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Around Gaia, une moto, un couple, le monde

Rencontre avec un couple parti à l'aventure autour du monde à travers 5 continents et 60 pays

150.000 km à moto à travers l'Afrique, l'Amérique, l'Asie, l'Europe et l'Océanie

Il y a des plaisirs simples dans la vie comme une moto. Et pour qui aime voyager, le raccourci pour parcourir le monde passe alors par une moto, surtout quand y connait rien, mais alors rien de nada !

En Afrique

Et c'est bien le cas de Ivana et Manu ! Parce qu'ils n'y connaissent rien, ni à la moto, ni à la préparation au voyage, encore moins à la mécanique et cerise sur le réservoir, ils n'ont pas un sou !

Tout est parti d'une plage de Mykonos... non pas en tant que touriste richissime à se dorer la pilule ou la rondelle sur une plage, mais en tant que baroudeur sans le sou à vendre des bracelets tressés à la main. C'est comme cela qu'ils se sont d'abord rencontrés, par ce tout petit boulot sans prétention, mais heureux.

Le mot heureux est important. Car ils n'ont pas d'argent. Chaque jour suffit à sa peine. Il n'est pas question de gagner de l'argent, juste de laisser courir le fil du temps et de s'ouvrir aux gens sur le cours du monde. A tel point qu'ils n'ont même pas de compte en banque et encore moins de chez eux. Mais ils sont heureux. Et ils ont envie de vivre.

Passage de pont au Rwanda

La moto, il la découvre un peu par hasard, en Inde, comme on loue un vélo. Ils roulent d'abord en Royal Enfield "elle tombait en panne tous les jours mais il y avait toujours quelqu'un pour la réparer avec deux fils".
Et pourquoi comme un vélo ? parce qu'ils sont heureux. Et la moto, c'est comme un vélo... donc sans casque, encore moins de gants ou de bottes et "bien sûr" sans aucun permis ni aucune assurance ! "J'ai appris sur le tas".

Et ce n'était pas il y a 50 ans, en pleines années 60... non c'était il y a 4 ans, en Inde ! Depuis, la route s'est ouverte à eux et les gens aussi. Car Ivana et Manu sont d'accord : "c'est rencontrer les gens qui nous a permis d'apprendre. Il y a d'abord eu cet homme qui nous a dit qu'on était fou de rouler sans casque. Alors, on en a acheté un, mais pas cher, une 'casquette' d'abord qui devait protéger à peine plus que rien du tout".

Masaï en Afrique au nord de la Tanzanie

Heureux, c'est aussi, sans plan, ni temps. Ils avaient envie de partir faire le tour du monde. Alors, ils ont fait des petits boulots jusqu'à se payer une Yamaha XT660Z simplement équipée de bagagerie plastique. Et ils sont partis.

Pas de plan, ni de route : "on roulait puis on s'arrêtait quand on en avait envie".

Et puis on rencontrait des gens. Et c'est chez ces parfaits inconnus, ou par du camping sauvage, que de nuits en nuits, ils ont fait le tour du monde, plus de 150.000 kilomètres à travers tous les continents et 60 pays sans jamais passer ne serait-ce qu'une seule fois par la case hôtel !

"On se sent à la maison sur la route".

On ne peut plus imaginer aujourd'hui être sédentaires, avec une maison, ni une vie "rangée". Au contraire, tout se fait à l'instinct... et à la chance.

Nous n'avons pas de religion. On croit au karma, à la chance et à la bonne énergie".

Ils ont dormi partout, de l'église au temple bouddhiste en passant par des étables avec les animaux de ferme à côté d'eux. "Rien n'est bon, ni mauvais. Tout est intéressant à découvrir".

Dans la vallée d'Omo en Ethiopie

Pas de plan, ni de route et encore moins d'expérience du voyage à moto ! "On n'y connait rien en mécanique. Au début, j'ai même demandé ce que voulait dire ODO sur le compteur ! Au bout de 120.000 km, on trouvait bien que ça tapait derrière [ndlr : surtout au vu des pistes déjà parcourues] mais on n'avait pas pensé qu'il fallait changer l'amortisseur arrière ! Et puis on a eu aucun souci mécanique. On a juste eu 5 crevaisons en tout et pour tout et jamais en Afrique ! On a changé six fois de pneus... et l'embrayage il n'y a pas longtemps. Mais il faut dire que je joue beaucoup avec l'embrayage en le faisant cirer, parce que je n'ai jamais eu de vrai cours de permis".

Pas de connaissance mécanique, mais pas d'idée d'équipement non plus. "On a pris conscience de l'équipement quand on a passé un col à plus de 5.000 mètres au coeur de sommets de l'Himalaya à plus de 8.000m. On était parti avec une petite veste mais là-haut, le sol était glacé. Il a commencé à neiger. On était gelé. On ne sentait plus nos extrémités et on arrivait de moins en moins à bouger. Ce n'était pas tant les kilomètres mais l'état de la route et du temps. Et il n'y avait personne ni aucune maison sur cette route gardée uniquement par quelques postes militaires de centaines de kilomètres en kilomètres. Cette fois-là, on a vraiment cru mourir". Mais ils sont là pour en parler. Après ce col, ils se sont mieux équipés.

Himalaya

Pas de plan, ni de route et forcément pas de sponsor ! Ils sont partis tous les deux sans rien, mais ont commencé à partager leur histoire et leur roadtrip sur Facebook. Ils ont attiré quelques regards, qui ont fait foule, puis des marques ont commencé à les contacter comme Givi, qui a remplacé leur bagagerie plastique par de la bagagerie haut de gamme alu. Pas question d'argent pourtant. "On a lié des relations amicales et Givi nous a ouvert des portes, donné des conseils". Certaines marques ont essayé de nous payer pour cloisonner la communication et les messages, mais nous voulions notre liberté. Donc, après avoir commencé à travailler ensemble, on a rapidement arrêté; cela n'a pas été le cas avec Givi."

La relation humaine passe avant même la notion d'argent, même si elle est apparue petit à petit. Cela leur a permis de payer l'avion pour aller de New-York à Yohanessburg avec la moto en 2 jours pour 2900 US$, au lieu de 2 mois en bateau pour deux fois moins cher. Ce sont également ces sponsors qui sont arrivés en cours de route qui leur ont permis d'avoir un vrai équipement moto, depuis des blousons régulés jusque des vraies bottes. Mais avant d'avoir ces bottes, une chute s'est soldée par une jambe cassée... sur la route de Patagonie ! "On était au milieu de nulle part. Il nous a fallu quatre jours pour rejoindre un village avec un docteur. Et une famille nous a accueilli pendant un mois. C'est la seule fois où nous nous sommes arrétés contraints et forcés". Mais Ivana continue "C'est la plus belle chose qui nous soit arrivée. J'ai appris l'Espagnol pendant ce mois et on a fait des rencontres enrichissantes".

Désert au Pérou

Rencontres... sans doute un autre mot clef particulièrement fort de ce couple... que tout oppose. Il est taureau et elle est balance. Leurs signes s'opposent dans le ciel du zodiaque. "On s'engueule tout le temps !" Manu confirme en en rajoutant une couche "elle fait tout le temps le show, elle s'inquiète tout le temps et crie". Ivana poursuit "mais il ne pense pas aux conséquences et ne prévoie rien". Heureusement, il y a le sexe. "cela permet de dénouer nos tensions après une violente dispute".

Ils sont très différents mais parlent tout le temps et en même temps. Pendant l'interview, Ivana parlait d'une chose et Manu en même temps d'autre chose, avec un effet de stéréo surprenant tandis que je prenais mes notes en anglais. Mais ce qui est unique et les rejoint c'est leur amour, de la vie, du voyage et cette incroyable ouverture d'esprit et capacité à s'adapter, à respecter sans rien juger.

Aujourd'hui, ils tournent les mois à venir en Europe pour trier leurs photos (500 par jour pendant 4 ans), écrire un livre à partir des notes rédigées chaque jour, monter les vidéos qu'ils ont ramenées. Que vont-ils faire ensuite ?

"on n'a pas de plan".

Ils sont partis de Séville le 17 avril 2013. Ils viennent juste de terminer leur voyage aujourd'hui à Paris.

Leur voyage dans la vie et le monde continue... Bonne route !

Atacama au Chili

Around Gaïa en vidéo

La carte du tour du monde

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Commentaires

waboo

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04-06-2017 12:08 
 

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