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Essai Kymco X.Town 125i

Sport en ville

Quand on réfléchit scooter, on pense souvent aux Japonais et à l'Italien Piaggio. Et puis on a vu BMW et Kawasaki se reposer sur Kymco pour la construction de leurs propres scooters. Il ne faut en effet surtout pas oublier l'historique du constructeur taïwanais arrivé en 2002 avec le Spacer et qui produit la bagatelle de 500.000 véhicules par an, avec 4.000 employés. Et pour s'imposer sur le marché européen, la marque n'a pas hésité à sortir un nouveau modèle chaque année depuis le DinkStreet, le K-XCT, le XCIting, le DownTown et enfin le X-Town en 2016. Le petit dernier de la gamme se veut être une initiative européenne, un modèle dessiné en Italie, pensé en Europe et pour l'Europe. Il s'agit presque d'une première pour une marque dont l'Europe ne représente qu'une toute petite part de marché, avec 5,9% des scooters 125 et 2,8% des scooters supérieurs à 125 cm3 en France. Et pour autant la marque n'a pas pour stratégie de faire moins cher que les Japonais et se positionne donc avec des tarifs très proches des scooters nippons. Alors, le niveau de qualité est-il à la hauteur et le nouveau X-Town 125i, successeur du DinkStreet, a-t-il gommé les défauts historiques des modèles de la marque ? Essai...

Kymco X-Town 125i

Découverte

Le X-Town ne renouvelle pas les lignes du segment mais se fait plus sportif face aux modèles plus urbains et cossus antérieurs. Les lignes se font plus acérées et plus fines, élégamment soulignées par une signature lumineuse à LED aussi bien à l'avant qu'à l'arrière. On retrouve désormais les canons européens du genre par rapport aux anciennes lignes plus asiatiques, dont le Xmax est sans doute le plus proche cousin. La finition est en hausse et se remarque à des détails comme une boite à gant qui ferme désormais, grâce à un bouton, toujours en plastique par contre. Une bulle haute habille le tout, un cas rare sur le segment habitué à mettre ce type de bulle en accessoire avec une version d'origine assez basse.

Phare à signature LED Kymco X-Town 125i

Sous le ramage, on retrouve un châssis en acier issu du Dinkstreet mais amélioré, notamment avec une plus grande garde au sol, permettant une prise d'angle de 37° et de nouvelles suspensions. On trouve surtout un tout nouveau moteur 4 temps de 124,8 cm3, délivrant 14,3 cv, censé assurer un 0-100 mètres en 8.6 secondes.

Monocylindre 4T de 124,8 cm3

Alors que certains modèles étaient proposés sans ABS dans le passé, norme Euro4 oblige, le Kymco propose un freinage couplé CBS (avant et arrière actionné à partir du levier gauche), une solution souvent plus agréable que l'ABS.

Kymco X-Town 125i de coté

Mais c'est surtout son phare arrière à LEDs dessinant un masque en forme de X qui le rend si caractéristique et encore plus de nuit.

Feu arrière Kymco X-Town 125i

En selle

Avec une hauteur de selle à 785mm, le conducteur d'1,60m mettra tout juste les deux pieds à terre, malgré une selle sensiblement effilée, mais le poids ne gênant pas, la prise en main se fait naturellement. Les bras tombent plus naturellement sur le guidon que sur les millésimes précédents et une fois assis on n'a désormais plus l'impression que les genoux remontent dans la figure. La position est enfin plus naturelle en se rapprochant des standards de la morphologie européenne.

Sous les yeux, on découvre alors un tableau de bord plutôt standard avec deux compteurs analogiques encadrant un affichage digital au centre : vitesse à gauche, compte-tours à droite. On a ensuite une jauge à essence lisible, le double trip partiel, le totalisateur, la température extérieure.

A noter que par rapport aux boutons adjust et set habituels, on trouve un troisième bouton "function" qui permet d'alterner entre horloge et température extérieure.

Tableau de bord avec affichage digital au centre

Le warning est au commodo droit. Les rétroviseurs enfin offrent une excellente rétrovision, tout en se réglant très facilement, y compris en conduisant.

On note toujours le bruit si auto et si caractéristique des clignotants, bien audibles.

Contact

Le X-Town s'ébroue instantanément distillant dans le guidon les amples vibrations de son monocylindre, calé au ralenti à 1.800 tr/min. D'une sollicitation de la poignée droite, le scooter s'élance dans les tours et décolle. On retrouve le comportement habituel des modèles Kymco avec un régime moteur s'emballant jusqu'à plus de 8.000 tr/mn avant de sentir la cavalerie arriver. Pour autant, le temps de latence entre la sollicitation de la poignée de gaz et la mise en route est moindre que lors des millésimes précédents.

Vue arrière Kymco X.Town 125i

En ville

On apprécie tout d'abord l'excellent équilibre du 125 qui permet de une prise en main rapide pour évoluer facilement entre les files de voitures. Le poids mesuré de 177 kilos (à sec, 191 kilos tous pleins faits) se sent moins que la fiche technique ne le laisse envisager et s'oublie en fait totalement dès les premiers tours de roues. Tout au juste en prend on conscience lors des manipulations et manœuvres, moteur arrêté.

C'est surtout l'allonge qui est impressionnante, car une fois lancé, on dépasse rapidement les limites de vitesses autorisées. Et là où certains modèles concurrents tendant à s'essouffler, c'est à ce moment là que le X-Town montre une réelle vigueur.

On regrette juste les fourmillements dans les pieds liés aux vibrations du monocylindres qui trouvent leur apogée entre 6.000 et 7.000 tr/min, quand le scooter oscille entre 45 et 60 km/h. Il faut en fait rouler ou plus vite (mais pas en ville) ou moins vite pour les oublier.

La maniabilité enfin est au rendez-vous, permettant de manoeuvrer sans effort.

Maniabilité en ville du Kymco X-Town 125i

Sur autoroute

Le X-Town s'élance plutôt dynamiquement sur l'autoroute, surtout par rapport à sa cylindrée. Il monte ainsi facilement jusqu'à 110 km/h sur plat et est capable d'aller titiller les 120 km/h (110 km/h réel) une fois bien lancé et sans vent de face, y compris en duo, tandis que le compte-tours oscille à 9.500, proche de la limite des 10.000 tr/min du compteur. La direction est alors un peu sensible dans les grandes courbes mais le châssis reste parfaitement sain.

Kymco X-Town 125i sur autoroute

Sur petites routes

Confort/Duo

Le X-Town est plutôt confortable en duo, avec des amortisseurs bien compressés, qui permettent d'éviter les remontées brutales sur les compressions. En solo, le X-Town est en nette amélioration par rapport aux millésimes précédents mais est encore un sec par rapport à ce que l'on attend d'un scooter urbain avec des chaussées de plus en plus dégradées. Pour autant, on peut prendre des gendarmes couchés plutôt facilement et on dira qu'il se situe désormais dans la moyenne et que de gros progrès ont été accomplis par rapport aux anciens millésimes.

Double selle Kymco X-Town 125i

Si le passager est assez haut perché, il bénéficie des larges poignées de maintien faisant le tour de la poupe arrière.

Le Kymco X-Town 125i en duo

Freinage

Il y a les adeptes de l'ABS et ceux du freinage couplé CBS. La norme Euro4 oblige à avoir l'un des deux systèmes en place. Alors que Honda a tendance à laisser tomber le freinage couplé, Kymco le propose lui pour son modèle X-Town. Un excellent choix qui procure une freinage beaucoup plus efficace et sain au jour le jour. Si le freinage unique du frein avant est un peu limit pris isolé, notamment en duo, la prise de la poignée gauche qui actionne à la fois l'avant et l'arrière est vraiment agréable, en procurant un excellent feeling et l'efficacité au rendez-vous.

Freinage couplé CBS

Pratique

Le vide-poche avant offre une prise de recharge USB, un vrai plus pour les citadins, permettant de recharger le portable lors du commuting. Le verrouillage du vide-poche désormais par un bouton rotatif permet d'être sûr que ce dernier ne va pas s'ouvrir de façon impromptue sur un rebond de chaussée.

Vide poche avant avec prise USB

Le coffre sous la selle offre une vraie place, permettant de loger à la fois un modulable/intégral (partie arrière) ET un jet (partie avant). Pour autant entre les deux casques, il reste encore de quoi placer une combinaison de pluie. On appréciera son ouverture au contacteur sur le tableau de bord et l'éclairage bien utile dans le garage.

Coffre sous la selle pour deux casques

Consommation

Le XTown offre une autonomie de plus de 400 kilomètres, avec une conso limitée de 2,7 litres au cent avec son réservoir de 12.5 litres. Et effectivement, la jauge descend très lentement au fil des kilomètres.

Confort et duo Kymco X-Town 125i

Conclusion

Si certains constructeurs offrent un niveau de qualité constant année après année, Kymco améliore réellement ses modèles à chaque nouveau millésime, tant en termes de qualité perçue que de qualité intrinsèque, de comportement et de confort notamment. Le X-Town est donc la meilleure évolution du constructeur taïwanais à ce jour, qui surpasse notamment le J125 Kawasaki. Les nouvelles lignes plus élégantes avec un vrai rôle des LEDs apportent un réel plus visuel également pour celui qui cherche aussi un scooter valorisant plus sportif que GT. Il reste son prix très bien placé à 3499 (prix de lancement jusque fin juin), soit plus de mille euros moins cher que ses plus sérieux concurrents et moins cher que des modèles Piaggio moins valorisants. L'occasion d'en profiter avant de le voir prendre 200 euros de plus ?

Points forts

  • ligne
  • freinage couplé
  • rangement
  • vitesse de pointe

Points faibles

  • confort en solo

La fiche technique du Kymco X-Town 125

Conditions d’essais

  • Itinéraire: petites routes variées + autoroutes interurbaines + ville pendant une semaine
  • Kilométrage effectué : 300 km