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Essai bottes XPD XMaster Buffalo H2OUT

7 ans d'essai intensif, de Dakar à l'Himalaya en passant par le périf parisien

Des bottes polyvalentes et étanches à porter en toutes circonstances

Que les choses soient claires : le fabricant italien XPD, filiale de Spidi, n'a plus ces bottes XMaster Buffalo H2OUT dans son catalogue. Il n'y a même plus rien d'approchant, XPD semblant s'être spécialisé sur la botte racing et la "basket" sportive et protectrice, tandis que quelques sites de ventes par correspondance proposent encore un produit sensiblement proche de cette Xmaster Buffalo, la X-Class, qui diffère cependant par sa hauteur s'arrêtant à mi-mollet.

Essai des bottes XPD XMaster Buffalo H2OUT

Cependant, les essais longue durée sont toujours révélateurs du savoir-faire des marques et si, par le plus grand et heureux des hasards, vous trouviez une paire de ces XMaster Buffalo H2OUT neuves dans une braderie ou peu portées d'occasion, il serait bon de ne pas hésiter.

La totale !

Car ces bottes, on leur a fait subir la totale ! Récupérées à leur sortie en 2009, elles ont tout de suite été utilisées pour un trip de quasiment une semaine en partant de Paris, puis Lyon pour récupérer une KTM, puis les Pyrénées et le désert des Bardenas, puis retour. Plus de 3000 bornes en 6 jours, autant dire que le rodage devait bien se passer. Dès le début, ces bottes se sont révélées de véritables chaussons, se faisant oublier aux pieds à moto et permettant après une bonne journée de route de les garder, si besoin, pour aller au resto. Leur souplesse est à mettre au rang des qualités, tandis que les coques de protections au niveau du talon et des orteils ne sont jamais envahissantes. La souplesse au niveau de la cheville permet de s'adapter à l'ergonomie d'un grand éventail de machines, sportives, trails, custom... La présence de soufflets au talon et sur le coup de pied n'est probablement pas étrangère à cette belle souplesse et ce confort de portée exceptionnel. Notons également que le revêtement au sommet de la botte se fait totalement oublier et n'irrite pas les mollets.

Les XPD se distinguent clairement par leur confort

Leur système de fermeture est confié à deux velcros, le réglage est facile. L'ouverture en haut des bottes est suffisamment large pour un enfilage ou un retrait aisé. La semelle ne dérape pas sur les chaussées glissantes. Que des bons points. Après leur baptême aux Bardenas, où ces bottes sont ensuite retournées deux fois, elles ont ensuite et en compagnie d'autres équipements qui ont été mis à rude épreuve, tels que le casque jet X-Lite X402 GT et les gants Furygan TD 02 Mesh Evo) avalé la Route par paquets de 10 000 kilomètres. Une virée de Paris à Dakar en 125 Keeway, une autre au fond de la Roumanie jusque-là frontière de l'Ukraine, l'ascension de l'Himalaya par les plus hauts cols du monde jusque 5602 mètres d'altitude, sans oublier un road trip jusque Porto via Saint-Jacques de Compostelle, ces bottes ont roulé, roulé, roulé... Elles ont même dompté de la Boss Hoss V8 6.2

Les XPD lors de l'essai de la Boss Hoss

Une belle patine

Et de ces années de route, elles en portent un peu les stigmates. Certes, elles ont pris une belle patine et le cuir de buffle, de 1,4 mm d'épaisseur et imperméabilisé, a fait son boulot pendant longtemps. Un coup de bombe imperméabilisante était toutefois nécessaire de temps en temps, mais le traitement se montrait alors efficace. Hélas, l'appel du virage étant plus fort que tout, les semelles ont commencé à se biseauter à force de frotter, puis à se trouer : la botte n'était plus étanche par le bas. Mais elle restait belle.

La semelle n'est plus vraiment étanche

On note sur cette photo, ci-dessous, l'impact de 7 ans de sélecteur (botte gauche) et de 15 jours de boîte de vitesse inversée sur une Royal Enfield en Inde. Ça en dit beaucoup sur les boîtes des Royal Enfield traditionnelles !

15 jours de boite inversée Enfield contre 7 ans de sélecteurs classiques

Pour le reste, les inserts réfléchissants à l'arrière ont commencé à se déteindre un peu, mais l'allure générale, les velcros et les fonctions principales de cette botte ont tenu la distance. C'est dans la dernière année, quand elles ont fini par prendre l'eau, que, côté droit, le revêtement intérieur a fini par, parfois, remonter un peu avec le jus de chaussette quand on les retire, tandis que la tige de maintien prend elle aussi du jeu.

La fermeture est assurée par deux velcros

Mais vu ce qu'elles ont subi, on peut dire qu'elles ont largement fait leur boulot et qu'elles ont vu du pays. Et leur souplesse, leur confort et leur polyvalence restent des qualités marquantes, qui expliquent aussi qu'elles aient été utilisées aussi longtemps. Mais bon : XPD ne fait donc plus de genre de bottes. C'est fort dommage, car il aurait été intéressant de découvrir les qualités d'un modèle équivalent, d'une nouvelle génération.

Points forts

  • Confort exceptionnel
  • Souplesse au porté et à moto
  • Étanchéité pendant 6 ans
  • Polyvalence absolue

Points faibles

  • Ont fini par rendre l'âme au bout de 7 ans d'essais intensifs
  • La doublure droite finissait par remonter quand on retirait le pied
  • Les trous dans la semelle (à force de faire frotter dans les virages) ont mis à mal l'étanchéité

Conditions d’essais

  • Itinéraire : 6 ans d'essai, du quotidien, des balades en toutes saisons, de Dakar à l'Himalaya en passant par la frontière ukrainienne et trois fois dans le désert des Bardenas
  • Kilométrage total : des dizaines de milliers de kilomètres
  • Problème rencontré : ça y est, elles ont tout donné
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