réfléchir, non ? Il est donc assez difficile de quantifier le coût réel de l'accidentalité routière.

06-02-2018 08:48 
L'iguane

C'est presque moins moche un FZ1 vu de dessous...

06-02-2018 09:35 
CLEW

Salut,

Un tableau que j'ai bien du mal à comprendre puisque rien n'est expliqué quand à la méthodologie de calcul. Je ne comprends pas non plus qu'un mort revienne plus cher en coût administratif qu'un blessé. Un dossier avec un mort est plus simple à gérer (pas plus facile).
Quant à la perte de production... et que dire du coût humain par essence subjectif.

06-02-2018 09:48 
waboo

Citation
L'iguane
C'est presque moins moche un FZ1 vu de dessous...

Enorme !

J'adore. J'adhère.

100% JBT, 100% motard, 100% free.

Cool.

06-02-2018 10:44 
BIG83

Salut
Effectivement j'aimerais savoir comment un mort fait dépenser de l'argent à l'état question
On me dit qu'un gus sans casque avec la tronche écrasée entraînant 2 mois de soins coûte plus cher qu'un gus qui tape avec son casque et qui ne fait que 24 h d'observation, c'est facile à comprendre.
Un mort, non, j'pige pas trop.

V

06-02-2018 10:48 
Rackham

Mmmmouai, a part pour servir à la com du gouvernement, je vois pas très bien en quoi ces calculs sont pertinents.
- Prend-t-on en compte les chômeurs, c'est un coût en moins pour la société
- L'activité des centres hospitalisés et funéraires amènent de l'activité et donc des taxes.
- Plus de coût vieillesse (retraite, problème de santé)
- Véhicule à remplacer, impact sur la consommation

Bref le nombres de paramètres à prendre en compte pour avoir un chiffre réaliste semble bien trop important.

06-02-2018 12:24 
james_bar

Le coût d'un accident mortel est justifié par le fait que la personne ne sera plus capable de produire aucune richesse (plus de salaire, plus de paiement d’impôt et de taxes). Tout cela alors que l'état avait déjà investi de l'argent pour son éducation et autres services fournis par l'état.
Et évidemment ce coût est une moyenne, nos vies n'ont pas toutes la même valeur pour un état.

06-02-2018 13:41 
BIG83

Salut
Ben disons que sans extrapoler sur ce qu'est le manque à gagner d'un mort, On peut simplement s'arrêter au coût "réel" d'un accident.

-Coût des intervenants sur l'accident : FdO, secours, DDE, etc...
-Coût des soins : hospitalisation, soins intensifs, opérations, réeducation....
-Coût de l'handicap. ( Un gros morceau aussi....)
-Coût sur les infrastructures détruites...
...

Bref, y'a assez de concret pour le chiffrer.
V

06-02-2018 14:22 
waboo

La première raison pour laquelle tous ces incapables et malhonnêtes nous gavent est, et c'est la vérité (déclarée en réunion de "spécialistes"), le coût des accidents sur les finances de l'état.

Quand ils disent sauver des vies, comprenez, sauvez les comptes.

Rien d'humaniste là dedans. ET rien de logique.

Pour dépenser moins et protéger (vraiment donc), il faut former. Mais ça, c'est une vison à long terme. Et un mandat ne dure que 5 ans.

06-02-2018 14:30 
BIG83

Salut
Pourquoi crois-tu que la ceinture et le casque sont obligatoires ?
V

06-02-2018 16:22 
Monsieur_C

"Coût des intervenants sur l'accident : FdO, secours, DDE, etc... "
Ouais enfin qu'ils se déplacent sur les lieux de l'accident ou qu'ils restent à la caserne ils sont payés pareil, la différence à la limite c'est l'essence utilisée...

06-02-2018 16:23 
heckmey919

On nous parle sans cesse du coût des accidents. Et si nous parlions des recettes pas de la vache à lait mais de l'étable des 1000 vaches automobile . 35 mds rien que pour la TIPP et puis toute la TVA sur les ventes et réparations.Motos + voitures financent largement ce coût. On se paie notre tête

06-02-2018 19:08 
L'iguane

Citation
james_bar
Le coût d'un accident mortel est justifié par le fait que la personne ne sera plus capable de produire aucune richesse (plus de salaire, plus de paiement d’impôt et de taxes). Tout cela alors que l'état avait déjà investi de l'argent pour son éducation et autres services fournis par l'état.

Ca c'est pas la mortalité routière, c'est la mortalité tout court.

06-02-2018 20:47 
XM

oui, oui, le raisonnement se tient:
- on fait du battage sur les 3400 morts sur la route parce que ce sont des jeunes éduqués qui n'auront pas produit tout ce qu'ils auraient pu,
- on parle moins des 20000 morts liés aux accidents domestiques, les 50000 ou 100000 selon les sources de l'alcool, tabac etc... car ceux-là sont soit très jeunes donc n'ont pas trop coûté, soit trop vieux donc ne rapportent plus,
quel monde merveilleux!

07-02-2018 15:53 
Anton

Pour être honnête, il semble beaucoup moins cher et meilleur pour l'État français d'investir dans la sécurité routière pour inverser ces coûts à long terme. Peut-être que l'investissement dans la sécurité routière peut générer de nombreux coûts à court terme, mais en même temps, celui qui entraîne plus de dépenses pour l'État serait des accidents. Réduire les coûts pour les assureurs et améliorer la qualité de vie des citoyens.

Je pense que c'est la meilleure option dans n'importe quel pays.

08-02-2018 00:27 
CLEW

Citation
james_bar
Le coût d'un accident mortel est justifié par le fait que la personne ne sera plus capable de produire aucune richesse (plus de salaire, plus de paiement d’impôt et de taxes). Tout cela alors que l'état avait déjà investi de l'argent pour son éducation et autres services fournis par l'état.
Et évidemment ce coût est une moyenne, nos vies n'ont pas toutes la même valeur pour un état.

Et d'un autre côté, s'il est mort, il ne coûte plus rien à la société (pas de soins, pas de retraite, pas d'aides sociales, chômage,...)

08-02-2018 10:18 
Godzilla

C'est quoi ces "débats" à la c...?

Le COUT! Aujourd'hui, on vous serine que vous COUTEZ.

Tu coûtes trop cher de l'heure au boulot, tu coûte à la société si t'es malade, si tu carteonnes en voiture ou en moto, si tu fumes, si tu es malade...

On pourrait revenir un peu à la raison?

Vivre, ça coûte, en effet.


Allons plus loin, rétablissons l'esclavage comme ça, hop, le coût du travail c'est réglé.
Et tant qu'on y est, on euthanasie les pauvres à partir de 70 ans, comme ça on économise pas mal de trucs.

Mais tout ça, des écrivains l'ont déjà imaginé.

En plus, le "coût" de l'insécurité routière, rien qu'au titre, ça m'énerve déjà, on se croirait sur un reportage de TF1/M6/BFM.
Et j'imagine non loin la justification de la répression qui vient avec.

08-02-2018 12:46 
The Road Runner

Mouais...

Merci au Repaire pour cette tentative d'analyse. Mais dans quel but ?

L'analyse de ces "statistiques" n'a aucun sens.

En débattre est sans intérêt puisque le principal critère d'accident est oublié : le nombre de km/an et l'usage du véhicule (tourisme, coursier, enduro, trajet travail, à Paris ou à Pontivy, etc.)

En tant qu'ex responsable du produit moto d'une compagnie d'assurance, je n'ai pas les mêmes chiffres. En tant qu'ex président d'une antenne FFMC non plus. Et en tant qu'ex Inspecteur Départemental de la Sécurité Routière non plus. Bref, on peut faire dire aux chiffres ce que l'on veut.

Mais pour y voir plus clair :
On confonds trop souvent la fréquence annuelle (celle des assureurs) la fréquence kilométrique (celle des rares scientifiques qui se penchent sur la question) et ces mêmes fréquences avec en corollaires la responsabilité du sinistre (et la encore, il y a celle du juriste et celle des faits).

Bref, une seule chose est claire, c'est que si l'insécurité routière est un fléau, c'est surtout un excellent motif de raquette !

Et puis, ne nous voilons pas la face, au risque d'être un peu cynique :

Si les 2 roues sont de plus en plus ciblés par les pouvoirs publiques, c'est parce que les sinistres 2 roues entrainent des dommages corporels qui coutent cher à la collectivité.

Autrefois, les motards étaient une population marginale et méprisée : des blousons noirs, des voyous... Je suis poli et loin de certains qualificatifs que j'ai pu lire dans des rapports officiels.
Ce n'est plus le cas.

Aujourd'hui, Monsieur "tout le monde" roule à moto et notamment, les "forces vives de la nation" (professions libérales, artisans, cadres, etc.). D'où l'attention des pouvoirs publics.


Quant au couts des accidents d'auto, il est moindre. Et oui, il est contrebalancé par le marché ! Oui oui ! C'est cynique, mais sans blessé, un accident de la route auto est tout bénef pour l'économie nationale !
On fait travailler les constructeurs (on en a 3 en France) les carrossiers, les mécanos, votre assurance (de mémoire taxée à 37%) qui de plus va prendre du malus, etc..

Pour faire simple, la politique de l'Etat pourrait se résumer à :

"Ayez des accidents, mais ne vous faites pas mal !"

En d'autres termes, "cartonnez pour exploser votre budget auto, mais doucement clin d'oeil

Reste le problème des 2 roues pour lesquelles la corrélation entre vitesse et gravité des accidents est moins évidente (souvent question de circonstances, obstacles fixes ou non notamment, équipements, etc.)

A bon entendeurs !

11-02-2018 23:26 
 

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