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Interview : Christophe Guyot

"On a gagné le titre au Bol d'Or 2016"

Le triple champion du Monde avec le GMT 94 garde les pieds sur terre

Interview : Christophe Guyot 'On a gagné le titre au Bol d'Or 2016'Alors que la saison de la FFM s'est terminée de façon symbolique ce jeudi à Paris, au siège de l'Automobile Club de France avec la remise des prix aux pilotes français titrés sur les compétitions internationales, le Repaire est allé à la rencontre de Christophe Guyot, manager du GMT 94, pour dresser le bilan de sa saison. Le team français engagé en EWC aux côtés de Yamaha a rapporté un troisième titre à la maison, malgré une saison qui n'est pas partie de la meilleure des façons...

Christophe, comment avez-vous vécu cette saison ?

Ça a été une grande saison, même si ça a été dur. On est parti avec un gros retard au championnat. On a fait un Bol difficile en 2016 (9eme à l'arrivée, NDLR), mais pour moi c'est là-bas qu'on a gagné le titre. Après la course, pour nous le choix était facile, on n’avait pas la pression : c'était gagner ou rien. On était challenger, tellement loin à 47 points de retard du SERT que finalement on est partis en se disant "de toute façon, on est là pour la gagne, donc on y va à fond." On s'est retrouvé en tête du championnat et c'est là que c'est devenu compliqué. Maintenant qu'on est de retour devant, il va falloir gérer ce statut.

La R1 au Bol 2016

Qu'est-ce qui fait la différence sur une année pour remporter la victoire finale au Championnat ?

Une bonne organisation autour d'une équipe soudée. Au GMT 94, on ne ressent jamais de grosse pression. Quand je pars sur des courses, le week-end, je me dis que c'est le plaisir, les vacances, y compris au moment où la course est engagée, avec beaucoup d'inquiétude, de questions, de décisions à prendre. Ce qui se passe bien, c'est quand on a nos trois pilotes qui s'entendent à merveille comme trois frères et qui ont confiance dans les décisions qu'on prend. Tout le monde dans l'équipe, mécanos, pilotes, ingénieurs savent que tout ce qui se décide, c'est pour notre objectif et rien d'autre. Pour que ça marche, rien ne doit polluer notre concentration. Ensuite, il faut aussi avoir un peu de chance...

Il faut avoir de la chance pour être triple Champion du monde d'endurance ?

Moi je crois à la réussite. C'est sûr qu'il faut de la compétence, un bon matériel, mais pour gagner trois fois le titre, il y a forcement un moment où on a un peu de chance et il y en a forcement quand on décide de prendre tous les risques. On en a eu aux 24 Heures du Mans pour aller chasser le YART à 11 heures du matin avec Di Meglio, mais aussi quand David Checa a fait record du tour sur record du tour à Oschersleben pour aller jouer la victoire malgré un Stop and Go. Quand on roule comme ça, on sait qu'on est dans une zone de risques. Certains concurrents y sont entrés, ils y ont laissé leur moto, mais nous on a réussi à s'en sortir. Même si pour nous, les étoiles étaient toutes alignées pour nous, on a toujours besoin de chance.

Une équipe solide tout au long de la saison

Est-ce qu'il y a un moment, quelques minutes avant de franchir le drapeau à damier, à Suzuka, où vous vous dites "Cette fois c'est bon, on a gagné" ?

Non, parce qu'on sait que le sport mécanique est toujours plein d'incertitudes. Avec l'expérience qu'on a en endurance, on a déjà vécu des incidents juste avant l'arrivée. Par exemple, une année aux 24 Heures du Mans, on était en tête avec trois tours d'avance et à une demi-heure de l'arrivée on se dit "Cette fois c'est bon" et puis Sébastien Gimbert revient au stand avec un embrayage à refaire. Ça nous est également arrivé à 5 minutes de l'arrivée à Spa. Quand on a vécu des échecs comme ça, on attend bien d'être sûr, jusqu'à la dernière seconde, avant de la célébrer.

La victoire a bien été fêtée !

Le titre c'est aussi celui d'une moto bien réglée, la Yamaha R1, qui a prouvé qu'elle était fiable et rapide..

La R1 a évolué et elle continue d'évoluer après chaque course. Chaque week-end sur circuit, on demande toujours plus à la moto et elle nous en donne toujours plus. Tout au long de la saison, elle évolue sans cesse dans les détails, que ce soit au niveau de la suspension, de l'électronique, du moteur. Malgré tout, il n'y a pas deux courses qui se ressemblent, c'est ça la loi du sport et de la compétition : toujours plus haut, toujours plus loin. C'est valable aussi bien pour la moto que pour l'entraînement des pilotes et des mécaniciens.

Quels sont vos objectifs pour 2018 ?

Pour 2018, c'est évident qu'on a envie d'être champion du monde et c'est évidemment l'objectif. Pour nous, on ne l'est plus à partir de maintenant et on a envie de l'être demain. Notre second objectif, c'est d'emmener Mike di Meglio le plus haut possible sur le Championnat du monde Supersport, se régaler avec lui, mettre en avant son talent. Il a beaucoup de potentiel et je pense qu'on va comprendre dans pas longtemps pourquoi c'est un excellent pilote...

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