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Pilote de légende : Guy Bertin

Vice-champion du monde en 125cm3 en 1980, vainqueur du Bol d'Or et des 24 Heures du Mans

Impossible n'est pas français

Pilote de légende : Guy Bertin (photo : Hugues MALLET)Le pilote français Guy Bertin nait le 25 novembre 1954 à Aix-les-Bains. Très vite, il prend conscience que les études ne sont pas pour lui et il se lance dans la vie active en tant que mécanicien. Bertin met les mains dans le cambouis  dès l’âge de 14 ans en allant bricoler sur les vieilles bécanes de son voisin. C’est ensuite en prenant le guidon qu’il se découvre une nouvelle passion, la conduite. Guy écume alors les courses de sa région mais son style de pilotage, tout en retenu et en prudence ne laisse pas encore présager sa future carrière sur les circuits de MotoGP.

Il débute ses premières compétitions de critérium avec une 250 Suzuki empruntée à l’un de ses amis puis en courses de côte avec une 250 Kawasaki. Puis, à la fin de l’année 1971, Guy Bertin acquiert une 125 Yamaha qu’il va lui-même préparer en vue du championnat national. Cependant, prenant part à peu de courses, les résultats ne sont pas flamboyants. Du moins pas encore.

Les premiers succès

Les premiers succès arrivent quelques temps plus tard, d’abord avec une victoire à Nogaro puis une seconde place à Cannes. Toutefois, la moto de Bertin connait quelques problèmes mécaniques et empêche le jeune pilote de franchir la ligne d’arrivée à de multiples reprises. Du côté des courses de côte, le Français rafle pratiquement tous les prix mais il n’est guère intéressé par la discipline, préférant courir sur circuit.

Guy Bertin et André de Tollenaere au Bol d'Or Classic en 2012Suite à ses bons résultats, Bétemps lui offre un poste de mécanicien et met à sa disposition deux TZ pour concourir au Championnat Inter. Bertin croit en ses chances et désire profiter de l’épreuve pour se faire enfin remarquer. Manque de chance, Bétemps revend l’ensemble de son matériel de course une semaine seulement avant le Grand Prix. Privé de monture, il reprend sa vieille Yamaha pour se lancer dans quelques courses, sans grand succès.

Débuts en Grand Prix

Pour la saison 1976, il peut compter sur le soutien financier de son père. Au guidon d’une TZ, il commence à se faire remarquer au Championnat Inter en remportant quelques victoires et en occupant la cinquième au classement final. Parallèlement, il travaille toujours comme mécanicien chez Bétemps mais les conditions de travail se dégradent et ne lui permettent pas de courir autant qu’il le souhaiterait.
Pour la saison 1977, Bertin se met en tête de dénicher un contrat. Son book sous le bras il part rencontrer le représentant des grandes marques dans les différents salons. Les temps sont durs et seul Ségura répond favorablement en lui fournissant…un cuir. Il mobilise les personnes de son entourage et ses amis pour obtenir une nouvelle TZ et un fourgon et se rend au Grand Prix de France. Pour sa première saison en Grand Prix, Bertin prouve son potentiel et se classe 18ème en fin d’année tandis qu’il décroche le titre en 250cc du Championnat de France et qu’il pilote une Japauto au Bol d’Or pour le compte de M. Villaseca.

La victoire au Grand Prix de France en 1979

Guy Bertin victorieux sur le GP de France en 1979 (photo : DR)En 1978, il ne participe qu’à deux courses en 250 et 350cc. Pour la saison qui suit, il s’engage en 125 et 250cm3. S’il reste sur Yamaha en catégorie 250cm3, il a l’opportunité de prendre les commandes de la Motobécane officielle en 125 suite à la chute de Thierry Espié à Assen. C’est d’ailleurs au guidon de cette dernière qu’il décroche la victoire au Grand Prix de France au Mans après avoir livré une bataille sans merci face à Angel Nieto.

En 1980, c’est dons sous les couleurs Motobécane que Bertin prend le départ. Le sacre mondial est à portée de main mais le budget alloué à l’équipe reste bien maigre. Le développement de la machine est restreint et malgré les talents de Bertin, Nieto et Minarelli se montrent sans pitié. Sans surprise, Nieto monte sur la première marche à la fin de la saison tandis que Bertin s’octroie le titre de vice-champion du monde en 125.

Victoire au Bol d'Or

En 1981, le Français quitte Motobécane pour venir grossir les rangs de Sanvenero, un fabricant de machines de compétition italiennes. A son guidon, Bertin remporte le second Grand Prix de la saison mais la mécanique des italiennes s’avèrent finalement fragiles et il termine sixième du championnat. L’année suivante, Bertin conserve sa place au sein de l’écurie Sanvenero mais délaisse la catégorie 125 pour monter en 500cm3. Le pilote français ne terminera cependant pas la saison, suite à des différends au sein de l’écurie.

C’est auprès du constructeur MBA qu’il reprend du service en 1983 dans la catégorie 250cm3. Bertin effectue une belle saison mais les succès d’autrefois semblent bien loin. En 1983, il se classe 20ème puis 11ème l’année suivante. Parallèlement, il roule en endurance au guidon d’une Honda officielle et remporte même le Bol d’Or avec Raymond Roche et Dominique Sarron.
En 1984, Bertin poursuit sa collaboration avec MBA en Grand Prix et Honda en endurance. A la fin de l’année, Honda annonce son retour en Grand Prix 250. Une opportunité s’ouvre alors pour Bertin mais le pilote a quelques différends avec Honda et ses coéquipiers au Bol d’Or.

Une carrière prolongée

La Honda CB 750 de Guy Bertin au Bol d'Or Classic 2012En 1985, il prend part à quelques courses de Grand Prix avec Malaca mais c’est surtout en endurance qu’il réalise des exploits puisqu’il gagne les 24 Heures du Mans au guidon d’une Suzuki privée. Pour la saison 1986, il tente un timide retour sur une machine estampillée Parisienne sans grand succès puisqu’il ne prend part qu’à trois courses.
En 1987 , Guy Bertin revient au guidon d’une Honda 250 privée mais les temps sont durs et les machines d’usines redoutables. La saison suivante, c’est avec une Yamaha qu’il tente de revenir sur le devant de la scène en Grand Prix mais il est vite dépassé par les ténors de la discipline et est relégué à la 35ème place. Néanmoins, infatigable, il court toujours en endurance, participe régulièrement au Bol d’Or et devient même chef mécano en GP 250 ou encore responsable de l’assistance aux privés Honda pour le Paris-Dakar.

En 2012, il accomplit l’exploit, plus de quarante ans après sa première victoire, de faire gagner la Honda 750 Four préparée et pilotée par ses soins au Bol d’Or Classic. Il est en outre régulièrement présent sur les grands événements moto tels que la Sunday Ride Classic.

Palmarès en Grand Prix

SaisonCatégorieCoursesVictoiresPodiumMotoClassement
1988 250cc 6 0 0 Yamaha 35
1987 250cc 15 0 0 Honda 25
1986 250cc 3 0 0 Parisienne
1985 250cc 2 0 0 Malanca
1984 250cc 8 0 0 MBA 11
1983 250cc 8 0 0 MBA 20
1982 500cc 1 0 0 Sanvenero
1981 125cc 4 1 3 Sanvenero 6
1980 125cc 6 3 6 Motobecane 2
1979 250cc 1 0 0 Yamaha 24
1979 125cc 3 2 3 Motobecane 6
1978 350cc 1 0 0 Yamaha 18
1978 250cc 1 0 0 Yamaha 28
1977 250cc 3 0 0 Yamaha 18

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