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Motardscope : Jean-François Robert

Dr Robert, "Docteur de la Technique"

Jean-François Robert Ingénieur Diplômé de l’ESTACA ( Ecole Supérieure des Techniques Aéronautiques et de Construction Automobile) ! Rien de moins ! Jean-François Robert a débuté sa carrière en 1985 dans l’écurie Honda Elf de Serge Rosset (GP 500) aux côtés des pilotes Didier de Radiguez, Christian Leliard et Pierre Etienne Samin.

A la fin de la saison, il rejoint Patrick Barigault au sein des Ateliers Siccardi où il s’occupe de la production en petite série des motos Barigo. 2 ans plus tard, ils s’exile à la Rochelle où il prépare les machines de supermotard de Patrick Drobecq et Gilles Salvador jusqu’en 1989. Cette même année, Jean-François fait le Paris Dakar pour la caisse d’épargne Ecureuil.

En 1990 il rejoint la société Axcel R&D en charge de l’acquisition de données embarquées des motos de Christian Sarron et Jean-Philippe Ruggia (écurie Yamaha Gauloise). Avec l’application de la loi Evain (plus de sponsoring par les cigarettiers), il est embauché par la société Savage 2X2 qui développe le procédé de moto à 2 roues motrices inventé par Patrick et Franck Savard. Jean-François y conçoit un moteur bicylindre 4 temps destiné à une machine de série… Qui ne verra jamais le jour faute de moyens.

En parallèle, il conçoit sa première moto de piste la Tucson Véga 501 autour d’un monocylindre 4 temps Husaberg. Il la fera évoluer entre les mains expertes de Bertrand Sebileau puis Stéphane Coutelle dans quelques courses internationales dont ils ramèneront une victoire et 2 podiums.

C'est également à cette période qu'il est sollicité par Moto Journal pour la rédaction d’articles techniques.

En 1996 il crée sa société de transformation des véhicules au GPL dont il sera gérant jusqu’en 2001. Entre temps il participe à quelques courses du challenge des monos sur la surpuissante Tucson Véga 636 (72 cv à la roue AR !) ce qui lui vaudra 1 pôle position, 2 podiums… et la modification du règlement pour limiter la puissance et donc la course à l’armement dans la catégorie. La fin de carrière de la Véga a sonnée. A cette époque il collabore aussi avec ETAI et écrit un ouvrage sur la préparation des moteurs de motos.

En 2001 il cède son entreprise et intensifie sa collaboration avec Moto Journal où il a désormais acquit le titre de « Dr Robert, docteur de la technique ». Il commence aussi le développement d’une nouvelle moto sur base moteur Suzuki : la Tucson Véloce. En 2007, elle participera à une épreuve d’ERT aux mains de Zef Enault et Stéphane Lacaze qui abandonneront sur fuite d’essence alors qu’il sont en tête. Au terme de 5 années de procédures contre Hyundai, le docteur perd la marque Tucson (et 5000 €) en 2009. Cette année voit heureusement naître la Roadson Superleggera bâtie autour d’un moteur aprilia 550 et carrossée par Yann Bakonyi. Elle est actuellement encore en phase finale de développement. Aujourd’hui, Jean-François écrit pour les éditions Hachette (collection Joe Bar Team) et commence une nouvelle collaboration avec Le repaire des motards où il parlera de technique bien sûr !.

Interview...

  1. Si tu étais une moto, laquelle serais-tu ?

    Un 500 XT. Je m’y reconnais assez bien. C’est pas compliqué, pas vraiment brillant mais ça s’adapte à toutes les situations et ça t’emmène au bout du monde (moi ça m’a emmené jusqu’à Athènes mais d’autres sont allés beaucoup plus loin !).

  2. Plutôt allemande, américaine, française, italienne ou japonaise ?

    Italienne, mais tu as oublié les anglaises et je les aime aussi beaucoup.

  3. Plutôt GP, WSBK, promosport, ou route ?

    Un petit faible pour le SBK car ça bataille dur avec les motos et au final les préparateurs y ont encore un vrai travail de développement . J’ai pu voir de près le travail effectué chez Francis Batta (Team Alstare), c’est fascinant. En GP, c’est encore plus la dictature des usines.

  4. Quel trait de caractère d'une moto te correspond le mieux ?

    Le couple !

  5. Quelle partie de la moto te fais le plus vibrer ?

    Le moteur !

  6. Si tu gagnais au loto avec le plus gros jackpot jamais gagné, combien de motos aurais-tu et lesquelles ?

    Je crois que j’en claquerai pas mal pour faire une vraie moto à moi (une Tucson/Roadson !) avec enfin de vrais moyens. Sans doute sur base d’un moteur Ducati refroidi par air , une moto très « pure », à l’ancienne, sans trop de tuyaux partout et bien finie, ou alors une « moto1 » pour les GP 2012 avec un V4 Aprilia ou un BMW. S’il me restait quelques sous en poche j’achèterais une Ducati 749 R, ou une Triumph 675 pour faire un peu de piste et pour la route un trail.

  7. S'il n'y en avait qu'une ?

    La 749 R, c’est d’une finesse incroyable en forme comme en pilotage...

  8. La moto dont tu ne voudrais pas, même en cadeau ?

    Un 125 custom asiatique.

  9. Quand et comment a débuté ta passion pour la moto ?

    Philippe mon grand frère et Jean-Marc le voisin d’en face (aujourd’hui vendeur chez Noisy motor Bike) y sont pour beaucoup mais il y avait aussi un type qui passait tous les soirs devant chez mes parents avec une Yam 125 trail ( DTE) bleue paillettée. Il nous faisait le salut des motards. Il ne s’est jamais arrêté, mais j’avais 12/14 ans et je rêvais d’avoir sa bécane et de prendre de l’angle comme lui.

  10. Quel est le défaut qui en moto peut devenir une qualité ?

    Le caractère moteur. Un truc qui cogne un peu en bas comme une Monster 1100, ça te met un vrai coup de pied au cul. C’est pas un moteur insipide...

  11. Parmi les qualités que l'on te trouve, quelle est la plus vraie ?

    La fiabilité si on reste dans les images mécaniques...

  12. Qu'as-tu appris sur toi en entrant dans la moto ?

    Qu’il est bon d’avoir une passion et que c’est une chance. Qu’il faut aller jusqu’au bout. Il y a tant de gens qui s’emmerdent et ne savent pas quoi faire de leur vie.

  13. Quelle est ta définition du vrai motard ?

    Un type solidaire (mais pas solitaire)

  14. Quelle est la qualité essentielle pour être un vieux motard ?

    Ne pas rouler au dessus de ses pompes

  15. Un truc qui t'énerve dans le monde motard ?

    Les mecs bourrés comme des coins dans les courses d’endurance qui font du bruit, de la fumée et de la bagarre.

  16. Une confession intime à propos de la moto ?

    J’ai commencé les GP en 1985 l’année où Spencer a fait le doublé. Ce mec c’était le Rossi de l’époque, un « extra –terrestre ». L’hiver 2004, je suis allé sur son circuit à Las Végas faire un sujet sur les nouveaux Michelin Pilot Power et il a accepté de faire quelques tours chronos pour les comparer avec des Slicks. Il est monté sur la moto et je suis allé derrière le muret pour chronométrer « Monsieur Spencer » qui roulait rien que pour moi ! Quand il est sorti du virage avec sa classe incroyable, j’ai eu une bouffée d’émotion qui est montée et j’ai chialé de voir ce très grand champion faire ça très simplement, juste parce qu’on lui avait demandé.

  17. Quel pilote/SDS es-tu ?

    Je n’ai pas vraiment l’âme et surtout pas la compétence d’un pilote. Comme passager, je peux être confiant ou peureux. C’est plus une question de personne que de vitesse. J’ai un bon souvenir de mon tour de France derrière Stéphane Coutelle qui n’est pas vraiment tendre avec la poignée de gaz, mais je ne le ferai pas derrière n’importe qui.

  18. Ton meilleur souvenir ?

    Quand j’ai fini ma première moto (la Tucson Véga 501) j’ai appelé Moto Journal qui a envoyé Bertrand Sebileau pour en faire l’essai à l’occasion d’une course internationale à Carole. Elle faisait 52 cv pour 95 kg et il y avait Alan Cathcart grandissime favori avec sa Suzuki galina de 72 cv et 130 kg. Bertrand est parti en tête, mais rapidement Alan a fait parler la poudre et il fallait se rendre à l’évidence on ferait une belle 2ème place pour notre première sortie. Au 7ème tour j’ai craqué j’ai crié « putain Sebil’ merde ! », mon pote Thierry à côté de moi me prenait pour un fou de ne pas me satisfaire de ce podium…. Après la course on a discuté avec Bertrand et il m’a dit « au 7ème tour je me suis dit : tu ne va pas te laisser manger par ce putain de rosbeef » (désolé Alan !). Alors il s’est accroché, il s’est rapproché et dans le dernier virage du dernier tour il lui a fait le freinage. Il a gagné la course ! Osmose avec le pilote, transmission de pensée ? Mon plus beau souvenir et ma seule victoire à ce jour en tout cas. Merci m’sieur Sebil’

  19. Ton rêve en moto ?

    Avoir un budget pour faire une moto en petite série, et aussi construire une bonne moto électrique

  20. Ta plus grosse peur ?

    C’est en 1979, je venais d’avoir mon permis et sur mon 350 RD j’ai bêtement suivi un pote qui roulait beaucoup trop vite entre Bastille et Nation. J’étais tout près et à un moment, une fille a voulu traverser juste derrière lui sans m’avoir vu. Son mec l’a tirée en arrière par le bras juste avant que je ne passe. Après ça j’ai immédiatement ralenti et j’ai retenu la leçon. Plus de 30 ans après j’ai encore honte d’avoir fait ça. Heureusement qu’il a eut le bon réflexe face au jeune con que j’étais. Son geste a sauvé 3 vies que mon inconscience avait mises en danger.

  21. La phrase que tu te répètes toujours quand tu roules en moto ?

    Ne roule pas au dessus des tes pompes, s’ils vont plus vite, laisse les partir, c’est pas grave, t’es pas pilote de toutes façons