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Essai moto Aprilia RS 660

Racine de RSV4 = RS 660

Bicylindre parallèle, 659 cm3, 100 ch, 67 Nm, 183 kg, version A2, pack APRC, 11.050 euros

La sportivité est l’emblème de la firme Aprilia, légitimé par des dizaines de titres de champions du monde. En petite et grosse cylindrées. Car la marque italienne gère les deux extrême avec brio. Cette réussite a un nom : RS (RennSport). Ce sont tout d’abord de petites motos de route dérivées de celle de compétition où brille la marque transalpine au début des années 90. Dérivée de l’AF1 de championnat en 1992, le modèle RS Extrema », version 125 cm³ s’accompagne d’une 50 cm3 avant d'être suivie par une déclinaison 250 deux ans plus tard, avec un moteur 2 temps. De nombreuses évolutions accompagneront ces machines jusqu’à leur disparition successive pour cause de règlementation anti-pollution. On retrouvera cependant la 125 équipée d’une mécanique 4 temps et donc dénommée RS4 en 2011.

Parallèlement à ces petites championnes, Aprilia proposait également dès 1998 ses gros cubes sportifs sur base du bicylindre autrichien Rotax avec la RSV 1000 et sa déclinaison roadster Tuono. Ces machines muteront elles aussi, embarquant en 2010, un V4 maison compact, logé dans une partie cycle hors pair et sous contrôle d’une électronique remarquable, devenues aujourd’hui RSV4 1100 et Tuono V4 1100.

Essai de l'Aprilia RS 660
Essai de l'Aprilia RS 660

Et donc ? Entre petites nerveuses un peu limitées et grandes hyper-balaises difficilement exploitables il n’y aurait pas de machine efficace et facile? Comme souvent, la vérité est dans le compromis. Et si LA voie était celle d’une midsize ? Peut être… d’autant que sur ce segment, rares sont les prétendantes. Et la demande baisse pour les 1000 hypersports (- 40% en 10 ans), car exigeantes en tout : physique, financière, elles sont peu compatibles avec un usage routier et inaccessibles au A2 bien sur. Mais il y a une attente sur le segment de moyenne cylindrée… pour des machines moins axées sur l‘hyper performance et davantage sur l’efficacité accessible. Aprilia dégaine donc sa nouvelle égérie sportive, logiquement baptisée RS 660. Moteur, châssis… tout est nouveau. Bien entendue, la belle est certifiée Euro 5 alors qu'une version 95 ch permet également son accès aux permis A2. Dernier motif de satisfaction, la RS inaugure une nouvelle gamme ! Un roadster Tuono et un trail Tuareg devraient accompagner prochainement la petite bombe italienne.

C’est dans le nord de l’Italie, autour de Vicenza, que nous découvrons cette sculpture mobile de moyenne cylindrée tant attendue.

Découverte

Le modèle RSV4 bénéficie depuis ses débuts d’un dessin largement plébiscité, à l’élégance et à la sportivité remarquables. Décliné sur les 125, il est donc logique de le retrouver appliqué sur la nouvelle RS 660. Il prend cependant ici une nouvelle force (que l’on aimerait d’ailleurs voir appliquée à la 1100…). Ultra compacte, étroite, la nouveauté conjugue les lignes fluides et élégantes. Impressionnante de finesse, ses galbes sculptées et complexes séduisent par l'élégance et la dynamique d'ensemble.

Bien que modernisé, l'air de famille avec les RSV4 est incontestable
Bien que modernisé, l'air de famille avec les RSV4 est incontestable

L’usage d’éclairage intégral à leds modernise largement la face avant. Toujours nervuré, le mufle s’affine nettement, arborant ses trois feux tout de suite reconnaissables mais désormais soulignés d’un rimmel lumineux d’éléments diurnes (DRL). Un capteur de lumière ambiante régule l'allumage automatique des phares et des feux d'angle éclairent le virage en courbe.

Les flancs participent grandement à l’évolution de style. Réduites, les surfaces du carénage multicouche témoignent d’une importante étude aérodynamique et gainent au plus près la machine. Plus haut, le réservoir facetté et anguleux embarque 15 litres. Ca fait peu, mais l’Italie annonce 4,9 litres au 100. A confirmer en réel... Une assise accueillante s’appuie sur le bidon, prolongée de la poupe avec ses ailerons bien connus et conclut d’un feux arrière stylé.

Le carénage évolue en prenant en compte l'aérodynamisme
Le carénage évolue en prenant en compte l'aérodynamisme

Rigidité et légèreté sont les maître mots ayant présidés à la conception du châssis. La machine repose sur une boucle arrière aluminium (2 kg) boulonnée au nouveau cadre périmétrique principal à double poutres de même métal. Particulièrement étroite et esthétique, cette structure est nettement cintrée sur l’arrière, agissant visuellement comme un corset de danseuse. Renforcé sur l’avant et la colonne de direction où il reçoit la prise d’air forcé, le cadre s’ancre sur le bloc moteur (culasse et carter arrière) à fonction porteuse pour optimiser sa rigidité.

L'Aprilia RS 660
L'Aprilia RS 660

Et c’est une toute nouvelle mécanique qui anime l’Aprilia ! Un bicylindre bien sûr, mais parallèle… Des raisons de poids et de compacité générale sont avancées pour ce choix. Inédite pour le constructeur de Noale, cette architecture compacte se veut dérivée du V4 de 1 000 cm3, notamment en termes de compacité et d’alésage. Cubant 659 unités (81 x 63,9 mm) ce twin arbore deux arbres à cames en tête actionnant 4 soupapes par cylindre. Il développe 100 chevaux à 10 500 tours et 67 Nm de couple à 8 500 révolutions-minute. Le rupteur peut même être repoussé à 11 500 tours ! Des valeurs contrastées augurant un comportement pointu. A vérifier… Toutefois, 80% du couple est disponible dès 4.000 et 90% à 6,250 tr.mn. Et calés à 270°, les manetons de bielles assurent un allumage irrégulier pour donner plus de vie et se rapprocher d’un fonctionnement de twin en V à 90°. Un simple arbre d’équilibrage vient réduire les vibrations du bloc et la distribution est assurée par chaine. Une prise d’air centrale fait respirer la RS via des conduits d’admission de longueur différente pour chaque cylindre. Le bloc partage avec le V4 ses corps d’injection de 48 mm et ses injecteurs à 4 bars. Il souffle dans une ligne d’échappement de 6 kg placé au plus bas sous la machine et remarquablement intégré à l’esthétique épurée de la RS 660.

Le twin délivre 100 ch et 67 Nm
Le twin délivre 100 ch et 67 Nm

Technologie haut de gamme pour la princesse italienne. Sa mécanique pétillante reçoitun contrôle par accélérateur Ride by Wire et 5 cartographies d’injection (AEM) associées aux nombreuses assistances électroniques maison APRC et sa centrale inertielle ! Celle-ci contrôle sur 3 axes et 6 directions l’ATC (contrôle de traction), l’AWC (contrôle de wheeling), l’AEB (frein moteur) et régule l’ABS en courbe. Suivant le mode de conduite choisi, tout ce beau monde se régule en fonction. Au quotidien on choisira « Commute », ou, pour plus de fun, « Dynamic » à moins de créer son mode « individuel ». Sur piste, « Challenge » vous donnera le meilleur pré-réglage de la RS 660 quand « Time Attack », rien que ça…, vous laissera tout contrôler.

Le coeur électronique bénéficie d’ailleurs d’un nouvel ECU Marelli 11 MP quatre fois plus rapide que le 7SM qu’il remplace. Enfin, ACC (régulateur de vitesse) et AQS (shifter en montée et descente) sont également de la partie associés à un embrayage anti-dribble. Tout ceci est paramétrable via de nouvelles commandes au guidon et un écran TFT couleur.

La RS fait le plein d'assistances avec tout le pack APRC
La RS fait le plein d'assistances avec tout le pack APRC

La mécanique passe sa fougue au sol via un nouveau bras oscillant aluminium aux surfaces sculptées et peintures fort séduisantes. Une finition satinée eut été plus pérenne sans doute... De type banane et construction asymétrique, il est connecté directement au twin pour accroitre là aussi la rigidité. Ses mouvements sont confiés à un amortisseur étrangement monté sans biellettes, ce qui pourrait nuire à la progressivité de son travail. On note cela pour la suite. L’élément est réglable seulement en en précharge de ressort et détente. Un peu juste pour une machine aux velléités sportives de premier ordre et à l’image prémium. C’est mieux sur l’avant avec une fourche Kayaba inversée de 41 mm ajustable en tout sens. Les débattement sont de 120 et 130 mm. Et la géométrie avoue des cotes soignant l’agilité. L’angle de colonne est de 24,1°, la chasse de 104,6 mm et l’empattement de 1 370 unités. De quoi virevolter avec aisance sur l’asphalte…

Le bras oscillant asymétrique est réalisé en aluminium
Le bras oscillant asymétrique est réalisé en aluminium

Bon, il faut aussi pouvoir s’arrêter. Pas de soucis avec des disques avant de 320 mm mordus par des étriers Brembo à 4 pistons opposés et montage radial. Même traitement pour leur maître-cylindre. Le ralentisseur opposé à deux pistons pince une frète de 220 mm. Les durites sont en métal tressé et les clignotants se déclenchent automatiquement en cas de freinage d'urgence. Sous contrôle de l’ABS modulé multi-axes… comment peut on encore se louper au freinage… ?

Le tout stoppe des jantes légères (3,56 et 5,38 kg) de 17 pouces en alliage d’aluminium chaussées de Pirelli Rosso Corsa II en 120/70 et 180/55 ou 180/60 selon préférences.

Les jantes en aluminium sont chaussées de Pirelli Rosso Corsa II
Les jantes en aluminium sont chaussées de Pirelli Rosso Corsa II

Fidèle à sa génétique de mannequin hautes performances, l’Aprilia RS 660 affiche une plastique séduisante et des finitions de qualité. Certaines parties plastiques paraissent toutefois moins flatteuses et le bras oscillant peint perdra vite de son éclat au niveau des talons de bottes usant sa peinture… Ajustement des éléments et qualité des composants assurent un standing correct, fils et durites sont idéalement intégrés. Notez que l'Aprilia RS 660 est déclinée dans trois variantes de couleurs dont un violet/rouge qui rend hommage à la RS 250 de 1994. Dernier point d’importance, l’italienne est une ballerine, prête à mener la danse, de seulement 183 kilos...

En selle

La sylphide transalpine ne vous demandera pas de faire des pointes pour l’accompagner. Avouant 820 mm seulement de hauteur de selle, elle se fait accessible, même si le pilote d'1.70m posera juste le bout des pieds.

A bord, l’ambiance est dynamique, sportive même, mais sans outrance. Si l’inclinaison de la selle bascule le buste sensiblement vers l’avant, les demi-guidons témoignent d’une philosophie plus routière. Placés au niveau du té supérieur, ils sont assez ouverts et confèrent une position intermédiaire entre roadster et sportive. Ce que souligne la flexion sans excès des jambes. La position évoque ce que furent les sportivo-GT des années 2000 telles que les Honda VFR et BMW R1100S... Cette ergonomie particulière se double d’une assise accueillante proposant un bon recul. On note aussi les épaulements marqués du réservoir évoquant ceux de la RSV4 et gages d’excellent maintien en position déhanchée...

Avec seulement 820 mm de hauteur de selle, la RS est facilement accessible
Avec seulement 820 mm de hauteur de selle, la RS est facilement accessible

Sous les yeux, le té de fourche aluminium ajouré, architecturé et taillé dans la masse fait son effet. Moins exubérants, les réglages des tubes de fourches pourraient être davantage mis en avant. L’intérieur du cockpit pourrait être plus séduisant en habillant l’intérieur des carénages.

Enfin, le levier d’embrayage à câble n’est pas ajustable en écartement et les commodos devraient être rétroéclairés désormais. Dommage.

La sportive de Noale reçoit un compteur TFT de 5 pouces
La sportive de Noale reçoit un compteur TFT de 5 pouces

Tendance technologique et APRC obligent, les instruments sont regroupés dans un écran 5 pouces TFT de belle facture. En dépit de sa compacité, ils s’avère assez complet et son ergonomie est excellente. Surmonté d'un large shiftlight, la dalle passe automatiquement en mode jour ou nuit et possède deux affichages différents, routier ou circuit. Le premier affiche un compte-tour barregraphe coiffant le tachymètre. Plus haut jauge de température moteur et d’essence côtoient le mode de pilotage engagé. Pour personnaliser ceux-ci, un poussoir à droite vous permet, à l’arrêt, de configurer la machine. Plus bas, les informations à faire défiler au guidon via le pavé multi directionnel : odomètre, consommation instantanée, moyenne, durée du voyage, 2 partiels… Figurent également température extérieure et horloge. Avec l’affichage circuit, la disposition des infos fait la part belle au sport. Il regroupe ainsi, sous le compte-tour barre-graphe hautement lisible, l'affichage du chrono ou de la vitesse. Et le bouton du régulateur de vitesse commande alors le contrôle de traction à tout moment. Bien vu ! D’ailleurs, ce petit levier a nécessité une découpe dans le support de bulle pour passer...

En ville

L’éveil d’un nouveau bloc moteur est toujours une émotion subtile. Le twin sera-t-il au niveau de la sonorité habituel de Noale. OUI ! Et pas qu’un peu. On ne trouve pas tous les jours un twin parallèle au mimétisme si proche d’un V à 90°. Il s’en démarque par sa souplesse. Car cette architecture propose généralement une disponibilité appréciable. Pour l’heure, on se réjouit du ronflement ample et vif de l’Italienne.

La RS 660 s'accomode très bien de la ville dans son mode Commute
La RS 660 s'accomode très bien de la ville dans son mode Commute

Le 660 Aprilia se révèle docile en agglomération, acceptant même la 5 au légal. Si le mode Commute est idéal, le mode Dynamic souligne davantage des à-coups à la remise des gaz. Sans être pénibles, ils sont sensibles. Précis, l'embrayage et le quickshifter participent à la facilité globale de prise en main et se doublent d’une sélection précise.

Bon point, les rétroviseurs renvoient une image nette et large. Enfin, le rayon de braquage est correct, mais demande à écarter les poignets des angles marqués du réservoir. Bref, du savoir vivre, mais aussi une nette tendance à vouloir vite ruer dans les brancards urbains. Pour éviter la neurasthénie, prenez l’air.

Autoroute et voies rapides

Les rapports fusent au shifter et vous voilà hors limite acceptable en un rien de temps. Le tout dans un vrombissement de mini V4… Quelle santé, quel charme ! Une moto dans le vent et vous avec. Car sa bulle ultra compacte a plus comme avantage de réduire la pression sur les poignets que de vous abriter. Un modèle haut optionnel, outre une meilleure défection, vous apportera également un style road-racing appréciable.

La RS tourne tranquillement à 5.750 tours sur le dernier rapport au maximum légal sur autoroute
La RS tourne tranquillement à 5.750 tours sur le dernier rapport au maximum légal sur autoroute

Au légal, le twin sportif démontre une foulée naturelle calée à 5.750 tours sur le dernier rapport et prêt à partir en sprint. Seules d’appréciables vibrations dynamiques et entrainantes habitent la machine. Régulateur engagé, on peut ainsi musarder sur tracé régulé en préparant sa chorégraphie à venir… La piste de danse est annoncée à la prochaine sortie, préparez votre entrée.

Départementales

L'homogénéité globale de la RS 660 fait sa force, mais c'est surtout sa mécanique que l'on retient en premier lieu. L’allonge du bicylindre est étonnante, offrant des envolées mécano-lyriques séduisantes. Car la bande son est aussi remarquable que le fonctionnement mécanique. La belle accompagne chaque accélération franche d’un grondement profond de sa boite à air, tirant ensuite vers des trilles métalliques plus marquées. Sans nul doute, la sonorité a été largement travaillée pour un plaisir auditif intense et envoutant.

Volontaire sur les intermédiaires dès 4.000 tours, la verve du bloc ne fait ensuite que croitre pour se sublimer vers 8.000 tours. C’est à dire au croisement de ses courbes de couple et de puissance. Et la mécanique s’emballe ensuite jusqu’à la zone rouge, à plus de 11.000 tr/mn. Certes, son couple de 67 Nm peut paraitre un peu juste mais deux éléments changent la donne. Tout d’abord le poids réduit qui autorise à la RS une excellente dynamique mais aussi, plus subjective, la personnalité du twin de Noale. Ses pulsations à bas régime et une rugosité subtile renforcent sa sportivité bien réelle. Son admission aux conduits de longueur inégale est une des clefs de ce caractère bien trempé. Egalement, la sélection rapide et précise et l’étagement de boîte idéal participent grandement à l’efficacité de pilotage et permettent d’exploiter tout le potentiel mécanique. Ajoutez à cela 100 chevaux en pleine santé qui galopent méchamment et vous avez entre les mains une athlète aussi envoutante qu’hyper réactive.

L'Aprilia est très homogène et se montre excellente sur route
L'Aprilia est très homogène et se montre excellente sur route

Dans la virole serrée on apprécie la légèreté de l’engin tout en imaginant la futur Tuono 660… Les bracelets de la RS donnent moins d’aisance, mais la machine s’emmène sans mal. Sur le deuxième rapport les sorties d’épingles sont franches et la force moteur se renforce très vite à chaque graduation du compte-tours. Et le grip de ses Pirelli incite à taper dans la gomme. Autant dire que la roue avant joue souvent les filles de l’air. Dans son ballet semi-aérien, l’Aprilia passe d’un angle à l’autre avec une rare évidence. Son train avant est peut être un peu moins précis que celui de sa grande soeur RSV4, mais sa facilité dans les petits coins est supérieure.

Vive, la RS enchaine sans mal les virages sinueux
Vive, la RS enchaine sans mal les virages sinueux

Quand le tracé s’ouvre un peu, c’est la rigidité de la partie cycle que l’on savoure et un placement sans faille de la machine sur sa trajectoire. Sur l’angle, la RS 660 est sensible aux mauvais raccords et son train directeur vif aurait pu s’adjoindre les services rassurant d’un vérin de direction. Rien d’alarmant mais restons vigilant. Car c’est moins la fourche que l’amortisseur qui est plus à incriminer. Son montage en direct sur le bras réduit sa progressivité et rend son fonctionnement assez sec. Dommage, d'autant que ses possibilités de réglage sont réduites et la fourche plus efficace.

Très rigide quant on monte le rythme, la partie cycle connait malgré tout quelques faiblesses
Très rigide quant on monte le rythme, la partie cycle connait malgré tout quelques faiblesses

Cela n'empêche pas trop de maintenir le rythme. D’ailleurs, il faut prendre les freins là ! Pas de surprise, la petite italienne peut compter sur ses étriers avant sous contrôle électronique. Seule la mise une oeuvre sur l’angle redresse sensiblement la machine. On l’accompagnera de l’élément arrière, un peu trop timide à mon gout et vite enclin à déclencher l’ABS. Agile, la RS autorise tout contrôle à son guidon en virage et permet un pilotage sain et facile. Bref, vous l’aurez compris, la RS 660 est aussi facile à prendre en main (pour beaucoup de motards) que de mettre un masque chirurgical. Sauf exception parce que c'est trop compliqué.

Partie-cycle

Incisif, précis et rigide, le châssis de la 660 incite au pilotage engagé. Ses suspensions pourraient être plus qualitatives. Agile, la RS est une redoutable adversaire dans le sinueux et sa géométrie lui confère un caractère intuitif.

La 660 se montre très agile, mais l'amortisseur manque un peu de progressivité
La 660 se montre très agile, mais l'amortisseur manque un peu de progressivité

Freinage

Les étriers avants mordent efficacement les disques mais laissent un parfait contrôle. Idéal pour garder du rythme sans se faire peur. L'élément arrière parait plus atone. Dommage, c'est pourtant bien pratique en virage. L'ABS ne sert qu'à bon escient et l'électronique transparente en mise en oeuvre.

Les étriers Brembo assurent une morsure parfaite
Les étriers Brembo assurent une morsure parfaite

Confort/Duo

Sportive poids léger, la RS se dote d'une selle confortable et d'une ergonomie plutôt accueillante. L'ensemble reste toutefois dédié au dynamisme. Et de préférence pour un plaisir solitaire, vu la petitesse du mini-strapontin arrière.

L'assise est plutôt confortable pour une sportive
L'assise est plutôt confortable pour une sportive

Consommation

Aprilia annonce une consommation moyenne de 4,9 l/100 km, soit une autonomie potentielle de plus de 300 kilomètres compte tenu des 15 litres de carburant qu'embarque le réservoir. Nous n'avons malheureusement pas pu mesurer la consommation exacte au cours de cet essai.

Aprilia annonce une conso de 4,9 l/100 km
Aprilia annonce une conso de 4,9 l/100 km

L'essai de l'Aprilia RS 660 en vidéo

Conclusion

La durée de l'attente à découvrir ce modèle était à la hauteur de la satisfaction à essayer cette Aprilia RS 660. Evoquant à maints égards sa grande soeur RSV4, son coeur inédit fait vibrer son pilote au rythme de ses rapides pulsations. Sa partie cycle aux standards de sportivité maison et électronique associée composent un ensemble redoutablement efficace. Les suspensions me laissent un peu sur ma faim et j’aimerais pourvoir les étudier plus longtemps sur des routes abîmées et sur circuit. Un équipement plus soigné n’aurait pas dépareillé sur cette machine et avantagé le comportement.

Accessible à de nombreux motards, tant en ergonomie qu’en performances, la RS 660 a peu de concurrente. On imagine bien sur la Yamaha R6, aux suspensions superlatives, à la puissance supérieure (118 ch) et au tarif à l’avenant : 13.999 €… Très typée, elle n’offre pas la polyvalence de l’Aprilia. Même constat pour la Kawasaki ZX-6R, bien que plus abordable : 11.699 €. C’est finalement un roadster que j’opposerai à l’italienne, la Triumph Street Triple 765 RS, 12.100 €. Plus puissante et coupleuse, l’anglaise peut se targuer de finition et équipement haut de gamme. Pour 2.500 euros de plus que l'Aprilia, la Ducati SuperSport offre un positionnement similaire pour des performances plus poussées.

Dans son segment, l’Aprilia RS fait donc figure d’outsider à un tarif plutôt bien positionné, mais couteux dans l'absolu : 11.050 €. Un avantage dont l’italienne devrait tirer parti. C'est d'autant plus vrai que la RS est la seule parmi les machines pré-citées à pouvoir être bridée pour le permis A2. Chainon manquant réussis entre deux mondes sportifs, la RS 660 mérite bien son surnom de petite RSV4. Elle en a toute les qualités, la génétique de course et le même caractère latin de feu.

L'Aprilia RS 660 est déclinée dans trois variantes de couleurs
L'Aprilia RS 660 est déclinée dans trois variantes de couleurs

Points forts

  • Esthétique forte et élégante
  • Caractère et disponibilité moteur
  • Agilité et efficacité de la partie-cycle
  • Qualité des suspensions
  • Assistances électroniques efficaces
  • Sélection précise
  • Accessoirisation
  • Confort correct
  • Qualité des finitions
  • Efficacité dynamique globale
  • Instrumentation agréable
  • Freinage

Points faibles

  • Qualité de l'amortisseur arrière perfectible
  • Quelques à-coups d'injection
  • Peinture fragile

La fiche technique de l'Aprilia RS 660

Conditions d’essais

  • Itinéraire : routes sinueuses à revêtement variable.
  • Météo : très frais, ensoleillé
  • Km moto : 200 km
  • Problème rencontré : Dosseret ailerons mal fixé, certains se sont pris pour des avions…, Electronique facétieuse (AWC et ATC parfois désactivés), témoin moteur allumé. Ces désordres ont disparu en coupant le contact.

Equipement de l'essayeur

  • Casque Roof R0200 Carbon
  • Blouson AllOne Apex LT
  • Jean Vanucci Armalith 2.0
  • Gants Dainese Full metal
  • Bottes Vanucci RV4

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Commentaires

Christophe13011

"ventre-saint-gris" comme dirait le capitaine haddock mais Damien quel article formidable avec un lyrisme étonnant dans le monde de la moto bravo
Bravo 👏.
ensuite me direz-vous il n'y a pas que le lyrisme mais il y a le contenu et alors là aussi bravo bravo 👍👍 car c'est super bien léché avec toutes les données techniques que l'on attend d'un excellent journaliste. Cet article est à montrer dans les écoles de journalisme.
maintenant bravo aussi à Aprilia pour cette machine magnifique très intelligente très performante qui à mon avis va faire un tabac surtout au prix qu'elle est à vendre.
Vive la moto les deux roues et vive l'Italie 💪 Forza Italia !!!

14-10-2020 17:51 
waboo

Houlah, ça fait beaucoup de compliments et de qualités pour un seul homme.

Je n'en mérite pas tant.

Merci d'avoir apprécié l'essai.

14-10-2020 18:07 
kernel62

"Inconvénient : Absence de béquille central en standard"

On est sur le repaire du 'vieux' motards ? clin d'oeil

14-10-2020 20:53 
waboo

Désolé ami lecteur, j'ai merdé avec les + et -
correspondent pas tous à cette moto...

Les +

Esthétique forte et élégante
Caractère et disponibilité moteur
Sonorité orgiaque
Agilité et efficacité de la partie-cycle
Assistances électroniques complètes
Equipements d'origine
Sélection précise
Confort correct
Qualité des finitions
Efficacité dynamique globale
Instrumentation agréable
Freinage

Les -

Qualité de l'amortisseur arrière perfectible
Quelques a-coups d'injection
Peinture fragile

14-10-2020 21:13 
lunamilio

"La position évoque ce que furent les sportivo-GT des années 2000 telles que les Honda VFR et BMW R1100S..."
Ou les SL-1000 Falco ?

14-10-2020 21:18 
Godzilla

L'est pas mal en jaune, mais avec les jantes rouge/orange, ça pique un peu les yeux.

14-10-2020 23:02 
tsointsoin

Tous les essayeurs de la rs660 roulent avec le roof ro200 fibre, un article est prévu ? Sinon quelles sont tes impressions ?

15-10-2020 06:48 
waboo

Citation
tsointsoin
Tous les essayeurs de la rs660 roulent avec le roof ro200 fibre, un article est prévu ? Sinon quelles sont tes impressions ?

Il a été essayé ici

Perso, j'aime beaucoup son allure compacte. Il est relativement bruyant sur un roadster. Son système de démontage de visière est originale mais pas forcément le plus pratique au premier essai.

La finition est très bonne, comme la ventilation et j'aime beaucoup le petit levier pour diriger le flux soit vers le visage soit vers la visière.

15-10-2020 06:58 
Bee Loo

Dommage, elle est belle mais beaucoup moins que le proto vu à l'EICMA ...

15-10-2020 14:11 
fift

lunamillo> De mémoire, la Falco avait une position plus sportive que la VFR ou la R1100S.


Elle me ferait bien de l'oeil cette "sportive de route" .... si seulement elle avait une place arrière utilisable.
Même pas confortable ou correcte, hein, juste utilisable.

15-10-2020 15:39 
Charlie_41

+1 avec fift : à quoi servent les repose-pieds passagers question

A ce "détail" près, c'est une bien belle machine cool

15-10-2020 16:34 
lunamilio

Le dosseret de selle que l'on voit sur toutes les photos est remplaçable par une vraie selle passager paraît-il...

15-10-2020 17:58 
fift

Effectivement, lu sur un site concurrent :
Nos motos d’essai étaient équipées du dosseret de selle optionnel (...) de série, la RS 660 vient avec une selle biplace, relativement épaisse quand on la met en perspective avec la biscotte sans gluten qui fait office de selle passager sur les 600 japonaises.

15-10-2020 18:59 
waboo

Oui, il y a une option passager, mais vu comme était fixé l'élément à ailerons... mieux vaudra rouler solo... clin d'oeil))

15-10-2020 19:30 
1364

Honnêtement et à moins de ne pas tout avoir compris... Quand bien même il existe une selle spécifique pour le/la passager/gère... J'imagine mal qqu'un grimper sur ce tranche choses ou lamineur de sexe et fesses, doté de ses deux ailerons, s'ils ne sont pas en plastique mou...
La machine à une plastique plaisante, mais trimbaler qqu'un dessus... Cuir SM et fouet assumés de rigueur !

16-10-2020 17:34 
1364

Ceci dit, ça doit faire mâle! clin d'oeil

16-10-2020 17:36 
Lebougnat

Je craque ! La boite à air a un air de triumph 😍 D'ailleurs je crois que je vais revendre mon street triple 675r pour cette beauté ! Quasiment même cylindrée et même puissance mais en bi cylindre souple avec une position sport mais sans se casser le dos juste parfait 😍 Après l'avoir essayé pensez vous que le moteur est plus joueur et à plus de caractère que la street 675r ? Je pense que oui, hâte de l'essayer

17-10-2020 15:54 
waboo

Citation
Lebougnat
Je craque !

Si vous aviez une 765, les choses seraient différentes, mais comparée à votre 675, la RS 660 pourrait bien vous plaire... Le twin est plus rempli à bas régime que le triple, notamment pour sortir de virage en 2. C'est un fonctionnement plus gras, ca tracte et passé 7 à 8 000 tours... l'arrivée de la puissance est séduisante.
Le chassis est également très bon.

A tester bien sur.

20-10-2020 16:53 
fift

1364> Je pense que la selle passager remplace lesdits ailerons (ou alors que les ailerons se démontent et que la selle est dessous).


Sinon, chouette nouvelle je trouve que cette RS 660. Le retour des "sportives de route" des années 2000 ?
(je pense aux VTR Firestorm, SSie, ZX-9R, SV 1000 etc - et effectivement SVS 650)
Ce serait une excellente nouvelle.

20-10-2020 17:35 
Godzilla

Plus de vingt ans après la fin de la 850 TRX, voilà un engin qui allume la lumière tout au fond de mon cortex.

Faut absolument que j'essaie cette moto.

J'imagine une concurrente KTM avec le 790 par exemple.
Après tout, les "petites" marques italiennes ont souvent eu raison trop tôt, pourquoi pas là?

20-10-2020 21:41 
Godzilla

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fift
(je pense aux VTR Firestorm, SSie, ZX-9R, SV 1000 etc - et effectivement SVS 650)



Non Monsieur, il n'y en a que deux! La TRX et la (les) SS/SSie.

A la limite la VTR F pour son "confort" sur la route et la patate de son moteur. Mais elle est moche. gnarf

Le reste, boaf, la ZX9R c'est passque Kawasaki était trop timoré pour sortir une 900CBR-like (et elle a deux cylindres de trop), les SV1000 et 650 ont existé en roadster donc on gicle ça dehors, hop!
Pis faut pas que ce soit trop puissant, une sportive de route, donc les 1000 TLS et TLR, dehors aussi, trop de chevaux.
Pareil pour la Falco, trop puissant (et encore elle je l'aime bien).

Du coup, il en reste pas des masses comme je disais. ange

Reste l'anecdotique MZ1000 (moche aussi et a existé en roadster), les Laverda 650/750 (des bouts de bois pas très agréables), la Voxan CafeRacer (ok, mais elle c'est à part passqu'elle est belle), et si on est large la Triumph Sprint RS 955.
On oublie aussi les trucs genre 1000 Thunderace et 600 Thundercat, y'a trop de cylindres et même remarque que pour la ZX9R. Pas des sportives de route, juste des sportives timorées.

Non, y'en a vraiment que deux, des pures sportives "de route".
Une parce que les italiens savent faire des motos, l'autre parce que Yamaha a eu l'excellentissime idée de la faire en s'inspirant de l'autre.
Quoi, quelle mauvaise foi?
Ou ça? Qui?

20-10-2020 21:56 
fift

Bah en fait vu que la TRX est une copie des SSie, il n’y en avait qu’une, la Ducati. Avec le 1000DS, le meilleur moteur du monde .


Plus sérieusement, il ne manque qu’une chose à cette Aprilia pour faire parfaitement renaître le genre : une selle passager.

21-10-2020 08:43 
waboo

La selle passager remplace le bloc avec ailerons.
Mais ca reste un déplaçoir, loin des motos mentionnées ci-dessus.
La RS 660 reste une moto sportive plus que routière.

21-10-2020 09:09 
Godzilla

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fift
Bah en fait vu que la TRX est une copie des SSie, il n’y en avait qu’une, la Ducati. Avec le 1000DS, le meilleur moteur du monde .



Celui avec les guides de soupapes friables...? gnarf

21-10-2020 17:14 
fift

tire la langue

D'ailleurs, je ne vois même pas de quoi tu parles ange

21-10-2020 19:32 
kick47

Des dizaines de titres de champions du monde !! Waououhh va falloir que je révise mes statistiques. Etonné ...

02-02-2021 15:24 
 

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