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Essai Triumph Trophy 1200

La moto version Pullman

Triumph Trophy 1200

La Triumph Trophy est le modèle Grand Tourisme de la marque anglaise : un 1200 cm3 quatre cylindres.

Découverte

La Trophy 1200 est à nulle autre pareille, avec ses formes bio., se démarquant ainsi de la tendance aux formes acérées de la production niponne. On remarque immédiatement sa double optique ovale frontale et le large carénage rainuré par trois branchies portant une bulle large et haute, bordé par deux énormes valises latérales. Elle existe en trois coloris : bleu clair, bleu foncé et bronze... C'est dans sa version bleue nuit qu'elle distille la plus haute distinction.

Triumph Trophy 1200
Triumph Trophy 1200
Triumph Trophy 1200
Triumph Trophy 1200
Triumph Trophy 1200

En se rapprochant, on découvre une instrumentation complète et traditionnelle et quatre larges blocs : entre la jauge à essence et le l'horloge, le compteur dévoile un totalisateur et un trip journalier et le compte-tours une minuscule zone rouge entre 9500 et 10500 tours. C'est clair, ce n'est ni une sportive, ni un roadster caréné. Installé derrière, on se croit aux commandes d'un bateau, avec seule une diode rouge clignotante : alarme montée en série. En mode normal, l'alarme est suffisamment sensible pour se mettre en marche à l'ouverture des valises mais elle autorise un chat à sauter sur la moto sans réveiller tout le quartier. En mode silencieux, elle ne se mettra en action qu'en cas de manoeuvre vive de la moto ou en cas de tentative d'effraction ou d'ouverture du Neiman. Et pour les tête en l'air, l'alarme se met automatiquement en action (sans hurler) après deux minutes, une fois la clef enlevée du contacteur.

Confort

Le premier contact avec la moto est moelleux : la selle, large et confortable, présage d'heures de routes en tout confort. La large guidon tombe aussitot sous les mains et offre une position globale particulièrement droite : aucun appui sur les poignets ici. Le confort aidant, on se croirait dans un fauteuil. Attention toutefois pour les petits gabarits : si la selle est basse, elle est également très large, et les pieds sont sur la pointe pour tout motard d'un mètre soixante dix.

Premiers tours de roues

Béquille repliée, point mort, starter mis (pas d'injection sur ce modèle) la Trophy s'ébroue dans une sonorité douve et grave avec un ralenti sur les 800 tours.

Triumph Trophy 1200La première passée, la moto s'élance sur un filet de gaz. On sent tout de suite le poids plus important et un centre de gravité plus haut par rapport à un roadster. Ceci donner une première impression de chaloupage facile à basse vitesse. Une fois sur la route, la moto s'impose au milieu de la chaussée dans toute sa largeur. Et on remarque alors les rétroviseurs. Larges et amples, ces derniers offrent une vision panoramique et sans angle mort des deux côtés, permettant - presque - de s'affranchir du traditionnel coup de tête latéral.

Au guidon, on hésite tout d'abord à sa faufiler entre les files de voitures comme on le ferait avec un roadster ou une sportive, impressionné par cette largeur inacoutumée. Après quelques essais, on passe finalement partout et les remontées de files, y compris sur le périphérique parisien, se réalisent sans problème... même s'il est clair que la largeur de la moto tenant compte des larges valises arrières, fait que l'espace accordé est moins important qu'à l'accoutumée. Ceci explique aussi que l'on lache moins facilement le guidon pour un geste amical, surtout dans des conditions "limites", tellement la marge est réduite à toute erreur de conduite et particulièrement en ville.

La route

Triumph Trophy 1200Sortie de la ville, la Trophy trouve ses aises et enroule tranquillement. La protection du carénage s'avère excellente et confère en plus de la protection au vent et à la pluie une impression de sécurité sans égale. Du coup, malgré le gabarit, on se surprend à prendre des prises d'angle en virage impressionnantes, accentuées visuellement par l'énorme bulle (qui s'apparente ici à un pare-brise) qui semble s'incliner outrageusement. Cette capacité à prendre de l'angle s'arrêtera sur des virages serrés ou une remise un peu rapide des gazs entrainera une légère glissade de la roue arrière. Surprenant la première fois, la manoeuvre peut se renouveler sans danger, la moto ne perdant jamais son équilibre. Il s'agit bien sur d'une situation extrême, car au jour le jour, la Trophy incite plus à la tranquilité et amènera rarement son pilote à expérimenter cet extrême.

Offrant une protection sans égale sur départementale et nationale, la Trophy s'engage en confiance sur l'autoroute de l'Ouest. La soirée est apparemment propice à la liberté puisque la vitesse moyenne des voitures cotoie les 180 km/h en seconde file, tandis que quelques bolides dépassent encore largement en troisième file. L'aiguille du compte-tours monte donc afin de rester homogène avec la circulation. La moto reste stable et la bulle remplit son office : le pilote est protégé sur toute sa largeur et sa hauteur, jusqu'au casque, sans ressentir aucun remous. Même à ces hautes vitesses, le casque est relativement peu soumis à la pression du vent, offrant de la tranquillité aux cervicales. La seule gêne provient alors du casque lui-même et sa non-capacité à assourdir le bruit. Il reste encore la possibilité de baisser légèrement les épaules et la tête pour s'abriter intégralement derrière la bulle dans une position sure et confortable et faire ainsi disparaitre tout bruit, pour un confort sonore égal à celui d'une voiture !

Les kilomètres s'avalent rapidement sans s'en apercevoir. Seule la jauge tend à descendre rapidement. La moto passe alors tout juste la barre des 200 kilomètres depuis le plein précédant tandis que la moto signale par son ralentissement qu'il est temps de passer sur la réserve, manuellement. A la pompe, elle avale goulument alors 21 litres d'essence, marquant une consommation particulièrement gloutonne sur ce type de circuit rapide.

Le plein fait, on repart aussitot sans avoir eu le besoin de marcher, ni de se reposer, ni de faire des exercices et assouplissements. Et quand l'étape finale arrive après un autre plein, on se sent encore en pleine forme. Il n'y a pas à dire, c'est la moto version Pullman : le moyen d'engloutir les kilomètres sans fatiguer.

Vol de nuit

Quand la route continue et que la nuit tombe, la Trophy continue à montrer sa prédilection pour la route et les longs trajets. Sa double optique se révèle très efficace en phares, et supérieure à celle de la Speed Triple en plein phare. Alors, en plein phare, le double faisceau est pratiquement équivalent à celui d'une voiture : une exception ! On peut ainsi continuer à rouler pratiquement à la même vitesse qu'en plein jour sans angoisse, y compris en pleine forêt.

Croisière routière

Triumph Trophy 1200Arrivé à bon port, l'autoroute est abandonnée au profit des petites routes côtières. La Trophy enroule alors sur le couple, autorisant une conduite souple en restant sur les deux mille tours et en assurant un modeste soixante kilomètres heure. Les reprises sont alors douces et sans à coup permettant de découvrir tranquillement les paysages. Si le paysage se révèle plus valonné, il suffira alors d'ouvrir un peu plus grand ou de rester sur un rapport inférieur. En termes de consommation, la Trophy trouve alors son rythme de croisière et autorise de longues traversées de trois cent kilomètres avant de passer en réserve. En restant vraiment en sixième, sous les 3000 tr, en routes de campagnes, vous pourrez même atteindre le record de 391 kilomètres... et la panne sèche à ce moment là ;-)

Pour les autres, et sur les rapports intermédiaires, la Trophy offre des reprises franches, sans être un foudre de guerre. Ce n'est clairement pas une moto faite pour réaliser des départ arrétés.

Le freinage se révèle être à la hauteur de la moto : efficace sans excès. Il ne risque pas de surprendre, même en s'emparant fermement du levier. Le frein arrière est un honnête ralentisseur. Le frein avant fait plonger la moto sur un freinage appuyé, en solo. En charge, et accompagné, la moto conserve son assiette.

La seule difficulté de ce type de moto intervient lors des manoeuvres à basse vitesse. Le poids supérieur, un centre de gravité plus haut, et une selle large offrant un appui au sol généralement moins important, mettent plus facilement en déséquilibre qu'un roadster ou une sportive. Ce phénomène sera encore amplifié lorsque l'on se retrouve à faire une manoeuvre en dévers important et demandera un peu de pratique avant de se sentir parfaitement à l'aise.

Duo

Le confort que la Trophy apporte en solo est prolongé pour le duo. La selle est également large et confortable pour le/la passager(e), obligeant par la même à une montée par le cale-pieds... ou l'échappement. C'est d'ailleurs cet échappement qui peut gêner - ou même bruler - lors d'une descente de selle manquée.

Les poignées latérales permettent de choisir une position droite, confortable, tout en offrant une bonne visibilité de la route et des paysages. La seule différence de protection se sent sous la pluie : la passagère est alors moins bien protégée que le pilote par le carénage englobant.

Pratique

Triumph Trophy 1200
Triumph Trophy 1200

Les valises latérales se révèlent spacieuses - 36 litres chacune - et facilement extractibles. Du coup, elles servent réellement de valises. Etant proches de la route, elles se salissent par contre très rapidement et demandent une certaine vigilance lors du transport pour ne pas transformer le Jean en serpillère noiratre. Cerise sur le gateau, la ligne de la moto reste agréable, même sans les valises.

Les vide-poches disposés de part et d'autre du carénage permettent de glisser un petit appareil photo, une carte, une lampe de poche, de la monnaie, un téléphone...

L'instrumentation de bord signale la béquille engagée d'un point d'exclamation rouge. Doublé par la sécurité qui empêche de rouler avec la béquille, il n'y a plus aucun risque de fausse manoeuvre.

Conclusion

Triumph Trophy 1200Il y a les motos pour jouer et celles pour partir loin et longtemps sans souffrir. La Triumph Trophy fait partie de cette dernière catégorie. Elle avale littéralement les kilomètres et permet de faire des étapes particulièrement longues sans jamais fatiguer ni le pilote ni le passager. Elle s'adapte à tous les styles de conduite et permet d'enrouler tranquillement pour découvrir les paysages en oubliant la conduite. Sa capacité de bagages autorise des séjours longs et loins. Elle ravira les couples et favorisera la paix dans les ménages. Elle permettra de convaincre les épouses tremblantes que la moto permet aussi de rêver et d'apprécier les voyages.

Points forts

  • confort
  • protection pilote/passager
  • l'alarme
  • prix

Points faibles

  • consommation en utilisation intensive
  • maniabilité à basse vitesse
  • moteur peu démonstratif
  • absence de cardan

La fiche technique

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