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Essai Honda Forza 300

Une remise à niveau complète du 300 chez Honda

Monocylindre 4-T, 279 cm3, 25,2 ch à 7000 tr/mn, 27,2 Nm à 5750 tr/mn, 182 kilos avec les pleins, à partir de 5799 €

« Quand ça change, ça change », disait le grand Michel Audiard. Des propos éternels bien intégrés par Dai Takakuwa. Qui ça ? Tout simplement le styliste en chef des derniers Forza, un être subtil, riche et délicat, puisque l’on lui doit aussi des petits chefs-d’œuvre tels que la Honda FTR 223, qui fait rêver tout collectionneur de motos racées normalement constitué.

Bref : oubliez le précédent Forza 300, celui-ci n’a rien à voir. Encore que : les esprits observateurs auront remarqué que les lignes ont un petit air de déjà-vu, ce qui fait que cette phrase entrerait en contradiction avec la précédente. Le Repaire est-il en train d’inventer un nouveau genre littéraire ? Pas du tout : dans leurs très grandes lignes, les traits du 300 sont ceux du Forza 125, énorme succès de la mobilité urbaine des trois dernières années, qui se renouvelle également en ce milieu de millésime 2018 et avec qui le 300 partage quelques évolutions que nous allons vous conter par le détail ci-dessous.

En attendant, s’il ne fallait retenir qu’une chose, c’est celle-ci : le Forza 300, c’est le gabarit compact d’un 125 Sport-GT et les performances d’un 300, donc. Carrément sympa, comme punch-line, surtout si l’on y ajoute une qualité de construction qui fait référence et un équipement de haut niveau.

Essai du Honda Forza 300

Découverte

On l’a dit, ça n’a rien à voir. L’ancien Forza 300 était rond et bulbeux, un peu dans l’esprit d’un béluga qui se serait accouplé à un petit congélateur avec des roues (je sais, c’est bizarre, mais faites un effort d’imagination, merci).

Du coup, le Forza 300 est assez identique au 125 et ça se comprend vu le succès de ce dernier (30 000 exemplaires vendus en Europe dont 12 000 rien qu’en 2017, ce qui lui vaut la troisième place chez les scooters 125, derrière deux autres Honda, les SH et PCX, pas mal pour un engin haut de gamme, fin de la parenthèse).

Honda Forza 300

On peut donc jouer au petit jeu très rigolo des 7 erreurs : le 300 a l’inscription « 300 » sur ses flancs latéraux derrière le monogramme « Forza » (le 125 ne fait pas mention de sa cylindrée), les arches de la carrosserie sont en teinte argentée (le 125 est en noir, sauf la version gris argent qui a droit à du bleu). Ce n’est pas tout : les clignotants font office de veilleuse et ça, c’est la encore la manière la plus sûre de distinguer les deux versions (bien que le 300 n’ait pas droit au nouveau coloris rouge du 125, pour être précis).

Le Honda Forza 300

Pour le reste, ce n’est pas dans les dimensions que vous verrez la différence : il y a 5 mm d’écart en longueur (2140 mm contre 2135) et 20 mm sur l’empattement (1510 mm contre 1490) : même avec un œil de lynx, on parie que vous ne ferez pas la différence. Ces dimensions compactes n'empêchent pas la selle de pouvoir loger deux casques intégraux.

Signalons enfin que la qualité des peintures et de la finition sont à citer en exemple.

En selle

Les Forza 2018 font le plein d’équipements. Cela commence par un nouveau tableau de bord qui possède une fenêtre digitale vraiment riche en informations (consommation moyenne, autonomie, temps de roulage, horloge, deux jauges). Parfait ? Oui, à cette réserve près que le commodo gauche est moyennement ergonomique (il y a deux boutons, « info A » et « info B » pour faire défiler toutes les informations et Honda persiste avec cette inversion de la commande des clignotants et du klaxon, au moment où même BMW est revenu dans le rang). Bon, il paraît que l’on s’y fait avec le temps.

Compteur du Honda Forza 300

Autre nouveauté d’importance : une bulle électrique qui bat sur une amplitude de 110 mm et dont on saluera la fluidité de mouvement.

Bulle réglable du Honda Forza 300

C’est tout ? Non : le Forza 300 dispose aussi d’un contrôle de traction déconnectable. On pourra se demander si un tel système est réellement utile sur un engin de 25 chevaux, mais comme le Yamaha Xmax 300 en avait installé un l’an dernier, on imagine que pour les gens de chez Honda, c’était une question d’honneur avant tout. Et il faut reconnaître que ça peut toujours être utile, un jour de petite forme, sur des bandes blanches cernées par du gramouillé tout pourri.

A part ça, on notera que la selle est tout de même relativement haute, à 780 mm et impose d’avoir un peu de jambes pour poser les deux pieds à plat.

Plancher du Honda Forza 300

Moteur et transmission

Le bloc moteur a été repris du précédent Forza 300 et a été gentiment amélioré. C’est d’ailleurs là où la différence avec le 125 est forcément plus sensible : en effet, on passe de 15 à 25,2 ch et de 12,5 Nm à 27,2 Nm et tout cela, on vous le rappelle, dans quasiment le même gabarit. On s’en doute : l’un a des compétences péri-urbaines que l’autre n’a pas, même si le bloc moteur est 9 kilos plus lourd que celui de la petite.

Moteur du Honda Forza 300

Quelques chiffres pour illustrer ces faits : envie d’humilier un kéké en Seat Leon TDI tuning (pléonasme) au départ du feu vert ? Le 125 couvre le 200 mètres départ arrêté en 13,4 secondes et ça risque d’être un peu juste si le philistin a monté un échappement avec sortie « William Saurin » et une puce de reprogrammation. Vous aurez alors plus de chance de vous le faire au guidon du 300 qui abat le même exercice en 11,1 secondes.

Idem : vous avez plus de chances de contribuer au redressement des finances publiques en vous faisant flasher au guidon du 300, qui pointe à 129 km/h chrono selon Honda, qu’avec le 125, qui en annonce 20 de moins.

Monocylindre du Forza 300

Mais comme au Repaire des Motards nous aimons aussi la poésie, qu’en est-il des émotions au-delà des chiffres ? Là, il y a quelques différences : autant le 125 est doux, discret et se fait globalement oublier, autant le 300 est un peu plus sonore et distille quelques vibrations au ralenti, qui finissent par disparaître en roulant.

Dernier détail et d’importance : le 125 possède un système stop & start, magique d’agrément en ville. Le 300 n’y a pas droit. Dommage.

En ville

Facile, c’est le premier mot qui vient à l’esprit lors des premiers mètres effectués au guidon de ce Forza 300. On sent bien évidemment le petit excédent de poids par rapport au 125, mais globalement, ce poids se fait oublier, d’autant que le rayon de braquage est très bon, que l’accord tripartite poignée de gaz / moteur / transmission est juste excellentissime. Les rétros permettent de faire de remonte-file entre les files d’automobiles avec l’allégresse d’une gazelle zigzaguant entre des bosquets de fynbosdans les plaines du Northern Cape sud-africain (un endroit où l’on trouvera, paradoxalement et en dépit de cette similitude, peu de Forza 300 !). Les aspects pratiques sont bien présents avec notamment un vide-poche, une prise 12 Volts et un système de démarrage sans clé.

Essai du Honda Forza 300 en ville

Attribut préféré des urbains et option favorite des concessionnaires, le top-case de 45 litres est lui aussi commandé par le système de démarrage sans clé, avec un rayon d’action de trois mètres. Parfait pour ne pas s’encombrer avec un trousseau de clés qui vous troue les poches (ce qui n’est pas le cas du tarif de ce Forza 300, on en reparle à la fin).

Cruising le long du port en Honda Forza 300

Sur autoroute et grandes routes

Près de 130 km/h chrono, voici qui autorise d’envisager de grands parcours, ou de faire du commuting sérieux pour aller au boulot sans craindre de prendre les voies rapides. L’accélération est assez linéaire, jusqu’à la vitesse maxi et la stabilité n’est pas prise en défaut, même dans les grandes courbes. Ce Forza 300 est éminemment rassurant.

Essai du Honda Forza 300 sur voie rapide

Le pare-brise électrique n’est pas un gadget : en position haute, il va tout de même laisser un peu de vent aller taper sur le haut du casque d’un « pilote » d’un certain gabarit (genre plus d’1,85 m), mais les épaules sont assez protégées.

Sur les voies rapides, les dépassements restent aisés.

Le Honda Forza 300 en courbe

Sur départementales

Deux bonnes nouvelles ici, qui touchent à la fois l’agilité de ne nouveau Forza 300, qui lui permet d’avaler de longues distances sur le réseau secondaire dans une grande facilité, ou de virevolter d’un virage à l’autre sans même que l’on y pense, au guidon. Ce qui reste à l’esprit, c’est la belle neutralité de ce Forza 300 qui reste une évidence en toutes circonstances, même quand le rythme s’élève un peu..

Essai Honda Forza 300 sur route sinueuse

De même, sans être exceptionnel (c’est la structure de l’engin qui veut ça), le confort des suspensions est assez honnête et en tous cas bien meilleur que sur son ennemi préféré, le Yamaha Xmax 300.

Essai du Honda Forza 300 sur les petites routes

Partie cycle

De prime abord, elle est identique à celle de la 125, ce qui laisse à penser que le petit est surdimensionné pour encaisser cet afflux de chevaux ! Il y a malgré tout quelques différences : les ressorts de suspension sont différents et plus costauds sur le 300, le cadre a été renforcé et le bras oscillant est différent (d’où un empattement en hausse de 20 mm).

Ce n’est pas tout : là où le 125 fait confiance à Michelin, le 300 est posé sur une paire de Pirelli qui ne nous a pas causé de souci, à part quelques glissouilles bien naturelles sur des bandes blanches prises sur l’angle. C’est que quand on a un contrôle de traction, on se met à oser des choses !

pneu du Honda Forza 300

Freins

Le Forza 300 repose sur un dispositif identique à celui du 125, nature du modulateur mise à part. C’est donc un simple disque de 256 mm qui officie à l’avant, pincé par deux pistons ; un simple piston mord un disque de 240 mm à l’arrière. La puissance est suffisante et l’ABS a le bon goût de ne pas se déclencher de manière intempestive même si, sur les gros freinages, on sent son fonctionnement à travers le levier de frein arrière. Rien d’anormal.

Roue avant du Honda Forza 300

Confort et duo

Le confort du pilote est plutôt bon : la selle est large et ne nous a pas occasionné de douleurs au fondement lors de cette journée d’essai. La selle est généreusement dimensionnée, les poignées de maintien sont bien en place et si on avait rencontré le prince Rainier, on lui aurait proposé d'emprunter Charlene pour avoir le fameux "avis de la Géraldine". Ce n'est que partie remise.

Amortisseurs du Honda Forza 300

Consommation & autonomie

Le réservoir de 11,5 garantit 375 kilomètres d’autonomie. Notre essai n'a pas permis de mesurer une consommation réelle précise, mais les chiffres avancés par Honda sont souvent proches de la vérité. La Forza 300 dispose d'une jauge à essence, d'un indicateur d'autonomie et d'un indicateur de consommation moyenne. A l'issue d'une virée assez dynamique, l'ordinateur de bord indiquait 3,9 l/100, ce qui fait déjà 300 km d'autonomie. A confirmer dans le cadre d'un usage avec des trajets boulot menés à un rythme plus raisonnable.

Essai du Honda Forza 300 sur les petites routes

Conclusion

La puissance d'un 300 dans le gabarit d'un 125 : l'argument fait mouche et le cocktail est délicieux. Quand on a la puissance d'une grosse (disons d'une moyenne) et l'encombrement d'une petite cylindrée, c'est l'arme pour se déplacer en ville. Et ailleurs, grâce à une belle allonge et un beau niveau d'équipement, même si d'aucuns auraient éventuellement troqué le contrôle de traction contre un système stop & start, si agréable en ville.

L'allure du 125 garantit probablement un beau succès à ce 300 : moderne, bien dessiné, bien fini, il fait de surcroît raisonnablement monnayer son excédent de prestations. Comptez en effet une rallonge de 700 euros, ce qui est fort raisonnable. Le Yamaha Xmax 300 voit arriver frontalement un dangereux concurrent, qui se trouve de plus être nettement plus confortable. De quoi permettre à ce nouveau Forza de dominer la catégorie des scooters 300, d'autant que si vous avez le permis A ou A2, on se dit que c'est là le parfait format du commuter.

Le Forza 300 est décliné dans 4 coloris

Points forts

  • Qualité de présentation et de finition
  • Look
  • Espace sous la selle
  • Tableau de bord complet
  • Performances
  • Bulle électrique
  • Tenue de route
  • Facilité de conduite
  • Polyvalence

Points faibles

  • Quelques vibrations au ralenti
  • Pas de stop & start
  • Ergonomie commodo gauche

La fiche technique du Honda Forza 300

Conditions d’essais

  • Itinéraire: Une demi-journée de balade entre Nice et Monaco
  • Kilométrage de la moto : 500 km
  • Problème rencontré : aucun, le tour du circuit de F1, c'est cool, même à scooter

La concurrence : BMW C 400 X, Kawasaki J 300, Kymco Xtown 300, SYM Cruisym 300i, Yamaha Xmax 300

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Commentaires

XM

effectivement, même concept que le XMAX300 en mieux équipé, apparemment plus confortable (alors que le XMAX300 est déjà en net progrès par rapport au 250) et moins cher avec ça. dommage qu'il arrive cette année, j'aurais peut-être quitté YAMAHA.

18-07-2018 15:25 
 

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